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Résumé de la discussion

Posté par: mayava
« le: 2 Janvier 2014 à 0h07 »

 merci pour cette forte interessante suite kodeni :cool: :cool:
Posté par: Kodeni
« le: 31 Décembre 2013 à 17h08 »

Au Japon, Ikki s’était sacrifié pour sauver son frère et ses amis de Docrates. Si ce dernier parvenait à sortir des décombres durant la nuit, d’autres événements nocturnes avaient lieu à des kilomètres de là.


Chapitre 50 - Mourir en homme libre

En Grèce, au Sanctuaire, dans la ville d’Honkios :

5 octobre 1986.
La ville principale est sans bruit, comme morte. Une fois la nuit tombée, plus personne ne traîne dans les rues.
D’ordinaire, Honkios reste le centre névralgique du domaine sacré. Les tavernes sont ouvertes jusqu’au petit matin et les villageois y chantent et dansent. Pourtant, ce soir, elles sont closes.

Les quelques flammèches des chandeliers qui éclairent les chaumières s’éteignent lorsque les habitants entendent les pas synchronisés des gardes en faction.
Pour accompagner cette marche militaire, la voix d’un caporal somme d’arrêter un contrevenant : « Halte ! Cet homme ne respecte pas le couvre-feu instauré par notre bien-aimé Grand Pope ! Qu’on le mette aux fers ! Il sera jugé demain sur la place publique pour avoir outrepassé ses droits ! »
Obéissant, un soldat s’empresse d’exécuter les ordres et s’en gargarise : « Alors renégat ! Le Sanctuaire des faibles et des paresseux c’est terminé. A cette heure-ci tu devrais prier notre Majesté le Grand Pope, puis reprendre des forces pour t’engager dans notre armée ! » 


A quelques encablures de là, tapis dans l’obscurité, Mei suit à pas de loup Yulij. Ils se faufilent au nez des gardes jusque chez Saül, le forgeron du Sanctuaire.
Le japonais se surprend à regarder, bien qu’il n’arrive pas à supporter son caractère, les courbes sensuelles de la jeune femme montée sur des spartiates à talons et habillée d’un maillot et d’un short kaki.
Perdu dans ses pensées, le chevalier vêtu de sa Cloth freine brusquement sa course pour ne pas percuter Yulij qui stoppe net :
Yulij - " Nous y sommes ! J’espère que Saül ne nous fera pas d’histoire pour nous remettre l’armure. "
Gentiment, le Saint espère la rassurer :
Mei - " Si tu es bien la Saint du Sextant comme le dit Nicol, alors il n’aura pas d’autres choix que de constater que l’armure vient à toi. "
La jeune femme rétorque sèchement :
Yulij - " Bien sûr que je suis la Saint du Sextant ! Si Nicol l’a dit ça ne peut être que vrai ! "
Mei - " La vache ! Ça ne te rend pas plus aimable en tout cas ! "

Inopinément, Yulij plaque Mei contre un mur :
Yulij - " Merde ! Une troupe de plus qui approche. "
Collés l’un à l’autre dans le peu d’espace ombragé dont ils disposent, Mei avale sa salive, gêné de sentir la poitrine de sa camarade s’écraser contre sa Cloth. Plaqué entre elle et le mur, il suggère d’une voix faible :
Mei - " Restons ici le temps qu’ils passent. "
Yulij - " J’ai une autre idée. Apparemment aucune alerte n’a été donnée concernant notre évasion. Vu que tu es Saint et que tu es habillé de ton armure, tu peux légitimement te trouver dehors. Tu n’as qu’à faire diversion. Pendant ce temps, je vais rentrer chez Saül. "


En Grèce, au Sanctuaire, dans le village de Paesco :
 
Brillant au beau milieu de la nuit profonde, dans le village de l’est du domaine où vivait Apodis, la demeure de Misty est à la fête.
Par toutes les lucarnes de la maison, jaillissent les lueurs des torches murales.

A l’intérieur, l’alcool coule à flot. La musique est jouée par un groupe qui officiait habituellement à la taverne d’en face, jusqu’à ce que le couvre-feu soit décidé à l’annonce de la succession du Pope ce matin. Le banquet est servi en continu par les esclaves, hommes et femmes, du Saint du Lézard.

A une table, Spartan, Algol, Mozes et Dio se disputent autour d’une partie de poker :
Mozes - " Or de question que je verse un sacre de plus ! Je suis sûr que tu utilises ta télékinésie pour voir mon jeu ! "
Algol prend la défense de Spartan devant un Dio hilare face à la mauvaise foi de Mozes :
Algol - " Allons camarade. Tu perds à chaque fois de toute façon. Que Spartan joue où non ! Allez, sort les sacres que tu as misé ! "
Le Saint de la Baleine sort une bourse de laquelle il extrait la monnaie du Sanctuaire en bougonnant :
Mozes - " Tu ne devrais pas être auprès d’Hevelius toi, plutôt que de prendre la défense de Spartan ? "
Algol - " Hevelius n’aime pas ce genre de soirée. Elle est restée chez moi. Je ne tarderai pas à partir de toute façon une fois que je vous aurai tous plumés ! "
Spartan lève sa choppe de bière et trinque avec ses trois camarades :
Spartan - " J’aimerai voir ça tiens ! "

Dans un sofa au cuir véritable, tanné par un artisan du domaine, Misty, Astérion et Capella se détendent en observant le spectacle qui se déroule devant eux. Des danseuses et un jeune éphèbe se déhanchent sur le rythme sensuel des sons joués par les musiciens. Le malheureux a été affublé d’un costume de paon fait d’or. Celui-ci maquille seulement son dos de plumes dressés vers le ciel, comme lorsque l’animal fait la roue, laissant le reste de ses attributs nus. Les femmes, elles, ne portent qu’un léger voile transparent autour du bassin.
Tout en observant le beau garçon au regard de braise danser nu devant lui, le capitaine du Sanctuaire assure :
Misty - " Profitez bien de cette soirée mes amis. Ce sera la dernière avant longtemps. Notre nouveau Pope exige plus de rigueur et de discipline et nous nous devons de montrer l’exemple. "
Puis, d’un mouvement de la main, le chevalier exhorte le danseur à s’approcher de lui afin de le distraire davantage.

