Chapitre 37 - L’union fait la force

La journée du 10 septembre 1986 se poursuivait dans un torrent de violence à Yíaros et à Asgard.
Si l’idylle qui liait Aphrodite à Lilith en l’absence de Deathmask semblait loin de toute cette haine, elle n’était pas loin d’en être contaminée.



Chapitre 37 - L’union fait la force

A Asgard, au temple Walhalla :

A l’intérieur du palais, Alexer défonce toutes les portes sur son passage. Violant ainsi l’intégrité des convives de la famille de Polaris qui occupent à longueur d’année les appartements, comme la richissime famille de Bedra de Edel, future promise de Syd de Mizar.
De plus en plus emprunt à une folie meurtrière, il n’hésite pas à éliminer les serviteurs des riches occupants qui espèrent faire valoir le respect de leurs maîtres.

C’est à l’instant où il allait asséner un choc mortel à l’un d’eux qu’une mélodie lui vient aux oreilles.
Le son, d’abord harmonieux, ne cesse de le troubler, si bien qu’il croie voir le valet qu’il allait tuer se dédoubler.

Il essaie de se boucher les oreilles mais la mélopée continue de retentir dans son cerveau.
Il tourne sur lui-même, pour découvrir de quel instrument vient son malheur, seulement sa vision lui offre un spectacle d’horreur. Il distingue des dizaines et des dizaines de musiciens, tous similaires les uns des autres, les cheveux blonds, longs, descendant jusqu’aux épaules, les yeux clos, tandis que leurs doigts s’agitent sur une lyre, vêtus d’un long maillot bleu foncé ceinturé à la taille par un bandeau de tissu rouge, alors que leurs pantalons vert foncé descendent dans leurs bottes, enserrées autour des mollets par des lanières de cuir.
Plus ils jouent de la musique et plus les membres d’Alexer se raidissent.
Il remarque bien tard que ce ne sont pas ses muscles qui se tétanisent mais les cordes de la lyre qui l’encerclent et le retiennent prisonnier, pieds et poings liés.
C’est seulement lorsque le bel inconnu ouvre ses beaux yeux aux reflets rosés qu’il prononce posément le nom de son arcane :
Mime - " Stringer Requiem. "
A cet instant, les cordes se resserrent davantage, si bien que l’armure d’Alexer commence à être entamée. Les zones non protégées sont profondément lacérées et ses os craquent les uns après les autres.

Bien que l’avantage paraisse acquis pour le fier Mime de Benetnasch, celui-ci, pris d’une soudaine suée, grimace de plus en plus alors que la mise à mort de l’intrus met du temps à s’achever.
Brusquement, les cordes aux contacts d’Alexer gèlent. Si bien que le givre remonte jusqu’à l’instrument. Les fils qui retiennent le Blue Warrior bloqué volent en cristaux de glace.
La vague de froid est si forte qu’elle repousse en arrière Mime.

Avant de remettre les pieds au sol, le défenseur d’Odin ne s’avoue pas vaincu. D’un mouvement de bras, il déclenche les mêmes jets de cosmos qu’il enverra plus tard à Shun d’Andromède à la vitesse de la lumière.
A peine libéré de ses liens, Alexer n’a pas le temps d’esquiver et encaisse le tout à pleine puissance. Il finit par être encastré dans le mur du fond de l’appartement des bourgeois qu’il a investi.

Alexer se défait par de grands mouvements d’épaules du plâtre et des briques dans lesquels il a été enclavé. Ses yeux, d’ordinaire si fiers, sont chargés de folie, le Blue Warrior perd ses nerfs et se jette sur Mime qui n’a pas le temps de réagir.
Le futur Guerrier d’Eta est cogné d’une droite à la pommette, immédiatement fendue. Sous le choc, Mime commence à tomber au sol. Alexer redresse alors l’homme en perdition par un crochet du gauche qui fracture les côtes de l’asgardien et le soulève en l’air.
Alexer attend patiemment que Mime retombe en direction du parterre pour le réceptionner d’une magistrale reprise de volée du pied en plein visage qui repousse Mime dans le mur d’où vient de sortir Alexer. L’impact est si puissant que Mime passe au travers et atterrit à son tour hors du château.
Alexer affiche un air narquois et suffisant après sa nouvelle victoire sans s’apercevoir qu’au seuil de porte du logement de la riche famille chez laquelle il s’est infiltré, l’attend Siegfried.

Le bel asgardien arbore sa magnifique musculature et la contracte à mesure qu’il concentre sa cosmo énergie.

Face aux mines rassurées des occupants, Alexer comprend qu’un autre gêneur l’a retrouvé.
Il se retourne en direction du protecteur d’Hilda :
Alexer - " Incroyable ! Tu as survécu à l’Orbe Bleue… "
Il recroqueville son bras devant lui pendant que son visage est défiguré par la furie :
Alexer - " … Mais cette fois je vais y mettre toute ma hargne ! "
Le virulent sibérien achève tout juste sa phrase que déjà Siegfried pointe son doigt aux pieds de son adversaire :
Siegfried - " Je ne t’en laisserai pas le temps. Que l’Epée d’Odin te transperce : Odin Sword ! "
Le fils de Piotr ne peut réagir que déjà son corps est soulevé et martelé par de fines lames mêlées au cosmos destructeur du futur Guerrier Divin d’Alpha.
C’est seulement quand son supplice cesse que l’homme vêtu d’un pantalon blanc et de bottes aux lacets arrachés dégage sa plus puissante force destructrice. Il gonfle sa poitrine et replie ses coudes en arrière pour déployer deux jets de cosmos dont les effluves prennent la forme de deux dragons qui s’entremêlent :
Siegfried - " Et maintenant, le coup de grâce : Dragon Bravest Blizzard ! "
Sans qu’il puisse revenir au sol, les Flammes du Dragon frappent Alexer en pleine poitrine puis le repoussent hors du Walhalla en arrachant le plafond et les nombreux autres étages du palais, ne laissant retomber au sol de la chambre ravagée que quelques morceaux de l’armure du Blue Warrior ainsi que des gravats et autres matériaux.


Sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos :

A l’étage, au-dessus de la salle du trône, autour du trou par lequel Apodis a été projeté, deux autres brèches se forment pour faire entrer ses adversaires.

Désormais sur le toit du Parthénos, les trois Saints exposent leurs silhouettes à la foule en alerte par les diverses secousses venues du palais d’Hébé.


Depuis les villages, le peuple est ameuté par la tentative d’assassinat des athéniens qui ont désertés le reste de la cité.
Les jeunes apprentis de l’île, désormais instruis par les soldats du Sanctuaire, à l’esprit formaté par la politique du Grand Pope, commencent à douter sérieusement lorsque les injures de leurs parents envers les athéniens viennent à pleuvoir.
« Que ce soit avec ma fourche ou avec mes poings, il est hors de question que je laisse notre Majesté Hébé sans défense ! », s’écrie un villageois avant d’être suivi par un autre : « Cette situation a bien trop longtemps duré. Ils nous privent de nourriture, s’attaquent à nos femmes et mentent à nos enfants. ». « Ils nous ont trop longtemps privé de notre liberté, et tout ça pour quoi ?! Ils trahissent le traité de paix que nous avons docilement ratifié en dépit de toutes les concessions que nous avons faites. », rajoute un autre.
Un véritable rassemblement populaire s’opère. Réunissant même des mères de famille et des vieillards.
En grimaçant, ne pouvant contenir la fureur de leurs aînés, les nouveaux soldats hébéïens se rendent à l’évidence, ils ne peuvent renier leurs racines. Ils suivent le mouvement, en marche vers le Parthénos.


Au sommet du temple, Apodis recroqueville son visage sous ses bras, attendant les attaques couplées de Lena et Anikeï.
Il patiente pour que le nuage de condensation provoqué par la rencontre des deux arcanes adversaires soit évaporé.
Aussitôt, Lena reconnaît le cosmos aux couleurs rayonnantes de l’arc-en-ciel d’Apodis l’entourer.
Lena - " Tu espères contrer nos attaques en évaporant l’eau et la glace grâce à la chaleur de ta cosmo énergie. C’est une bonne astuce. Elle aurait même pu être efficace si ton corps n’était pas déjà autant affecté. Parce qu’en annihilant les effets de nos arcanes, tu accrois ta force, toutefois ton corps ne peut plus supporter un tel cosmos. "
Sur sa chair, les coupures naissantes donnent raison à Lena, la peau meurtrie d’Apodis ne supporte pas cette accumulation d’énergie. Le sang d’Apodis coule à flot.
Cependant, le Saint n’abdique pas. Il maintient sa concentration. Son cosmos s’embrase davantage jusqu’à ce que l’effluve de celui-ci dessine dans son dos l’animal emblème de sa constellation. Lena abandonne son rictus provocateur :
Lena - " Tu l’auras voulu. Dans ce cas Anikeï et moi-même allons t’achever. "
Anikeï approuve en poussant lui aussi son cosmos à son paroxysme. Les arcanes chargés de toute leur puissance destructrice foncent sur Apodis :
Lena - " Diamond Dust ! "
Anikeï - " Znyshchennya Kita ! "

Tout à coup, Apodis écarte les bras, tel un oiseau déployant grand ses ailes, prêt à recevoir les coups de glace et d’eau.
Néanmoins, au moment de l’impact, sans se mélanger, l’eau et la glace s’enroulent autour d’Apodis provoquant un tourbillon à l’intérieur duquel il semble prisonnier.

Au bout de quelques secondes, Anikeï et Lena s’échangent un regard ahuri, comme pour assurer à l’autre qu’il n’y est pour rien dans cette réaction extraordinaire.
Leur surprise est d’autant plus grande, lorsqu’ils entendent Apodis prononcer le nom de son arcane puis de voir la tempête de glace et d’eau être précipitée contre Anikeï :
Apodis - " Wing Jikan No Yoyu ! "
Le Battement d’Aile Majestueux de l’Oiseau de Paradis devient une tempête qui emporte haut dans le ciel Anikeï, en retournant contre lui les forces conjuguées des trois arcanes. Le souffle du vent est si impressionnant qu’il est impossible d’entendre les hurlements de douleur de l’ukrainien dont le corps retombe après s’être envolé à des dizaines de mètres. La chute est si grande qu’il traverse le toit du Parthénos pour retomber au beau milieu de la salle du trône où la bataille fait rage.


En effet, plus bas, les soldats athéniens tombent tour à tour, sous les cosmos des trois Alcides bien décidés à ne pas abandonner Hébé.
Evitant le corps des leurs, Pullo et Cliff, les anciens soldats d’Apodis, avancent au milieu des cadavres de leurs équipiers pour mieux menacer Hébé. Ils persévèrent après avoir été renvoyés en arrière par les chocs cosmiques des Alcides.
Cependant, la chair à canons athénienne est suffisamment nombreuse pour que la réussite de leur progression ne fasse aucun doute.


