Chapitre 49 - Rien ne sera jamais plus pareil

Les précédents chapitres de mon recueil, regroupaient les dramatiques événements qui n’avaient jamais été portés à votre connaissance.
Une page se tournait le 5 octobre 1986. En effet, la victoire de Seiya et les siens contre Ikki et l’arrivée de Docrates au Japon, officialisaient la guérilla menée par le Grand Pope contre la Fondation Graad, avec les conséquences que vous connaissez.
Seulement, dans l’ombre, de nouvelles quêtes se tramaient. Rhadamanthe et Myu étaient enfin arrivés en Allemagne avec Reife et Reinheit, tandis que Mei élucidait bien des mystères.



Chapitre 49 - Rien ne sera jamais plus pareil

En Grèce, au Sanctuaire, dans le village de Fóvos :

5 octobre 1986.
Dans sa triste demeure située dans la contrée de l’est du domaine sacré, Mei est attablé.
Plusieurs rouleaux de papyrus sont déballés sur le meuble qu’il ne quitte plus depuis son arrivée.

La présence de Dabih à ses côtés offre à la maisonnette un accueil plus chaleureux. Les livres, les parchemins et tout autre objet disséminé sauvagement au sol à leur arrivée sont maintenant classés en rang sur les étagères que le serviteur a confectionné.
Le mobilier est propre et les divers trous dans la toiture ont été comblés.

Les gargouillis de son ventre sortent Mei de ses décryptages :
Mei - " Alors Dabih ! Qu’attends-tu pour rentrer ? Avec tous les bibelots inutiles que nous avions ici et que je t’ai envoyé vendre, tu devrais pouvoir nous ramener facilement de quoi nous nourrir pour la semaine ! "
Seulement, un son lourd et gras lui répond.
Cette percussion retentit à de multiples reprises, forçant le japonais à sortir de sa demeure chercher une explication à un tel grondement.
Dehors, devant un temple d’Athéna comme il y en a partout disposé dans le Sanctuaire, il reconnaît un énorme disque de métal maintenu en l’air par deux cordes reliées à un rondin de bois.
La rouille corrodant la cymbale permet à Mei de confirmer sa pensée : « Elle n’a pas dû servir depuis de nombreuses années. »
L’homme qui tape contre avec un énorme gourdin au bout lassé de cuir épais, est vêtu d’une longue toge blanche que portent tous les prêtres que Mei a rencontrés depuis son arrivée.

Dans les rues du village, habituellement désertique, tous les villageois se montrent, s’exposant aux yeux des autres malgré le danger et le banditisme.
Mei est décontenancé. Contrairement aux autres fois, personne n’a de mauvaise pensée. Aucune provocation n’est faite. Certains pleurent même.
En tendant l’oreille, le chevalier distingue même qu’au nord, au sud, à l’est et à l’ouest, dans les villages voisins, les cymbales agressives et puissantes vibrent.

Enfin, il aperçoit au loin Dabih revenir avec un chariot de victuailles.
Il court le questionner :
Mei - " Dabih, quel est tout ce vacarme ? "
Le visage du sexagénaire est violacé de larmes :
Dabih - " Le Grand Pope est mort. "
Mei - " Comment ?! "
Dabih - " J’étais au marché de la place principale d’Honkios quand les premières cymbales ont sonné. Des crieurs se sont précipités devant les temples, pour annoncer que l’âge avait emporté le Grand Pope dans la nuit. N’ayant eu le temps de nommer un successeur, c’est son frère Arlès, qui le secondait déjà, qui a été nommé à sa place. Ce dernier a déjà pris des mesures. Il souhaite reconstituer une armée digne après les nombreuses pertes de ces dernières années. Chaque enfant, homme ou femme, en âge de rentrer dans les rangs est réquisitionné. Les faibles et les déserteurs seront torturés puis tués. "
Mei - " C’est impossible. Arlès ne peut devenir Pope. "
Dabih - " Effectivement. Normalement c’est un Saint d’or qui doit succéder au Pope. Mais cela fait des années qu’Arlès travaille en compagnie de son frère. Les Saints d’or sont trop jeunes et inexpérimentés pour assurer une telle fonction. Il est donc le plus légitime au trône. Et il va s’en dire qu’une telle annonce n’aurait pu être faite sans l’aval d’Athéna. "
Mei - " Ce n’est pas ça que je veux te dire. "
N’arrivant pas à se faire entendre l’un l’autre avec le vacarme environnant, Mei tire le marocain à l’intérieur de leur maison où ils s’enferment. Mei pointe du doigt plusieurs documents :
Mei - " Voici des notes. Des notes de Nicol et Yulij, les deux personnes qui vivaient ici. Ils ont bien été trois à une époque mais il n’a jamais s’agit de la femme qu’on a retrouvé morte et qui avait un quelconque lien avec Deathmask du Cancer et Aphrodite des Poissons. La troisième personne était Arlès Saint d’argent de l’Autel… "
Il sort des étagères d’autres documents qu’il expose à Dabih :
Mei - " … Ces cahiers, sont des exercices scolaires. Ils sont tous datés et tous les énoncés sont signés par Arlès. Les premières mentions de l’absence d’Arlès ont été rédigées par Nicol et Yulij. Elles datent de septembre 1973, soit treize ans. Pourtant, bien avant cela, quand Arlès venait ici enseigner à ses apprentis, il officiait déjà auprès de son frère le Grand Pope. Ce n’est donc pas sa mission qui l’a empêché de poursuivre l’apprentissage de ses élèves. Nicol et Yulij recueillent au fil des années qu’ils soupçonnent une machination autour du Grand Pope. D’éléments en éléments, d’indices en indices exposés ici, leur théorie prend tout son sens lorsqu’ils annoncent avoir retrouvés l’armure de leur professeur à Dignity Hill. Le sanctuaire abandonné et interdit d’Abel était gardé par le Saint d’or des Poissons. Ce dernier écris datent du 10 septembre de cette année. Soit la veille de leur emprisonnement. "
Dabih, tout tremblant après une telle annonce, tend sa main derrière lui à la recherche d’un siège pour se poser et réussir à encaisser tout ceci.
Mei sourit en lui tendant une chope remplit d’eau :
Mei - " Moi aussi j’ai eu du mal à reprendre mes esprits à mesure où tout s’éclaircissait. Au final, cette fille retrouvée morte à Dignity Hill devait être une proche d’Aphrodite. Le Grand Pope a certainement voulu faire taire la vérité, en annonçant qu’elle était complice de Nicol et Yulij considérés dès lors comme renégats. "
Dabih - " Et maintenant Maître, qu’allons-nous faire ? "
Mei pose ses mains sur les genoux de son vieil esclave et approche son visage du sien, plein de fougue :
Mei - " Nous allons faire éclater la vérité. "