A la table derrière eux, Dante et Sirius parient tout ce qu’ils ont sur les duels au bras de fer que se livrent Algethi et Arachné. Tandis que quelques notables et sénateurs de la ville se vautrent dans la luxure et la gourmandise dans les couches prévues à cet effet en compagnie d’esclaves qu’ils ont fait venir.

D’autres encore préfèrent l’intimité d’une table d’amis pour dîner et s’amuser à bonne convenance comme le font Jamian et Hasu, accompagnés de quelques riches commerçant du domaine sacré.
L’ancienne amante d’Algol et de Shaka rie aux éclats en écoutant les périls hilarants du quotidien de Jamian.
Néanmoins, chaque fois que la Saint de bonze de la Couronne Australe reprend son souffle, elle ne peut s’empêcher d’avoir une attention toute particulière pour son ancien fiancé, le chevalier de Persée, attablé plus loin.


En Grèce, au Sanctuaire, dans la ville d’Honkios :

A une intersection, Mei jaillit devant une troupe de soldat :
Mei - " Bonsoir. "
Reconnaissant une armure de bronze, le caporal et ses neuf soldats se courbent aussitôt : « Bonsoir chevalier. »


Plus loin, Yulij en profite pour se glisser chez Saül.
Elle force facilement la porte d’entrée et découvre un immense atelier plongé dans la noirceur de la nuit.
A terre le sol couvert de paille est jonché de morceaux d’armures de soldats ébréchées, d’armes cassés, de boucliers percés ou fendus.
Le mur de gauche est agrémenté de trois larges fours, chacun accompagné à ses côtés de larges bassins en pierre.
Le mur de droite est pris de tout son long par un établi où les outils se mélangent aux pièces travaillées.
Depuis les poutres du plafond, sont suspendus des tenues de soldats mais aussi des armures de mercenaires comme celles que portent les hommes de Docrates.
Au fond, sur une grande estrade, sept urnes sont recouvertes par de vieilles bâches trouées.

Sous son masque de femme chevalier, Yulij sourit en devinant que c’est juste là-haut que sa Cloth se trouve.

Seulement, même avec la meilleure volonté du monde, elle ne peut y avancer sans faire le moindre bruit. Le sol est trop en chantier pour permettre d’être davantage discrète.

En dessous de l’estrade, assis face à un bureau  recouvert de crayons et de plans, à la lueur de son chandelier, le propriétaire des lieux remarque la présence intrusive de la jeune femme.
L’israélien bondit de sa chaise et dégaine une épée :
Saül - " Qui êtes-vous ? "
Yulij distingue peu à peu ses traits. Des cheveux mi-longs châtains coiffés par une raie au milieu laissent glisser jusqu’à sa mâchoire d’épaisses pattes. Son visage fort buriné et son menton en galoche vieillissent ce quarantenaire.
Il observe de ses petits yeux gris la jeune femme qui ment très mal :
Yulij - " Je... Euh… J’ai… Je suis… Le Grand Pope m’a sacrée Saint de bronze du Sextant tout à l’heure et j’ai obtenu le droit de venir chercher ma Cloth ici. "

Dehors, Mei tente de jouer la comédie :
Mei - " J’ai comme l’impression que notre Majesté le Grand Pope va pouvoir être fier de la nouvelle direction qu’il donne à son Sanctuaire. "
« En effet, le couvre feu est un succès. Et le recensement opéré chez les habitants est fructueux. Nos rangs vont très vite se renforcer. », confirme le caporal.
Une autre garnison passe à proximité de celle retenue par Mei. Néanmoins, à défaut d’être dirigé par un caporal, elle est menée par le second de Gigas, le commandant Phaéton.
Phaéton - " Bonsoir messieurs. Et bien, que se passe-t-il ? "
Le caporal incline la tête avec simplicité : « Nous discutions avec le chevalier… Le chevalier comment déjà ? »
Le japonais commence à ravaler sa salive. Il se tient au garde à vous devant son supérieur :
Mei - " Mei Saint de bronze de la Chevelure de Bérénice. "
Le commandant s’indigne aussitôt :
Phaéton - " N’as-tu pas reçu ce matin un ordre de mission du Grand Pope te demandant de te rendre au Japon ? Que fais-tu encore ici ?! "


Dans l’atelier, Saül réfléchit quelques instants :
Saül - " Hum… L’armure du Sextant… Oui. Oui elle bien ici. "
Yulij commence à emprunter le raide escalier qui conduit à l’estrade lorsque Saül relève :
Saül - " Toutefois, le général Gigas est passé ici me commander une armure pour un de ses hommes. Il est étonnant qu’il ne m’ait pas informé de votre venue. "
Yulij - " C’est que… Euh… En fait il n’était pas présent lorsque le Grand Pope m’a… "
De l’autre côté du bureau, en attente dans la pénombre depuis que Saül a été interrompu, un homme se manifeste et coupe la parole à la menteuse. Il est habillé d’un maillot et pantalon jaune orangé. Ses cheveux sont couleur feu : « C’est tout de même étonnant. Moi qui suis le bras armé du général Gigas, je l’ai suivi toute la journée dans le palais du Grand Pope. Jamais je ne t’ai vu y venir. »
Yulij s’indigne :
Yulij - " Me traiterais-tu de menteuse ? "
L’homme tient dans ses mains un plan sur lequel travaille Saül et qui représente ce que sera bientôt l’armure du mystérieux homme de main de Gigas : « J’ai renoncé à mon nom pour me faire appeler Ennetsu Saint, le chevalier des flammes. Et oui, j’annonce sans peur que tu mens. »
Saül semble embarrassé par l’atmosphère hostile qui gagne son logis :
Saül - " S’il vous plait mademoiselle. Veuillez quitter ma demeure. "
Le mercenaire le rassure :
Ennetsu Saint - " Pas d’inquiétude Saül, je vais nous débarrasser d’elle en prenant soin de ne pas faire de votre atelier un brasier ardent. "
Il replie ses deux bras en arrière et concentre sa cosmo énergie pour faire jaillir deux jets de flammes qu’il dirige vers les fours éteins. Le foyer est si puissant que les flammes remontent jusqu’au sommet des cheminées et alertent aussitôt l’ensemble des troupes en faction d’Honkios.


