Chapitre 73

Chapitre 73

En Argentine, à Buenos Aires, pendant que Tromos suit un employé du club peu fréquentable, Vasiliás et Peligra s’isolent plus loin.
Au détour de quelques voiles tombés du plafond destinés à offrir de l’intimité à ceux qui souhaitent s’écarter de la piste de danse, Vasiliás ne perd pas des yeux Peligra.
Partageant côte à côte un verre de champagne, le bras écarté à hauteur du dossier du canapé, comme pour rapprocher la sublime créature de lui, Vasiliás s’occupe de détourner son attention de Tromos.
De sourires en sourires, de compliments en compliments, les deux êtres profitent de cette soirée pour goûter à la présence de l’autre.
Les jambes recroquevillées sur le divan, Peligra laisse à Vasiliás, tout le loisir d’admirer sa poitrine grande offerte sous sa veste déboutonnée.
Très vite, l’ancien homme d’affaires tend quelques billets en indiquant la barre de pole dance : « Quitte à passer une bonne soirée, autant ne pas tout gaspiller en champagne. Il me semblait t’avoir affirmé que j’aime qu’on danse pour moi. »
Comme pour accompagner la demande du richissime Américain, le disque-jockey enchaîne les musiques rythmiques permettant de remuer avec sensualité.

Un simple clignement de paupières de Peligra suffit pour donner à Vasiliás son approbation.
En se levant méthodiquement afin de cambrer chaque partie de son corps, elle ramasse un seul billet qu’elle vient glisser sous la soie entourant sa taille et le haut de ses cuisses à la peau chocolat au lait.
Elle cramponne fermement la tige de métal dressée jusqu’au plafond depuis le podium qu’encerclent les fauteuils sur lesquels Vasiliás s’affale à son aise.
Faisant plusieurs fois le tour de l’axe sur lequel elle descend et remonte continuellement sa main droite comme pour mimer un geste tendancieux, Peligra commence à y rapprocher son corps. Le frôlant en allant d’avant en arrière, tout en tournoyant, elle alterne les rotations dans un sens puis dans l’autre, en s’appliquant chaque fois à enrouler langoureusement sa jambe contre le barreau ferme et froid.
Se saisissant d’une nouvelle coupe fraîchement servie, Vasiliás ne perd pas de vue le spectacle que la véloce jeune femme lui offre.
Suivant de plus en plus les vibrations sonores, elle choisit de lui tourner le dos et de baisser la tête toute en relevant son postérieur. Elle répète cette position, en alternant avec une autre encore plus significative, pour laquelle elle relève une jambe le long du barreau afin d’offrir la vue de son entrejambe écarté mais encore dissimulé sous son n½ud de soie…


Pendant ce temps, en terrasse, à Athènes, Mars tapote tour à tour les doigts de sa main droite sur la table contre laquelle son coude gauche est appuyé pour maintenir sa tête dans la paume de son autre main.
Il est absorbé par le récit d’Eris…

Flashback
Après un intense entraînement, Shoko et Rumi se hâtèrent à Honkios.
Néanmoins, le marché distrayait particulièrement la vorace Shoko.
_ « Shoko ! Il va être l’heure pour les prêtresses de descendre en ville ! Si nous n’allons pas nous cacher au cimetière maintenant, nous louperons ta s½ur !
_ Je sais, piétinait Shoko qui faisait la queue devant un étal, mais c’est ici qu’on trouve la meilleure viande du domaine, bavait-elle sous son masque ! Je compte bien utiliser les sacres que j’ai récupéré en récompense après qu’on a aidé ce petit vieux sur le chemin du retour !
_ Que nous avons récupéré je te ferai dire ! Nous étions deux à l’aider et à être récompensées je te signale ! Mais comme toujours tu t’accapares le tout pour la nourriture ! Tu es incorrigible ! »
Pour seule réponse, l’estomac de Shoko se mit à gargouiller.
Son bruit fut émis si fort qu’il en fit rigoler Filia, la fille du marchand qui aidait son père à servir les nombreux clients.
Alors, une idée vint à Shoko : « Je sais ! Tu vas faire la queue pour moi pendant que j’irai guetter ma s½ur, décréta-t-elle en saisissant Rumi pour l’y poster à sa place ! »
Sans même que Rumi ne put contester, Shoko lui claqua la monnaie dans les mains et partit à vive allure en direction du cimetière.
Blasée, claquant sa main sur son front masqué, Rumi n’eut d’autre choix que de la laisser s’éloigner.  (Reste 59373 caractères)
 