En Grèce, au Sanctuaire, dans la chambre du Pope :

Le propriétaire des lieux sort de ses thermes. L’eau ruisselle sur son corps d’athlète et embellit davantage ce corps qu’il admire dans la glace. Ses cheveux gris et ses yeux injectés de sang reflètent sur le miroir sa réelle apparence :
Evil Saga - " Ne suis-je pas divin ? "
Saga - " Ce corps parfait ne suffit pas à faire de toi un dieu. "
Evil Saga - " En effet, l’armure d’or du Sagittaire étant bientôt en ma possession, il ne me manque plus que Niké et la tête d’Athéna pour devenir l’égal d’un dieu. "
Saga - " Ne crains-tu pas que quelqu’un conteste ton autorité ? "
Evil Saga - " Qui donc ? Ils avalent tous à l’heure qu’il est, la prétendue mort de Shion et l’accession d’Arlès. "

Il se retourne, abandonnant sa discussion avec son double et fixe les deux tenues avec lesquelles il a jonglé ces treize dernières années. L’une dispose d’un heaume doré alors que l’autre est bardée de pointes acérées et accompagnée d’un casque rouge.
D’un mouvement de bras, avec la pression de l’air exercée, il envoie voler au fond de la pièce la cuirasse que Shion et ses ancêtres portaient avant lui et endosse la tenue vermillonne par-dessus sa toge blanche :
Evil Saga - " Désormais je n’aurai plus à me faire passer pour Shion, seule la tenue d’Arlès sera celle que je devrais adopter. Ainsi, en changeant de Pope, je vais pouvoir légitimer mon changement de politique, en commençant par me débarrasser ouvertement des faibles et des personnes suspicieuses, non plus discrètement comme autrefois. "

Son monologue cesse lorsqu’il entend frapper à sa porte.
Le second de Gigas, le commandant Phaéton, mène la marche de plusieurs serviteurs. Ceux-ci tiennent un immense cadre qu’ils viennent dresser en toile de fond dans la salle d’audience.
Saga lui-même vient retirer le voile qui dissimule la peinture et s’extasie devant la fresque :
Saga - " Parfait. "
Phaéton - " Comme vous le vouliez Seigneur, un tableau de vous qui reflète toute votre grandeur. "
Saga - " Bien, tu féliciteras Gigas pour avoir accompli cette mission à merveille. D’ailleurs, où est-il ? "
Phaéton - " Il suit de près les événements au Japon. Il m’a chargé de vous dire que nos soldats envoyés aux quatre coins du monde ont déjà réalisé leurs tâches. Parmi elles, il ne reste plus rien du Royaume d’Amelia. Et une conférence sur la paix a été interrompue après la mise à mort de tous les agents. "
Saga - " Parfait. Et qu’en est-il de la liste des renégats de nos domaines annexés qui refusent de se joindre à nous ? "
Phaéton - " Le général Gigas dispose de la liste que vous avez établie. Il réquisitionne des Saints de bronze et d’argent pour aller exécuter les traîtres. "
Saga - " Bien. "

D’un mouvement du bras, le Grand Pope, satisfait, chasse ses hommes pour confesser une fois seul :
Saga - " Parfait. J’espère que ces troubles dans le monde contemporain forceront Athéna à se manifester. "


En Grèce, au Sanctuaire, dans le village de Fóvos :

A l’intérieur de leur maisonnette, Dabih s’active. Il finit de rassembler dans des paniers en osiers quelques aliments et boissons ainsi que des linges pour dormir.
Alors qu’il enfile les lanières de ces sacs sur son dos, le marocain assure :
Dabih - " Tout est prêt Maître. "
Mei endosse sa Pandora Box :
Mei - " Merci Dabih, c’est parfait. Mais tu peux retirer ça de ton dos. "
Dabih - " Il est hors de question que je vous laisse porter ça seul Maître. "
Mei - " Pourtant tu n’as pas le choix. Tu restes ici Dabih. Tu ne pars pas. Une fois que j’aurai libéré Nicol et Yulij, je serai catalogué comme un renégat et certainement tué. Je ne veux pas qu’une personne qui n’a jamais été considéré comme un homme puisse mourir pour un maître sans avoir pu vivre libre. Je te rends ta liberté et te fais don de cette maison. "
Les larmes aux yeux, le vieil esclave s’accroche fermement à ces paniers :
Dabih - " Vous êtes ce qui m’est arrivé de meilleur Maître. J’ai pourtant été au service de grands hommes depuis mon enfance. Toutefois, jamais aucun n’a su considérer l’être humain mieux que vous. Alors, si aujourd’hui vous voulez me châtier pour que je vive enfin comme tout homme, j’accepte. Et c’est en tant qu’homme libre que je décide de venir avec vous. Permettez-moi de vous suivre et de continuer à vous appeler « Maître ». "
Mei sourit :
Mei - " Tu es incorrigible. Sache que si tu m’accompagnes, quelle que soit la façon dont tu me nommes, tu viens en tant qu’ami et non plus en qualité de serviteur. "