A l’extérieur, les colonnes de flammes ont l’effet escompté par Ennetsu Saint.
Phaéton pointe aussitôt la direction de la maison de Saül de son doigt :
Phaéton - " Il doit se passer quelque chose de grave chez Saül allez-y. "
La première faction s’y rend, la seconde attend d’autres instructions :
Phaéton - " Saint de bronze, je te mets aux arrêts pour ne pas avoir exécuté ta mission et… "
Paniqué par la tournure tragique des événements, Mei ne laisse même pas finir le grec qu’il lui colle un violent croché du droit en plein visage.
Les soldats de Phaéton ainsi que ceux partis devant sont instantanément immobilisés par d’étranges filaments libérés par les doigts de Mei. Ceux-ci, semblables à des cheveux, se multiplient de façon exponentielle. Ils enserrent les gardes jusqu’à leur rompre les os :
Mei - " Lost Children ! "
Il se lance ensuite à la rencontre de Yulij.
Pendant ce temps, Phaéton se remet de ses émotions. Il ramasse sur le cadavre d’un soldat une corne pour souffler l’alerte.


En une fraction de seconde, Mei débarque chez Saül et découvre Yulij à terre dans la rue. La malheureuse a la peau légèrement brûlée et a des difficultés à se relever.
Bien qu’il essaie de l’aider, Mei est repoussé par la caractérielle chevalier :
Yulij - " Ça va aller, ne t’inquiète pas. Mon cosmos m’a en partie protégé de son arcane. "
Elle montre du doigt Ennetsu Saint pour signifier qu’il est à l’origine de l’échec de leur tentative.
Tout autour d’eux, des soldats arrivent par toutes les rues. Ils sont encerclés.
Mei grogne :
Mei - " La prochaine fois que tu as des plans aussi bons pour nous faire passer incognitos, tu te les gardes. "
Yulij - " Je t’aurai bien envoyé paître en temps ordinaire, mais je dois avouer que nous ne serons pas trop de deux pour nous sortir de ce mauvais pas. "
Mei - " Bon. Tu vas aller chercher l’armure chez Saül. Moi, je vais les retenir. Mais dépêche-toi, ma cosmo énergie risque de vite s’amoindrir. "
Yulij - " C’est de la folie, ils nous encerclent petit à petit par groupes de dix. "
Mei - " Dépêche-toi ! "
Le ton autoritaire de Mei secoue Yulij. Pour la première fois, elle se tait face au Saint qui fait preuve de caractère lui aussi.

Mei lève la main gauche vers le ciel et libère ses fils par centaines. Sa cosmo énergie accroît tout autour de lui :
Mei - " Lost Children ! "
Les liens s’élèvent vers les ciels et retombent au sol pour former un dôme tout autour de l’étable de Saül.
Quelques soldats essaient de pénétrer dans le dôme avant que celui-ci ne soit complètement clos. Néanmoins, ils se font transpercer par ces cheveux aussi fins que des aiguilles.
L’Ennetsu Saint, bloqué dans le dôme, lance un sourire défiant à Mei :
Ennetsu Saint - " Qu’espères-tu faire alors qu’il ne te reste qu’une main pour te défendre ? "
Mei - " T’attaquer avec celle qui reste ! "
Ennetsu Saint - " Pauvre idiot. Sais-tu ce que font des cheveux au contact du feu ? Ils brûlent ! Fire Screw ! "
Le mercenaire déploie ses Vrilles de Feu contre les parois du dôme qui s’enflamme et s’ébrèche.
Mei redouble d’effort pour consolider ses parois afin de les rendre plus résistantes aux flammes. Ses jambes commencent à trembler : « C’est un adversaire bien faible, mais je dois me contenter de nous isoler. Il faut que Yulij se dépêche. Je ne tiendrai plus longtemps. »


En Grèce, sous l’Aréopage, dans le sanctuaire souterrain :

Sur l’îlot où se dresse le sanctuaire d’Arès, sur le parvis de son temple, le Dieu de la Guerre se dresse face à ses sujets tous admiratifs des exploits de Vasiliás.
Vêtus d’orange et protégés par des cuirasses rouges, les soldats s’agenouillent face à leur dieu. Tromos et Atychia se positionnent à ses côtés.
Céleste, les yeux rouges et le visage frappé d’une inquiétante sévérité, celui qui s’est réincarné depuis trente cinq ans n’a plus la même apparence que lorsque Ksénia est venue à lui la première fois l’année dernière.

A cette époque, il avait perdu de sa bestialité. Résolu à ne rester que la risée des olympiens après sa nouvelle défaite en 1979 contre les athéniens.
Cependant, le travail réalisé par Vasiliás et les espoirs entretenus par Ksénia de gagner une place dans l’Olympe ont ravivé la fougue de cette entité sanguinaire.

La divinité dans sa toge blanche qui recouvre son robuste torse nu et son pantalon couleur sang fait la lumière sur la disparition de Vasiliás après qu’il ait déclaré : « Il ne peut être qu’aux portes du Meikai ! »

Sa voix roque et son ton hautain font frissonner les adeptes du Berserker de la Royauté :
Arès - " Votre Roi a utilisé une technique ancestrale. Si elle est innée chez les dieux, elle reste à apprendre pour les hommes. Il s’agit de l’Aionia Anagennisi. En d’autres termes, l’Arayashiki. Le huitième sens. Il peut ainsi se déplacer dans le royaume des morts corps et âme sans craindre l’emprise d’Hadès. "


Comme s’il veut donner raison à Arès, Vasiliás réapparaît de nouveaux après dans une série d’éclair.
Près de deux cent hommes réunis ici s’écartent pour le laisser passer jusqu’à Arès.
Sa marche est solennelle, son regard déterminé.
Son charisme rayonne auprès de ses hommes au point d’éclipser à leurs yeux le maître des lieux. Hormis quelques fidèles à la bestialité d’Arès, la majorité des hommes a été recrutée par Vasiliás et formatée à son état d’esprit. Ils le suivront dans la tombe quand il le faudra.