Chapitre 72

Chapitre 72

En Argentine, à Buenos Aires, éloigné des décibels, accoudé au comptoir, Tromos tourne le dos aux fêtards de plus en plus déchaînés.
Grognon, le Berserker de la Terreur, habituellement doux et attentionné, demande sèchement au barman : « Remettez-moi un cocktail du diable. Quadruple dose s’il vous plaît. »
En balançant plus de billets qu’il n’en faut, le régional de l’étape stupéfait le serveur.
L’employé ramasse ainsi une quinzaine de verre vide devant son généreux client : « Vous êtes épatant. C’est notre boisson la plus chargée. D’habitude, deux suffisent à mettre dans un état second. »
D’un rire gras, Tromos se vante.
Malgré ses piètres talents d’acteur, lui qui d’ordinaire est très humble, réussit à affirmer : « Petit gars, t’as pas à faire à n’importe qui. T’as pas vu la masse devant toi ?! »
Avec plaisir, l’homme ramasse l’argent et se contente d’un : « J’avoue ! »
Tromos bluffe jusqu’au bout. Il sort une liasse de billet, qu’il lui tend discrètement : « J’en boirai des tonneaux moi. Pas des saloperies de jus d’orange que tu mets dedans, mais juste de l’alcool que tu te sers. D’ailleurs, si tu peux me sortir quelques litres supplémentaires… »
Jusqu’ici fréquentable, le salarié présente une mine bien plus sournoise en s’emparant avidement de l’argent : « T’en as encore du fric ? »
Tromos se contente de hocher positivement la tête en faisant une mine blasée. Ce à quoi l’intéressé réagit : « Si c’est une bonne défonce que tu cherches, à ce prix-là j’ai mieux à te proposer. Suis-moi. »
Il claque des doigts pour faire venir un autre collègue.
Ainsi, il guide, en pressant le pas, son client vers une porte derrière lui…


En Grèce, depuis la terrasse d’un café où ils sont attablés, Kyoko et Mars fixent l’énorme monolithe de marbre gris bleu, veiné de rouge, qu’est l’Aréopage que visitent les touristes.
Ceux-ci, bien loin de se douter que la colline abrite encore le sanctuaire d’Arès, ignorent jusqu’à la présence des deux réincarnations au milieu d’eux.
_ « Tu as de quoi payer, questionne Arès ?
_ Nous n’en aurons pas besoin, suggère Eris. Tu vois la table au bout de la terrasse ?
_ Celle avec le jeune couple ?
_ Celui-là même. D’ici la fin de notre entrevue, la discorde permettra de nous éclipser, sans qu’on nous remarque.
_ Cela m’arrange. Faire tout exploser à proximité de mon temple aurait pu mettre la puce à l’oreille du Sanctuaire. D'autant plus qu’ils me croient inactifs pour le moment. Mais dis-moi, quelle discorde les opposera ?
_ Lorsque je me suis éveillée il y a trois ans, j’ai semé des graines de la discorde partout sur Terre. Désormais, je peux lire dans le c½ur des gens infectés. Je lis dans le c½ur de la jeune femme, qu’elle voit un autre homme que celui qui lui fait face. Par le biais de mon cosmos et de la graine prête à germer, il me suffira d’accentuer son aversion pour ce dernier, tandis que j’utiliserai chez lui la jalousie en son c½ur. L’un ou l’autre finira bien par sombrer dans la folie et t’offrira un bain de sang.
_ Comme j’ai hâte de retrouver la surface quand tu présentes ainsi les choses. Hélas, nous avons peu de temps, avant que Vasiliás et Tromos ne reviennent d’Argentine et remarquent mon absence. Raconte-moi donc depuis ton retour sur Terre quel plan tu as fomenté.
_ Oui… Tout s’est passé l’année 1984… »  (Reste 60987 caractères)
 

