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Chapitre 86Ce 5 avril 1987, en Olympe, le soleil d’Apollon se lève comme chaque jour en prenant le relais de la lune d’Artémis. Cette journée est semblable à toute autre pour un Olympien. Ces élus des dieux, qui font parfois même partie de leurs descendants, se pressent dès l’aube de prier leurs bienfaiteurs. Dans l’allégresse, chacun vaque ensuite à ses occupations. L’entretien des potagers. L’élevage des bêtes. Les rituels dans les prieurés disposés tout autour des demeures. Le service auprès des divinités qu’ils vénèrent. L’entraînement dans les casernes du temple de la Lune pour les jeunes femmes intégrant la milice d’Artémis. Les patrouilles continuelles des Anges dans tout le domaine. Un quotidien bien rodé. Jusque dans les zones inexplorées de ce royaume idyllique… En effet, prisonnier depuis des mois, Apodis demeure assis en tailleur au sommet de sa prison, un immense pylône suspendu au-dessus de l’Hyperdimension et désormais scellé par Zeus lui-même. Torse nu, quelques morceaux de sa ceinture et de ses jambières, collant encore son pantalon craquelé, l’Oiseau de Paradis demeure inébranlable. Sa musculature est toujours aussi saillante. Ses blessures sont maintenant toutes cicatrisées. Ses cheveux, devenus très longs, tombent sur son visage et ne font plus qu’un avec une barbe nouvelle qu’il ne peut entretenir. Ses poils cachent son visage tout aussi crasseux que son corps, ô combien fermé et impénétrable. Sa concentration et son abnégation lui ont fait oublier la faim, la soif, la peine et la souffrance. Son cosmos brûle à l’infini. Un infini qu’il n’explore que par la pensée, prisonnier d’un univers qui n’est pas le sien et où tout le monde semble l’avoir oublié. Alors que lui n’oublie pas la Terre. S’il ignore tout de ce qui s’y passe, il n’en est pas impatient pour autant. Le temps ne lui parait plus long. L’Eveil et l’Illumination lui ont appris à être au-dessus de tout ça. Il cultive désormais ces facultés qui le rapprochent chaque jour un peu plus des dieux… (Reste 50070 caractères)
Chapitre 85Dans une dimension qui surplombe la Terre, en Olympe, Apollon observe un pilier surmonté d’une lune. Au sommet des vertes contrées où le peuple Olympien vit paisiblement, devant un des onze temples au pied du Mont Olympe, le Dieu du Soleil marque le pas devant l’entrée sur le territoire d’Artémis. Les glaciers au sommet du Mont Olympe alimente un lac tout autour. Le long chemin bordé du lac conduit plus à une véritable citée qu’à un temple. Accompagné de son serviteur Roloi, il progresse sur un long pont jusqu’à une citadelle aux pierres froides. Elles soutiennent grâce à ses colonnes grecques des voûtes sur lesquelles sont gravés des croissants de lune. Sur leur chemin, les jeunes filles au service d’Artémis, les Satellites, s’écartent en révérant le Dieu du Soleil. Toutes armées d’un arc et de flèches, elles portent un serre-tête en forme d'oreilles de lapin et semblent être commandées par une Satellite à la protection plus sombre et à la forme plus reptilienne, La Scoumoune. Aux abords de la bâtisse, vont et viennent les cohortes d’une véritable armée. Elles traversent les ruelles et allées du seul édifice d’un dieu de l’Olympe semblable à une caserne plutôt qu’à un palais. Tout autour d’eux, des serviteurs, Olympiens et Olympiennes, s’affairent à nettoyer les lieux et à prier sans cesse. L’un d’entre eux, un jeune garçon nommé Lytus fait preuve de maladresse en laissant glisser de ses doigts une amphore d’ambroisie. Le fracas agace d’un claquement de langue Apollon tandis que Callisto chuinte instamment pour que Lytus se courbe plus bas que terre pour nettoyer prestement. La protection de Callisto est semblable à celle de La Scoumoune, néanmoins, à sa façon de réceptionner sans crainte le Dieu du Soleil, elle apparaît extrêmement retorse. _ « Seigneur Apollon. Sa Majesté Artémis attend votre visite avec impatience. Si vous voulez bien me suivre. » (Reste 54125 caractères)
