Deux hiver comme 2009 c'est pas possible qu'y disait !

Encore lundi, avec mon collègue de travail je disais "non mais regarde moi tous ces pignoufs qui s'inquiètent dès qu'il y a un flocon de neige qui tombe".
Ben oui, avec l'hiver passé, tout le monde est traumatisé et s'attend à avoir la même chose cette année alors que l'hiver 2009 - 2010 était exceptionnel et qu'on n'aura pas deux hiver consécutifs pareils.
Et ce matin, surprise !
Mais je confirme : on a pas autant de neige que l'année passée, il y en a plus !

Après avoir scruter le paysage alentour, jauger la hauteur de neige, j'ai appelé mon chef pour demander si le magasin allait ouvrir et si ça valait le coup de venir ; manière polie de dire "euh, en fait ce matin je viens pas hein". D'autant que l'année passé on a eu personne pendant l'épisode neigeux.
Réponse de mon chef: oui oui. Zut !
Bon il a été conciliant quand même, il m'a dit que si j'arrivais en retard c'était pas grave.
Là je suis partagé entre fait chier d'aller travailler et super je vais m'éclater en vélo sur la neige (oui je suis un grand gosse).

Bon ben sur ce, deux trois petites photos et je vais prendre la route.
 

C'est Mozart qui m'a assassiné !

Hier on a été voir la comédie musicale Mozart. Soirée de merde...

Déjà la salle. La plupart des spectacles étant complets depuis très longtemps, du coup on a pas pu aller où l'on voulait mais plutôt là où il restait de la place, à Lyon donc. Et Lyon a la particularité d'être a seule grande ville de France à ne pas avoir de vraie grande salle de concert et donc à les faire sous un truc qui n'est ni plus ni moins qu'un grand marché couvert, a Halle Tony Garnier. Grande capacité mais son déplorable. A part quelques très très bon ingénieurs du son (par exemple ceux de Goldman ou même ceux de Benabar), très peu de concert peuvent se vanter d'avoir eu un rendu correct là-bas. Et dans la troupe de Mozart il n'y a pas de très très bon ingénieurs du son.
C'était catastrophique, cacophonique même. Les basses étaient beaucoup trop forte et du coup les voix à peine audible et en plus étouffées du coup impossible de comprendre ce qu'ils chantaient. A ça on rajoute un écho des plus gênants qui nous a gratifié d'un retour dégueulasse avec des sonorités métalliques (normal puisque toute la salle est constituée exclusivement de métal et d'un peu de verre et béton)qui donnaient l'impression que la salle était à travaux et qu'on entendaient des ouvriers jouer du marteau pendant tout le spectacle. J'ai suivi toute la 2e partie avec une oreille bouchée (celle du côté du retour) pour moins entendre ce bruit.
Ce qui est le plus frustrant c'est qu'après l'entracte le son était de bien meilleur qualité (mais toujours ce retour de merde) A se demander s'ils ont fait des tests avant.

Le public ensuite.
Après avoir vu des concert et spectacle à Lyon, Saint-Etienne, Avignon, Vienne, Grenoble, des petites villes, des grandes villes; je suis lucide sur le fait que le public lyonnais est le plus mauvais public du quart sud-est. Mais là ils se sont spécialement déchainés.
Malgré l'appel avant le spectacle de ne pas prendre de photos, à peine les premières notes jouer on a vu les 3/4 de la salle sortir appareils photos et protable pour photographier / filmer la scène. Autant d'écrans allumés qui parasite mon champ de vision.
Et s'il n'y avait que ça. On a eu le droit aux flashs à répétition qui embrasaient littéralement la salle. Les flashs sur ces conneries de protable sont de plus en plus puissant c'est impressionnant.
Alors bien sûr des cons avec des appareils photos et des flashs il y en a toujours, mais là ils se sont tous réunis au même endroit, c'est pas possible autrement. Franchement pour voir ce qu'il se passait sur scène il fallait vraiment faire de gros efforts. Alors je n'imagine même pas ce que ça devait donné pour les artistes. Honnêtement au bout de 10 minutes, à leur place, j'aurais interrompu le spectacle pour demander une bonne fois pour toute d'arrêter, au moins avec ces foutus flashs.
En plus de ça je ne vois pas quel plaisir ils prennent à suivre un spectacle à travers un écran de portable...