Chapitre 71

Chapitre 71

Au Japon, dans la résidence Kido, à l’intérieur d’un grand salon illuminé par quelques halogènes, c’est le brouhaha.
Malgré les désaccords qui les opposent, la maîtresse de maison finit de convaincre ses chevaliers : « Il ne s’agit que d’une simple fête d’anniversaire. J’y vais pour affaires. Et puis Tatsumi m’accompagne. »
Le Saint aux mains gantées et à la tenue pourpre pousse ses camarades, Ichi, Nachi, Ban et Geki à le soutenir : « Malgré cela, un danger pourrait toujours roder. Je refuse que Seiya et les autres aient risqué leurs vies, pour vous laisser tomber dans les griffes d’un nouveau péril. Nous sommes le 21 mars 1987. Cela fait trois mois qu’ils sont dans le coma malgré les soins reçu à la Source d’Athéna, rappelle Jabu !
_ Jabu a raison, confirme Sho accompagné d’Ushio et Daichi. Seiya et nos amis sont toujours dans le coma. Rien n’est rassurant les concernant.
_ Vous tombez pourtant à pic, dit Saori en se tournant vers ses Saints d’acier. Vous pouvez confirmer qu’avec les moyens technologiques mis à votre disposition à notre quartier général sous le coliseum, vous pourrez tracer ma présence.
_ Oui mais…
_ Dans ce cas, vous n’aurez rien à craindre. De plus Ushio nous accompagnera pour piloter le jet qui doit m’amener dans la propriété des Solo, près du Cap Sounion. Je ne serai pas seule. »
De façon inattendue, silencieux jusqu’ici, Tatsumi sort de derrière un meuble un sabre de bois qu’il fait tournoyer autour de lui : « Et n’oubliez pas qu’elle sera accompagnée de Tatsumi troisième dan de Kendo ! »
Sa démonstration se solde par un geste malheureux qui fait basculer le buste de bronze sculpté à l’image de Mitsumasa Kido.
Il faut compter sur la réactivité d’une dernière invitée pour sauver l’ornement.
D’un claquement violent, un fouet vient enrouler la sculpture pour ensuite la ramener vers son maître d’arme.
Apparue par la fenêtre ouverte, ses spartiates montées sur talons et enroulées par-dessus son pantalon jaune au niveau des chevilles, la jeune femme blonde au justaucorps rose tend volontiers la statue à Saori.
Navré, Tatsumi se jette aux pieds de la réincarnation d’Athéna : « Oh ! Mon maître, mon maître ! Qu’ai-je fait ? »
Sous son masque, l’héroïne s’amuse de la situation. Quelques mèches de ses longs cheveux blonds tombent sur son masque de femme chevalier.
_ « Merci June Saint de bronze du Caméléon.
_ A votre service Athéna.
_ Alors ça y est, bondit Daichi jusqu’à l’amie de Shun ? Tu sembles parfaitement rétablie !
_ Oui, je suis de nouveau sur pieds et c’est pour cela que je voulais profiter de votre départ pour la Grèce Déesse Athéna pour vous accompagner. J’aimerai vivre au sein du berceau de la chevalerie, au Sanctuaire. Et…
_ Et veiller sur Shun n’est-ce pas, sourit amicalement la déité ? C’est entendu. »
A la fois gênée et enchantée de recevoir la bénédiction d’Athéna, June se courbe bien bas, pour lui rendre les hommages qui lui sont dus. (Reste 48246 caractères)
 

Chapitre 70

Chapitre 70

Les douze flammes de la grande horloge du Sanctuaire, sont éteintes depuis bientôt quinze jours.
Le retour d’Athéna au Sanctuaire a achevé l’année 1986 par un message de paix.
Depuis, à chacune de ses apparitions, Athéna est saluée par une clameur populaire qui rompt le calme habituel du domaine sacré.
Du fait de la conspiration de Saga des Gémeaux, son visage était resté mystérieux, au point même que certains doutaient de son existence. Dorénavant, depuis son avènement, la déesse se montre à eux régulièrement dans toute sa splendeur et sa noblesse.
Les habitants du Sanctuaire ne perçoivent aucun point obscur dans le sourire plein de force qu'Athéna leur retourne. Ils se réjouissent de la victoire de la justice et prient pour que la paix dure pour toujours.

Néanmoins, Saori conserve une profonde réserve de sentiments.
Si une certaine amélioration est à noter dans le rétablissement de ses Saints de bronze, elle s’ennuie néanmoins d’eux.
De plus, les messages réguliers des Steel Saints, relayés par des messagers basés à Athènes, inquiètent l’héritière de la Fondation Graad.