Chapitre 84Dans une des ailes réservées aux familles bourgeoises du Walhalla, à l’intérieur de ses appartements, Bedra de Edel, émerge doucement de cette nuit agréable, qu’elle a passé emmitouflée dans ses draps. Malgré le réveil, elle paraît toujours aussi séduisante. Ses longs cheveux blonds soyeux et à peine dépeignés, ne gâchent en rien cette beauté que chaque homme rêve d’avoir à ses côtés au matin. Ses yeux améthyste se tournent instinctivement de l’autre côté du lit, celui-ci est hélas déjà vide en ce matin du 23 mars 1987. Très vite, son futur époux la rassure. Couvert de sa God Rob, casque sous le bras, Syd de Mizar admire le paysage depuis la grande fenêtre où il s’est posté : « Bientôt tu continueras à passer d’aussi agréables nuits que celle qui vient de s’écouler. » Sa promise se penche légèrement et admire un temps moins capricieux que d’ordinaire. Hormis quelques flocons qui voltigent dans un vent relativement calme, le ciel paraît clément en ce jour à Asgard. _ « Odin bénit déjà sa Majesté Hilda d’entreprendre notre conquête du Sanctuaire. _ Alors c’est toi que la Princesse de Polaris a choisi ? _ Oui. Je dois me rendre au Sanctuaire jauger la puissance des Saints qui protègent Athéna et, accessoirement, ramener sa tête si la tâche n’est pas trop ardue. » L’engouement du Guerrier Divin n’est pas partagé par la belle des neiges : « Je suis surprise que tu prennes plaisir à ôter la vie d’une déesse qui nous a toujours été présentée comme alliée à Odin. » Bien plus impulsif avec elle depuis qu’il a découvert sa liaison avec Bud, le God Warrior de Zeta s’emporte : « Parce qu’une divinité qui nous condamne à vivre ici dans ces conditions, est une alliée pour toi ?! Bien sûr, en restant au chaud à profiter des trophées de chasse de nos serviteurs, tu ne dois pas te rendre compte de la rudesse d’une vie ordinaire dans ces contrées ! Demande à Thor ce qu’il en pense. Interroge-le sur le nombre d’enfants morts le mois dernier à cause des conditions de vie déplorables ici ! » Discrète, effrayée, Bedra se contente de murmurer : « Je suis simplement surprise qu’Hilda accepte soudainement de faire appel à la violence. Elle et sa s½ur abhorrent toute forme de haine. D’ailleurs, en parlant d’elle, où est Freya ? Que pense-t-elle de tout ceci ? Et le Seigneur Sigmund ? On dit que son frère fut nommé à sa place God Warrior ! » Préférant s’épargner de longues explications, le second de Siegfried choisit de taire la mise au cachot de la cadette de Polaris. Il fixe son casque sur son crâne et déclare : « Qu’importe les moyens. Les Asgardiens souffrent depuis trop longtemps. Hilda me fait l’honneur d’être son messager. Il est convenu que je parte dès le lever du soleil. Je reviendrai victorieux au nom de notre futur mariage. Sous peu, tu épouseras un prestigieux Guerrier Divin sous le soleil grec. » Il emprunte la sortie sans plus poser un regard sur la jeune femme qui cajole son corps nu dans ses draps. (Reste 62324 caractères)
Chapitre 83Ce 22 mars 1987, parait semblable à n’importe quel autre jour au royaume d’Asgard. Le vent glacial propage la neige. Elle tombe depuis des heures tout autour du Walhalla. Chacun vaque à ses occupations, à l’exception près que celui qui accompagne la Princesse de Polaris ce jour n’est pas Siegfried mais Alberich. Et c’est bien pour cela que Sigmund rejoint l’Autel du Destin où prie chaque jour Hilda. Confuse après le trouble semé entre eux par Thétis, Hilda préfère s’éloigner ponctuellement de son bienfaiteur, pour permettre à de Megrez de redorer cette image qu’il a tant de mal à faire valoir. Par précaution, conscient que son aîné, chef des armées d’Asgard, est appelé à devenir God Warrior un jour, Siegfried s’en est trouvé rassuré de pouvoir compter sur son frère pour garder un ½il sur eux. Pourtant, en ce jour d’apparence ordinaire, une vaste secousse vient avertir les guerriers les plus alertes. L’ensemble du domaine tremble l’espace d’une dizaine de seconde. Renversant l’argenterie que Lyfia nettoie dans le grand salon. Menaçant de plusieurs avalanches les promeneurs, comme par exemple Freya qui peut compter sur Hagen pour la secourir. Ou mettant en exergue les combattants les plus vaillants comme Balder le vagabond, ou Fenrir et sa meute. Faisant s’écrouler les logis les moins bien lotis, que Thor maintient afin d’éviter à une famille toute entière d’être prise sous les décombres. Assisté de Syd il donne l’alerte aux plus démunis et évacue Helena et ses jeunes frères et s½urs. Faisant choir sur son postérieur la cohorte qu’entraîne Héraclès, son supérieur, dans l’enceinte d’une caserne. Inquiétant le malhonnête Fafner, encore impliqué dans une bagarre de taverne. Brisant quelques vitres du palais dont les éclats auraient défiguré ses habitants, si Frodi n’avait pas été présent… (Reste 50551 caractères)