Du coup que dire du spectacle vu le contexte. Forcément ça part mal. Très honnêtement, bien que ma soirée est été gâchée d'entrée, je doit dire que le spectacle est plutôt bon. On a une vraie narration et pas seulement des chansons qui se suivent, un ton original, une mise en scène travaillée avec des vrais décors et pas seulement un fond sur écran géant. C'est plutôt pas mal. Je dis jute pas mal car il y a quand même un gros point noir c'est le mec qui joue Mozart.
Il était peut-être pas dans un bon jour, je sais pas, mais il était pas très bon. Voix qui déraille quand ça monte trop dans les aigüe, pas foutu de dire son nom correctement. "ouolvgang amadus motezarte". alors ou tu le dis à l'allemande et ça donne Volfganeg Amadeous Motezarte ou tu le dis à la française mais tu mélange pas les deux, c'est horrible. En plus c'est le seule à le dire comme ça. Ça a beau n'être qu'un détail, quand on entend ça tout le long, c'est usant.
Et puis au bout de plus d'un an de tournée, c'est quand même fou qu'il ne connaissent pas son texte. Il a bafouillé à plusieurs reprise (y compris pour dire son propre nom une fois), je trouve ça très limite.
On va dire qu'il n'était vraiment pas dans un bon jour (et puis à sa décharge, avec un son dégueulasse qui lui revient et des flashs dans la gueule tout le long, c'est pas évident).
En dehors de ça (et d'ailleurs, soyons franc, ce n'était quand même pas une catastrophe, mais ça plus le reste, ça faisait beaucoup) le spectacle était vraiment plaisant. Une première partie qui manque un peu de rythme peut-être, mais une deuxième partie excellente.

Je suis quand même super déçu. Surtout parce que je suis persuadé que dans une autre salle ce spectacle doit vraiment valoir le coup... Pour la prochaine fois, si je ne trouve pas de place ailleurs, je m'abstiendrai. Mieux vaut ne rien manger plutôt que manger un steak daubé.
La semaine prochaine ils passent à Saint-Etienne (très bonne salle à Saint-Etienne d'ailleurs), la nounou de mon fils doit y aller. Elle me dira ce qu'elle en a pensé. A mon avis, elle va passer un très bon moment, là-bas.

Tiens ça me donne une idée, on va faire un petit sondage. Avez vous déjà été voir un spectacle, un concert, plébiscité par la plupart, et trouvé ça carrément décevant ? A l'inverse avez vous déjà été voir un spectacle qui a fait un gros flop alors que vous avez trouvez ça génial ?
 

C'était un 16 février

Ca y est, je l’ai fait !

J’aurais pu simplement poster ça dans « histoire de raconter la sienne » mais j’en suis tellement heureux que je vais ouvrir un billet juste pour ça.

Et oui, mardi j’ai décidé de passer le pas. Ca fait un moment que je voulais le faire mais j’appréhendais.  Hier j’ai pris mon courage à deux mains et j’y suis allé.

J’arrive là-bas et je suis accueilli par une fille. Ma première crainte c’est « va-t-elle m’accepter ou est ce qu’elle va me dire de repartir ». Comme si c’était leur genre de dire « non, non, on veut pas de vous ».  Bien évidemment elle m’accueille chaleureusement, non sans me poser quelques questions.
« Pourquoi est ce que vous êtes venu ici ? »
Pourquoi ? Ben parce que j’ai trente ans et que je ne l’ai toujours pas fait. Je sais que je ne suis pas le seul dans ce cas et qu’il y en plein qui vivent très bien avec ça mais moi je trouve que c’est la honte quand même.
« C’est la première fois ? »
A quoi elle voit ça ? Est-ce que c’est la transpiration qui coule de mon front alors qu’il fait -2° ou est ce que c’est le fait que je gigote dans tous les sens ?
Une fois les questions et autres formalités finies elle me fait rentrer et me dit de m’allonger.
Puis elle m’explique qu’il faut me détendre, que ça va durer entre dix minutes et un quart d’heure et que je peux partir quand je veux même si ce n’est pas terminé.
« Est-ce que vous êtes prêt ? »
Non…….
« Oui, ça va. »
« Alors on y va ! »

Elle me regarde en me souriant : « Parfois j’ai du mal à la trouver mais là avec vous c’est facile, elle est déjà tout gonflée. ». Elle me prend le membre et l’humidifie puis elle enfonce le bout.
Même pas mal, c’est déjà ça.
« Maintenant vous allez devoir exercer des pressions fortes et régulières pour amorcer. ».
Je m’exécute. Fort et régulier. Peut être trop fort et trop régulier, sûrement trop rapide parce qu’en fait de dix minutes, trois minutes plus tard elle me dit « C’est fini ! Si vous continuez ça va déborder ! ».
« C’est rapide. Ca fait pas dix minutes ».
« Oh, ça dépend des gens. Vous, vous êtes un rapide.».
Elle me demande si ça va. J’ai un peu la tête qui tourne mais ça va pas mal.
« Restez allongé un petit moment, le temps de vous remettre ».
J’obéis mais ça va franchement bien, je serais même prêt à me faire repomper tout de suite si on me laissait faire.

