Chapitre 9

Chapitre 9
 
Au Sanctuaire, la conspiration contre Hébé touche de plus en plus d’innocents.
Les combats initiés dans les villages proches des frontières arrivent désormais jusqu’au centre du Sanctuaire où les spectateurs du colisée sont à mille lieux de se douter du drame.

Néanmoins, le Sanctuaire n’est pas le seul à être en conflit puisqu’au même moment, à Asgard, Rhadamanthe se confronte à la garde rapprochée du royaume.

Alors que Hagen raccompagne Freya après une douce soirée d’amour, la nuit s’est agitée.
Le petit matin ne tarde pas à laisser briller les aurores boréales.
Les particules solaires qui entrent dans l’atmosphère permettent aux observateurs de découvrir une neige souillée par le sang perdu lors des rugueux combats de cette nuit du 3 au 4 mars 1985.
Parmi eux, Thor et Syd, deux hommes que tout oppose, unissent leurs forces pour retrouver l’enfant pris en otage par Rhadamanthe. Ils demeurent encerclés avec la petite s½ur du garçon kidnappé par une meute de Fenrir.


Dans la forêt d’Asgard irradiée par la lueur de la lune, au sud du territoire, Fenrir fait face à Rhadamanthe.
Du coin de l’½il il indique aux loups qui se tiennent sur le flanc droit de Rhadamanthe, de passer à l’attaque.
Ils s’exécutent et Fenrir profite que l’attention de Rhadamanthe soit portée sur ses compagnons pour le frapper à l’abdomen.
Le futur Wyvern retombe sur le dos.
Fenrir s’extasie : « Le combat est expédié bien plus vite que je ne l’aurai cru. Je te laisse aux soins de mes chers camarades. »
Brusquement, le futur God Warrior se tord de douleur.
De son sourire cruel s’échappe un filet de sang.
Il jette un rapide coup d’½il vers Rhadamanthe qui se relève et écarte du pied les carnivores lui sautant dessus.
_ « C’est impossible. Je l’ai cogné de toutes mes forces. Quand a-t-il eu le temps de riposter ? »
Rhadamanthe esquive les bêtes affamées avec aisance.
Il semble ne plus être le même qu’il y a quelques secondes.
Une nouvelle vie brûle en lui.
_ « Je ne peux l’expliquer mais je sens qu’une profonde énergie est scellée en moi. Elle attend d’être libérée par je ne sais quel moyen. Je compte sur les récits rapportés dans la grande bibliothèque du Walhalla pour découvrir qui je suis.
_ Une énergie qui dort en toi ! Mais enfin pour qui te prends-tu ? L’énergie que possède tout un chacun est le cosmos. Il faut travailler des années pour apprendre à le maîtriser. Je viens seulement d’apprendre à canaliser cette énergie cosmique et c’est parce que cela m’a pris du temps que je suis persuadé qu’il est impossible de naître avec un cosmos surpuissant sans qu’on sache d’où provient son origine. Je vais te prouver que tu n’as bénéficié que d’un coup de chance jusqu’ici.
_ Je sens actuellement cette cosmo énergie venir en moi comme une âme qui m’accompagne, écarquille-t-il ses petits yeux jaunes ! Comme si mon corps lui était promis depuis toujours, et qu’elle veillait sur moi, allant jusqu’à m’interdire de mourir tant qu’elle ne m’aura pas retrouvée ! Tu ne pourras pas me vaincre alors que tu n’es qu’un débutant qui apprend à brûler son cosmos. Rappelle tes pions Fenrir ou subit ma violence !
_ Je vais te faire ravaler tes paroles, fait-il signe à sa meute de charger en même temps ! Allez les amis ! Ging ! Tous ensembles, à l’assaut ! »
Une aura enveloppe Rhadamanthe. La prunelle de ses yeux devient rouge. Il recroqueville ses bras devant son torse. Face à son visage jaillissent quelques éclairs. Enfin, il écarte les bras pour relâcher toute cette tension qu’il contenait jusqu’ici. Plusieurs vagues, semblables à des ondes de choc, créent une explosion qui fait gronder la forêt toute entière.
La sphère d’énergie violacée dégagée par le futur Juge repousse Fenrir et sa meute.
Bien moins surprenante que ce que l’Anglais saura réaliser dans quelques mois, la force de frappe n’en reste pas moins prodigieuse.
La neige se soulève.
Les sapins s’arrachent du sol et les roches se brisent.
Fenrir est balayé : « C’est impossible ! Sa sphère cosmique a quadrillé la zone. Nous sommes pris au piège… Ah… »
 