Au-dessus d’eux, Apodis a du mal à se maintenir sur pieds. Son bras gauche, précédemment gelé par Lena, le fait horriblement souffrir après l’effort sensationnel qu’il a été obligé de faire pour exécuter le Wing Jikan No Yoyu.
Encore estomaquée, Lena reprend petit à petit le sourire derrière son masque :
Lena - " Prodigieux ! Il n’y a pas d’autres mots. Je reconnais bien là les capacités d’Orphée de la Lyre à travers son élève. Tu as réussi à dompter nos cosmos à Anikei et moi-même pour les retourner grâce au tien. Malheureusement, le Battement d’Aile Majestueux est une technique de vent que tu ne peux projeter que dans une seule direction. En l’occurrence, tu ne pouvais pas nous avoir en même temps. Et dorénavant, ton corps souffre terriblement de l’énergie que tu as été obligé d’invoquer pour ne te débarrasser que de l’un de nous. "
A peine visible derrière son visage rougi de sang, Apodis ne désespère pas :
Apodis - " Qu’importe ! J’ai mis hors de combat le plus puissant de vous deux. Tu n’es plus qu’une partie de plaisir à présent que tu es seule. "
Touchée par les propos acerbes de son adversaires, Lena serre les poings :
Lena - " Comment ?! Attends, tu vas voir ?! "
Furieuse, elle se jette sur Apodis qui pare du mieux qu’il peut les coups de poings chargés du cosmos glacial de la jeune femme. Petit à petit son armure se détériore. Aveuglé par le sang qui coule dans ses yeux, Apodis profite d’un instant de clairvoyance pour contrer Lena avec un crochet du droit en pleine tempe. Choquée, elle vacille. Apodis profite de l’occasion pour sauter jusqu’à elle afin de la prendre de hauteur et frapper avec sa seule main valide sur le sommet de son crâne, la renvoyant à son tour à l’intérieur du temple.


A Asgard, derrière le temple Walhalla :

A quatre pattes de l’autre côté du parvis du Walhalla, dans la cour arrière où il a atterri, Alexer observe les gouttes de son sang tomber de son front et de son thorax au plastron fissuré.
L’hémoglobine est aussitôt absorbée par la neige qui habille le sol marbré fissuré par sa chute.
Durant de longues secondes, il reste ainsi positionné, le regard vide, absorbé par les blessures qui lui ont été infligées.

Dans le décor blanc aux reliefs montagneux couverts de poudreuses, accompagnés de hurlements de loups, Fenrir apparaît au sommet d’une colline. Accompagné de sa meute pour guetter les mouvements de l’intrus, il ne passe pas pour autant à l’offensive.

Soudain, une pointe solide et froide pique la nuque d’Alexer. Une voix féminine et autoritaire accompagne cet évènement :
Hilda - " Ne bouge plus Alexer ou bien tu es mort ! "
Tenu en joug par la lance d’Hilda, Alexer abandonne la politesse et tutoie la prêtresse :
Alexer - " Après t’être cachée, Hilda, tu m’attaques dans le dos, en traître. "
Hilda - " Le seul traître ici c’est toi. Tu projettes de te retourner contre ton père, contre le Sanctuaire. Ton acte ne peut être toléré. Tu dois être arrêté et jugé pour cette rébellion. "
Alexer - " Hilda… Je te le dis encore une fois. Ton peuple mérite mieux et tu le sais. N’as-tu pas lu dans ses yeux l’espoir d’un monde meilleur lorsque j’ai tout à l’heure annoncé l’objet de ma venue ? "
Hilda avale sa salive en grimaçant. Il est vrai qu’elle a ressenti un certain malaise tout à l’heure. Cependant, en aucun cas elle ne peut remettre son rôle en question, ni celui des siens.
Ce moment de doute profite à Alexer. Il se retourne à vive allure et utilise sa vélocité pour prendre par surprise la Prêtresse d’Odin. Il saisit sa lance et la lui arrache des mains en tirant fort dessus.
Conduite par l’élan, la belle princesse est attirée vers l’avant, sans défense.
Alexer arbore son habituel sourire en coin et s’apprête à frapper du tranchant de la main le frêle cou de la belle autochtone.
Il est aussitôt contré par Siegfried qui pare le geste avec son genou.

Alexer effectue un salto arrière et se réceptionne sans difficulté pour se mettre en position d’attaque.
Siegfried écarte les bras pour faire écran devant sa maîtresse :
Siegfried - " Tu peux remercier ton armure. Sans elle tu n’aurais pas survécu au dernier assaut. "
Alexer - " Ne fanfaronne pas guerrier d’Odin. Je n’ai pas encore dis mon dernier mot. Je me suis laissé avoir trop de fois aujourd’hui mais je compte bien y remédier. Après t’avoir mis hors d’état de nuire, je m’emparerai du pouvoir à Asgard en éliminant ta chère Hilda. Ainsi je réunifierai Asgard et Blue Graad sous mon seul nom et conduirai les peuples des royaumes du grand nord sous le soleil. "

Une voix aigue venue du toit d’un donjon interpelle le Blue Warrior.
Siegfried identifie grâce à sa chevelure améthyste l’homme dont elle provient :
Alberich - " Explique-moi comment tu comptes t’y prendre alors qu’il reste encore bien des adversaires pour t’en empêcher ? "
Depuis les portes du palais qui débouchent sur les jardins arrières, arrivent Syd et Mime qui soutiennent par-dessus leurs épaules Thor.
Les trois hommes, titubant et couverts d’hématomes, lèvent les yeux vers les collines lointaines où Fenrir attend impatiemment d’être le dernier rempart de sa Majesté.
Derrière eux, Hagen, maintenu debout par Freiya, suit le mouvement.
Enfin, de plus en plus de soldats se joignent au rassemblement.