Ce n’est pas l’arrivée de Tatsumi qui la rassure.
Le majordome, accompagné de plusieurs gardes dont son inséparable acolyte, le père de Kyoko et Shoko, qu’il a rebaptisé du même nom que le sien, se présente dans la salle d’audience du Grand Pope.
Comme dans la plupart des maisons du zodiaque en travaux, il peut sentir l’odeur du plâtre et du ciment frais. Il ne reste bientôt plus rien des champs de bataille où le sang de beaucoup d’amis a coulé.
_ « Ah ! C’est incroyable Mademoiselle Kido ! Tout est bientôt comme neuf, la félicite Tatsumi !
_ En effet, nos ouvriers et nos soldats ont travaillé sans relâche. »
L’homme au visage dur et au crâne dégarni peut remarquer la mélancolie qu’exprime la déité. Gêné, il approche jusqu’au siège où elle est positionnée et se penche en avant pour lui remettre en bonne et due forme un courrier : « Je suis désolé de vous ramener à vos obligations humaines. Toutefois, Sho m’a transmis une invitation qui vous a été envoyée par la famille Solo. En effet, le riche héritier de cette compagnie partenaire de notre Fondation Graad vous invite à son anniversaire dans sa résidence en Grèce. »
Avec délicatesse, elle s’approprie le document et l’examine quelques secondes : « Je vois… C’est à quelques kilomètres d’ici et… Ce banquet aura lieu dans deux mois et demi. En attendant, je devrai pouvoir m’occuper des affaires de la Fondation depuis ces lieux, souffle-t-elle pleine d’amertume. »
La voix fort avisée de son protecteur, Mû, retentit dans la salle : « Peut-être devriez-vous retourner au Japon le temps de régler certaines choses Majesté. Après tout, aucun danger ne nous guette pour le moment. »
La parfaite réincarnation aux cheveux lilas n’attendait que l’aval de ses plus proches conseillers.
Tout en regardant le Saint d’or du Bélier faire son entrée depuis les deux grandes portes de la salle qu’il a ouvert lui-même, elle lève les yeux vers le plafond et demande : « Il est en effet nécessaire que je retourne auprès des membres de ma société. Beaucoup de décisions doivent être prises pour favoriser des ½uvres humanitaires et des investissements dans les pays en voie de développement. Qu’en pensez-vous Dohko ? »
Par télépathie, l’intonation fatiguée du Saint de la Balance approuve la décision : « Comme le dit Mû, aucun danger ne vous guette. Vos messagers sont revenus avec des retours favorables des différentes prises de contact avec les autres dieux. Blue Graad vous a renouvelé sa fidélité. Asgard et Yíaros ont salué votre retour. Les représentants des dieux égyptiens et indiens ont été heureux d’apprendre votre décision de retirer les troupes de Saga de leurs territoires. De plus, il est difficile pour Athéna de faire oublier à Saori qui elle est, ainsi que ses obligations. Il est nécessaire pour votre propre bien être de retourner vous ressourcer au Japon. Mû et les autres veilleront sur Seiya et ses amis durant ce temps.
_ Dans ce cas, peut-être pourrais-je rentrer en compagnie de Jabu, Ichi, Nachi, Geki et Ban ? Ils assureront ma garde tout en étant heureux de rentrer chez eux.
_ Il serait préférable de laisser un Saint d’or vous accompagner, s’inquiète Mû, sans vouloir manquer de respect à vos amis…
_ Jabu et les autres sont très fiers des exploits de Seiya et de ses compagnons. Il leur tient à c½ur de prouver leur valeur à eux aussi. Je suis certaine d’être en sécurité avec eux. 
_ Qu’il en soit ainsi, valide Dohko d’un air amusé depuis les Cinq Pics.
_ Dans ce cas Majesté, j’insiste pour que Kiki vous accompagne. En étant au plus près de vous, il pourra m’informer du moindre danger.
_ J’accepte sa compagnie avec plaisir Mû, rassure Saori d’un élégant sourire. » (Reste 53785 caractères)
 

Chapitre 69

Chapitre 69

Au Sanctuaire, Athéna poursuit sa marche dans l’ensemble du royaume pour signifier son triomphe à son peuple.

