Chapitre 66

Chapitre 66

En Grèce, au Sanctuaire, le tocsin retentit à travers tout le domaine.
Des bourgs les plus reculés, au centre du domaine, en passant par les villages qui longent les remparts, les cloches alertent la population et fait mettre les gardes en rang.

Encore plus dans Honkios, la ville principale du domaine sacré que dans le reste du domaine, l’annonce d’un danger imminent renforce la présence des soldats.
Au milieu des allées et venues des gardes, quelques rumeurs vont bon train.
_ « Le danger provient du Japon !
_ Seiya, un homme devenu Saint ici serait le meneur de ces renégats !
_ Le Saint d’or Aiolia est devenu leur allié !
_ Le Grand Pope aurait envoûté le Saint du Lion pour qu’il reste fidèle à Athéna !
_ Les traîtres arrivent avec une jeune femme qui veut se faire passer pour Athéna en personne !
_ Ils seraient parvenus à vaincre les Saints d’argent ! »
Celles-ci se répètent et s’amplifient dans l’atelier de Saül, le forgeron le plus réputé du domaine.
Son visage fort buriné et son menton en galoche vieillissent ce quarantenaire qui observe de ses petits yeux inquiets les guerriers qui viennent se servir sous les ordres de Phaéton.
L’ancien général, déchu après ses nombreux échecs, refuse de laisser passer sa revanche : « Merci Saül pour tes services. »
D’un air désabusé, l’homme aux cheveux mi-longs châtains coiffés par une raie au milieu précise : « Je vous en prie. Il m’en reste tout un stock. Cela fait des années que je m’attache à créer armes et protections pour nos hommes. Néanmoins, les effectifs se sont considérablement amoindris ces dernières années. »
Phaéton recule son visage tant l’haleine alcoolisée de Saül est désagréable : « Au lieu de dire cela, tu pourrais épauler ces hommes et m’accompagner à chasser ces traîtres non ? Après tout, tu es Saint toi aussi !
_ Cela fait bien des années que je n’ai pas combattues. Je préfère laisser ça à d’autres. Et puis, si cette femme qui débarque et ces garçons qui l’accompagnent sont du côté des forces du mal, que peuvent-ils espérer contre nos Saints d’or ? »
Phaéton choisit de ne pas relever la volontaire provocation de l’inactif chevalier qui a déjà préféré renoncer à gêner Yulij et Médée lorsqu’elles se sont révoltées contre le Sanctuaire.  (Reste 50774 caractères)
 