L’américain s’incline devant Arès et assure :
Vasiliás - " L’heure de récupérer votre armure est proche. J’ai pu découvrir le raccourci guidant directement au c½ur du Meikai. "
Arès - " Parfait Berserker de la Royauté. Quand tu auras récupéré cette armure, nous pourrons marcher sur le Sanctuaire et tu pourras devenir le Roi de cette planète après m’avoir offert un véritable carnage contre nos ennemis. "
Puis, il s’en retourne dans son temple avec un sourire perfide : « Oui… Un Roi qui sera le pantin du Dieu de l’Olympe que je serai alors. Je me ferai un plaisir de réduire à néant l’humanité au nom des olympiens pour obtenir ce statut que je mérite tant. La planète bleue ne sera bientôt plus qu’un océan de sang. »

Vasiliás, lui, regarde la divinité s’enfoncer dans l’obscurité de l’Aréopage. Les poings serrés il décrète : « Une fois que je me serai emparé du Sanctuaire, j’y trouverais le moyen de te sceller. Jamais je ne te laisserai faillir à ta parole. La Terre est mienne et j’y ferai prospérer l’amour, l’égalité et la paix pour les hommes. »


En Grèce, au Sanctuaire, dans le village de Paesco :

Dans la demeure de Misty, la musique et les rires ne permettent pas aux convives de s’inquiéter des événements extérieurs.
Fauché après la victoire surprise de Dio à leur partie de cartes, Algol confesse à Spartan :
Algol - " Le pire, c’est qu’il ne sait même pas bluffer ! "
Spartan - " Finalement j’aurai peut-être dû utiliser ma télékinésie. "
Mozes, tout près, tend un verre de vin au mercenaire :
Mozes - " Tiens ! Bois un coup, ça t’évitera de te moquer de moi ! "
Spartan accepte volontiers tandis qu’Algol prend congé des siens :
Algol - " Pour ma part je vais saluer Misty et le remercier pour cette soirée, puis je rentre retrouver Hevelius. Amusez-vous bien. "

Dehors, une jeune femme vêtue d’une longue robe blanche fendue dès le haut de sa cuisse gauche attend le Saint de Persée.
Algol reconnaît rapidement Hasu aux quelques mèches de ses longs cheveux châtains qui tombent sur ses épaules et sur son masque.
Hasu - " Algol. "
Déçu par le comportement inhabituel qu’elle a pu avoir ces dernières semaines, Algol préfère garder ses distances :
Algol - " Oui Saint de bronze de la Couronne Australe. "
Hasu - " Algol je t’en prie, tout sauf ça. Ne me traite pas comme s’il ne s’était jamais rien passé entre nous. "
Algol - " Je n’oublie rien. Je n’oublie pas non plus que je t’ai retrouvé nue chez moi après avoir passée ma compagne à tabac. "
Hasu - " Je suis désolée pour Hevelius et ai déjà eu l’occasion de m’excuser auprès d’elle à notre camp de femme chevalier. Et pour le reste, j’ai très mal vécu que tu m’effaces de ta vie. "
Algol - " Tout comme j’ai souffert lorsque tu m’as jeté pour Shaka ! "
Hasu - " J’en suis consciente aujourd’hui. Mais tu vois, moi non plus je n’oublie rien. Pas même ses longs moments passés à t’embrasser pendant que tu caressais ma peau. "
Algol commence à reculer comme pour éviter une quelconque tentative de la grecque :
Algol - " Non. Non il faut passer à autre chose. "
Hasu - " Peux-tu passer outre ces longs moments de plaisirs que nous vivions l’un contre l’autre ? "

Algol grimace comme pour retenir son envie de se jeter contre la jeune femme.
Comme s’il balaie l’air avec sa main, il lui tourne le dos et s’engage en direction des villages du nord d’où il vient.

Seule, Hasu va se poser contre le flanc de la maison pour souffler de dépit. Elle retire son masque de femme chevalier. Ses grands yeux bleus semblent se résoudre à la perte définitive d’Algol.
Lorsque brusquement, surgit devant elle son être aimé. Algol, revenu sur ses pas, l’enserre par la taille et lui prend les lèvres pour échanger un langoureux baiser.
D’abord surprise, Hasu recule sa tête pour scruter les pupilles du saoudien. Puis, ses paupières se ferment et elle enlace à son tour Algol par le cou pour poursuivre leur échange suave…


En Grèce, au Sanctuaire, à Dignity Hill :

Dans l’obscurité la plus totale, à l’abri des torches des gardes en faction, Nicol et Dabih se faufilent dans les bois.

Très vite, ils arrivent sans encombres devant le jardin empoisonné d’Aphrodite :
Nicol - " Fichtre ! La Cloth est de nouveau envahie par les ronces et les roses. "
Dabih - " N’était-ce pas déjà le cas ? "
Nicol - " Lors d’un arcane, en concentrant ma cosmo énergie à son paroxysme, j’étais parvenu à faire mourir cette nature sauvage. Seulement, le cosmos d’un Saint d’or prouve encore une fois leur supériorité. "
Dabih - " Dans ce cas, utilisez donc la même technique de nouveau ! "
Nicol - " Nous sommes parvenus jusqu’ici sans nous faire repérer alors que la sécurité ici a été renforcée. Je ne veux pas que ça change. "
Dabih - " Qu’allons nous faire alors ? Vous n’allez pas vous jeter là-dedans, les ronces vous tueront les fleurs sont empoisonnées. Rien que le parfum qu’elles libèrent me donne déjà mal à la tête. "
Nicol - " Tu vas te contenter de faire le guet. Je n’ai pas d’autre choix que de traverser ce jardin jusqu’à l’amas de ronces pour gagner cette armure. "

Dabih obéit en allant se positionner dans un arbre pour surveiller les lieux.