Dans le bourg autrefois habité par Apodis et sa famille, Paesco, le calme est retombé après le passage de la Déesse de la Sagesse.
Chez elle ici depuis son arrivée au Sanctuaire, Marin retrouve son modeste logis qu’elle a partagé durant des années avec Seiya.
Comme pour les gardes qui cessent de suivre la Déesse de la Sagesse à mesure qu’ils gagnent les lieux de leurs affectations, Marin a choisi de quitter les rangs pour regrouper quelques affaires, avant de prendre ses fonctions au temple des prêtresses comme le lui a demandé Athéna.
Le temps de la convalescence de Pégase sur qui elle doit continuer de veiller, elle achèvera la formation des aspirantes Saintias. 
Elle tourne dans cette minuscule demeure aux sols et aux murs faits de pierres.
Son regard s’attarde sur un tableau où est accroché le poster de l’anatomie humaine.
Elle reste les yeux rivés dessus et retire son masque pour libérer son visage éreinté par les derniers événements : « Seiya… Tout s’est déroulé tellement vite depuis ton départ, que je n’ai encore rien rangé du matériel qui me permettait de te donner des cours. »
Une voix empreinte d’une affection profonde fait sursauter la jeune femme : « Qu’a-t-il bien pu se passer depuis ce départ ? Je ne t’ai plus revu depuis que tu es partie au Japon en compagnie de Misty. »
La Saint d’argent se tourne, pour mieux profiter de la beauté de l’homme qui vient de faire irruption chez elle.
Malgré leur rupture il y a un an et demi, ils n'ont jamais cessé de penser à l’autre. Et l’opportunité de se retrouver seul avec celle qu’il aime était trop tentante pour Aiolia.
Le Grec aux cheveux châtain clair décrispe son visage dur, pour laisser émerger un timide sourire envers l’Aigle de Zeus. Ignorant tout de l’origine de Marin, il espère que celle-ci puisse lui en dire plus en répondant à sa question.
Néanmoins, elle préfère inverser les rôles.
_ « Tu sembles t’être bien remis de ton combat face à Seiya ?
_ Il est vrai qu’il est parvenu à m’asséner plusieurs coups durant notre affrontement. Malheureusement, je n’étais pas moi-même à cet instant.
_ Athéna a accepté que tu cesses de l’accompagner ?
_ A vrai dire, j’ai prétexté vouloir m’assurer que les prises de fonction des nouvelles unités de soldats se fassent comme il faut pour m’attarder ici.
_ Une vraie tête brûlée. Tu ne changeras donc jamais. »
L’expression charmée de Marin ne passe pas inaperçue auprès du Lion qui se précipite devant elle pour lui cramponner les mains. Il profite qu’elle ne porte pas son masque pour lire dans ses yeux et voir à quel point elle l’aime toujours. Espérant en tirer profit, il lui déclare sincèrement : « Maintenant qu’Athéna est parmi nous, peut-être pourrions nous lui demander sa bénédiction ? »
Sachant cela impossible après les révélations qu’elle a faites, Marin prétexte : « As-tu envisagé la même chose avec la défunte Naïra Saint de bronze de la Colombe ?
_ Nous étions séparés et le contexte était nettement différent.
_ Crois-tu qu’il l’est aujourd’hui ?
_ Athéna est revenue. La paix va pouvoir perdurer. Et… Et moi je n’ai jamais cessé de t’aimer.
_ La paix est éphémère, tu le sais tout autant que moi. D’autres dieux se montreront. Quand à nous, tu sais que malgré tout l’amour qu’on peut se porter, c’est impossible. »
Le chevalier d’or refuse d’entendre raison. Il tire fort contre lui Marin, à tel point que leurs deux Cloths s’entrechoquent. L’enserrant fermement avec son bras droit dans le creux du dos, il l’approche à chaque seconde un peu plus de lui.
La pression accumulée par les dernières batailles, ainsi que le manque d’affection de ces derniers mois pèsent dans la décision de Marin. Inexorablement attirée par cet amant pour qui son c½ur bat la chamade, elle hisse son mètre soixante-sept jusqu’au mètre quatre-vingt-cinq du frère d’Aiolos. Très vite, elle recouvre cette sensation chaude et humide qui la parcoure en reconquérant les lèvres d’Aiolia. Quelques baisers délicats suffisent à délier leurs corps.
A mesure que leurs langues se caressent lors de suaves mouvements, ils défont l’un l’autre, morceau par morceau, les pièces métalliques qui plus d’une fois leurs ont portés assistance.
Pendant que leurs mains parcourent le corps de l’autre sous leurs tuniques, Marin s’appuie à son tour contre lui pour le forcer à s’allonger sur l’épaisse table en bois où Seiya s’endormait durant les leçons qu’il recevait.
Le dominant en cet instant, elle installe ses sommaires cinquante et un kilos sur son bassin pour mieux se pencher et lui dévorer le buste. Partant de ses pectoraux en acier trempé, elle descend peu à peu tout le long de son torse jusqu’à sentir sous ses lèvres chaque cran de ses abdominaux. Pendant que ses mains continuent de plonger plus bas sous ses vêtements, elle réussit à murmurer : « Quoi qu’il puisse se passer, cet instant que nous partageons est bel et bien le dernier. »
Couché sur le dos, passant ses mains dans ses cheveux, partagé entre le plaisir intense des baisers langoureux qui s’approchent de son intime anatomie et la détresse de perdre celle qu’il aime, Aiolia ferme les yeux… (Reste 41917 caractères)
 