Chapitre 65

Chapitre 65

La porte du studio où a emménagé Seiya, situé au bord de la baie de Tokyo s’ouvre délicatement. 
A la Yacht House, les lampadaires de la rue illuminent par la fenêtre, restée ouverte, le modeste logement du chevalier.
En s’asseyant sur le bord du lit, Miho grelotte : « Qu’est-ce qu’il fait froid ! »
La nuit du 19 au 20 décembre 1986 est particulièrement fraîche, même pour quelqu’un capable de surmonter ce frimas grâce au cosmos.
Seiya se rapproche de l’encadrement pour fermer les fenêtres : « Je ne pensais pas que je partirai si longtemps aujourd’hui, sans quoi j’aurai fermé les carreaux. »
Il se précipite vers sa kitchenette pour y allumer un radiateur : « L’atmosphère devrait se réchauffer rapidement à présent. J’aurai préféré rester à l’orphelinat mais Makoto, Tatsuya et Akira ne nous auraient jamais laissé tranquilles. »
Miho rit avec charme : « Ils s’inquiètent beaucoup pour nous. Ils ont failli se faire mal, en chutant de l’arbre où ils nous espionnaient tout à l’heure. »
Pendant qu’il fait chauffer de l’eau dans une bouilloire, Seiya relève : « Du souci pour nous ?
_ Oui… Je veux dire… Ils souhaitent tellement que tu restes auprès de nous, suggère Miho toute gênée. »
Peu enclin au romantisme, Seiya se contente d’acquiescer d’un : « Ah ! »
Néanmoins, sa bonté naturelle lui permet de venir auprès de Miho toute frigorifiée. Il défait son lit pour l’emmitoufler dans ses draps : « Tu as si froid que ça ?
_ J’ai plus peur que froid.
_ Peur ?
_ Tu ne reviendras pas n’est-ce pas ?
_ Je te l’ai dis tout à l’heure à l’orphelinat Miho, je n’ai pas l’intention de mourir, loin de là.
_ Mais tu resteras avec elle alors ? »
Pégase réalise l’allusion faite à Saori. Alors que cela semble être une évidence pour son amie d’enfance, il lui faut la déclaration de sa camarade pour se sentir bouleversé au fond de lui.
_ « Saori, songe t’il quelques instants. »
Toutefois, sa mission et la réalité à laquelle elles le confrontent le ramène à lui : « Je suis un chevalier au service d’Athéna. Lorsqu’elle aura récupérée la place qui est sienne, le monde se portera mieux et la paix régnera. Elle n’aura plus besoin de moi, alors je pourrai revenir ici pour chercher ma s½ur tout en… étant auprès de toi. »
L’éducatrice profite que Seiya soit positionné à ses côtés, pour lui poser les mains sur son jean. Les yeux teintés d’émotion, elle lui transmet cette envie si pressante de se sentir contre lui.
Elle approche ses lèvres des siennes, pour réaliser enfin, ce que les enfants de l’orphelinat l’ont empêchés de faire tout à l’heure. Guidé par les sentiments amoureux de Miho, Seiya se penche en avant pour exécuter naturellement le baiser tant attendu par elle.
La gorge sèche de l’amoureuse Miho l’empêche de respirer. D’ailleurs elle ne respire plus, le temps se suspend en cet instant où la novice s’abandonne à Seiya.
Alors que leurs lèvres se frôlent, le bourdonnement de la bouilloire fait bondir Seiya : « L’eau est en ébullition ! Je pense qu’un bon thé te réchauffera ! »
Expérimenté après des heures passées aux côtés de Filia, cette fille de marchand d’Honkios avec laquelle il découvrait les joies de l’amour, Seiya se dérobe des attentes de Miho.
_ « Puis-je me permettre de lui donner ce qu’elle désire, sans pouvoir assumer les sentiments qu’elle a pour moi ? Elle est plus qu’une amie après tout, comment ne pas la blesser, réfléchit-il en préparant l’infusion ? »
Brusquement, autour de sa taille, les bras fins de la jeune femme l’enserrent. Trop perturbé par le choix qui s’offre à lui, Seiya, pris par surprise, sursaute.
Il repose le récipient bouillant dans l’évier et la regarde droit dans les yeux. Il ouvre la bouche pour s’excuser, lorsqu’elle le devance : « Suis-je belle Seiya ?
_ Ou… Oui… Oui, tu es sublime.
_ Crois-tu que je suis toujours la petite fille que tu as connue ?
_ N… Non. Non nous avons grandi et… »
Elle se met sur la pointe des pieds et lève son visage pour venir cueillir ses lèvres, tout en l’acculant contre le plan de travail de sa cuisine.
D’un mouvement de bras hésitant, il renverse une tasse et s’ébouillante la main. En sautant comme un fou dans tout l’appartement pour manifester sa douleur, et notamment se défaire de l’étreinte, Seiya simule affreusement.
Bien décidée à se donner à lui, elle se précipite sur la main dont il se plaint pour l’embrasser. De ce geste tout d’abord anodin, elle glisse suavement les doigts de Seiya dans sa bouche. Le mouvement de va et vient pratiqué lascivement ne laisse pas le Saint de bronze insensible.
Voulant une dernière fois la prémunir, Seiya prend la parole : « Miho je… »
Cependant, elle la lui reprend en se dépêchant de se hisser jusqu’à lui pour lui baiser les lèvres.
Langoureux, ce baiser est suivi de caresses sensuelles qui permettent à Miho d’apprécier le physique athlétique de celui dont elle est éprise.
Sans cesser leurs étreintes, ils se rapprochent du lit, s’enroulent dans les couvertures, se frottant l’un l’autre de plus en plus fort afin de stimuler leurs désirs.
A son tour, en lui ôtant ses vêtements, Seiya juge des courbes douces et généreuses de celle contre qui il n’est pas parvenu à lutter…  (Reste 46494 caractères)
 

Chapitre 64

Chapitre 64

L’air frais de ce 19 décembre 1986 glisse sur le masque violet du souverain pontife du royaume d’Athéna.
Appuyé au balcon de sa chambre, penché en avant, il laisse ses cheveux blancs grisonnants voguer au gré du vent. Celui-ci écarte les nuages et dégage un ciel bleu comme on en trouve souvent malgré l’hiver approchant.
Néanmoins, l’ambiance bucolique à l’extérieur dénote avec le courroux du Grand Pope.