Nicol entame son périple. Au premier pas dans la verdure luxuriante, des effluves se libèrent des pétales de roses. Le parfum mortel imprègne l’oxygène qu’inhale le jeune grec et s’infiltre par les pores de sa peau.
Cependant, il affiche une mine rassurée : « Parfait, le sang d’Aphrodite a été parfaitement assimilé. Je ne ressens aucun effet. »
Il poursuit son chemin de plus en plus épineux. Les tiges des ronces deviennent plus épaisses à mesure qu’il avance et les épines pénètrent sa peau. Même si les piqûres toxiques sont sans effet, sa chair souffre des lacérations et des empalements des dards acérés.
De plus en plus hautes, les ronces défigurent l’élève d’Arlès, lui taillent le cou, transpercent ses cuisses et ses mains, fouettent son dos, déchirent ses vêtements et lui arrachent la chair de son torse pour laisser son corps à vif.

Dabih tourne les yeux devant un spectacle aussi horrible. Il n’arrive plus à regarder le courage de cet homme qui, à quelques pas du succès, n’a pas émis la moindre plainte malgré la douleur inimaginable. Il est pris d’admiration pour celui qui avance ensanglanté, le regard déterminé et la mâchoire contractée.

Nicol y est. Il s’effondre contre le tas d’épines qui recouvre l’urne de son dû. Sa main traverse une dernière fois cet enfer végétal pour lui permettre de caresser la Pandora Box.
Les yeux fermés, méconnaissable, il sourit et pleure à la fois dès qu’il entre en contact avec le métal froid.
Immédiatement l’urne touchée, un son provenant de l’intérieur retentit.
Nicol murmure :
Nicol - " Après des années de sommeil, te voici libérée. Je t’ai admiré tant d’années sur les épaules de mon maître et t’ai rêvé tant de nuits depuis sa disparition… Je t’en prie, viens à mon secours et reconnais moi comme étant celui qui t’aidera à rétablir la vérité. Car je suis… Nicol Saint d’argent de l’Autel ! "
L’urne s’ouvre en déchirant la verdure qui la retenait prisonnière. Une lueur s’en dégage et vient baigner Nicol pour soulager sa douleur :
Nicol - " Ce cosmos… C’est celui de mon maître… "
La voix calme et douce d’Arlès résonne dans l’esprit de son disciple : « Nicol, je te lègue cette armure. Protège Athéna, combats pour la justice. Je n’ai toujours vu que toi comme étant digne de prendre ma relève. Je t’aime comme un père pourrait aimer un fils. Adieu Nicol. »
Rétabli par les dernières forces de ce père adoptif, Nicol est chargé de chagrin :
Nicol - " Il portait son armure au moment de sa mort. Ses dernières forces m’étaient destinées. Il y a laissé son cosmos pour me délivrer ce message. Merci mon maître, mon père. "

Dabih essaie de contenir sa voix en alertant Nicol :
Dabih - " Félicitations. Néanmoins, la lueur dégagée par l’ouverture de votre urne rameute les troupes en faction des environs. Je vois différents mouvements de torches venir jusqu’ici. "
Nicol - " Bien. Nous n’avons plus rien à faire ici. Allons directement au point de rendez-vous prévu. J’espère que tout va bien pour Yulij. "
Dabih, descendu de l’arbre, rajoute :
Dabih - " Ainsi que pour Maître Mei ! "


En Grèce, au Sanctuaire, dans le village de Paesco :

Un garde court à en perdre haleine. Il est tellement préoccupé qu’il passe à proximité d’Algol et Hasu, étendus nus, endormis, l’un contre l’autre, dans quelques ballots de paille derrière la demeure de Misty, sans même les remarquer.

Sa course extirpe le Saint d’argent de son sommeil.

Le soldat pénètre à toute allure dans la maison, interrompant les musiciens et immobilisant ainsi l’ensemble des hôtes du capitaine.
Essoufflé, il délivre son message : « Le… commandant Phaéton… m’envoie chercher… le plus… de renfort possible… Mei… Saint de bronze de la Chevelure Bérénice… N’a pas exécuté un ordre du Pope… De plus une intrusion a eu lieu à Dignity Hill… Les responsables sont en fuite… On les a vu s’enfuir vers l’est… »

Algol qui débarque sur le perron est pris d’assaut par Misty, le capitaine du Sanctuaire :
Misty - " Algol ! Le secteur nord du domaine est sous ta juridiction. Et plus particulièrement Dignity Hill après les récents événements qui ont eu lieu là-bas ! Comment est-ce possible qu’une intrusion a pu avoir lieu ? "
Algol essaie de répondre mais à peine a-t-il la bouche ouverte, que le lieutenant est remis à sa place :
Misty - " Retourne de ce pas voir ce qui s’est passé là-bas ! "
Le Saint de Persée s’exécute après avoir laissé s’échapper dans les yeux d’Hasu un regard coupable.
Misty poursuit son courroux :
Misty - " Dio ! Sirius ! Algethi ! Vous êtes les lieutenants du secteur est, j’espère pour vous que ces déserteurs ne réussiront pas à fuir. "
Sirius balance sa coupe de vin et assure :
Sirius - " Nous, le trio argenté, allons de ce pas nous en assurer. "
Le Saint du Grand Chien et ses deux amis quittent illico les lieux.

Navré de devoir achevé cette soirée, Misty déclare :
Misty - " Tout le monde dehors, en tant que capitaine je dois me rendre sur les lieux. Mes esclaves vont s’occuper de ranger tout ça. "


En Grèce, au Sanctuaire, dans la ville d’Honkios :

Sous le dôme en proie aux flammes, Mei peine à maintenir sa bulle protectrice. Ennetsu Saint s’amuse à épuiser le japonais en le regardant combler les brèches que le feu produit.