Chapitre 82 Sur la plus septentrionale des quatre îles principales de l'archipel du Japon, Hokkaido, se matérialise la silhouette de Kyoko. Légèrement vêtue de sa jupe et de son chemisier, la jeune femme progresse dans le plus haut relief montagneux de l’île. Alors que quiconque ne tiendrait pas une minute dans ce climat, elle prend le temps de progresser dans la tenue scolaire qu’elle a choisi pour rendre visite à Mars en Grèce. D’apparence chétive, elle avance sans difficulté, caressée qu’elle est par les bourrasques de vent gelé, sur les sentiers sinueux. Tout à coup, au-dessus de sa tête, le bruit de raie d’hélices perturbe son allégresse. Un drone s’infiltre dans cette zone inhabitée et inexplorée depuis trois ans maintenant que le Jardin d’Eden a rejailli des entrailles terrestres. En débouchant en sortie de forêt sur le flanc de la montagne, elle s’en amuse : « Ils ne comprendront donc jamais. » A cet instant, morceau par morceau, l’appareil se disloque puis explose pièce après pièce. Elle observe alors devant elle des vestiges de la Grèce Antique taillés à même la roche. _ « Ils ne parviennent plus à accéder à ce lieu. Les barrières naturelles sont insurmontables. Alors ils tentent par leur technologie, sans jamais accepter qu’ils ne peuvent pas tout s’approprier sur cette Terre, d’atteindre ce lieu qui les rejette. La limite des hommes est atteinte là où le choisissent les dieux. » Revenue de son escapade en Grèce avec Arès, Eris profite du soleil levé de ce 22 mars 1987 pour admirer en plein Japon de hautes colonnes de la Grèce antique. Elles érigent divers prieurés avec en sommet de flanc de montagne un temple plus imposant. Son ascension commence en slalomant les monceaux de roches retournés par la résurgence du Jardin d’Eden où se mêlent piliers effondrés et pierres brisées. Aussitôt, quelques Dryades aux Leaf noires et amarantes sortent des décombres pour prendre en étau la jeune femme jusqu’à ce que celles-ci reconnaissent leur déesse. Toutes s’agenouillent instantanément tandis qu’un Ghost Saint apparaît. D’un claquement de doigt il chasse les Dryades. _ « Rigel, quel plaisir que tu viennes m’accueillir. » Le Fantôme pose genou à Terre. Un voile flou couvrant ses yeux, Rigel, imposant dans sa Leaf d’Orion, démontre toute sa dévotion : « Quoi de plus normal Kyoko. » En passant à côté de lui, elle lui caresse affectueusement le visage en forçant à hauteur du menton pour le forcer à se relever : « Rigel… Je t’ai déjà demandé de ne plus me nommer ainsi en ce lieu… » Il la laisse passer devant et la fixe reprendre la route. Son regard s’éclaircit alors, reprenant la vigueur qui était la sienne avant qu’Eris ne lui ôte la vie sur l’Utérus. A cet instant, lui reviennent les souvenir du meurtre de Mayura et du baiser mortel qui le firent rentrer dans le camp de la Déesse de la Discorde… Il devina aisément l’affliction de ses anciens camarades il y a trois ans après la bataille sur l’Utérus… (Reste 52488 caractères)
Chapitre 81En Argentine, devant le Disfrute, les secours ont fini de prendre en charge les prisonniers de Segador et la clientèle qui a fui les balles. Les forces de l’ordre sont maintenant regroupées autour du night-club, prêtes à l’intervention. A l’intérieur de la chambre, Vasiliás l’a bien ressenti. Bien que désormais ce soit Peligra qui semble plus envieuse que lui, il devine que son instant de plaisir dans le monde contemporain doit cesser. Peligra, elle, s’est levée sur la chaise pour coller contre le visage mal rasé de l’Américain, le bas de ses hanches. Son souffle devient si envieux, haletant, qu’il étouffe à certains moments la musique qui résonne dans la pièce. Décidée à accentuer son plaisir, elle redescend peu à peu pour s’accroupir contre lui, bassin contre