 
A moins d’une demi-douzaine de kilomètres de là, la terre vibre.
Thor et Syd, encerclés par une quinzaine de loups s’inquiètent.
Les animaux sentent le danger qui guette leur maître, malgré cela, les ordres donnés par Fenrir sont d’empêcher les deux chasseurs de remonter jusqu’à Rhadamanthe.
_ « Prend soin de la gamine, s’impatiente Syd. Je vais essayer de me défaire de ces chiens, passe-t-il devant Thor.
_ C’est de la folie. Nous sommes cernés. Si jamais tu te lances sur eux ils n’hésiteront pas à tuer cette petite fille qui nous accompagne. »
Syd serre sa mâchoire. Il se résout à attendre le verdict du combat opposant le loup des steppes au Wyvern…
 
 
Plus au nord, le brouillard causé par l’assaut de Rhadamanthe se dissipe.
Le jeune Anglais garde les bras écartés. Là il bredouille : « Greatest Caution ! »
De sous un tas de neige, ressort Fenrir les vêtements lacérés et le corps couvert de multiples plaies.
Son état est le cadet de ses soucis. Il cherche désespérément ses loups. Certains déterrent ceux qui n’ont pas pu se libérer ou, pire, ceux qui ont succombés.
Ging se présente fièrement face à Rhadamanthe comme pour lui barrer la route devant un Fenrir épuisé.
Rhadamanthe se surprend lui-même : « Je n’arrive pas à croire que je suis le responsable d’une telle émanation de cosmos. Le Greatest Caution ! Cela m’est venu comme si ce don était inné. »
Fenrir se tient difficilement debout. Il positionne ses doigts devant sa bouche pour siffler un ordre à ses loups.
Les survivants se postent aussitôt devant lui. Il semble décidé à dévoiler lui aussi sa botte secrète : « Tu es vraiment surprenant. Tu sais maîtriser des attaques qui consistent à concentrer une émanation de cosmos pour frapper ton ennemi. J’avoue t’avoir sous-estimé. J’ai moi-même appris à travailler ce genre d’art. Même si aujourd’hui mon attaque n’est pas encore au point, j’ai décidé que tu serais le premier à en être victime. »
Rhadamanthe, gonflé à bloc jusque-là, a l’impression de n’être plus qu’un bout de viande face à une horde d’animaux sanguinaires ravivée par le cosmos grandissant de Fenrir…
 
 
Au Walhalla, Freya rentre tranquillement au palais en sautillant.
Hagen, à ses côtés, est bien plus prudent et n’a de cesse de pivoter sur lui-même pour s’assurer qu’aucun danger ne les guette.
Ils n’ont pas jugé bon de rejoindre le château alors que le cor d’alarme a été soufflé.
Bien qu’en route ils aient rencontré des troupes en faction afin de débusquer le rôdeur, Hagen a toutes les raisons du monde d’être tracassé après avoir ressenti un violent cosmos sévir dans le sud du domaine.
 
Scrutant l’horizon sur le balcon de sa chambre, Hilda reconnaît au loin sa jeune s½ur : « Siegfried ! Siegfried ! Freya est rentrée. Elle est escortée par Hagen et semble saine et sauve ! »
Angoissée pour sa s½ur, elle se hâte de sortir de sa pièce pour descendre à vive allure les nombreuses marches du palais.
Siegfried qui était resté planté sur la grande terrasse du palais, où il laissera plus tard sa vie contre Sorrento, afin de jouer le rôle d’ultime rempart, court en direction de l’entrée de la cour royale en forme d’arc de triomphe pour rejoindre le couple : « Hagen mon ami ! Mais où diable étiez-vous donc passés ? »
Hagen a la bouche grande ouverte, l’air ahuri, il cherche une excuse.
_ « Allons Siegfried, ne vous en prenez pas à Hagen, répond Freya à sa place. C’est moi qui l’ai contraint à ce qu’il me conduise en forêt pour une promenade ! »
Hilda rejoint le trio. Elle prend sa s½ur dans les bras : « Ce que je me suis inquiétée de ne pas te voir rentrer ! Heureusement que Hagen était à tes côtés. »
Siegfried baisse la tête pour informer Hilda : « Majesté ! Maintenant que votre s½ur est rentrée j’aimerai me rendre au sud du royaume. C’est là-bas que j’ai senti l’énergie cosmique de notre ennemi se décupler. J’ai bien peur qu’il affronte un de nos citoyens à l’heure qu’il est. »
Hagen pose sa main sur l’épaule de son allié : « Je l’ai ressenti moi aussi, et il serait plus prudent que je t’accompagne.
_ Non, somme Siegfried ! Je serai plus rassuré de te savoir ici à veiller sur les princesses Hilda et Freya.
_ Hum… Le sud d’Asgard… A cheval cela ne mettrai que quelques minutes à être atteint, marmonne Hilda. Dans ce cas je m’y rends aussi. En ta compagnie Siegfried je ne risque rien, décrète-t-elle. »
Siegfried se prosterne devant la prêtresse puis donne les directives à quelques soldats placés sur une tour de guet juste à côté : « Bien votre majesté. Hagen, tu prends la relève ! La garde du château te revient. Gardes ! Faites atteler le cheval de sa Majesté Hilda ! »
Les hommes se précipitent aussitôt aux pieds de la tour pour partir vers l’écurie royale…
 