Inopinément, cet échange d’amitié est interrompue. On frappe à la porte :
Mei chuchote à son camarade :
Mei - " Cache les sacs, vite. "
Le japonais entrouvre la porte et reconnaît un soldat agenouillé qui tend un papyrus frappé du sceau papal :
Soldat - " Seigneur Mei ? "
Mei - " Euh… Oui ! "
Soldat - " Seigneur Mei Saint de bronze de la Chevelure de Bérénice, je viens vous porter une missive rédigée par le général Gigas en personne selon les désirs de notre Seigneur le Grand Pope Arlès. "
Le chevalier fait la moue tant l’évocation du « Pope Arlès » sonne faux pour lui :
Mei - " Merci. Je vais en prendre bonne note à tête reposée. "

Il claque la porte au nez du brave et se terre dans le silence après avoir lu mot par mot les instructions.
Dabih - " Un problème Maître ? "
Mei - " Je viens de recevoir mon premier ordre de mission… "
Mei pâlit :
Dabih - " Et ? "
Mei - " Les infidèles à Athéna doivent être tués. Parmi eux, on m’a confié la mort de Saori Kido.  "
Le senior remarque un profond malaise chez son ami :
Dabih - " Qui est cette personne ? "
Mei - " Une jeune femme auprès de qui je me suis fait passer pour mort depuis cinq ans. Son grand-père m’a envoyé en Sicile pour faire de moi un chevalier. Lorsque des employés de leur entreprise sont venus faire le point et avertir que je devrais revenir plus tard participer à un tournoi, je me suis fais passer pour un autre enfant et j’ai déclaré que Mei avait été tué pendant l’entraînement. Depuis tout ce temps, je n’ai plus pensé à cette famille. Aujourd’hui, l’ordre de mission précise qu’elle doit être exécutée pour s’être immiscée dans l’ordre des chevaliers et pour les avoir utiliser dans un tournoi, révélant aux yeux du monde l’existence du Sanctuaire censé être secret. "
Dabih - " Cela va donc retarder la libération de Nicol et Yulij. "
Mei observe le sceau qu’il n’a pas abîmé et la signature en bas du document qu’on lui a délivré. Il affiche une mine optimiste :
Mei - " Au contraire, je crois que ça va nous faire gagner du temps. Au fait, nos voisins sont toujours aussi agressifs avec toi lorsque tu passes devant chez eux ? "
Dabih - " Oui, la dernière fois ils ont failli me faire rendre gorge pour me voler les victuailles que j’étais parti vous chercher. Sans votre arrivée, je ne serai plus de ce monde. Alors qu’une troupe de soldats du Sanctuaire était en faction juste à côté. Les gardes riaient et se moquaient de moi. "
Mei - " Parfait ! "


Au Japon, à Tokyo, dans la résidence Kido :

Dans une des ailes du manoir, celle réservée aux chevaliers revenus avec leurs armures, deux domestiques ramassent des détritus sur le sol du petit salon.
Ils n’osent pas lever les yeux vers le colosse d’un mètre quatre vingt huit qui reste affalé toute la journée devant la télé depuis son retour du Canada.

De la pièce d’à côté, sortent trois jeunes femmes peu élégantes qui réajustent le peu de vêtements qu’elles ont.
Elles sont raccompagnées jusque dans le couloir par le non moins costaud Ban qui bouscule au passage un valet.
Cela ne cause pas le moindre souci à Ban qui vient chiper la télécommande de Geki :
Ban - " Tu as eu tort de ne pas me suivre. Avec les trois c’était le pied. "
Geki sort de sa poche arrière une carte de visite :
Geki - " Je préfère attendre ce soir. J’ai décroché le numéro d’une petite journaliste. Qui voulait faire un reportage sur la Galaxian War et notre apprentissage de Saint. "
Ban lui tape sur l’épaule avant de rire grassement avec son compagnon :
Ban - " Veinard ! "

Dépités, les employés préfèrent quitter la pièce pour revenir la nettoyer plus tard au calme.

Ban s’installe confortablement sur le fauteuil à côté du canapé que monopolise Geki. Il pose ses pieds chaussés sur la table et assure :
Ban - " C’est quand même le fantastique ici. Une juste récompense après tant d’années d’effort. "
Geki - " Tu m’étonnes ! Je ne comprends même pas comment Seiya a pu préférer se prendre un appartement loin de la ville ? "
Ban - " En même temps, avec la petite minette qu’il a trouvé, Miho je crois, je comprends qu’il n’ait pas envie de la ramener ici. Il a peur de la concurrence. "

Le raclement de gorge d’un majordome vient les importuner au beau milieu de leur discussion graveleuse.
Les deux chevaliers se retournent en défiant du regard le bourreau de leur enfance volée, Tokumaru Tatsumi. Celui-ci n’apprécie guère le ton choisit par les deux perdants du tournoi :
Tatsumi - " A l’heure qu’il est, Seiya est loin de s’amuser. Je vous signale qu’il s’est rendu sans armure en compagnie de Shun et Hyoga dans la Vallée de la Mort pour affronter Ikki et récupérer l’armure d’or. "
Geki ramasse une canette de bière qu’il décapsule et lève en l’air :
Geki - " Tant mieux, à leurs santés. Moi j’ai ramené mon armure, je pense que la fondation peut bien me foutre la paix après tout ce que j’ai enduré pour elle. "
Ban - " Tu m’étonnes. Elle s’est fait voler l’armure. C’est son problème, pas le notre. "