bassin, et mimer un coït en remuant de plus en plus vite. Ne sachant plus résister, elle se lève pour enfin ôter cet ultime habit qui la protégeait du dernier acte. C’est à cet instant précis que Vasiliás choisit de se lever pour ramasser ses vêtements dans l’étonnement le plus complet. _ « Que fais-tu ?! _ Je n’ai plus d’argent. Le spectacle s’arrête là. _ Tu m’as donné plus d’argent qu’il n’en fallait, je t’offre la suite de la prestation. » Malgré toute l’envie qu’il contient, Vasiliás réajuste grossièrement ses vêtements : « Si ce n’est pas déjà le cas, dans les secondes qui suivent tu n’auras plus de patron. Cet établissement ferme ses portes ce soir. Profite justement de l’argent que je t’ai donné, pour te trouver un meilleur job où plus personne n’exploitera tes charmes. » Sans même la regarder, il quitte la pièce et la laisse penaude. A la sortie de la chambre, il reconnaît les sept surveillants de Segador étendus dans le couloir. La porte de la salle privée de l’établissement est entrouverte. Le corps de l’unique gardien survivant, celui au bras brisé, essaie de s’extraire en rampant. Souffrant, misérable, le videur laisse derrière lui sa trace dans son sang. Vasiliás le regarde avec dépit : « Tu m’as l’air condamné. T’achever serait te rendre service. Autant te laisser crever comme tu le mérites. » Il s’enfonce dans l’appartement aux murs tapissés de sang. (Reste 48683 caractères)
Chapitre 80En Argentine, le night-club appartenant au chef de la pègre est peu à peu encerclé par les secours et les forces de l’ordre. A l’intérieur, il ne reste plus que d’un côté Vasiliás et Peligra, et de l’autre Tromos et Segador. Dans l’alcôve, où ils se sont enfermés, Vasiliás et Peligra dégustent à tour de rôle sur leurs corps le champagne qu’ils font couler. Ils sont loin de connaître les détails des retrouvailles entre Segador et Tromos. Leurs vêtements jonchent le sol, disséminés aux quatre coins de la pièce. La montre-gousset de Vasiliás, d’ordinaire si chère à son c½ur, abandonnée dans la poche de son pantalon qui traine à ses pieds. Ne gardant que leurs sous-vêtements pour barrière à la concrétisation des envies qu’ils suscitent l’un chez l’autre, ils poursuivent leur corps à corps endiablé. A genoux contre le Berserker assis, Peligra ne cesse d’appuyer sa poitrine en allant et venant sans cesse contre sa taille. Ouvrant même parfois sa bouche comme pour accueillir à travers son boxer blanc l’intimité sacrément manifestée de Vasiliás… A quelques mètres de là, au fond du couloir, les bras ballants, Segador abandonne sa mine enjouée. Un à un, les os de ses doigts puis de ses poignets, avant ceux de ses épaules et de son coude, ont été brisés. Ses yeux à l’agonie devinent à la fouille qu’opère Tromos dans son bureau, que sa torture ne fait que commencer. Brandissant d’un tiroir une pince, le colossal Argentin se congratule déjà des futurs résultats de ses sévices : « Que penses-tu que je puisse t’arracher avec ça une fois que je t’aurai ôté chacune de tes dents ? » Puis, en refermant le tiroir, il trouve une manivelle dans celui du dessous : « Oh ! J’ai comme l’impression qu’il sera plus amusant de percer lentement tes genoux avant, pour ne pas que tu craches trop de sang après t’être fait opérer le râtelier ! » L’odieux personnage change très vite d’attitude. Désormais anxieux, Segador est défiguré par la folie qui symbolise la souffrance qu’il n’arrive même plus à hurler tant il s’égosille… En Grèce, au sommet d’une falaise qui surplombe Athènes, Kyoko grimace après sa dernière gorgée d’alcool. _ « Le champagne a vite réchauffé ! _ Le temps passe très vite. D’ailleurs j’aimerai que tu reprennes le récit de tes exploits avant que Vasiliás et Tromos ne reviennent de leur escapade et suspectent quoi que ce soit te concernant. _ Bien, bien… » (Reste 46359 caractères)