Alberich saute depuis le donjon jusqu’au sibérien. Le craquement de la neige sous le poids de ses bottes lacées jusqu’à ses genoux, accompagne les hurlements des loups de Fenrir, unique son dominant la contrée depuis plusieurs minutes.
Son court survêtement bleu ciel, ceinturé à la taille, passant par-dessus son maillot et son pantalon blanc, est tâché de plasma qui ne semble pas être le sien. A mesure que son cosmos se concentre dans sa main droite, une arme cristalline se matérialise :
Alberich - " Désormais tu es seul, tes hommes ont péri sous la lame de mon Epée Flamboyante. "

Alexer est une nouvelle fois tenu en joug, Hilda somme immédiatement ses hommes :
Hilda - " Qu’on le mette aux arrêts ! "
D’autres guerriers armés de haches et de lances viennent encerclés l’hériter de Blue Graad.
A mesure qu’ils avancent, Hilda prononce son arrestation :
Hilda - " Prince de Blue Graad, moi Hilda de Polaris demande votre mise au cachot sous haute surveillance pour meurtre, tentative d’assassinat envers de hauts dignitaires du royaume d’Asgard y compris ma propre personne, pour rébellion envers le Sanctuaire et pour tentative de coup d’état envers le royaume d’Asgard et envers Blue Graad. "
A mesure que les soldats resserre l’étau autour d’Alexer, celui-ci se met à rire :
Alexer - " Et ma sentence ? La mort je présume ? "
Il incline légèrement sa tête en direction de la princesse de Polaris qu’il regarde avec une grande défiance :
Alexer - " Je suis un patriote. C’est pour nos peuples que je fais cela. Je ne mourrai pas avant d’avoir réussi ce que nos peuples attendent depuis des millénaires. Je suis l’élu, celui qui les conduira là où le soleil réchauffe le c½ur. "

Illico, l’attroupement autour d’Alexer se fige.
Les hommes, y compris Alberich, se raidissent et des cristaux de glace se forment sur leurs corps, les enveloppant peu à peu et les rendant bientôt prisonniers.

Autour d’Alexer, sa cosmo énergie forme une réelle sphère de glace dans laquelle il est enveloppé, dissimulant complètement son corps :
Alexer - " Que tous mes sens soient au summum de leurs perceptions, qu’ils se surpassent pour atteindre l’ultime cosmos, que l’Orbe Bleue ravage mes adversaires… "
Des rayons lumineux gravitent autour du noyau d’énergie qui s’est formé autour de lui. Ils balaient les hommes congelés en les faisant voler en poussière.
A l’intérieur de sa prison de glace, l’Honoo no Ken d’Alberich dégage l’énergie du désespoir du pauvre garçon pour le libérer à temps grâce aux flammes de son épée.
Heureusement car Alexer libère enfin son arcane :
Alexer - " … Blue Impulse ! "

Sans se concerter, l’ensemble des soldats capables de frapper de leurs cosmos une cible, s’en prend à l’Orbe Bleue pour la faire imploser.
Heureusement, les cosmos plus conséquents des futurs Guerriers Divins s’additionnent à ceux des gardes.
Alberich, lui, préfèrent reculer pour se protéger du choc au vu de la courte distance où il se trouve.
Mime use de son cosmos pour restaurer son instrument et utilise les cordes de sa lyre pour les enrouler autour de la sphère afin de l’atténuer :
Mime - " Stringer Requiem ! "
Maintenant, Thor, Hagen, Syd et Siegfried peuvent aider Mime à comprimer la masse d’énergie :
Thor - " Titanic Hercules ! "
Hagen - " Great Ardent Pressure ! "
Syd - " Viking Tiger Claw ! "
Siegfried - " Dragon Bravest Blizzard ! "

Voyant les protecteurs d’Hilda mal partis, Fenrir du haut de sa position choisit de protéger la princesse de Polaris en retour de leur précédente rencontre :
Fenrir - " Wolf Cruelty Claw ! "

Seulement, les efforts restent vains et la vague de froid menace d’imploser.

Devant l’engagement de toutes ses troupes Hilda ne peut rester impassible. Elle choisit de joindre ses forces en dressant sa lance contre l’Orbe Bleue afin d’y confronter ses propres forces.

La fusion des forces asgardiennes parvient enfin à faire le poids et à contenir l’explosion de froid qui se contente de se résorber dans l’atmosphère… Ne laissant qu’un petit cratère dans le parterre marbré.

Siegfried réalise immédiatement :
Siegfried - " C’était une diversion ! Alexer tient trop à son projet pour risquer de se faire emporter par sa propre attaque. Il a profité que notre attention soit focalisée sur son Blue Impulse pour s’éclipser à la vitesse de la lumière. A l’heure qu’il est, il doit être loin désormais ! "


En Sicile, au Mont Etna :

Sous un soleil de plomb, au sommet de la colline, Deathmask, torse nu, bras croisés, peine à rester concentré.

Devant lui, Mei démontre les facultés acquises depuis bientôt six ans.
Seulement, à l’intérieur de la bâtisse où ils élisent domicile, Epione attire l’½il masculin du régional de l’étape.
En toute conscience, la Saint de bronze du Serpent se promène en tenue d’Eve dans les diverses zones d’ombre qu’offre la demeure, passant régulièrement d’un mouvement sensuel les mains sur son corps pour ramasser les gouttes d’eau qui perlent sur sa peau.
Face à une telle chaleur, même le discipliné japonais a l’esprit dissipé par le comportement d’Epione.