Chapitre 68

Chapitre 68

De retour dans le palais du Grand Pope, Athéna et ses Saints constatent que malgré la bonne volonté des gardes, tout est encore en chantier.
L’odeur de la poussière et du sang hante encore les lieux.
Tout n’est plus que ruines.
Les dalles au sol, sont complètement retournées, voire brisées.
Les voilures arrachées, les murs fissurés et les colonnes effondrées.
Les plafonds ébréchés et branlants.
Pourtant, au milieu de ce désordre, Athéna progresse sans hésiter.
Guidée par la lumière des Cloths d’or des Saints défunts qui illuminent la pièce, elle se recueille devant elles.
Tandis qu’elle verse ses larmes sur chaque armure auprès desquelles elle prend le temps d’adresser ses pensées, de gauche à droite Milo, Aiolia, Shaka, Aldebaran et Mû posent le genou à terre.
Derrière eux, Shaina les imite.
Une fois ses prières achevées, Athéna progresse sur l’estrade où trône au milieu du chambard le siège intact du Grand Pope.
Avec classe, elle pose sa main sur le dossier et affiche, après la peine, une grande assurance.
_ « Shaina, comme nous l’avons fait pour les maisons du zodiaque qui ont le plus souffert, nous confierons aux meilleurs artisans du domaine de réaménager ces locaux. Et nos ouvriers pourront compter sur des soldats pour faciliter la maniabilité des différents poids à transporter et à surélever pour faciliter les travaux. Nos hommes ne devraient pas s’opposer à ces directives n’est-ce pas ?
_ En effet Athéna. Après avoir été dupés, ils cherchent à présent à se racheter auprès de vous. Comme nous tous d’ailleurs, moi compris.
_ Je reconnais bien ta ferveur Shaina. Aussi, si la revue des effectifs entamée avec Mû est juste, je crois savoir qu’il n’existe plus de général des armées.
_ C’est exact, confirme Mû. Phaéton a succombé à ses blessures lors du climax de la bataille d’hier.
_ J’ai pu constater que pour le respect qu’elle impose à ses pairs, Shaina serait toute attitrée pour remplir cette fonction, suggère Athéna. »
Derrière leur déesse, les Saints d’or félicitent entre eux d’un hochement de tête cette décision.
Sous le masque de l’Italienne, des larmes signifient toute la joie que procure une telle intronisation.
Quittant la proximité prise avec le trône du Pope, Athéna avance d’un pas en direction de ses sujets : « Toujours dans le but de réorganiser au plus vite et au mieux mon armée, j’ai besoin de nommer un nouveau Grand Pope. Depuis toujours, j’ai privilégié l’expérience, la pureté de l’âme et la toute puissance d’un Saint d’or pour occuper ce rôle majeur. En l’occurrence, Dohko Saint d’or de la Balance est le plus à même de remplir cette tâche, surprend-elle. »
Aiolia, serre fermement son diadème sous son bras : « Athéna avec tout le respect que je vous dois, nommer le Vieux Maître alors qu’il ne quitte jamais les Cinq… »
La voix rocailleuse du Chinois s’invite à la fête : « Jeune camarade. Même si l’âge et l’expérience de la Guerre Sainte contre Cronos t’ont rendu plus mature, tu as gardé ton tempérament de feu. »
Eternel moqueur, son compatriote Milo ne peut s’empêcher d’adresser un clin d’½il amical à Aiolia.
Le Saint du Taureau, lui, ne peut s’empêcher de rire à haute voix ce qui provoque l’agacement de Shaka.
_ « S’il vous plait. Je pense qu’il est important d’écouter ce que le Vieux Maître a à nous dire par télépathie.
_ Merci Shaka. Je tenais simplement à confirmer que je ne peux quitter les Cinq Pics pour le moment et que vous en comprendrez la raison le jour où je reviendrai parmi vous. Cependant, mon rôle en Chine ne m’empêche pas de suivre ce qui se passe au Sanctuaire. Je vous sais également tous suffisamment responsables pour ne pas avoir également à être sous ma tutelle constante. De plus, Mû sera mes yeux et ma voix lorsqu’il le faudra. »
En ch½ur, Athéna et Mû remercient Dohko pendant qu’Aiolia serre les dents et que Milo, d’un mouvement de tête, lui signifie qu’il partage son incompréhension.
_ « Avant de nous réunir pour entamer la traversée du domaine, poursuit Athéna toujours plus pressée face à la journée débordante qui l’attend, il reste quelques points à élucider. Tout d’abord, il faut s’occuper des sépultures des Saints morts hier. Quel qu’ils soient, il est indispensable de leur offrir une tombe digne de ce nom. Les corps des Saints d’argent et de nos autres adversaires morts au Japon, eux, ont été gardés par la Fondation Graad dont je suis héritière. Je chargerai Tatsumi de les faire rapatrier ici, au cimetière des Saints. Maintenant, je souhaite que les partisans emprisonnés de Saga et de Gigas ne soient pas mis à mort et qu’ils soient au contraire bien traités.
_ Athéna, s’insurge encore une fois le Lion, je me permets de protester. On parle là de tueurs, de criminels qui ont profités de la tyrannie imposée par Saga pour agir à des fins personnelles. »
Attentif, Shaka attend résolument la réponse d’Athéna.
_ « Et qui serons nous si nous leur prenons la vie, demande-t-elle ? Ne serons-nous pas des tueurs qui agissent à des fins personnelles pour assouvir leur vengeance ? Ne serons-nous pas à notre tour des criminels ? Je veux éviter la mort d’autrui. La vie est un don précieux que chaque chevalier doit préserver du mieux qu’il peut. »
L’homme aux yeux clos, passablement tourmenté depuis son combat contre Ikki, affiche une poignante satisfaction à l’écoute de ces mots. (Reste 45935 caractères)
 