A l’intérieur de chez Saül, Yulij avance avec insistance en direction de l’estrade.
Tremblant, le forgeron grimpe sur l’estrade et retire les bâches qui recouvrent les Pandora Box. L’une d’elle est disposée seule, à distance des autres. Il s’y précipite :
Saül - " Pas un pas de plus ! Sans quoi j’ouvrirai l’urne de mon armure et je vous éliminerai sans état d’âme. "
Yulij reconnaît sur les gravures de l’urne qu’il s’agit de la Cloth de bronze de l’Atelier du Sculpteur.
Néanmoins, elle n’en démords pas :
Yulij - " Vous ne me croyez certainement pas, mais ce qui se passe est grave. Le nouveau Grand Pope est un usurpateur et… "
L’israélien passe sa main sur son front dégoulinant de sueur. Il est tremblant :
Saül - " Je m’en moque. J’ai toujours accompli mon travail sans que… "

Soudain, une voix de femme les interrompt : « Toujours aussi sûr de toi Saül ! »
Le timbre est doux et mélancolique. Presque rassurant malgré les circonstances.
La jeune femme sort de l’ombre du fond de la pièce, derrière la porte d’entrée.
Son visage est dissimulé par un masque. Seuls ses cheveux verts coiffés de deux longues nattes et sa Cloth permettent à Saül de la reconnaître :
Saül - " Ca alors ! Tu es Médée. L’épouse et assistante de Mû de Jamir. "
Médée - " Et Saint de bronze du Burin du Graveur. "
Affichant une grande prestance dans sa Cloth bleutée, protégée par des épaulettes ovales et un plastron qui met sa poitrine en valeur, celle qui a été blessée par Fyodor explique la raison de sa présence ici :
Médée - " Cette jeune fille dit vrai. Cela fait des années que mon mari émet des doutes quand à la véritable identité du Pope. J’ai très bien connu Arlès puisqu’il est originaire de Jamir comme Mû et moi. Or, quand je suis venu à lui, je n’ai pas eu besoin de dialoguer à propos des soupçons de mon époux, Arlès ne m’a pas reconnu alors que je m’étais présentée. J’ai donc compris qu’il y avait un problème. Je suis donc venue voir la seule personne que je connais vraiment au Sanctuaire après toutes ces années à être restée à Jamir, toi. Je suis arrivée avant que le Saint de la Chevelure de Bérénice nous bloque ici. "
Médée fait le tour de l’atelier en observant les travaux de son ami :
Médée - " Tu fais de l’excellent travail. Dommage qu’il te manque les instruments et le savoir des muviens, sans quoi tu serais un expert du niveau de Mû. Tes connaissances et tes ½uvres pourraient être utile pour la paix si tu venais avec nous. "
A cela, Yulij comprend que Médée souhaite faire partie de ses alliés.
Saül, lui, abandonne l’idée de revêtir sa Cloth :
Saül - " Non, je serai plus une gêne pour vous. Je n’ai en réalité plus endossé mon armure depuis le jour où j’ai été fait Saint il y a plus de trente ans. J’ai préféré me concentrer sur mon art, loin des champs de bataille et des différents partis à suivre. Je travaille pour Athéna, pour le Sanctuaire et donc pour le Grand Pope. Je ne veux pas me mêler d’une guerre où je n’ai pas ma place. Et rien ne me prouve la culpabilité du Grand Pope. Je ne veux pas prendre de risque à être du clan de ceux qui se trompent et fomentent un coup d’état… "
Il se saisit de l’urne du Sextant et la balance du haut de l’estrade :
Saül - " Néanmoins, en respect pour notre amitié, je te laisse l’armure que réclame cette jeune femme. Si vous êtes du côté de la justice, alors je ne veux pas vous entraver. Par contre, si vous vous trompez, cette armure ne vous sera d’aucune utilité. "
Aussitôt aux pieds de Yulij, l’armure jaillit et l’habille. De couleur rouge, ses épaulettes descendent jusqu’à sa poitrine. Ses avant-bras et ses jambes, jusqu’au cuisses, sont bardés.
Médée vient poser sa main sur l’épaule de sa nouvelle partenaire :
Médée - " L’armure t’a reconnue comme étant chevalier. Toutes mes félicitations. "
Yulij - " Maintenant il nous faut retrouver Mei. "
Médée - " Il est dehors et doit avoir besoin de nous. "

Yulij, d’un hochement de tête, remercie Saül et se précipite dehors. Médée imite la jeune femme et la suit.
Seul, Saül regarde son armure avec honte.
Il sort de sous les draps au fond de l’estrade, parmi plusieurs autres vides, une bouteille d’alcool anisé et s’en verse un verre :
Saül - " Ah ma vieille amie… Je crois que je vais avoir besoin de toi pour oublier ma lâcheté une fois de plus. "


Sous le dôme enflammé, Mei est à genoux. Son bras gauche essaie péniblement de combler les sinistres tandis que son bras droit crée devant lui un bouclier de filaments contre les flammes d’Ennetsu Saint.

Quelques soldats parviennent à s’engouffrer dans les percées du dôme et se jettent en direction du chevalier de bronze totalement à leur merci.
Heureusement, Yulij bondit devant eux et leur barre la route grâce à son arcane semblable à des météores :
Yulij - " Falling Stars ! "
Médée, en pleine course, détache de la ceinture de sa Cloth un marteau et un burin en or.
Elle s’interpose devant les flammes et frappe du marteau contre le burin tendu en direction d’Ennetsu Saint :
Médée - " Gammanium Destroyer ! "
Des centaines de billes de gammanium, l’alliage nécessaire à la fabrication des Cloths, jaillissent des outils.
L’incandescence des flammes semble pourtant avoir raison de la quasi-totalité du Gammanium Destructeur :
Ennetsu Saint - " Cela a peut-être annihilé cette vague de feu, mais c’est inutile. J’ai encore beaucoup d’énergie à… "
Le mercenaire s’écroule au sol pris d’une terrible douleur à l’estomac : « Un coup, un seul de ses coups est parvenu à m’atteindre. Il a suffit à m’envoyer au tapis. »