L’attitude de son élève gêne le Cancer :
Deathmask - " Allons Mei, ça suffira pour aujourd’hui. "
L’apprenti s’exécute et approche son professeur en remontant son maillot, pour essuyer la sueur qui coule de son front.
A l’ombre d’un rocher, il n’arrive toujours pas à détourner son regard de la belle jeune femme, s’attirant la curiosité de son mentor :
Deathmask - " Elle est belle n’est-ce pas ?! "
Mei confesse, les joues empourprées :
Mei - " Quel homme peut assurer savoir résister à une femme si belle ? "
Le Saint d’or pose sa main affectueusement sur le crâne de son élève :
Deathmask - " Aucun j’avoue. "

Un long silence laisse planer une ambiance complice entre les deux hommes jusqu’à ce que Mei choisisse de le briser :
Mei - " Elle vous a attendu vous savez. "
Deathmask - " Pardon ?! "
Mei - " Epione, chaque jour elle n’a cessé de mentionner votre nom, n’aspirant qu’à vous retrouver. "
Avec une pointe de regret dans l’intonation, Deathmask confesse :
Deathmask - " Je suis un homme, avec mes forces mais aussi et surtout mes faiblesses. Tu ne peux imaginer les faiblesses de mon âme et le mal qui a pu en résulter. Aujourd’hui j’ai quelqu’un pour m’absoudre de mes péchés. Ne pas céder à la tentation c’est pour moi une victoire. Une preuve que je peux devenir l’être bon que mon ange gardien pense que je suis. "
Mei - " J’ai du mal à croire que vous puissiez faire le mal maître. Mais je reconnais volontiers que depuis votre retour du Sanctuaire vous paraissez comblé. Vous êtes mon mentor, je dirai même plus, vous êtes comme un père pour moi. Vous savoir heureux m’emplit de joie. "
Deathmask le regarde du coin de l’½il, masquant la satisfaction d’une telle annonce.


Sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos :

L’étau se resserre autour d’Hébé. Elle-même repousse les efforts des fidèles du Grand Pope.
Au détriment de leur force, les athéniens bénéficient de leur quantité pour focaliser toutes les attentions sur eux.
Alors que retombe à ses pieds Lena juste après Anikei, le Saint du Toucan, le rustre Taishi, choisit de profiter de la concentration d’Hébé sur ses hommes pour attaquer de toutes ses forces :
Taishi - " Beak Bone ! "
Du poing de Taishi, tel un toucan fendant l’air bec en avant, la technique du Bec Osseux fonce en direction du c½ur d’Hébé.

Apodis qui arrive depuis le toit assiste impuissant à la scène.

La force de frappe du rugueux japonais éclate le torse de sa victime, éclaboussant les Alcides, pris au dépourvu, de sang. A l’hémoglobine se mêlent quelques morceaux de métal, correspondant à une Cloth.
La salle toute entière semble s’être immobilisée. Seul le râle horrible de l’être blessé retentit.
Sous son masque, Baucis Alcide de la Biche de Cérynie est la première à s’alerter :
Baucis - " Philémon ! Non ! "
Le petit et toujours souriant grec s’écroule aux pieds d’Hébé, le torse maculé de sang, l’armure en miettes.
Hébé, protégée de justesse par la bienveillance du Saint du Lièvre, réagit aussitôt en projetant une vague de cosmos contre Taishi.
Le Saint du Toucan est sauvé par le sacrifice d’un de ses hommes qui est désintégré par le cosmos divin. Immédiatement, d’autres soldats relancent les offensives auxquelles Juventas et ¼dipe font face, seuls, pendant que Baucis pleure en serrant fort Philémon dans ses bras.

Le vacarme assourdissant de la bataille réveille Philémon. Tout en crachant du sang, il garde son expression fort joyeuse en s’adressant à la femme de sa vie :
Philémon - " Je crois bien que je ne pourrais plus t’exaspérer à présent. "
Baucis - " Ne dis pas de sottises, tu vas t’en sortir. "
Philémon - " Bordel… Je souffre tellement que j’aimerai te donner raison. "
Baucis - " Pourquoi avoir fais cela ? "
Philémon - " Tu l’avais dis, malgré l’amour que nous nous portions en tant qu’homme et femme, notre rivalité de Saint et Alcide devra passer avant tout. Et c’est parce que je suis convaincu qu’il ne peut y avoir de rivalité entre Athéna et Hébé, Saint et Alcide, que j’ai choisi de croire en l’amour. Ce n’est plus l’histoire d’une guerre entre Hébé et Athéna, il s’agit ici d’une guerre du bien contre le mal. Et je refuse de croire que la femme que j’aime est du côté du mal. Alors j’ai choisi. "

Furieux, Taishi choisit de punir Philémon et Baucis en relançant à nouveau son Beak Bone.
Apodis refuse de laisser le japonais répandre davantage le mal :
Apodis - " Taishi ! "
Toutefois c’est la voix féminine de Lena qui lui répond :
Lena - " Diamond Dust ! "
Avec l’énergie du désespoir, Lena, à peine debout, attaque Apodis dans son dos. Trop diminué, l’Oiseau de Paradis ne peut qu’encaisser la Poussière de Diamant.
Là encore, un sauvetage in extremis se produit. Le sacrifice d’un homme encore une fois.