 
Au sud, dans la forêt, la cosmo énergie de Fenrir évolue. Après avoir poussé son cosmos à son paroxysme, il l’abaisse pour le rendre identique à celui de Ging et des autres animaux dans l’idée de ne faire plus qu’un avec eux.
La meute se déplace de gauche à droite puis de droite à gauche. Fenrir bouge exactement de la même façon que son équipe.
Rhadamanthe est abasourdi. Il observe sans comprendre ce que veut faire Fenrir.
C’est alors que le jeune orphelin laisse soudainement éclater son aura : « Northern Gunro Ken ! »
Les loups se ruent sur Rhadamanthe et lui cachent la vue. Il n’arrive pas à voir où est placé Fenrir dont la présence est camouflée au milieu des bêtes.
Les premiers loups sont écartés mais la vitesse de l’assaut déstabilise totalement Rhadamanthe et les autres animaux qui sautent tour à tour face à lui, parviennent à l’entailler de leurs griffes et de leurs crocs.
Rhadamanthe est dés½uvré. Fenrir apparaît derrière Ging pour le frapper avec son poing à de multiples reprises. Rhadamanthe est finalement projeté contre un sapin.
Le robuste conifère se fend sous le choc. Rhadamanthe roule tant bien que mal sur le côté pour ne pas être écrasé par les lourdes branches.
Allongé face contre terre, l’Anglais peine à se relever.
Son corps, déjà bien meurtri par le naufrage ainsi que par les multiples combats qu’il a livrés jusqu’ici, est maintenant contusionné de toute part.
_ « Comment peux-tu encore être debout alors que tu viens de recevoir ma terrible charge ?
_ Tu vantes un petit peu trop tes mérites. Tu as pu te relever après le coup que je t’ai porté tout comme je le fais après ton assaut. Autant dire qu’il existe une faille dans nos attaques. Toutefois si le combat se poursuit je saurai comment te vaincre. J’ai été surpris à l’instant, néanmoins je saurai contrer le Northern Gunro Ken si jamais tu le réutilises. Lorsque tu as devancé ton bâtard pour me frapper par surprise après que je sois démuni à cause des autres bêtes, tu as augmenté subitement ta cosmo énergie ce qui t’a différencié d’eux. Au prochain assaut je ne me laisserai pas surprendre deux fois par la même technique ! Je saurai te repérer ! »
Ging, le magnifique chef de troupe, jappe pour faire réagir son maître. Fenrir s’accroupit pour le caresser et lui répondre : « Je sais où tu veux en venir Ging. Tu penses qu’il serait plus prudent de le surprendre avec le Wolf Cruelty Claw. Hélas je ne maîtrise pas encore toute l’étendue d’une telle combinaison. Elle n’est pas encore au point. Encore moins que le Northern Gunro Ken. »
Fenrir se redresse et pointe du doigt Rhadamanthe : « Tu prétends que mon coup ne marchera pas deux fois contre toi. Je te retourne alors ta remarque. Crois-tu que le Greatest Caution fonctionnera cette fois-ci alors que j’ai pu également observer la façon dont tu le déclenches ? »
D’une mine fourbe, Rhadamanthe répond : « J’en suis convaincu… »
 