Après cinq minutes elle me dit que je peux y aller. Faut dire qu’il y en a d’autres qui attendent derrière moi.
A bientôt, elle me dit. A bientôt, je lui réponds. Puis je rejoins ma femme qui m’attendait dans la voiture (elle n’a pas pu venir avec moi, elle n’aime pas ça).
« Ca c’est bien passé ?»
« oui, oui, on s’en fait tout un cinéma mais finalement ça n’a rien d’extraordinaire. »

Maintenant, c’est sûr, j’irais donner mon sang plus souvent.
 

Introduction longue et chiante

Comme le disait un grand philosophe fan de clown :

Les repas le dimanche midi
Comme j'sais plus qui disait...
Le bonheur ça se trouve pas en lingots
Mais en p'tite monnaie

Je ne sais pas vous mais moi j’ai bien connu ces repas et surtout ces après-midi en famille, chez les grands-parents. Et c’est parce qu’avec du recul je m’aperçois de l’importance qu’ont eu ces repas sur ce que je suis devenu aujourd’hui que je leur dédie ce blog.
Aller petite explication en guise de billet d’introduction.



Déjà commençons par une description des héros de mon histoire.

Je commence par mes grands-parents. Mon grand-père est le dernier d’une famille de dix-sept enfants, le seul à être né en France. Orphelin de mère après qu’elle ai été retrouvée morte dans un champ (d’après la rumeur elle aurait été résistante et abattue par de gentils américains), il a été élevé à la ferme par ses s½urs et à l’ombre d’un père qui refusait que l’on se plaigne de leur misère car « la France avait eu la générosité de les accueillir », eux qui fuyaient le régime de Mussolini.
Ma grand-mère quant à elle est issue d’une noblesse déchue, sans titre et sans richesse. Son père n’avait plus comme seule fierté que son travail de contremaître dont il usait pour flatter son ego en rabrouant ses subalternes, dont mon grand-père. Quel ne fût pas le scandale quand il appris que sa fille allait se marier avec l’un de ses ouvriers, un « pioust » en plus, qui de surcroît avait eu le culot de la mettre enceinte.
Mes grands-parents ont eu une vie difficile, à tenter d’assumer et d’assurer chaque étape de leur vie sans jamais se plaindre ; l’un par reconnaissance envers le pays qui l’a accueilli, l’autre par fierté et parce qu’on lui a toujours appris à tenir un rang qui pourtant s’est effondré depuis déjà deux générations.
Mes grands-parents étaient de droite. Une droite populiste qui méprise les gens de gauche, les soixante-huitards et les immigrés, mais aussi une droit populaire. Bien que clamant haut et fort qu’il y a trop d’arabes en France, mon grand-père passait tout son temps libre dans le square à jouer aux boules avec les Algériens, tunisiens et marocains du quartier… Et il ne fallait pas dire du mal de l’un d’eux (vous voyez, le genre « mais lui c’est pas pareil, c’est pas un arabe, c’est Nasser »).

Ensuite ma mère. C’est un peu le Don Quichotte moderne, à se battre contre des moulins jusqu’à s’attirer les pires ennuis et ensuite attendre que les autres viennent lui sauver la mise pour finalement se transformer en Caliméro, c’est vraiment trop injuste.
Ma mère était communiste. Là aussi une communiste populaire c’est à dire quelqu’un qui se bat contre les racistes et fascistes de tout poil mais qui refuse que son fils aille jouer avec ses amis parce que parmi eux il y a Aziz mais « c’est pas parce qu’il est arabe c’est parce que c’est comme ça et puis c’est tout ».

Mon père. Con, inculte, sale, égoïste, alcoolique. Et je ne grossis aucunement le trait. Il est à ranger parmi « les pires ennuis » de ma mère. Malgré tout, les années passant, je m’aperçois que lui aussi était à plaindre : il était en permanence rabaisser par ma mère, et pour cause, qui pourtant restait avec lui, comme si elle l’utilisait pour avoir des raisons de se faire plaindre.