Yulij et Médée en profitent pour relever Mei. Médée demande à la jeune femme :
Médée - " Et maintenant ? Vous avez prévu un plan ? "
Yulij - " Deux amis doivent nous attendre à la zone est du domaine. Nous devons fuir du Sanctuaire. "
Mei remarque de plus en plus d’intrusions à mesure que son Lost Children se désagrège :
Mei - " Ne perdons pas de temps avant que les renforts arrivent. "
Yulij laisse Médée prendre de l’avance avec Mei, tandis qu’elle frappe une dernière fois le maximum de gardes :
Yulij - " Falling Stars ! "

Le trio disparaît dans la nuit sous le regard impuissant d’Ennetsu Saint. Yulij fraye un passage à ses amis, ne laissant aux gardes que leur souffle pour alerter leurs alliés du chemin emprunté par les rebelles.


A vive allure, Médée et Yulij maintiennent Mei. Ils gagnent l’est du domaine en traversant les forêts et en repoussant la milice.

Mei - " Ça ne devrait plus être long. Dabih et Nicol doivent nous attendre ici. "
Médée - " Et après ? "
Mei - " Après nous quitterons incognito la Grèce. Au Japon, un groupe de Saints se rebelle également contre le San… "

Inopinément, un tonnerre de griffes leur barre la route.
Yulij et Médée posent à terre Mei et se positionnent devant lui pour le protéger de la femme chevalier responsable de cette attaque.
Celle-ci, vêtue d’un pantalon vert et d’une armure violette, ordonne : « Halte ! Je suis Shaina Saint d’argent d’Ophiuchus. Vous êtes sous le coup d’une arrestation pour rébellion contre le domaine sacré. »
Yulij ne veut pas perdre de temps et se jette contre la Saint d’argent : « Falling Stars ! »
La Chute d’étoiles ne touche pas une seule fois Shaina qui vient au contact : « Thunder Claw ! »
Les Griffes du Tonnerre taillent la chair de Yulij là où sa Cloth ne la protège pas.

Médée s’élance à son tour mais elle n’a même pas le temps de sortir ses armes pour déclencher son arcane que déjà le poing de Shaina la heurte au visage. Déstabilisée, Médée essaie de lancer un coup de pied vrillé en retombant vers le sol, mais Shaina lui attrape la jambe et la fait tournoyer au-dessus d’elle pour la balancer contre un arbre.

Très vite, des soldats arrivent. Mei puise dans ses réserves pour les repousser au corps à corps.
Médée et Yulij le rejoignent :
Médée - " Il va falloir se dépêcher. D’autres vont arriver. "
Mei - " Avant cela, il va falloir qu’on réussisse à vaincre Shaina. "
Shaina - " Très bien, je vais vous montrer le faussé qui sépare un Saint de bronze d'un Saint d’argent. "


Au loin, à proximité des remparts, cachés dans un faussé, témoins des rassemblements de gardes aux murailles, Dabih et Nicol s’inquiètent :
Dabih - " Que font-ils ? "
Nicol - " Ils sont proches, je sens leur cosmos en alerte tout près d’ici. "
Dabih - " Allons les aider. "
Nicol - " Hors de question. Rappelle-toi notre plan. Si aux douze coups de minuit un des deux groupes venait à ne pas pouvoir être là, l’autre doit quitter le Sanctuaire sans se poser de question. "
Dabih - " Jamais je ne partirai sans Maître Mei ! "
Nicol - " Si nous sortons d’ici nous serons repérés. Il y a trop de gardes. Si nous indiquons notre position maintenant, ils auront le temps d’ameuter des renforts pendant que nous attendrons les autres. Au final, il nous sera impossible à tous de fuir. Alors reste là et fait leur confiance. "


Mei propose un plan :
Mei - " Je vais l’attaquer de front. "
Yulij - " C’est trop risqué. Tu t’es déjà suffisamment sacrifié pour aujourd’hui. "
Mei - " Nous n’avons pas d’autres choix. Elle est beaucoup plus rapide que nous. J’ai suivi les entraînements d’un Saint d’or et ai quelques connaissances de ce qu’est le septième sens. Même si je ne peux que m’en approcher, je réussirai peut-être éviter certains de ces coups. Je vais me battre au corps à corps en tournant autour d’elle pour la rendre prisonnière de mes liens. Pendant ce temps, concentrez tout ce qu’il vous reste pour lui porter un coup fatal. Vous frapperez quand je vous le dirai. Frappez sans hésiter, peu importe où je me trouverai à ce moment. "
Yulij ne répond pas, elle veut protester mais Médée, plus mature, répond pour elle : « Très bien. »

Mei libère déjà quelques filaments en se précipitant contre Shaina : « Lost Children ! »
Shaina - " Thunder Claw ! "
Les Griffes du Tonnerre tranchent les premiers filaments, sans pour autant empêcher les nouveaux de se développer pendant que Mei tourne autour d’elle.
Tout en tournoyant sur elle-même, Shaina décoche une droite, il l’encaisse. Une seconde, il l’esquive. Une gauche, il la pare. Une droite, il l’esquive. Une gauche, il l’évite à nouveau. Il se prend même le luxe de lui renvoyer un uppercut au menton.
Ses mouvements sont de plus en plus fluides. De mieux en mieux organisés. Petit à petit, il met Shaina en difficulté. Jusqu’à ce que ses jambes fatiguent après les efforts précédents.
Shaina le remarque et, après avoir tapé plusieurs fois dans le vent, elle effectue un coup de pied chassé dans les jambes de Mei qui s’écroule contre elle. Le voyant tomber de tout son poids sur elle, Shaina l’accueille d’un uppercut si violent qu’il est projeté en l’air. Il en profite alors pour tirer son bras et l’ensemble de ses liens : « Lost Children ! »
Tout le cosmos de Mei, concentré jusqu’ici et poussé à paroxysme, se déverse dans ses fils et foudroie Shaina.
Avant de s’effondrer, Mei hurle : « Maintenant ! »
Yulij et Médée, de concert :
Yulij - " Falling Stars ! "
Médée - " Gammanium Destroyer ! "
L’italienne reçoit deux fois l’équivalent d’une centaine de coups frappés à la vitesse du son sans qu’elle puisse les éviter.
Renvoyée quelques mètres d’ici, elle s’échoue inconsciente.