Plus loin, Thor et Syd sentent que les cosmos de Fenrir et de l’inconnu sont prêts à entrer en collision l’un contre l’autre.
_ « Dis-moi Thor, toi qui t’entraînes jour et nuit en plus des services que tu rends au peuple, n’es-tu pas capable de maîtriser ton aura ?
_ Où veux-tu en venir ?
_ A moins que je ne me trompe, il est aisé pour celui qui contrôle son énergie cosmique de frapper plusieurs coups à une vitesse qui dépasse l’entendement. Je ne sais donc pas si tu gardes des réserves vis-à-vis de moi, mais j’aurai cru bon qu’on fasse fi de notre ranc½ur mutuelle à cause des conditions différentes dans lesquelles nous vivons, dans le but de joindre nos forces et d’évincer ces bêtes.
_ Ce que nous allons faire est risqué. Il va falloir être extrêmement rapide pour nous débarrasser de tous les animaux car pendant qu’on lancera l’assaut, la petite fille sera sans défense.
_ Allons, mets-toi en garde et ne doute pas de nous. Nous sommes des soldats de l’armée d’Odin ! Le maître des loups qui combat notre ennemi à l’heure actuelle est lui aussi un fils d’Odin. Nous ne pouvons pas le laisser victime de son individualisme. »
Thor pose la petite fille à terre. Il lui caresse la joue affectueusement : « Ne t’en fais pas petite fille, nous allons nous débarrasser de ces vilaines choses et nous pourrons enfin retrouver ton frère. »
Thor vient coller son dos contre celui de Syd qui se permet une petite boutade à laquelle répond amicalement le géant : « Vraiment, je ne te voyais pas si grand. Ma tête arrive au niveau de ta taille.
_ C’est vraiment étrange. Il aura fallu attendre que le royaume soit en danger pour que tu m’adresses la parole comme à un de tes semblables. »
Les deux équipiers se concentrent. Syd sonne le gong : « Allez bande de chiens galeux. Nous allons voir quelles griffes sont les plus affûtées. Celles du tigre viking ou celles de misérables chacals… »
 
Simultanément, Fenrir adapte son cosmos à celui de ses loups tandis que Rhadamanthe recroqueville ses bras devant lui pour réunir toute son énergie.
Fenrir annonce à ses amis : « Nous ne nous laisserons pas surprendre. Comme précédemment, sa sphère d’énergie va d’abord quadriller la zone avant de nous faire imploser. Il faudra être plus rapide et frapper en premier. »
Rhadamanthe sourit. Il semble avoir une idée derrière la tête. Ses yeux virent au rouge. Le clash est imminent. Fenrir s’élance en imitant les mouvements de ses bêtes : « Allez les amis ! »
 
Au même instant, Thor et Syd se lancent.
_ « Titanic Hercules, gronde Thor !
_ Viking Tiger Claw, le suit Syd ! »

Les loups sautent sur leurs proies.
Le poing herculéen crée une vague d’énergie qui balaie six des charognards.
Le cosmos de Syd transforme ses ongles en de longues griffes qu’il plonge dans leurs chairs en faisant de grandes cabrioles à une vitesse ahurissante. Huit bêtes retombent lourdement au sol.
Alors que Thor se retourne tranquillement vers sa petite protégée, croyant le plus dur fait, il est saisi par la vitesse à laquelle un dernier loup ayant échappé à leurs offensives fond sur la gamine. Immobile, il imagine déjà l’horrible scène qui risque de se produire…
 
Rhadamanthe attend la troupe. Alors que les loups couvrent encore Fenrir, Rhadamanthe dirige cette fois-ci ses bras vers eux et écarte ses doigts. De longs rayons violacés écartent les loups un à un.
Fenrir, encore à couvert, choisi de frapper afin d’épargner ce qui reste de ses compagnons.
C’est là que Rhadamanthe sent la différence énergétique qui distingue Fenrir de ses loups.
_ « Northern Gunro Ken !
_ Greatest Caution ! »
 
Témoin de cette atroce situation, Thor a l’impression que son c½ur cesse de battre.
La bête, la gueule grande ouverte, est prête à planter ses crocs en plein visage de l’enfant.
Un flot de sang jaillit. Thor ferme les yeux et tombe à genou.
Il cogne de rage avec son poing le sol duquel s’écarte la poudre blanche pour le laisser se fissurer…
 
Le Greatest Caution prend la forme d’un dragon qui emporte Fenrir, lequel est traîné sur plusieurs mètres au sol avant de s’écraser contre la roche.
Rhadamanthe subit quelques griffures laissées par le peu d’impact qu’a eu le temps de produire le Northern Gunro Ken. Rien qui ne puisse l’inquiéter.
Le nombre de loups présent depuis le début de l’action s’amenuise.
Ging et les survivants se repositionnent tous devant leur maître inconscient.
Le petit garçon, captif de Rhadamanthe, profite de l’occasion pour s’enfuir.
D’un geste du bras, Rhadamanthe envoie un fort courant d’air qui soulève l’enfant du sol et le laisse retomber inconscient non loin de Fenrir.
Rhadamanthe se congratule d’un rire macabre : « J’ai gagné ! Je n’ai jamais voulu en arriver là ! Je t’avais prévenu homme des cavernes ! Mon unique but était de lire les récits rapportés dans le Walhalla ! Maintenant je suis dans l’obligation de tuer tes bêtes et de me débarrasser de toi ! »
 