Tatsumi ne décolère pas et s’approche d’eux en les invectivant :
Tatsumi - " Et des valeurs comme la paix, l’amitié, vous en faites quoi ? C’est pour ça qu’ils sont partis combattre. Parce qu’Ikki incarne désormais le mal. Ils veulent savoir ce qui a pu lui arriver et ramener l’armure qui représente une source d’espoir. "
Étant le seul à savoir la réelle identité de Saori et connaissant le but avoué de ce tournoi par son ancien maître Mitsumasa Kido, le trentenaire s’emporte. En pointant son doigt contre le crâne de Geki, il assure :
Tatsumi - " Je comprends mieux vos défaites durant la Galaxian War. Vous n’avez aucune bravoure. Sur les cent enfants envoyés, je m’étonne encore que vous fassiez partis de ceux qui sont revenus. "
Ne supportant plus ni les propos ni le comportement du majordome, Geki le soulève d’une main par la gorge comme un fétu de paille :
Geki - " Vire ta sale patte de là ! Tu nous as suffisamment battu quand nous étions faibles et tu mériterais mille tourments. Alors ne me démange pas ! "

Une voix autoritaire somme Geki de cesser immédiatement : « Ca suffit Geki ! Lâche-le ! »
Des mains gantés apparaissent d’abord contre l’encadrement de porte, avant de laisser surgir le reste de l’apparence sportive de Jabu.
Geki s’exécute aussitôt pendant que Ban s’étonne :
Ban - " Jabu ! Tu es déjà sorti de l’hôpital. Les médecins ont dis que ta clavicule était fracturé et que tu présentais de sérieux traumas après le coup porté par Phénix. "
A l’évocation de sa blessure, celle-ci démange aussitôt la Licorne, alors que Tatsumi reprend son souffle sur le luxueux tapis du living. Jabu le remercie :
Jabu - " Ça ira Tatsumi. Je m’occupe de ces deux là. "

Le second de la Fondation Graad obéit et laisse seuls les trois Saints de bronze.
Ban - " Comment ça tu te charges nous ? "
Geki - " Tu acceptes que ce connard continue à nous traiter de la sorte, après tout le mal qu’il nous a fait ? Ce n’est plus qu’un ver de terre aujourd’hui, un minable. Il mériterait qu’on lui donne une bonne leçon ce moins que rien. "
Jabu est dépité :
Jabu - " C’est que tu n’as rien compris alors. Ton entraînement n’a servi à rien. J’ai moi-même été comme toi durant de longues années en Algérie. Puis un jour, j’ai appris à ravaler ma fierté. Aussi minable Tatsumi soit-il à tes yeux, il a toutefois entièrement raison. Que sont devenus les deux hommes que vous êtes, alors que nos compagnons se livrent des duels à mort pour percer le mystère qui entoure l’un de nous ? "
Geki et Ban baissent honteusement la tête. Jabu poursuit son sermon :
Jabu - " Je hais Ikki. Je le hais pour l’humiliation qu’il m’a fait subir aux yeux de tous. Mais je n’oublie pas toutes ces épreuves que nous avons endurés enfants, tous ensemble, quand nous avons été réunis à la fondation. Avant d’arriver ici, j’étais seul dans mon orphelinat. Personne ne se souciait de moi. Éducateur comme enfant. Puis nous avons été une centaine à être réunis ici. Et même si nous n’avons pas toujours été d’accord, même si nous n’avons pas tous agis de la même façon, que nous nous chamaillions, je me sentais moins seul. On me parlait, on m’écoutait. Et on me soutenait. Malgré que j’ai pris le parti de lécher les bottes… "
Ce travail sur lui-même manifeste aux yeux de tous les conséquences sur son ego de sa défaite devant Saori. Il réussit même à arracher un timide sourire à ses camarades qui se tiennent comme deux enfants qu’on vient de mettre au piquet.
Au plus profond de lui ému, vexé, Jabu continue :
Jabu - " … Nous formions une famille. Et notre envoi dans des camps d’entraînement avait pour but de solidifier ces valeurs. On nous a enseigné le sens de la justice, du don de soi, de l’amour et de la paix au nom d’Athéna. Alors sur cent enfants, si seuls nous dix avons survécu, j’ai envie de croire qu’on puisse servir ces codes. Comme le font Seiya et les autres. "
Geki - " Mais comment faire ? "
Ban - " Oui ? Tu as bien vu que nous n’avions pas le niveau ? "
Geki - " De plus nos armures sont endommagées ! "
Jabu - " Les armures se régénèrent peu à peu d’elles-mêmes dans leurs Pandora Box. Ichi et Nachi sont sortis cette semaine de l’hôpital et sont venus me dire qu’ils repartaient auprès de leurs maîtres rattraper le fossé qui nous sépare des autres. Je vais faire pareil. Avis aux amateurs. "
Ban et Geki se renvoient un sourire déterminé.


En Grèce, au Sanctuaire, à proximité d’Honkios :

Sur le versant d’une montagne, taillée à même la roche, la prison principale du Sanctuaire a des allures de tour.

Vêtu de sa Cloth, Mei, accompagné d’un soldat, se présente devant les gardes en faction à l’entrée. Il pointe du doigt une charrette que le soldat tire. Dedans se trouvent les corps d’un homme et d’une femme, pieds et poings liés. Les prisonniers gesticulent dans tous les sens :
Mei dresse un ordre de mission :
Mei - " Voici l’ordre de mission que notre Seigneur le Grand Pope m’a confié. Je viens faire emprisonner ces deux brigands. "
Le premier gardien s’exclame :
Soldat n°1 - " Encore ! Depuis la nomination du nouveau Pope ce matin ça ne fait que ça. "
Soldat n°2 - " Nos effectifs ici ont même été réduits pour aller à la chasse aux renégats. "
Mei grimace :
Mei - " Et ça ne va pas s’arranger. Si vous lisez bien l’ordre de mission, il est indiqué que j’ai ordre de réquisitionner de gardes à l’intérieur de la tour pour m’accompagner dans une autre tâche. "
Le premier des gardiens soupire, submergé par le travail, tandis que le second grimace en observant les prisonniers :
Soldat n°2 - " Merde. Vous les avez bien amochés ceux-là. Ils crachent beaucoup de sang. "
Mei - " Oh ! On a été obligé de leur couper la langue. Ils protestaient trop. "
Tandis qu’ils ricanent bougrement, ils laissent passer Mei et son complice avec le chariot.