Derrière le siège papal, agenouillé plus bas, Phaéton cherche à se faire plus petit qu’il ne l’est.
_ « Donc, si je comprends bien, questionne le Pope d’une voix grave, toujours aucune trace de la Cloth d’or du Sagittaire qui s’est volatilisée ?!
_ Hélas, Seigneur, toutes les tortures menées sur votre ordre n’ont rien donné. Tous les soldats en faction dans les environs de vos chambres à vous et à Athéna ont été passés à la question.
_ Peut-être les interrogatoires ont-ils été menés avec trop de délicatesse ?
_ Mais, Seigneur, tous les hommes interrogés en sont morts.
_ Alors interrogeons les prêtres. Après tout, en venant se recueillir auprès de moi et en assurant mon service ils savent obligatoirement quelque chose.
_ Enfin… Seigneur… Vous n’avez plus de prêtres… Nombreux sont ceux disparus ces derniers mois et les derniers questionnés n’ont pas survécu non plus à l’interrogatoire. »
Ces déclarations font revivre en quelques flashs, les meurtres perpétrés par Saga, lorsque ses fidèles ont découvert par inadvertance son visage ou qu’ils ont dû payer pour les échecs essuyés par le Sanctuaire contre Saori.
Saga reprend son souffle afin de contenir son amertume.
Il se tourne à destination de Phaéton : « J’avais demandé qu’on envoie un Saint d’argent à Jamir pour quérir l’aide de Mû. Avec ses donc de télékinésie, il devrait pouvoir localiser l’armure du Sagittaire. »
Phaéton sue à grosses gouttes : « Nous avons envoyé Arachné de la Tarentule. Le soldat qui l’accompagnait dit que Mû n’était pas à Jamir et qu’en chemin, Arachné a rencontré Seiya de Pégase.
_ J’imagine alors qu’Arachné ne rentrera pas, soupire le Pope.
_ Malheureusement Majesté… Cependant, il nous reste encore quelques Saints d’argent que nous pouvons…
_ Je t’en prie ! Phaéton ! Combien de Saints d’argent avons-nous déjà envoyé ?! Gardons le peu qu’il reste pour des missions de moins grande envergure, gronde-t-il en descendant les marches ! »
Sa voix résonne dans l’immense temple. Puis, s’ensuit le son de ses pas qui approchent de Phaéton.
Le malheureux, arc-bouté plus que de raison, pense sa fin proche.
_ « Après ses échecs, Gigas a fui. Dès lors, une fois qu’on m’a confié le poste de général, disposant des pleins pouvoirs, j’ai cru qu’employer les Saints d’argent m’octroierait un succès rapide. J’aurai eu tous les honneurs de notre maître. Mais j’ai été bien sot. Après tout, avant qu’il ne tombe en disgrâce, Gigas avait rencontré le succès. Notamment contre Eris, Shiva, Hébé… Il a guidé nos hommes dans des victoires face à des dieux. Et pourtant, dès le premier revers, il a compris qu’il était plus judicieux de fuir. Quel idiot ai-je été de penser qu’avec mon manque d’expérience et mes échecs qui s’en sont suivis je parviendrai à m’en sortir, songe-t-il. »
Soudain, le silence le tire de ses pensées. Il n’entend plus les cliquetis métalliques des pas du Grand Pope avancer. Phaéton lève alors les yeux très lentement et reconnaît juste devant lui son souverain.
_ « Phaéton. Quel grade occupais-tu avant que je ne te catapulte général ?
_ Co… Commandant, bégaye-t-il.
_ Je vois. Un poste laissé vacant quand tu as pris la place du déserteur Gigas… Avec les pertes occasionnées chez les Saints d’argent, dont certains étaient lieutenants, sans parler de leur capitaine Misty, l’armée a perdu des éléments de grandes valeurs. C’est même toute la structure de commandement qui a été profondément impactée. Pour ne pas dire décimée, si je compte le nombre de Saints de bronze qui étaient sergents. Ne parlons pas des mercenaires… »
Saga reprend son chemin et quitte l’appartement, pour déboucher dans le grand hall de réception où se trouve son trône. Phaéton le suit, tout penaud.
_ « Le général a le commandement sur tout le domaine sacré. Du simple soldat jusqu’au commandant, en passant par les Saints de bronze et d’argent. D’ailleurs, la plupart du temps, général et commandant sont, ou ont été, des Saints d’argent. Seulement, pour vous, Gigas et toi, j’ai fait une exception, comptant sur votre dévouement et votre sens de la stratégie…
_ Absolument Majesté et je vous en suis profondément reconnaissant, interrompt aussitôt Phaéton qui sent que la fin est proche…
_ Silence, ordonne Saga ! Toujours est-il, que la gouvernance des Saints d’or incombe au Grand Pope que je suis. La situation impose que je prenne les devants. Et tu seras rassuré de savoir que c’est chose faite. J’ai envoyé Aiolia du Lion au Japon pour mettre fin à la mascarade de Saori Kido. Deathmask du Cancer, lui, est parti aux Cinq Pics en Chine, assassiner le traître Dohko et ramener l’armure d’or de la Balance, qu’il conserve depuis plus de deux cent ans. J’attends leurs comptes-rendus d’ici les prochaines heures. Dès lors, il me parait évident que les choses dépassent le général que tu étais.
_ Que… Que j’étais Majesté ?
_ En effet. Nos rangs décimés ont besoin de caporaux.
_ Caporal… Il s’agit du meneur d’une troupe de soldats. Ce n’est même pas le rang que j’occupais lorsque je suis rentré…
_ Ne me trouves-tu pas assez magnanime, demande avec insistance le Grand Pope en se retournant vers son sujet ? »
Phaéton en tombe à la renverse : « Si Majesté ! Absolument ! Je m’en vais prendre mes fonctions de ce pas ! »
Phaéton se redresse avec difficulté, sa hâte le fait glisser sur les dalles usées du temple avant qu’il ne déguerpisse, raccompagné par les soldats qui l’attendent de l’autre côté de la porte, disgracié qu’il est.  (Reste 56508 caractères)
 