Le corps couvert de givre, le caporal d’Apodis, Pullo, celui qui fut son premier instructeur, s’écrase lourdement au sol.
Méconnaissable, Apodis s’accroupit difficilement et ironise :
Apodis - " Même toi Pullo tu protèges le traître. "
Pullo - " Je refuse de laisser mourir un de mes anciens sous-fifres en traître. "

L’élève de Lena, Carina, insiste impuissante à toutes ses morts. Bouleversée par les propos de Philémon, elle est effarée par l’attaque en traître de son professeur en laquelle elle a tant cru jusqu’à aujourd’hui.

Apodis ignore tout des combats qui se déroulent autour de lui, il est trop affecté par le geste de Pullo :
Apodis - " C’est vrai que tu m’en as fais baver. Tiens le coup, n’oublie pas qu’après tes exploits dans l’armée athénienne le Pope t’a promis une terre. Tu pourras y profiter durant ta retraite dans les villages reculés du Sanctuaire. "
Le vétéran, devenu aveugle après la courte guerre contre Arès il y a quelques années, ne perd pas son franc parlé :
Pullo - " Si tu veux mon avis, je pense qu’un autre en profitera. Le voyage s’arrête ici pour moi. "
Apodis ne dit rien, ses larmes nettoient quelque peu son visage.
Pullo - " Tu as toujours été un bon gamin et tu es devenu un excellent sergent. Que tu ais tort ou raison de te soulever, je m’en moque. Survis, c’est tout ce que je te demande. Survis et vient me dire dans plusieurs dizaines d’années, si cette terre qui m’était promise est fertile ou non. "
Apodis - " Je survivrai, je te le promets. "
Pullo, prêt à rendre son dernier souffle, empoigne le bras d’Apodis. Celui-ci en profite pour l’accompagner dans la mort avec quelques douces paroles :
Apodis - " Ce fut un honneur pour moi de combattre à tes côtés Pullo. Tu as été pour moi bien plus qu’un instructeur et un soldat. Athéna peut être fière de toi. Et moi… Et moi… Et moi je t’aime Pullo, je t’aime comme un fils peut aimer un père. "
Les mains du caporal se desserrent, son visage sourit, s’illumine même, puis son thorax gèle sous la Poussière de Diamant avant d’éclater en morceaux cristallins. Seul le c½ur d’Apodis cogne encore. Il cogne de plus en plus fort. A mesure qu’il se redresse, les battements de celui-ci résonnent jusqu’à Lena, coupable du meurtre de son ami.
La colère d’Apodis se change en rage, une rage qui coule dans ses veines depuis sa naissance et de laquelle transpire sa toute puissance.
Tel un rapace fonçant sur sa proie, Apodis concentre toute sa fureur sur le Saint de la Boussole :
Apodis - " Frantic Fury ! "
A une vitesse proche de celle de la lumière, Apodis éclate la poitrine de la jeune femme sous les yeux de Carina, son ancienne élève.

La compagne du Seigneur Crystal tombe sur le dos, le corps immobile.
Comme Cliff qui se précipite sur le cadavre de Pullo, Carina vient prendre Lena dans ses bras. Elle lui ôte son masque de femme chevalier pour mieux l’aider à respirer :
Carina - " Maître Lena ! Maître Lena ! "
Malgré le sang qui jaillit de sa bouche à chaque souffle, Lena tient à offrir ses derniers mots à son élève :
Lena - " Ne… Ne pleurs pas Carina… Je meurs en ayant accomplie mon serment auprès du Pope. Néanmoins… Néanmoins j’ai bien vu que toi aujourd’hui tu as… Tu as douté de ses véritables intentions… "
Carina - " Je suis désolé maître. Désolé d’avoir ternie votre réputation en refusant de vous suivre davantage dans cette tentative de déicide. Je vous en prie, ne dites plus un mot, je vais vous soigner. "
Lena - " Non… Non… Il est trop tard… Et… Et sache que je ne t’en veux pas. Tu as les défauts et les qualités de la jeunesse. Aujourd’hui j’ai vu comme tu es une jeune femme réfléchie et au grand c½ur. Tu doutes de la sincérité du Pope et d’Athéna lorsque ceux-ci vont à l’encontre de ce qu’ils prônent, l’amour et la justice. Désormais je peux… Je peux le dire, l’élève a dépassé le maître. J’ai suffisamment confiance en toi pour savoir que, quel que soit ton choix, ce sera le bon. Va au bout de tes rêves et de tes engagements pour un monde de paix… Va… Va ma chère Carina… "
Ainsi, dans le brouhaha des combats, s’achève la vie du Saint de bronze de la Boussole.

Pendant ce temps, Taishi tente désespéramment d’achever Philémon et Baucis.
C’est sans compter sur l’intervention de ¼dipe des Oiseaux du Lac Stymphale qui repousse le japonais à chaque tentative grâce à son Psycho Crusher.
Le Saint du Toucan parvient malgré tout à ses fins car en concentrant l’attention d’¼dipe, il permet au reste de l’armée athénienne d’avancer de plus en plus près de Juventas et d’Hébé.
Les cadavres de cette marée humaine commencent à tomber aux pieds du trône de la déesse.


Dans un village de l’est du Sanctuaire, à Fóvos :

Les allées sont désertes dans le village de Fóvos.
Seules quelques tavernes desquelles s’échappe le son de quelques champs barbares rappellent que la zone est habitée.

Brigands, hors-la-loi… Ce bourg du Sanctuaire ne manque pas de délinquants.
Les prisons du domaine sacré ne les effrayent pas, ils les connaissent de fond en comble.