La main de Syd vient se poser sur le colosse effondré.
Une autre main plus douce et plus petite fait de même : « Pourquoi est-ce que vous êtes triste monsieur ? »
Thor relève la tête et voit la petite fille badiner. Il regarde sur le côté et découvre le loup mort, ouvert sur tout son flanc, la langue pendant sur le côté.
Syd regarde Thor. Il le congratule chaleureusement : « Tu as une force de frappe incroyable. Je ne me serai jamais relevé après une telle attaque. Cependant tu te concentres trop sur la force brute. Heureusement que tu peux compter sur ma vitesse et mon agilité. J’ai sauvé in extremis la petite. »
Thor se lève et serre Syd dans ses longs bras pour le serrer chaleureusement contre lui : « Merci. Merci. Merci… Qu’Odin te bénisse ! »
Syd est d’abord surpris puis séduit par tant de bonté. Il essaie de faire comme si l’affection de Thor ne l’atteint pas : « Tu me remercieras plus tard. En attendant j’ai vaincu neuf bêtes soit bien plus que toi qui n’en a eu que six. Je justifie mon statut de meilleur trappeur. Tu restes le second. »
Thor le dévisage furieusement… puis se ravise.
_ « Peu importe, le prend-il par l’épaule ! En route mademoiselle ! Nous sommes tout proches de ton frère, soulève-t-il la gamine de sa main libre ! »
 
Rhadamanthe s’avance d’un pas résolu. Les derniers remparts de Fenrir grognent et montrent leurs dents.
_ « Lorsque j’ai découvert que je pouvais manipuler aisément cette technique qu’est le Greatest Caution, j’ai trouvé judicieux de m’en servir de deux façons différentes : soit comme force de frappe globale, soit comme force de frappe ciblée. La première je l’ai assené globalement pour me défaire de tes loups et de toi. Pourtant, pendant le combat, lorsque tu as utilisé le Northern Gunro Ken, j’ai été surpris par le cosmos que tu étais capable d’accroître. Tes loups ne sont finalement que des pantins à côté de toi. J’ai donc choisi de cibler le Greatest Caution uniquement sur toi en écartant rapidement tes bêtes grâce à quelques vagues cosmiques. Ton amour pour eux t’a poussé à la faute. J’avais remarqué que le laps de temps qui s’écoule entre l’instant où tu t’identifies à eux et celui où tu dégages le maximum de cosmos était bien trop long pour ne pas constituer un point faible chez toi. Tu as perdu, arrive-t-il jusqu’à Fenrir, ce ne sont pas tes chiens qui m’arrêteront !
_ « Je ne ferai pas un pas de plus si j’étais toi, l’interpelle alors une voix venue du ciel. Mon doigt renferme la force de l’épée d’Odin, l’Odin Sword ! Et il est juste braqué sur toi. Le mieux que tu ais à faire est de t’agenouiller face à la représente terrestre de notre dieu, le somme Siegfried debout sur une branche en haut d’un arbre. »
Au même instant, le hennissement d’un cheval retentit.
Rhadamanthe voit une belle jeune femme portant une longue robe bleue le dévisager avec de grands et beaux yeux pleins de compassion.
Rhadamanthe reste fier. Il fixe Hilda : « Je ne m’agenouillerai pas devant la représentante d’un dieu que je ne vénère pas. Malgré cela, j’ai grandi dans un manoir en compagnie de la haute noblesse d’Angleterre. Les bonnes manières m’ont enseigné qu’il serait fort bien impudent de ma part que de ne pas honorer une aussi belle femme que toi, ô charmante Hilda. »
Rhadamanthe change totalement d’attitude. Son comportement de fier combattant ferait presque oublier qu’avant d’être à la recherche d’un idéal et de s’être ouvert à la voix du cosmos, il était un enfant ayant reçu une très bonne éducation auprès des professeurs les plus réputés de la Grande Bretagne et plus précisément de Londres.
Hilda est aussitôt saisie par la capacité de cet homme à montrer un autre jour que celui d’un simple vagabond.
_ « Magnifique Hilda, mon dessein, à moi, Rhadamanthe, était de venir par voie maritime jusqu’en ton royaume afin de découvrir les cultes millénaires reliés dans les nombreuses pages de la bibliothèque royale. Sache que dans mon pays je suis également de souche aristocratique et que le traitement subit à mon arrivée sur tes terres n’est pas digne de mon rang… »
Siegfried perd patience. Il ne supporte pas que cet Anglais par ses bonnes paroles puisse s’acquérir les bonnes faveurs de Hilda : « Alors pour cette raison tu as trouvé légitime d’éliminer des soldats de la garde royale ainsi que cet homme qui gît au sol, sans compter l’enlèvement d’un garçonnet.
_ Ce brave enfant n’était pour moi qu’une monnaie d’échange, une garantie que je puisse arriver jusqu’à Hilda de Polaris sans que ma vie ne soit mise en péril. Ça n’a toutefois pas empêché cet ermite de s’opposer à moi et de risquer l’existence de cet être innocent. »