Chapitre 63

Chapitre 63

Le soleil hisse timidement ses premiers rayons dans le ciel pour inonder l’Himalaya de sa lumière bienfaitrice ce 11 décembre 1986.
A Jamir, région quittée quelques jours plus tôt par Mû, l’air est encore frais.
Les au revoirs échangés libèrent des bouches, remplies de confiance, de la fumée.
Toujours en retrait, Mei secoue, malgré tout, la tête en guise de salut pour Marin.
Celle-ci, Pandora Box sur le dos, incline son buste en avant, afin de remercier Médée pour son hospitalité, alors que son mari est parti pour le Sanctuaire après un détour par les Cinq Pics en Chine.
Un salut moins formel témoigne à Yulij un respect mutuel, tandis qu’une caresse véhémente sur la joue de Nicol, lui renvoie toute l’affection qu’il lui porte.
Le meneur de cette équipe de mutins du Sanctuaire reste droit, la mâchoire contractée afin de ne pas trahir son habituelle solennité. Toutefois, sa voix teintée d’inquiétude le trahit : « Sois prudente.
_ N’ai crainte. Je voyagerai sans utiliser ma cosmo énergie. Et une fois au Sanctuaire, je connais le lieu comme ma poche. J’arriverai sans faire de grabuge sur Star Hill.
_ Tu me diras à quoi cela ressemble, plaisante-t-il.
_ Tu le sauras le jour où tu prendras cette place qui est tienne désormais, répond Marin avec sérieux. »

Ces mots heurtent Nicol à tel point qu’il ne remarque même pas Marin s’éloigner à l’horizon.
Tandis que Médée et Yulij lui font de grands signes de bras, Mei tourne le dos en direction de la demeure.

Une fois Marin disparue de leur champ de vision, Médée grimace : « C’est dommage que tu n’ais pas pu interpréter les symboles qu’elle a vu. Nous aurions pu l’aider. »
Nicol dévoile un sourire rempli de certitude : « Mais nous allons l’aider. Je sais exactement ce qu’elle a vu. »
Yulij s’offusque : « Pourquoi ne pas le lui avoir dit ?
_ Parce qu’elle a raison. Le plus important aujourd’hui c’est d’aider Athéna à récupérer sa place. Nous ne ferions que les gêner à nous rendre au Sanctuaire. Nous aiderons donc Marin… Je veux dire Athéna, à préparer la prochaine étape : la survie de l’humanité toute entière. »
Le regard déterminé de Nicol se brise sous la réflexion sarcastique du Saint de la Chevelure de Bérénice : « Tu es sûr que ce n’est pas plutôt qu’elle t’a tourné la tête cette Marin.
_ Pas du tout, rougit Nicol !
_ Après tout ça n’aurait rien d’étonnant. Je veux dire, Marin est une Olympienne, toi tu es vachement cultivé et ton statut de Saint de l’Autel aspire à suppléer, voire remplacer, le Grand Pope. Il est normal que tu ais des goûts de luxe. »
Nicol commence à menacer son rival. Amicalement, les deux chevaliers ont besoin de Médée et Yulij pour être séparés.