Une fois à l’intérieur, l’accompagnateur retire son casque :
Dabih - " Et maintenant, comment les trouve-t-on ? "

Dehors, des crieurs continuent de faire le tour des villages et viennent s’époumoner en annonçant la mort du Pope et la prise de pouvoir d’Arlès.
Depuis les lucarnes bardées de barreaux, les prisonniers entendent de dehors les crieurs.
Pendant que certains prisonniers lèvent leurs écuelles vides en l’air pour exprimer leur joie, Nicol et Yulij se précipitent contre leurs barreaux de cellule pour hurler au complot.

Mei reconnaît les protestations :
Mei - " Il n’y a qu’à demander. "
Dabih - " Ca semblait venir des étages supérieurs. "
Mei - " Bien, je vais prendre nos prisonniers sur le dos, toi ramasse dans la charrette les vêtements de soldat que nous avons volé. Et remet ton casque, on risque de croiser d’autres gardes. "


Après avoir visités plusieurs étages, Mei et Dabih découvrent un jeune homme à la carrure digne d’une statue grecque. Ses cheveux châtain clair ébouriffés et son visage marqué d’un âge aussi avancé, voir plus, que celui des Saints d’or laisse présager l’identité de celui-ci.
En effet, contrairement aux autres prisonniers rencontrés jusqu’à présent, Nicol a un visage raffiné que les voyous du Sanctuaire n’ont pas.
Dans la cellule d’en face, ils reconnaissent une jeune femme cachée sous un masque et aux longs cheveux blancs grisonnant ne pouvant être que Yulij.
Dabih va décrocher les clés postées dans le couloir.
Par galanterie naturelle, Mei se précipite sur la cellule de Yulij pour l’en libérer.
Instantanément, une fois la geôle ouverte, elle se jette comme une furie sur Mei.

Le japonais a juste le temps d’éviter le poing de la prisonnière :
Mei - " Merde ! T’es folle ou quoi ? "
Yulij - " Alors ça y est ? L’usurpateur est sur le trône. Il en profite pour nous faire exécuter. "
Mei agite grand ses bras et chuchote :
Mei - " Tais-toi ! Tu vas nous faire repérer ! "
Yulij n’en démord pas, elle concentre sa cosmo énergie.
Il faut que Nicol, depuis sa cellule, hausse la voix pour obtenir d’elle un peu plus de calme :
Nicol - " Ça suffit Yulij ! "

Mei souffle, rassuré, et lance les clés à Dabih pour qu’il libère le dernier captif.
Pendant que Dabih remplace Nicol et Yulij dans les cellules par les hommes et femmes qu’ils ont amenés dans leur charrette, Mei leur tend des tenues de soldats :
Mei - " Ça va nous permettre de fuir le secteur avant même qu’ils ne se rendent compte de quoi que ce soit. "


En Grèce, sous l’Aréopage, dans le sanctuaire souterrain :

Sur l’îlot où se dresse le sanctuaire, au bord de la lave, un colosse de deux mètres quatre vingt trois, réalise ses échauffements quotidiens. Le Berserker de la Terreur termine ces pompes qu’il enchaîne à une vitesse folle :
Tromos - " … Dix neuf mille neuf cent quatre vingt dix huit, dix neuf mille neuf cent quatre vingt dix neuf… Et vingt mille ! "
Il se redresse grâce à la force de ses bras, sans le moindre essoufflement. Sans se retourner, il ressent la présence de sa s½ur d’arme :
Tromos - " Quel bon vent t’amène Atychia ? "
La Berserker du Malheur ne s’étonne même pas des perceptions de son pair :
Atychia - " Je cherche Vasiliás. Nous devions passer en revu les rangs aujourd’hui. "
Tromos pointe du doigt le magma :
Tromos - " Je crois que tu vas devoir une fois de plus le faire seule. Il est là-dedans. Il médite il m’a dit. "
Atychia - " Ce n’est pas possible. Quand il n’est pas dans sa chambre pour lire il est dans la lave, et quand il n’est pas dans la lave il lit ! "
Tromos - " Notre général est très soucieux depuis qu’il est revenu d’Angleterre. D’après ce que j’ai pu voir, il déchiffre un morceau de papyrus qu’il a ramené avec lui du Sanctuaire lorsqu’il a été contraint à l’exil quand il était enfant. J’ai essayé de le lire mais le mal de tête m’est vite apparu. J’ai préféré m’entraîner ici comme chaque jour. L’exercice physique, il n’y a que ça de vrai. "
Atychia - " Apparemment ce document en grec ancien démontre une technique permettant de se déplacer corps et âme dans le Meikai lorsque nous voulons nous élever au-delà du septième sens. "
Tromos - " Et bien moi, je cultive mon art du combat grâce au septième sens et c’est bien suffisant. Pas besoin d’aller chercher les difficultés. "
Atychia lui répond avec tendresse :
Atychia - " Ça ne m’étonne pas de toi gros bêta ! "


Plus bas, à des mètres de profondeurs, dans le magma en fusion, assis en tailleur dans son pantalon et maillot blanc en coton, Vasiliás se concentre. Sa peau ne souffre nullement de la chaleur, ses vêtements ne s’embrasent pas. Sa cosmo énergie et en symbiose parfaite avec l’élément qui l’entoure. Sa concentration est extrême, son cosmo grandit et vient heurter celui de chacun des habitants de l’Aréopage.
« Faire preuve d’abnégation. Oui, je dois chercher cette cosmo énergie que tout homme a, à la source de sa vie, l’Arayashiki, le huitième sens. Le document que j’avais subtilisé à mon maître parlait d’une technique permettant à tout un chacun de se déplacer dans le Meikai une fois notre volonté ouverte au huitième sens. La Renaissance Eternelle : Aionia Anagennisi. Pour cela, il me faut faire le vide dans mon esprit. », réfléchit-il.