Thor et Syd gagnent le petit monde.
La gamine retrouve son frère évanoui à côté de Fenrir. Elle court après lui, suivie par les grandes enjambées de Thor.
Thor laisse le garnement revenir à lui. L’enfant est content de retrouver sa s½ur. Il la prend dans ses bras.
_ « Rassure toi mon garçon, vous êtes hors de danger. Dis-moi quel est votre village. Je vais vous y reconduire. »
 
A mesure qu’Hilda s’avance, tous les loups s’affaissent.
Syd inspecte le corps de Fenrir : « Alors voici celui qui se nomme Fenrir d’Alioth ! Mes parents m’ont raconté que sa famille était proche de la nôtre. Malheureusement la fortune et la renommée de celle-ci se sont effacées au fil des années après que ses parents furent massacrés et qu’il soit éduqué par des loups. Tout ceci était donc vrai ! »
Hilda est touchée par cette histoire. Elle descend gracieusement de sa monture et marche paisiblement jusqu’au corps de Fenrir en passant au milieu des animaux qui appliquent la révérence.
Elle prend la tête de Fenrir dans ses bras et la colle contre sa poitrine. Les yeux clos, elle concentre sa cosmo énergie.
Aussitôt, sa force apaisante rentre en harmonie non seulement avec Thor, Syd et Siegfried, mais aussi avec les loups, les arbres et tous les éléments de la nature avoisinante.
Siegfried sent que Hilda fatigue à force de puiser son cosmos pour réanimer Fenrir. Il ne lâche pas des yeux Rhadamanthe qui paraît plutôt stupéfait.
Fenrir cligne des yeux.
_ « Brave Fenrir, reviens à toi. »
Fenrir hallucine. Il croit voir l’espace d’un instant sa mère lui parler.
_ « Fenrir, toi le loup des steppes, fort et solitaire, reçoit ma gratitude pour avoir protégé une terre qui t’a oublié depuis quelques années. »
Fenrir recouvre ses esprits. La femme qui lui parle est aussi douce et belle que l’était sa défunte génitrice.
Pour la première fois, il ne veut pas fuir un être humain. Bien au contraire, il désire rester auprès d’elle. Son corps, son aura et ses mains l’apaisent.
Tandis que ses plaies se referment, Fenrir trouve ses amis à quatre pattes eux aussi abaissés devant la représentante d’Odin.
Hilda a la vue qui se trouble. Elle sent la nausée lui monter. Epuisée, elle glisse sur le côté après avoir soigné totalement Fenrir.
Thor, Syd et Siegfried paniquent en ch½ur : « Princesse Hilda ! »
Fenrir, remis sur pied, se reprend et la réceptionne.
Pour la première fois de sa vie, Fenrir offre une mine chaleureuse à un être humain : « Pardonnez-moi Majesté. J’ai mis votre vie en péril parce que je n’ai pas su vous faire honneur. Je m’excuse de ne reconnaître qu’aujourd’hui votre suprématie. Vous êtes l’incarnation même de l’amour et l’amitié.
Si par ma vie ou ma mort, je peux servir votre dessein, ma vie est vôtre. »
Allongée dans les bras de ce fauve docile, Hilda se redresse.
Fenrir commence à s’agenouiller.
Hilda le maintient debout et pose ses mains sur son visage. Elle ferme les yeux et approche ses lèvres de celles de Fenrir pour lui déposer un baiser symbolique.
A cet instant, le c½ur de Siegfried éclate. Il ne sait comment interpréter ce geste. Il se sent mourir d’un seul coup en voyant chaque projet qu’il concevait se briser comme les cristaux d’un miroir. Cette indignation l’étouffe.
_ « C’est à moi de demander ton pardon Fenrir d’Alioth, se recule-t-elle avec volupté. Excuse-moi de ne pas avoir pris plus tôt en considération cette personnalité désenchantée qu’est la tienne. Pour me racheter, j’aimerai t’offrir en plus de tes loups, une famille… »
Elle écarte son bras pour lui laisser remarquer les mines chaleureuses de Thor et Syd, ainsi que celle bien plus fermée de Siegfried.
Ging, magnifique mâle dominant de la meute, s’avance vers Hilda pour réclamer quelques caresses qu’elle se presse aussitôt d’exécuter.
Fenrir est comblé. D’un signe de la tête en direction de Rhadamanthe, il conclue cette rencontre : « Merci pour votre offre majesté. Je ne manquerai pas à mon devoir envers vous quand le jour viendra d’honorer Odin. En attendant, comprenez que ma vie est liée à mes loups. Je me retire donc en leur compagnie. Quand à cette famille que vous m’offrez, je suis certain qu’elle parviendra à contenir cet intrus. »
Fenrir baise la main de sa prêtresse puis disparaît dans la brume après avoir jeté un dernier regard provocateur à l’encontre de son rival Anglais.
 