Tandis que les deux hommes boudent chacun dans leurs coins, Médée déclare avec enthousiasme : « Bien, dans ce cas nous allons récupérer le Pendentif de Zeus. Destination… Le… La… Euh… Mais où allons-nous au fait ? »
Face à tant de légèreté, ses amis ne savent comment réagir. Après qu’une brise de honte caresse ses cheveux, Médée obtient la réponse de la bouche du Saint d’argent de l’équipe. Il prend la relève en pointant avec détermination l’horizon : « Préparez vos baluchons les amis. Nous partons pour le Mexique ! » (Reste 51388 caractères)
 

Chapitre 62

Chapitre 62

A la frontière de la Chine et de l’Inde, là où l’atmosphère se raréfie et où les tibétains eux-mêmes ne s’aventurent jamais, une jeune femme aux cheveux orangés et le visage masqué achève de traverser un pont.

Ce 10 décembre 1986, derrière elle, retombent en morceaux plusieurs squelettes qui s’étaient dressés pour lui barrer la route de Jamir.
Son corps porte quelques égratignures dues aux épreuves endurées pour parvenir jusqu’ici.
En brassant de l’air avec ses mains, elle parvient à dissiper le brouillard himalayen et à apercevoir au loin l’immense tour qu’elle est venue visiter.
Elle rehausse les lanières de sa Pandora Box d’argent et puise en elle la force d’achever son périple.
« Traverser la planète à pieds sans user de ma cosmo énergie pour ne pas me faire repérer ni du Sanctuaire ni de l’Olympe n’aura pas été de tout repos. J’espère que Mû saura m’accueillir comme il se doit, pense-t-elle. »

Tout à coup, si proche de son but, l’intruse est étrangement immobilisée, sans remarquer la présence de qui que ce soit.
Une voix féminine accompagne une gracieuse silhouette qui apparaît au détour d’une roche : « Le périple pour venir jusqu’ici est long et douloureux. Je pense que ton épuisement t’a empêché de remarquer les cheveux de Bérénice. »
La voyageuse s’attarde sur ses membres paralysés, pour cette fois-ci distinguer une sorte de filaments qui l’enserrent et qui rejoignent la main d’un inconnu derrière elle.
La complice de son bourreau, cheveux longs, fins et argentés, elle aussi le visage dissimulé sous un masque, la questionne : « C’est étrange que le Sanctuaire n’envoie qu’un seul assassin. Tes amis sont-ils morts devant le cimetière des armures ? »
La prisonnière confesse : « Je suis Marin Saint d’argent de l’Aigle. Si tu es toi aussi poursuivie par le Sanctuaire, tu dois savoir que j’ai été, au même titre que toi, cataloguée comme renégate. »
Un troisième allié se montre à son tour. Il expose sans gêne un visage aussi mature que celui de certains Saints d’or. Ses cheveux châtain clair ébouriffés et sa carrure digne d’une statue grecque lui donnent un certain charme, que Marin lui reconnaîtrait volontiers dans d’autres circonstances.
D’un geste raffiné et d’une voix imposant un certain charisme, il se présente : « Je suis Nicol Saint d’argent de l’Autel. Cette jeune femme à qui tu fais face est Yulij Saint de bronze du Sextant. Et l’homme qui te tient en joug est Mei Saint de bronze de la Chevelure de Bérénice. Nous aussi nous sommes venus chercher asile à Jamir. »
Marin gesticule pour montrer que la façon dont on la traite est inappropriée : « Je ne suis pas vraiment venue chercher asile. Et si tel avait été le cas, j’aurai tout de même espéré un autre accueil. »
En fermant les yeux, d’un hochement de tête, Nicol demande au moins docile de ses complices : « Ça ira Mei, tu peux la relâcher. »
Le Japonais s’exécute en marmonnant : « Agis comme ci ! Pas comme ça ! Non mais, pour qui il se prend celui là ?! » (Reste 47470 caractères)
 

Chapitre 61

Chapitre 61

La fin de l’automne n’a aucun effet sur les dunes de sable en altitude à proximité d’Oran.
Dans ce territoire annexé du Sanctuaire, le soleil est ardent chaque jour de l’année. Même ce 8 décembre 1986.
Reculé de la ville haute, dans les monts de l’Aidour, cet ancien siège politique d’Athéna a été ravagé il y a des centaines d’années, lors d’une bataille opposant le domaine sacré aux dieux Egyptiens. Depuis, les ruines des temples détruits servent d’abris aux nombreux apprentis dans ce qui est devenu désormais un camp d’entraînement pour Saints, aujourd’hui dirigé par Lilium Saint de bronze de l’Octant.