Chapitre 67

Chapitre 67

Tandis que l’enquête piétine au Mexique, la nuit tombe en Grèce.
L’obscurité permet à l’ensemble de la population du Sanctuaire de voir la dernière flamme de l’horloge du Sanctuaire vaciller.
Toutes sur le parvis de leur temple, à l’orée des marches qui relient le palais du Pope à la statue d’Athéna, les prêtresses distinguent une silhouette tituber en direction du sommet.
Parce qu’elles ignorent qui est Seiya, la tension est à son comble.
_ « Ca y est, tout est perdu, pleurniche Xiao Ling.
_ Ne dis pas de bêtise, l’invective Erda !
_ Hormis deux cosmos qui s’entrechoquent encore dans le palais du Pope, je ne ressens plus de cosmos qui s’affrontent, dit Shoko tout en étant concentrée.
_ Tu te trompes, la corrige Mii, plus bas vers le passage secret, des combats ont encore lieu.
_ Oui, les cosmos sont plus faibles mais les échanges n’en demeurent pas moins violents, ajoute Xiao Ling.
_ Il s’agit des Saints d’argent de l’Aigle et d’Ophiuchus, reconnaît Erda ! Et parmi les cosmos qui s’opposent à elles, celui du général déchu Phaéton !
_ Le doute n’est plus permis, assure Shoko le poing dressé, les rumeurs de ces derniers mois sont donc vraies ! Les soi-disant renégats n’en seraient pas ! La fille qui les accompagne serait donc bien Athéna !
_ C’est impossible, angoisse Mii en se passant les mains devant sa bouche défigurée…
_ Pourtant, tu l’as certainement entendu plus d’une fois sur les marchés, lorsque nous descendions en ville toi aussi n’est-ce pas ? Ces histoires de complots de plus en plus nombreuses, les opposants de plus en plus rares qui disparaissaient, les prêtres éradiqués, et nous prêtresses pas loin de l’être. »
Toutes les quatre osent à peine se regarder dans les yeux.
Xiao Ling fait alors demi-tour pour rejoindre Katya.
Recroquevillée dans un coin à l’intérieur du temple, dans les bras de sa s½ur Maria, Katya a les yeux gonflés par les larmes qu’elle verse à l’abris des regards suspicieux de Shoko et Erda. La Saintia ne daigne même pas regarder sa camarade, lorsque celle-ci lui demande : « Qu’en penses-tu Katya ? Après tout, de nous toutes, tu es la seule Saintia et la seule à pouvoir rencontrer le Grand Pope. »
La gentillesse de la Chinoise ne trouve de réponse que dans la dureté des propos d’Erda qui est suivie de Shoko et Mii : « C’est parce qu’elle côtoie justement le Grand Pope que Katya n’en pense rien. N’est-ce pas Katya ? S’il y a bien quelqu’un ici qui doit savoir ce qui est arrivé à nos camarades ces dernières années et ce que trame le Grand Pope, c’est bien toi ! »
Erda ne reçoit pour seule réponse qu’un regard plein d’amertume.
_ « S’en est de trop ! Je ne peux me résoudre à rester cachée ici jusqu’à l’issue de cette bataille, se résout Shoko !