Thor remarque que les enfants ont profondément été choqués par cette aventure.
Furieux, il s’avance vers Rhadamanthe, encore abasourdi par l’exploit réalisé par Hilda, et lui décoche un crochet du gauche en plein estomac. Rhadamanthe s’écroule.
Syd effectue un saut jusque devant Thor et le retient : « Allons ! Il ne peut plus rien faire maintenant ! »
Rhadamanthe serre sa mâchoire de douleur. Il se met à genou et avance en direction du palais en marmonnant : « Le Walhalla… Je veux juste aller dans la bibliothèque du Walhalla… »
Hilda est convaincue que cet homme n’a pas mauvais fond. Sa volonté est juste sans limite.
_ « Ca suffit Thor ! Quant à toi Siegfried, cesse de braquer ton doigt dans la direction de ce voyageur ! Syd, aide-le à se relever ! »
Elle se penche pour regarder Rhadamanthe droit dans les yeux : « Rhadamanthe… J’accepte que vous soyez mon hôte à condition que vous consentiez à être surveillé jour et nuit par mes hommes. »
Les petits yeux jaunes de Rhadamanthe semblent émus de gratitude alors que Thor et Siegfried grommèlent dans leur coin…
 
 
Le petit matin se lève au Walhalla.
Tous les hommes ont été rappelés. Certains ont repris leur garde alors que les autres sont rentrés dans leurs petits villages avoisinants pour être auprès de leur famille en cette matinée du 4 mars 1985.
 
La famille de Polaris, composée de Hilda et Freya, est réunie autour d’un feu de cheminée dans le salon de leur demeure.
En compagnie de Siegfried et Hagen, elles reviennent sur les incidents de cette nuit que commentent avec Frodi, ami de la cour, et Lyfia, servante et amie des deux s½urs.
Siegfried, toujours tourmenté après l’échange entre Fenrir et sa bien-aimée, est le seul à croire que Rhadamanthe représente un danger pour le royaume.
Un garde au regard félin et aux cheveux bruns vient les rallier.
_ « Princesse Hilda, Alberich de Megrez est arrivé.
_ Merci Utgard. Faits-le entrer je te prie. "
Siegfried n’est pas au bout de ses peines ! Après avoir vu Hilda embrasser un homme alors que lui n’a jamais osé l’approcher, voici qu’elle fait venir celui qu’il voit comme une menace pour son peuple.
_ « Vous m’avez fait appeler majesté, penche la tête en avant Alberich ?
_ Alberich, tu es certainement l’habitant d’Asgard qui connaît mieux que quiconque l’importance capitale des écrits en notre possession. Je te laisse donc le soin de me prouver ton allégeance en te confiant la garde du voyageur que j’ai recueilli. Il souhaite étudier nos textes. Veille à ce qu’il ne manque de rien et laisse-le découvrir ce qui l’intéresse. Utgard va te conduire à la hutte où est gardé ce Rhadamanthe. Tu es le garant de sa sécurité et de son bien-être. Ne me déçois pas.
_ Bien votre altesse. J’agirai selon votre volonté pour satisfaire la confiance que vous placez en moi. »
Alberich repart en fermant la double porte de la chambrée, non sans avoir défié du regard Siegfried, et se dirige vers la sortie du palais…
 
A l’intérieur, les amis reprennent leurs discussions en s’échangeant quelques boutades auxquelles Siegfried rigole difficilement…
 