Et pour finir ma tante et mon oncle. Deux personnalités parfaitement opposées. Ma Tante c’était un peu Mère Térésa, tout le monde il est beau tout le monde il est gentil, elle détestait tout ce qui pouvait provoquer le conflit (je parle au passé parce que la vie a fini par lui faire perdre sa naïveté et la transformer en « méfier-vous, les gouvernements vous mentent »). Elle était considérée comme la simplette de la famille.
Mon oncle à l’opposé était le petit génie. Plus jeune que ses s½urs de dix ans, il fait partie de cette génération qui a pu commencer à faire des études. Commercial, militant parmi la jeunesse chiraquienne (puis déçu par trop de souplesse, il « sombrera » dans le sarkozysme) il incarnait tout ce que ma tante n’était pas : culture, droiture, rigueur, ambition (là encore je parle au passé car avec le temps, heureusement, il s’est humanisé).


Voilà, c’est ma famille, des personnalités diverses, des destins variés. Et tous les dimanches on se retrouvait tous chez mes grands-parents. Parfois il pleuvait, parfois il faisait beau ; parfois de bonne humeur, parfois moins ; en tout cas ça finissait toujours de la même façon : ça parlait politique.
C’était toujours mon grand-père qui lançait les débats. Des fois la discussion s’imposait d’elle-même, des fois elle sortait de nul part, comme si mon grand-père avait préparé son introduction depuis trois ou quatre jours déjà. Alors les camps se formaient, toujours les mêmes. D’un côté mon grand-père, de l’autre ma mère. Ma grand-mère qui râle parce que mon grand-père repart dans ses grands discours mais qui très vite lui emboîte le pas. Ma tante qui se place du côté de ma mère, tout en lui rappelant subtilement que charité bien ordonnée commence par soit même et qu’elle n’est pas tout à fait un modèle flagrant de philanthropie. Mon père qui ne comprenait rien de ce qui se disait mais se plaçait toujours du côté de mon grand-père ou plutôt contre ma mère, comme par vengeance. Mon oncle neutre, se contentant de faire la morale à tout le monde, de pointer les imprécisions des deux camps, de se montrer supérieur à tous en étalant sa science. Et puis moi.
Au début je m’éclipsais dans la chambre pour aller jouer pendant que tout ce petit monde s’engueulait copieusement. Puis, en grandissant, j’ai commencé à rester avec eux à table, les écoutant en m’empiffrant de noix. Et enfin je me suis mis à participer à ces grands débats familiaux. En général plutôt ni d’un côté, ni de l’autre, plutôt énervé par les énormités débitées par mon grand-père et la mauvaise foi flagrante de ma mère.
Les débats me paraissaient de plus en plus violents. Ce n’était peut-être qu’une impression, c’était peut-être seulement parce que je n’avais plus de noix à manger, c’était peut-être tout simplement parce que je n’étais plus spectateurs mais participant. Le fait est que dans ces moments là, je détestais mon grand-père, vraiment, j’en ai même pleuré parfois. A ce moment là je ne réalisais pas la chance que j’avais de prendre parti à ces débats familiaux, aussi violents soient-ils, à être écouté, à être contrarié alors que je n’avais que 12 ans et que dans d’autres milieux on m’aurait juste dit « occupe-toi de tes affaires, ça concerne les adultes ».
En partant, une fois la tension redescendue, sauf pour moi trop passionné et trop jeune pour réussir à prendre le recul nécessaire, mon grand-père me chambrait et j’avais le droit au coup de béquille dans le derrière en passant le pas de la porte. Je vois encore son ½il brillant de moquerie. A ce moment là, ce court instant, je le haïssais. Ce n’est que plus tard que j’ai compris que ce n’était pas de la moquerie mais tout simplement de la fierté, la fierté d’avoir un petit-fils qui, contrairement à lui, à la capacité de se révolter.

Aujourd’hui les repas de famille sont moins fréquents, les occasions plus rares, mais ils sont  toujours aussi animés. Les camps sont les mêmes, les débats aussi violents mais c’est une violence feinte. C’est avant tout une complicité entre mon grand-père et moi, une fausse dispute, un jeu.
Ces débats font partie de moi, ils ont participé à ma construction et j’ai du mal à m’en passer. Parfois j’essaie d’en lancer un à la maison, mais le soufflé redescend immédiatement, ça ne prend pas avec Didisel, je suis moins doué que mon grand-père (lui, quand il s’y essaie, il arrive à faire démarrer Didisel au quart de tour). Du coup je débats avec moi-même. Je m’en sors plutôt pas mal même, j’arrive à trouver des arguments que je descends immédiatement, parfois je me cloue le bec moi-même. C’est assez enrichissant mais pas très sain. Il m’arrive même de me faire la gueule à moi-même  isset($smileyPregReplacements[':mdr:']) ? $smileyPregReplacements[':mdr:'] : ''
C’est pour ça, pour maintenir mon fragile équilibre psychologique que je me suis décidé à me lancer dans l’écriture de billets, pour perpétrer la tradition des dimanches après midi chez Pépé.