Depuis l’accession au poste de général de Gigas, ces vandales sont concentrés ici sous la surveillance du Trio Argenté composé de Dio, Sirius et Algethi, en réserve de missions suicides pour lesquelles le Pope leur promet leur réhabilitation.

Les derniers villageois ont fini par déserter ce lieu de non droit, abandonnant leurs maisons et leurs cultures.
Ainsi, dans une demeure abandonnée, Nicol rejoint sur le toit sa camarade Yulij :
Nicol - " La nuit arrive à peine et déjà tu guettes les étoiles. "
Yulij - " Du fait de mon jeune âge, je n’ai pas eu la chance d’apprendre auprès de maître Arlès aussi longtemps que toi. Mais s’il y a bien une chose que j’ai retenue de lui, c’est observer les étoiles pour anticiper les changements que celles-ci provoquent sur le destin. "
Nicol - " Et que te disent les étoiles ? "
Yulij - " Plus rien hélas. Les étoiles murmurent de moins en moins, à mesure que les ténèbres du Sanctuaire obscurcissent leur éclat. "
Nicol - " J’ai peut-être un moyen de chasser les ténèbres. J’ai vu comment pénétrer dans le jardin de ce chevalier d’or qui retient la Cloth de l’Autel. "
Yulij - " Quiconque s’en approche meurt à petit feu. Comment comptes-tu t’y prendre ? "
Nicol - " Le sang du Saint est l’antidote à son poison. Si je parviens à absorber son sang et à le garder en moi, je parviendrais à gagner l’armure. "
Yulij - " Cela implique également le fait de vaincre ce Saint. Tu y as pensé ? "
Nicol - " Evidemment. "
Yulij - " C’est de la folie. Aussi fort sois-tu devenu, tu ne parviendras jamais eu niveau d’un Saint d’or. "
Nicol - " Alors que faire ?! Devons-nous rester cachés ici toute notre vie en attendant de voir le Sanctuaire détruire les valeurs qui ont bâties la paix en ce monde ?! "
Yulij - " Il existe peut-être une solution. "
Nicol - " Tiens donc. Et laquelle est-ce ? "
Yulij - " Star Hill ! "
Nicol - " Star Hill ?! Tu parles bien du pic rocheux le plus élevé au monde, dépassant aisément l’Everest et ses huit mille huit cent quarante quatre mètres d’altitude ?! "
Yulij - " Exactement. C’est là que se rend en principe le Pope pour observer les mouvements des étoiles à partir desquels il établit des prophéties. Peut-être que là-bas je saurai mieux lire les étoiles. "
Nicol - " Je suis désolé de te dire ça mais seuls les Popes sont censés avoir le droit d'y aller, et de toutes façons peu de gens possèdent les capacités nécessaires pour atteindre le sommet. "
Soudain, une idée vient à l’esprit de Nicol :
Nicol - " Star Hill, il s’agit du lieu où la Terre est plus proche du ciel et, par déduction, de l’Olympe ! "
Emerveillée par la sagesse et la culture de son ami, Yulij en déduit :
Yulij - " Comme je te connais, tu as une idée derrière la tête. "
Nicol - " Exactement. Vaincre un Saint d’or ne me sera pas possible. Il ne reste qu’une seule solution. Implorer les dieux. Zeus a confié la Terre à notre déesse Athéna il y a des millénaires. L’enseignement religieux reçu par Arlès m’a permis d’identifier certaines choses qui ne trompent pas. Parmi elles, le fait qu’aucun prêtre ni aucune prêtresse ne soit entré en relation avec Athéna depuis maintenant treize ans. "
Yulij - " Tu sous-entends qu’Athéna n’a jamais été réincarnée en notre époque ? "
Nicol - " Si, elle a été réincarné, je me souviens de notre maître m’annoncer son arrivée imminente quelque temps avant qu’il ne disparaisse. Seulement, aujourd’hui, elle doit, soit être manipulée par le Pope, soit être absente du Sanctuaire. "
Yulij - " Tu espères atteindre l’Olympe ? C’est de la folie ! Et quand bien même tu y arriverais, tu serais immédiatement désintégré par les dieux, pour avoir l’impudence d’oser les invoquer. "
Nicol - " Je n’ai pas d’autres choix. La fatalité a eu raison de mon projet de récupérer l’armure sacrée de l’Autel. Il ne me reste plus que cette solution. "

La jeune femme tourne le dos à son camarade, furieuse envers lui de s’entêter à poursuivre un projet aussi périlleux.
Toutefois, le fier élève d’Arlès n’en démord pas :
Nicol - " Je comprends que ma décision puisse ne pas te convenir. Néanmoins la mémoire de notre maître se doit d’être honorée et la paix sur Terre préservée. Je partirai demain matin à l’aube. "
Yulij craque et se jette dans les bras de Nicol. Sous son masque coulent ses larmes tandis que sa voix est tiraillée par le chagrin :
Yulij - " J’ai peur. J’ai peur qu’il t’arrive malheur, que tu ne reviennes pas. Tu es ma seule famille. Depuis mon enfance, je n’ai vécu qu’avec maître Arlès et toi. Tu es comme mon frère, je ne supporterai pas de te perdre. De me retrouver seule… "
Nicol la saisit par les épaules et lui sourit chaleureusement :
Nicol - " T’es-tu déjà sentie au moins une fois seule depuis la disparition de notre maître ? "
Elle répond par une rotation négative de la tête. Son aîné poursuit :
Nicol - " Moi non plus. Et tu sais pourquoi ? Parce que le cosmos bienveillant d’Arlès de l’Autel continue de veiller sur nous par delà la mort elle-même ! "
Sa main caresse affectueuse les fins cheveux de sa s½ur d’adoption puis il conclut :
Nicol - " Tâchons maintenant de passer une bonne nuit. Demain sera un jour déterminant. "


En Sibérie, au beau milieu d’un désert de glace :

A mi-chemin entre Asgard et Blue Graad, au milieu d’un voile brumeux et d’un ciel capricieux duquel une épaisse neige tombe abondamment, un point rouge tremblote.
Alexer se tient la poitrine au plastron émietté et perd énormément de sang de ses nombreuses plaies :
Alexer - " Je ne m’attendais pas à rencontrer des asgardiens aussi puissants. Quel gâchis de ne pas pouvoir les prendre sous mon aile...  "
Ses blessures lui infligent quelques troubles de l’équilibre et il chute face en avant dans l’épais coton blanc.