Chapitre 79En Argentine, dans le night-club, Tromos est aux portes de sa vengeance. En poussant la porte gardée, il débouche enfin sur un grand bureau. Celui-ci dispose d’un mur fait de télévisions retransmettant la vidéosurveillance de l’établissement. Affalé dans son siège en cuir, le propriétaire du Disfrute n’en revient pas : « Je ne pensais vraiment pas que tu arriverais jusqu’ici. C’est lorsque tu as vaincu facilement le monstre dans la cave que j’ai commencé à avoir des doutes… » L’ignoble individu dévoile enfin son visage à Tromos instantanément saisi. _ « … Tu as gagné, achève sa phrase le chef de gang. Je t’engage ! Je vais faire de toi un homme riche. Tu auras tout ce que tu veux. _ Tu… Tu n’as pas changé, reste un instant bouche-bée Tromos devant lui. Hormis quelques rides, tu restes le même que dans mes pires cauchemars. Un visage crapuleux, chauve avec tout le crâne tatoué, un menton carré et des dents pointues. _ On se connaît ?! _ Il y a vingt-et-un ans. Je n’étais qu’un petit garçon, frêle et innocent comme tous les enfants de huit ans. Un petit village dans lequel tu instaurais déjà la terreur. Tu obligeais les gens, de courageux ouvriers travaillant pour nourrir leurs familles, à te verser presque l’intégralité de leurs revenus, sous prétexte qu’ils vivaient dans une citée dont tu te prétendais maître. Tu te servais de cette zone résidentielle pour commencer tes basses besognes. Prostitution, trafic de drogues… » Toujours confortablement installé dans son siège, le malfaiteur s’allume une cigarette en se sentant glorifié par cette histoire. _ « Oh tu sais, j’ai commencé jeune à monter mon empire. Je ne me souviens pas de toi. _ Moi je me souviens de cette nuit où tu es venu en personne punir mon père, qui n’avait pas assez d’argent pour payer ta taxe clandestine. J’ai été le seul à avoir eu le temps de me cacher sous le lit de mes parents. Je me souviens de tout. De tes hommes battant mon père. Le laissant tout juste conscient, pour qu’il puisse te voir violer ma mère et déshonorer mon frère avant de les égorger. Je me remémore encore l’incapacité de ma petite s½ur à répondre, lorsque tu lui as demandé lequel des jumeaux d’un mois elle voulait sauver, alors que tu lui promettais qu’elle aussi s’en sortirait si elle choisissait. J’ai encore ses cris gravés dans ma mémoire lorsque tes hommes ont abusé d’elle, alors qu’elle n’était qu’une enfant pendant que tu m’étais le feu au berceau des deux bébés qui pleuraient car ils mourraient de faim. Et chaque jour, je me vois impuissant, à essayer de tirer mon père immobilisé pour le sauver du feu qui se propageait dans la maison. Il n’y a pas un instant, pas un soupir, durant lequel je ne me maudis pas d’avoir échoué et d’avoir laissé cette peur de petit garçon me forcer à prendre mes jambes à mon cou pour échapper au même sort que les miens. _ Mouais, recrache insensible Segador sa fumée… Une de mes aventures parmi tant d’autres. Loin d’être la plus palpitante ! _ Comment, s’avance le poing serré Tromos ?! » Contre toute attente, de chaque côté du large bureau, tapis dans l’ombre, sortent deux derniers hommes de main. _ « Je te présente les plus habiles tueurs de mon gang. Ils manient aussi bien tous les types d’armes que les styles de combats à mains nues. Je sens que tu vas m’offrir un spectacle beaucoup plus digne que celui de ta mère et ta s½ur dont je ne me souviens pas. » Ces mots suffisent à faire basculer définitivement Tromos dans cette soif de justice subjective que véhicule Vasiliás. Sans même laisser le moindre agent réagir, il les terrasse en les tranchant tous les deux en deux à hauteur du buste. _ « Le Berserker de la Royauté, notre Roi, a raison. Le mal doit être éradiqué à la source. Et je vais m’en charger avec toi. » Malgré sa fin imminente et inévitable, Segador se permet de se moquer de ses anges gardiens qui gisent au sol : « Les pauvres. Ils devaient manquer d’entraînement ! » Cette indifférence ne démotive pas l’Arèsien, au contraire. Il bondit sur Segador et se retient du mieux qu’il peut pour ne pas le tuer d’un seul coup. En le callant bien dans le creux de son siège, il lui assure : « Je vais te réserver les pires tourments que tu as commis. Et je te promets, moi, homme de parole, que tu perdras ton sourire narquois avant de rendre ton dernier souffle. » La cigarette lâchée sous le choc, Segador continue d’afficher sa mine sournoise alors que le mégot lui brûle la cuisse, comme pour annoncer que la tâche sera ardue… (Reste 49148 caractères)
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