Depuis la surface, la lave s’agite. L’événement est si impressionnant que bien vite l’ensemble des soldats environnants se rue autour de Tromos pour observer l’étrange phénomène.
Comme si un typhon attaquait l’Aréopage, le magma tourbillon à une vitesse folle. La force provoquée par une telle rotation permet de voir le fond de cette rivière bouillante, avec en son centre, le Berserker de la Royauté.
L’aura de Vasiliás, oscillant entre le blanc et l’or, irradie le souterrain bientôt plus que la fournaise flamboyante. La pression cosmique exercée fait léviter son corps en transe.
Des éclairs gravitent tout autour de lui.

Tromos commente :
Tromos - " Alors c’est ça ? Ça y est, il est y arrivé. Le huitième sens. "
Atychia - " Il est parvenu en à peine cinq jours à s’illuminer au huitième sens. Tous ces exercices mentaux qu’il s’est imposé en attendant d’atteindre cet éveil ont développé un cosmos effrayant. Même Tromos et moi réunis, au summum de nos capacités au septième sens, serions des insectes face à lui sur un champ de bataille. "

Les paupières de Vasiliás s’ouvrent, ne laissant apparaître que le blanc de ses yeux. L’effluve de sa cosmo énergie fait apparaître derrière lui un lion ailé avec des cornes en ivoire aux coudes et aux genoux.
Cette transe si puissante le pousse à s’égosiller le nom de l’arcane qu’il espère tant manipuler :
Vasiliás - " Aionia Anagennisi ! "
Alors les éclairs deviennent de plus en plus grands et l’encerclent totalement jusqu’à le faire disparaître.

L’assistance est époustouflée.
Tromos - " Ça alors… Où est-il ? "

Une voix roque venu des portes du temple lui apprend :
Arès - " Il ne peut-être qu’aux portes du Meikai ! "


En Grèce, au Sanctuaire, en dehors d’Honkios :

Le groupe déguisé composé de Dabih, Nicol et Yulij, suit Mei jusqu’à la sortie de la ville principale en direction des villages du nord sans dire un mot. Se contentant de saluer les villageois et les autres gardes qu’ils croisent.
Nicol et Yulij stoppent subitement leur route à l’orée d’un bois et défont leur déguisement.
Mei qui mène la marche a à peine le temps de se retourner pour demander la raison d’un tel arrêt qu’il encaisse une violente droite de Nicol qui l’envoie au tapis.
Yulij saisit aussitôt Dabih par la gorge. Elle lui balaye les jambes afin de le faire tomber au sol.

Après que Yulij ait voulu l’agresser en prison, ce manque de sympathie commence à agacer Mei. Il fronce les sourcils :
Mei - " C’est comme ça qu’on dit merci chez vous ? "
L’apprenti d’Arlès reste ferme :
Nicol - " Cesse de nous prendre pour des idiots. Qui t’envoie ? "
Mei - " Pardon ?! "
Nicol - " Cet homme qui t’accompagne n’a rien d’un vrai soldat. Les tuniques que nous portons ont donc été subtilisées. Aucun garde ne donnerait sa tunique sans combattre. J’imagine donc que vous avez attaqué des hommes du Sanctuaire. Ensuite, ces gens que vous avez envoyés derrière les barreaux à notre place, ils avaient la langue coupée et le visage tuméfié. J’ai donc du mal à croire que vous soyez nos anges gardiens. "

Mei soupire :
Mei - " Et bien dis donc, gagner votre confiance n’est pas une mince affaire. Pour ta gouverne sache que les soldats que nous avons dépouillés sont de chez toi. De Fóvos. Pas besoin donc de te rappeler l’assistance qu’ils peuvent porter aux plus démunis. Et les deux défigurés qui ont été jetés à vos places sont vos voisins qui dévorent les cadavres des gens qu’ils détroussent. Personne ne pleurera leur sort donc. "

Mei avance et dégage Nicol d’un coup d’épaule puisqu’il est sur son passage.
Il arrive jusqu’à Yulij qu’il relève du sol en la tirant par le bras afin de libérer Dabih.
Refusant de se soumettre, elle repousse Mei et essaie de le cogner avec sa jambe. Le Saint de bronze esquive facilement et répond d’une violente gifle qui fait choir la jeune femme sur son postérieur.
Mei - " Tu seras bien gentille de lâcher mon ami et de ne plus lever la main sur nous. "
Nicol, lui, reste soucieux :
Nicol - " Tu sembles être bien renseigné sur Fóvos et les gens qui nous entourent. "
Mei - " Normal. Je suis le nouveau propriétaire de ta maison. "


A Yomotsu Hirasaka :

L’atmosphère est lugubre. L’air malsain et nauséabond tire peu à peu l’intrus de son sommeil.
Tout de blanc vêtu, il apporte un semblant de lumière dans ce monde au ciel rouge et noir.
Le silence se brise sous les pas de l’individu qui, pour la première fois, découvre ce monde transitoire entre la vie et la mort.
Vasiliás - " Voici donc l’antichambre de l’au-delà. J’y suis parvenu. "
Son regard est captivé par une longue chaîne humaine qui n’a pas de début. Celle-ci s’achève au bout d’un gouffre où tous se précipitent.
« Tous ces gens sont morts et dépourvus de conscience. Ils viennent envahir peu à peu le Meikai. Je pourrai donc me jeter là-dedans pour atteindre le royaume d’Hadès. Je ne crains rien vu que je peux m’éveiller à l’Arayashiki désormais. Seulement, j’arriverai certainement comme tous ces gens à la porte des Enfers et je devrais traverser le fleuve Achéron.
Seulement, ce n’est pas par cette route que j’aimerai venir. J’ai appris au Sanctuaire qu’il existe un raccourci. Je dois le trouver. », décide-t-il.