Son corps s’engourdit, il se sent partir avec tant de facilité que la mort lui semble être une aubaine.
Son premier revers va finalement être son dernier. Il se remet à penser à la dernière fois où il s’était trouvé dans une telle position, il y a cinq ans. Après un dur entraînement, Ksénia vint le sauver d’une mort certaine. Dès lors il lui promit de conquérir le monde et d’en faire sa reine. Ksénia… N’est-ce pas en raison de son plan de coalition avec Asgard qu’il se retrouve aujourd’hui de retour dans la condition dans laquelle elle l’avait pourtant sorti.
Néanmoins, sa bouche remplie d’hémoglobine s’ouvre en grand pour arborer un sourire de plaisir, durant ces années où il a tout donné pour son projet, il a été heureux, comblé.

Comme si elle lit dans ses pensées, en dégageant une douce chaleur, toute de blanc encapuchonnée, apaisant par sa cosmo énergie Alexer, Ksénia apparaît.
Cette situation similaire à leur première rencontre rend Ksénia nostalgique. Avec son délicieux accent slave, la jeune russe demande :
Ksénia - " Est-ce tout ? Tes promesses s’arrêtent donc ici ? Dans un désert de glace où personne ne te retrouvera jamais ? Abandonnant ton royaume ? "
Alexer reste couché dans la neige. Il ouvre les yeux pour lui répondre, le regard vide :
Alexer - " J’ai perdu dix hommes aujourd’hui. J’ai réussi à fuir. Mais à quel prix ? Je suis dans un état de santé lamentable. J’étais parti chercher de l’espoir à ramener à mes soldats. Je vais revenir affaibli, leur griser leur moral. C’était ton plan, un plan foireux. "
La belle jeune femme défait son voile et l’abandonne au vent. Elle arbore sa courte jupe qui la protège à peine du froid et son visage radieux embelli par son tatouage rose en forme de c½ur sous l’½il gauche. Puis elle s’allonge sur le dos du Blue Warrior, ne craignant pas la dureté du métal de sa Cloth ni le plasma qui s’en échappe.
C’est seulement lorsque sa tête est collée à lui qu’elle lui murmure :
Ksénia - " En ton absence tes Blue Warriors ont réussi à s’infiltrer dans le château sans trop d’efforts grâce à plusieurs salves d’attaques réparties sur l’ensemble de la citée. Vous êtes en égalité numérique désormais. Il ne reste plus qu’à porter le coup de grâce. Hilda et Odin se mordront les doigts de ne pas t’avoir suivi. Tu n’es plus qu’à un pas du succès. "
La chaleur corporelle et la douceur de la peau de Ksénia additionnés à ses propos ravivent la flamme qui brûlent dans les yeux d’Alexer :
Alexer - " Mes hommes auraient espéré une supériorité plutôt qu’une égalité. "
Ksénia - " Contrairement aux soldats de ton père, les Blue Warriors t’ont toi ! De plus, si tu le désires, je peux également t’apporter l’homme qui fera toute la différence. "
Alexer ne dit rien. Il clôt de nouveau ses paupières et affiche une mine réjouie. Il affectionne tant l’étreinte de Ksénia qu’ils restent accolés de la sorte de longues minutes.

Il se décide seulement à réagir lorsqu’il sent Ksénia s’impatienter en aspirant à plein poumon l’air glacé :
Alexer - " Amène-moi cet homme. Il est temps que je prenne mon trône. De plus, le grand cataclysme ne devrait pas tarder ! "


A Asgard, derrière le temple Walhalla :

Tout le monde est resté dans l’arrière cour à s’interroger sur les suites à donner à de tels évènements.
Quelques guerriers pleurent la mort des leurs, tandis que ceux mal en point sont amenés à l’intérieur du château pour être couverts et bénéficier de quelques soins.
Les artisans des villages ont déjà été appelés en renfort pour venir suppléer les serviteurs du palais qui essaient de réparer les nombreux dégâts du Walhalla désormais investi par le froid.

Au sommet de la colline, Fenrir choisit de repartir pour la forêt de Loki sans avoir adressé la parole à qui que ce soit, estimant avoir accompli aujourd’hui son devoir de protecteur de la princesse de Polaris.



Alors qu’il coulait des jours heureux en compagnie de la charmante Lilith, Aphrodite ne se doutait pas qu’il avait montré la voie aux élèves d’Arlès. En effet, ceux-ci espéraient plus que tout étaler au grand jour la disparition de leur maître en récupérant sa Cloth retenue prisonnière à Dignity Hill.
Pendant que la bataille faisait rage à Yíaros, des plans d’attaque se préparaient donc au Sanctuaire mais aussi en Sibérie.


Author Topic: Chapitre 37 - Lunion fait la force  (Read 12210 times)

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