Les femmes récupèrent Mei :
Yulij - " Quelle puissance ! C’était prodigieux. "
Médée - " J’ai déjà vu ce qu’est l’ultime cosmos. Tu t’en approchais petit à petit. "
Mei, à bout de force, à peine conscient, déclare péniblement : « Je vous en prie, sortez moi d’ici. »
Elles obéissent et le prennent à bras sans perdre plus de temps.


Le trio s’approche peu à peu de Nicol et Dabih qui les distinguent : « Reste caché Dabih. Je vais me débarrasser des gardes qu’il y a ici afin de leur ouvrir la voie. Ne sors sous aucun prétexte. »
Aussitôt, Nicol jaillit sur les remparts et élimine au corps à corps la quinzaine de gardes positionnés là.
Voyant que d’autres arrivent sur les flancs tout en soufflant dans leurs cors l’alerte, il se précipite sur les manivelles afin d’ouvrir la grande porte.
A cet instant, Médée, Mei et Yulij arrivent sous les tirs de flèches des soldats embusqués dans la forêt.

Ralentis, les trois Saints de bronze se voient de plus barrer la route par le trio argenté qui débarque.
Sirius cogne un uppercut dans l’estomac de Yulij pendant que Dio chasse les jambes de Médée avec les siennes. Secouées, les femmes lâchent à terre Mei, à la merci d’Algethi qui lève le pied en l’air pour lui écraser la tête.
Une fois le pied rabattu des os rompent sous le poids du colosse africain.
Mei sent des kilos lui presser le crâne. Seulement, il ne s’agit pas d’Algethi.
A la surprise de tout, Dabih est venu se jeter par-dessus son ami pour le protéger. C’est son dos qui a encaissé le choc.
Le marocain vomi du sang alors qu’il est immobilisé, la colonne vertébrale broyée.

Sous l’effet de l’émotion, Mei, inquiet pour le quarantenaire, fronce ses sourcils et charge son poing de toute sa fureur :
Mei - " Dabih ! Non ! "
Il cogne si fort le Saint d’argent à la poitrine que le plastron s’effrite, alors que son poignet se brise sous le choc.

Trop faible pour venir au secours des femmes, Mei se croit abandonné au triste sort que lui réservent Dio et Sirius mais ceux-ci sont aussi surpris que Mei lorsqu’ils sont projetés en arrière par un flash lumineux :
Nicol - " Shi no Scan ! "

Le Saint d’argent de l’Autel ramasse les femmes alors que Mei essaie de redresser Dabih sans le faire souffrir davantage.
Nicol - " Le Scanner de la Mort crée un flash lumineux qui absorbe la vie. Ces deux chevaliers vont se sentir affaiblis un certain laps de temps mais le colosse que tu viens de repousser et les soldats qui débarquent de tous les côtés ne vont pas tarder à nous poser davantage de problèmes. Il faut y aller, la sortie du Sanctuaire est juste devant nous. "
Mei - " Il est hors de question que j’abandonne Dabih ici. "
Nicol - " Il a été littéralement pulvérisé. Ses os sont en morceaux et ses organes comprimés. Il faut te faire une raison. Il t’a sauvé la vie, fais en sorte que ça ne soit pas inutile. "
Dabih ajoute difficilement : «  I… Il a raison Maître… »
Mei pleure alors que Nicol et Médée avancent vers la sortie. Yulij les suit, des larmes coulent sous son masque.
Dabih - " Allez-y Maître… Rattrapez-les. "
Mei commence à briser quelques flèches qui tombent dans leur direction. Les soldats approchent. Cependant, il est résolu : «  Pas sans toi. »
Dabih - " Maître… J’ai été esclave. Je suis fils d’esclave. Le père de mon père l’était aussi. Et ainsi de suite depuis la nuit des temps. Après avoir été affranchi par un homme aussi bon que vous, j’aimerai vraiment pouvoir vous dire, comme tout homme libre, laissez-moi. Laissez-moi mourir comme je l’ai choisi. "
Mei voit ses compagnons franchir la muraille alors que les ennemis approchent. Algethi commence à se relever. Il est tiraillé par la décision qu’il doit prendre : «  Da… Dabih. Je ne veux pas. »
Dabih - " Maître… "
Mei - " Non ! Mei ! Plus de Maître. "
Dabih - " D’accord… Mei. Partez à présent. "
Une flèche tombe juste aux pieds de Dabih. Mei se relève et passe le bras devant ses yeux :
Mei - " Merci Dabih. "
Dabih - " Non. Merci à vous Mei. "
Mei s’éloigne à toute vitesse pour ne pas tomber en sanglot devant son ami.

Il regagne très vite Yulij qui l’attend de l’autre côté du mur tandis que Médée et Nicol entament déjà la traversée des montagnes.

Dabih, le regard déjà flou, entend les douze coups de minuit du clocher du village voisin retentir, accompagné du sifflement de plusieurs flèches qui tombent dans sa direction.
Il sourit et pousse un dernier soupir avance d’être transpercé de part en part :
Dabih - " Grâce à vous je suis né comme un esclave et aujourd’hui je meurs comme un homme. Merci et adieu Maître Mei. "



Le 5 octobre 1985 s’achevait avec la mort de Dabih. Si l’ancien esclave découvrait le royaume d’Hadès, Vasiliás, lui, apprenait à s’y rendre sans y perdre sa volonté d’homme.
Le 6 octobre commençait au Japon par l’enlèvement de Saori par Docrates tandis qu’il signifiait la liberté pour Médée, Mei, Nicol et Yulij.
Maintenant qu’ils quittaient le Sanctuaire, une nouvelle aventure commençait…