Il scrute les horizons à la recherche d’un quelconque indice.
C’est alors qu’il remarque, à proximité du puit de la mort, une bâtisse en ruine.
A mesure qu’il s’en approche, des hurlements de souffrance deviennent de plus en plus insupportables.
Par une lucarne aux murs fissurés, Vasiliás découvre une pièce encore viable dans ces vestiges. Seul un piano magnifique donne à cette salle lugubre un aspect humain. Des chaînes et des crochets pendent depuis les murs et les plafonds. Dessus sont attachés quelques cadavres desséchés. D’ailleurs, un homme s’agite encore dans ces attaches.
« C’est donc lui qui s’égosille depuis tout à l’heure. Son visage est décharné. Et il se débat contre l’homme qui se tient debout face à lui. », détaille Vasiliás.
Effectivement, une main sur la hanche l’autre le long du corps, un borgne vêtu d’une armure sombre semble s’amuser de la situation. Celui-ci décroche du mur une énorme tenaille pour venir démembrer sa victime.
Vasiliás comprend : « Il ne peut s’agir que d’un Spectre. Il torture les âmes des morts qui traversent Yomotsu Hirasaka. »

Brusquement, Vasiliás sort de ses pensées. Il sent un objet voler jusqu’à lui. Il esquive de justesse la tenaille du tortionnaire.
Démasqué, il s’engouffre dans la sinistre prison sans parvenir à retrouver la trace de son assaillant. Il en profite alors pour libérer la triste âme qui erre instantanément de nouveau en direction du puit.

Le silence pesant est anéanti par quelques notes funèbres jouées au piano.
Dos à Vasiliás, l’interprète aux cheveux blonds portent une coiffe avec voile et une robe violette comme les religieuses :
Vasiliás - " Tu n’es pas l’homme que j’ai vu torturer. Qui es-tu ? "
Seule une composition musicale répond à l’américain.

Inopinément, une voix jaillit d’outre-tombe assure : « Voici une nouvelle âme errante. J’ai comme l’impression que tu vas m’amuser un peu avant que je ne t’aiguille en direction du puit. »
Vasiliás - " Je n’ai nullement besoin de guide. Qui es-tu ? "
Dans son dos, l’homme vêtu d’un Surplis sort de l’ombre et se jette sur lui.
Le Berserker l’évite et reconnaît le borgne qui daigne enfin se présenter :
Fyodor - " Je suis Fyodor de la Mandragore de l’Étoile Céleste de la Blessure. "

Une voix beaucoup plus atténuée complète :
Veronica - " Et moi je suis Veronica du Nasu de l’Etoile Céleste de l’Étude. Je compose quelques morceaux pour étouffer les cris des détenus de Fyodor. "
Crédule, ne voyant toujours pas le Spectre dissimulé sous son étole, Vasiliás prêche le faux pour savoir le vrai :
Vasiliás - " Désolé mademoiselle, mais vos instruments ne sont en rien efficaces puisqu’à des kilomètres à la ronde, j’entendais les exhortations du prisonnier. "
Enchanté d’être appelé « mademoiselle » par un homme aussi charmant que le Berserker, Veronica se défend :
Veronica - " Pardonne-moi mon poussin. Je revenais du Meikai où j’officiais mon art auprès de sa Majesté Hadès. "
Vasiliás se félicite : « C’est ça, j’ai ma réponse, le raccourci se trouve ici. »

Fyodor fait craquer ses poignets d’impatience :
Fyodor - " D’ailleurs je pense que tu vas vite découvrir de quoi nous parlons lorsque nous évoquons le Meikai. "
Veronica écrase de ses dix doigts des touches du piano pour provoquer un accord désagréable :
Veronica - " Doucement avec celui-la Fyodor. Il me plaît bien. J’aimerai bien qu’il soit encore conscient lorsque je viendrai voler dans les plumes de ce petit poussin. "

Vasiliás éclate de rire avant de disparaître petit à petit entouré d’éclair :
Vasiliás - " Je suis désolé mais j’ai à faire. Mais promis, je reviendrai jouer avec vous dans peu de temps : Aionia Anagennisi. "
Aussitôt, la Renaissance Éternelle renvoie le Roi là d’où il est venu, à l’Aréopage.


En Grèce, au Sanctuaire, dans une forêt qui relie le centre au nord du domaine sacré :

Le groupe continue d’avancer jusqu’au nord du Sanctuaire. Cachés dans le bois, il progresse rapidement avant que l’alerte ne soit donnée.
Mei a profité de la traversée pour expliquer la raison de sa venue auprès des détenus :
Mei - " … Et c’est ainsi que j’en ai conclu que mon maître Deathmask et Aphrodite étaient proche d’un Pope usurpateur et probablement responsable de la disparition d’Arlès de l’Autel. "
Nicol - " Incroyable. Et tu as pris tous ces risques pour nous sauver. "
Mei - " Je suis un chevalier d’Athéna. Je défends l’amour et la justice. Et ce que j’ai vu du Sanctuaire depuis mon arrivée ici est loin de la conception que je me faisais de la paix. "
Yulij - " Heureusement que tu as reçu un ordre de mission et que tu t’en es servi pour en faire un faux. "
Mei - " C’est Dabih qu’il faut féliciter pour ça. Moi je n’ai rien fais. J’ai eu l’idée et lui le talent pour dupliquer ce type de document. "
Pour la première fois de sa vie, Dabih ose interférer dans une discussion d’un de ses maîtres :
Dabih - " Ça nous laisse plus de répit. Attaquer directement la prison n’aurait pas été du même effet. "