_ Oui, la suit Erda sans hésiter !
_ On y va Xiao Ling, commande Mii à sa semblable avant de tourner le dos à Katya. J’ai eu foi en une figure qui n’était pas ici, il est temps pour moi de faire pardonner mon ignorance. Il n’est pas trop tard pour toi de te faire pardonner tes péchés Katya. »
Les quatre aspirantes s’engagent en direction du passage secret, tandis qu’avant elles Saga rejoint Seiya plus haut.
Katya demeure désorientée dans les bras de Maria.  (Reste 46346 caractères)
 

Chapitre 66

Chapitre 66

En Grèce, au Sanctuaire, le tocsin retentit à travers tout le domaine.
Des bourgs les plus reculés, au centre du domaine, en passant par les villages qui longent les remparts, les cloches alertent la population et fait mettre les gardes en rang.

Encore plus dans Honkios, la ville principale du domaine sacré que dans le reste du domaine, l’annonce d’un danger imminent renforce la présence des soldats.
Au milieu des allées et venues des gardes, quelques rumeurs vont bon train.
_ « Le danger provient du Japon !
_ Seiya, un homme devenu Saint ici serait le meneur de ces renégats !
_ Le Saint d’or Aiolia est devenu leur allié !
_ Le Grand Pope aurait envoûté le Saint du Lion pour qu’il reste fidèle à Athéna !
_ Les traîtres arrivent avec une jeune femme qui veut se faire passer pour Athéna en personne !
_ Ils seraient parvenus à vaincre les Saints d’argent ! »
Celles-ci se répètent et s’amplifient dans l’atelier de Saül, le forgeron le plus réputé du domaine.
Son visage fort buriné et son menton en galoche vieillissent ce quarantenaire qui observe de ses petits yeux inquiets les guerriers qui viennent se servir sous les ordres de Phaéton.
L’ancien général, déchu après ses nombreux échecs, refuse de laisser passer sa revanche : « Merci Saül pour tes services. »
D’un air désabusé, l’homme aux cheveux mi-longs châtains coiffés par une raie au milieu précise : « Je vous en prie. Il m’en reste tout un stock. Cela fait des années que je m’attache à créer armes et protections pour nos hommes. Néanmoins, les effectifs se sont considérablement amoindris ces dernières années. »
Phaéton recule son visage tant l’haleine alcoolisée de Saül est désagréable : « Au lieu de dire cela, tu pourrais épauler ces hommes et m’accompagner à chasser ces traîtres non ? Après tout, tu es Saint toi aussi !
_ Cela fait bien des années que je n’ai pas combattues. Je préfère laisser ça à d’autres. Et puis, si cette femme qui débarque et ces garçons qui l’accompagnent sont du côté des forces du mal, que peuvent-ils espérer contre nos Saints d’or ? »
Phaéton choisit de ne pas relever la volontaire provocation de l’inactif chevalier qui a déjà préféré renoncer à gêner Yulij et Médée lorsqu’elles se sont révoltées contre le Sanctuaire.  (Reste 50774 caractères)