Revenu la tête basse du Japon depuis plusieurs semaines, Jabu s’entraîne à l’écart, dans le désert qui entoure le camp.
Vexé par sa défaite lors de la Galaxian War, le chevalier de bronze se montre plus humble qu’autrefois. Alors qu’il aurait pris par le passé plaisir d’humilier les autres apprentis, la Licorne préfère s’exercer au loin, pour ne pas leur faire d’ombre.
Habillé d’une tunique violette sous sa djellaba en coton, Jabu supporte désormais parfaitement la chaleur. Il n’éprouve aucune gêne à respirer, malgré l’atmosphère étouffante. Le sable, ces petits grains résultant de la désagrégation des roches, ne lui brûlent plus la peau.
Sa cosmo énergie violacée virevolte tout autour de lui, tandis qu’il frappe le vide à une vitesse qui l’épate lui-même : « Mes mouvements sont beaucoup plus rapides que lorsque je suis rentré au Japon. Ils sont également plus souples. »
Néanmoins, quelque chose le tracasse : « Lilium m’avait assurée qu’elle viendrait m’aider à développer le Unicorn Gallop. Il est étonnant qu’elle ne soit pas encore arrivée. Je ferai mieux de regagner le camp… » (Reste 55627 caractères)
 

Chapitre 60

Chapitre 60

Le 3 décembre 1986, au Libéria, dans ce pays d’Afrique où la jungle prédomine, situé à l’intérieur des terres, bien loin de la mer, Bomi Hills accueille sur sa terre aride des pas cinglants de pieds couverts de métal. Ceux-ci laissent d’immenses traces sur le parterre poussiéreux.
L’inconnu, vêtu d’une imposante Cloth bleue, armée de pointes acérées aux genoux et sur les épaulettes, arbore une carrure impressionnante. Son visage, ferme et carré, affiche une froideur à en faire fuir la faune alentour.
D’un violent coup de poing, il réduit à néant une hutte qu’il vient de visiter, puis fait le tour de lui-même comme s’il cherchait la direction à suivre. Il abandonne son calme passable, pour libérer un hurlement de colère. Sa grosse voix retentit à des mètres à la ronde : « J’en ai assez de tourner en rond ! J’ai été missionné par notre nouveau général, Phaéton, pour te trouver et t’éliminer Saint du Loup ! Où te caches-tu ?! » (Reste 53510 caractères)
 

Chapitre 59

Chapitre 59

Cela fait plusieurs minutes que Seiya tourne en rond dans la cour de l’orphelinat « Les enfants des étoiles ». Il shoote d’un léger coup de pied, chaque caillou sur son passage pour tuer le temps.

Ces dernières semaines de répit permettent à la Fondation Graad et au Sanctuaire, d’accroître tous deux de leurs côtés, les recherches sur les parties de l’armure d’or qu’ils leur manquent.
Après la tragédie qui a touché Shiryu, Saori a choisi d’élaborer un plan d’attaque en compagnie des Steel Saints, afin d’accorder un peu de repos à Seiya, Hyoga, Shun et Ikki.
Ce 28 novembre 1986, le Saint de bronze de Pégase a choisi de se changer l’esprit, en rendant visite à son amie Miho.

Tout à coup, la cloche de la chapelle sonne et aide à calmer l’impatience de Seiya. « Enfin, les enfants ont fini leurs devoirs. Miho va pouvoir se libérer. Cela fait tellement longtemps que je ne l’ai pas vu, réfléchit-il. »
Le tintement de la cloche le laisse songeur : « Seika, grande s½ur, que j’aimais écouter cette cloche ici jusqu’à ce que nous soyons séparés. Entendre de nouveau ce son me rend nostalgique. Je me rappelle les fois où tu me racontais que nous habitions une petite maison avec nos parents, près d’une église. Hélas, je n’ai plus aucun souvenir d’eux. Et toi Seika, il ne me reste plus que ton visage et le souvenir de ta voix. » (Reste 46966 caractères)