Le petit groupe arrive aux sacs en osier qu’a préparé plus tôt Dabih. Cachés derrière des fougères, ils permettent à tout le monde de se rafraîchir et à Yulij et Nicol de pouvoir enfin manger à leurs faims.
Yulij - " Désolé d’interrompre ce succulent repas. Je voudrais simplement savoir ce que vous avez prévu. "
Mei - " Si nous remontons au nord, c’est pour aller à Dignity Hill. J’imagine que vous ne vous trouviez pas là-bas pour rien. "
Nicol - " En effet. Mon maître est mort c’est une certitude. "
Mei - " Comment peux-tu en être sûr ? "
Nicol - " Parce que son armure m’appelle. Jamais il n’aurait abandonné son statut de Saint. A sa mort, l’armure m’a reconnu comme son successeur, comme maître Arlès m’y avait préparé. "
Dabih - " En d’autres termes vous voulez dire que vous êtes… "
Nicol - " Je suis le Saint d’argent de l’Autel. "
Mei a un petit sourire à l’évocation de cette bonne nouvelle. Il est soulagé de ne plus être le seul chevalier ici.
Yulij poursuit :
Yulij - " Tu as raison Mei quand tu penses que le Saint des Poissons est lié au Pope. Parce que c’est lui qui garde prisonnière l’armure de l’Autel dans un jardin empoisonné de Dignity Hill. Heureusement, lors de notre affrontement contre Aphrodite, Nicol est parvenu à absorber et à maîtriser l’antidote. Il s’agit du sang d’Aphrodite. "
Mei - " Parfait. Ça n’en sera donc que plus facile pour récupérer cette armure. Ainsi nous serons deux Saints. Un d’argent et un de… "
Nicol précise :
Nicol - " Trois Saints ! Un d’argent et deux de bronze. "

Mei regarde de façon crédule Dabih. Celui-ci répond, en écarquillant ses yeux, qu’il ne comprend pas. Nicol, amusé par tant de naïveté, tend sa main vers Yulij :
Nicol - " Alors qu’elle a appris à lire les étoiles comme moi, Yulij n’a même pas remarqué que la constellation du Sextant irradie à son paroxysme chaque fois qu’elle intensifie sa cosmo énergie. "
Yulij esquisse un rictus de gêne sous son masque. Avec modestie, elle se passe sa main dans ses longs cheveux blanc :
Yulij - " Je n’aurai jamais cru… "
Nicol - " Et pourtant. La lecture des étoiles ne trompe pas. "
Mei - " C’est bien beau, mais où la récupère-t-on cette armure ? "
Dabih s’immisce :
Dabih - " Chez notre forgeron ! "
Nicol tape dans ces mains :
Nicol - " Bien sûr ! Saül ! "
Mei et Yulij se surprennent à formuler en même temps : « Pardon ?! »
Dabih - " Saül est le forgeron du Sanctuaire. C’est lui qui réalise toutes les cuirasses, de cuir ou de métal et les armes des soldats. Il fabrique également sur demande toutes les armures des mercenaires du Sanctuaire. "
Nicol complète :
Nicol - " Et vu qu’il est connu et apprécié de tous ici, c’est lui qui récupère les armures des Saints qui choisissent de se mettre à la retraite sans choisir de successeur. Il les range dans son atelier en attendant que de futurs Saints viennent les chercher après consentement du Pope. "
Dabih - " J’ai été l’esclave d’un prêtre du Grand Pope il y a peu. Il avait acheté mes services car le Pope lui avait confié une tâche pénible. Il devait pointer les armures sans propriétaires partout dans le Sanctuaire et avait donc besoin de main d’½uvre. Il m’a donc fait envoyer chez Saül pour réaliser ces recherches. "
Yulij, refusant de s’enflammer malgré la nouvelle, remet à tous les hommes les pieds sur terre :
Yulij - " Et après ça ? Où irons-nous ? "
Mei - " L’ordre de mission originale que j’ai reçu me chargeait de tuer une femme au Japon, Saori Kido. Celle-ci s’est entourée de Saint de bronze et le Sanctuaire semble leur en vouloir. J’avais pour ordre de la tuer pendant qu’ils seraient occupés à défendre eux-mêmes leurs vies. J’ai pensé les rejoindre pour leur prêter main forte si leur cause était identique à la notre. Le nombre nous permettrait peut-être d’être moins ridicule en cas de grosse bataille. "
Nicol - " C’est une bonne idée. "
Mei - " Dans ces cas là allons d’abord chercher ton armure puis nous irons chercher celle de Yulij avant de quitter la ville. "
La maturité et les connaissances de Nicol lui permettent de s’affirmer peu à peu comme le leader de ce groupe :
Nicol - " Nous devrions d’abord nous remettre de nos émotions. Un peu de repos nous fera le plus grand bien. Il y a peu de passage dans cette forêt. Les gardes utilisent généralement les sentiers pour se déplacer. Il vaut mieux veiller à tour de rôle pendant que les autres se reposent. Nous irons chercher les armures cette nuit. "



L’annonce du changement de Grand Pope avait des conséquences irrémédiables. Saga accentuait ses recherches tout en prenant soin d’éliminer la moindre menace.
Et celle qui planait autour de Mei et ses camarades était à prendre au sérieux.

Author Topic: Chapitre 49 - Rien ne sera jamais plus pareil  (Read 25894 times)

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