Dehors, Utgard conduit Alberich au village le plus proche du palais et lui indique une petite cabane en bois sur laquelle veillent Syd et Thor, restés de garde sur demande d’Hilda.
_ « C’est à l’intérieur qu’attend votre homme Seigneur de Megrez, tend le bras Utgard. »
Alberich avance devant Thor qui lui bloque la route.
Alberich qui arrive à la hauteur de la ceinture de Thor ne daigne même pas regarder le bougre dans les yeux : « Ecarte-toi paysan ! Hilda m’a confié la relève. »
Thor est furieux d’être considéré ainsi, d’être traité comme inférieur comme le font tous les nobles de ce pays envers les villageois.
Syd qui aurait agi hier encore de la même façon raisonne son compagnon : « Il a raison Thor ! Il n’a pas de compte à te rendre. Laisse-le passer, il est inutile de faire des histoires. »
Thor se résout.
Syd qui n’apprécie guère plus Alberich que ce dernier, lui lance sèchement : « C’est toi qui doit veiller sur lui désormais. Nous lui avons choisi ce taudis en attendant que tu prennes sa défense. A toi de voir s’il mérite mieux… »
Le tigre viking et le colosse quittent la place.
 
Arrivés à l’autre bout du village, alors qu’ils se séparent. Syd tend sa main à Thor qu’il considère maintenant comme son égal.
_ « Ce fut un honneur pour moi de te rencontrer Thor de Phecda, brave défenseur de nos terres, lui lance-t-il fier et droit. »
Thor hésite à la lui prendre. Il doute de la sincérité de son coéquipier.
Syd laisse tomber son bras contre son corps. Il se résigne : « D’accord. Je comprends que ma remarque te semble déplacée. Toutefois si jamais un jour tu es intéressé pour une partie de chasse, sache que je serai ravi de débusquer le gibier avec toi… »
Thor ne répond toujours pas. Syd abandonne. Il baisse la tête et part en direction du palais, là où l’attendent sa future promise, des mets à n’en plus pouvoir et des pièces luxueuses et chauffées, à l’opposé des villages du bas peuple où le froid et la faim condamnent chaque jour de nouveaux innocents.
 
Alors que Syd n’est presque plus qu’un point à l’horizon, Thor qui a agi maladroitement, court le rattraper en hurlant : « Syd ! Syd ! »
Syd se retourne pour l’écouter.
_ « Hilda, pour récompenser ma bravoure, m’a offert un chariot plein de victuailles. J’ai prévu de faire le tour des villages. De bon matin, cela fera plaisir aux pauvres de savoir qu’ils ne passeront pas la journée le ventre vide. Ca risque de me demander beaucoup de travail et nous ne serons pas trop de deux ! »
Syd rigole : « Tu as été long à me rappeler dis donc ! Allez ! Prenons cette charrette et promenons-nous auprès du peuple d’Odin ! »
Tapis dans l’ombre, Bud, le jumeau de Syd, semble ravi de ce repos forcé pris par son frère…
 

Dans l’aile nord du temple Walhalla, une resplendissante jeune femme blonde s’étire dans ses draps.
Le palais royal est si vaste que des nobles du domaine y vivent. Il y a suffisamment de pièces pour regrouper plusieurs familles dans ces appartements.
C’est le cas de la famille de Edel, très liée à la famille de Mizar, dont la fille, Bedra de Edel, est promise depuis sa naissance à Syd.
C’est d’ailleurs la famille de Edel qui a fait quitter les de Mizar de leur bourg et leurs terres perdues en forêt pour leur offrir un abri au château en guise de cadeau pour le mariage des enfants.
Depuis des millénaires, les fortunés d’Asgard marient leurs progénitures entre elles. Syd et Bedra attendent l’année prochaine pour officialiser leur noce.
Les deux tourtereaux n’ont pas attendu que leurs parents les fiancent pour affirmer leur amour réciproque. Depuis qu’ils sont petits, ils partagent les mêmes professeurs, les mêmes passions, les mêmes amis et les mêmes rêves.
D’ailleurs, depuis maintenant deux bonnes années, Syd a coutume de quitter sa chambre au beau milieu de la nuit pour rejoindre furtivement sa belle qu’il quitte au petit matin.
 
Conscient de cela, Bud profite que Syd soit absent aujourd’hui pour mettre son plan à exécution.
Il n’a toujours fait qu’observer son frère et n’éprouver que de la jalousie et de la haine quand il a vu qu’en plus de l’amour, de la renommée et de la fortune, la main d’une des demoiselles les plus courtisées du royaume d’Asgard lui était promise. Aujourd’hui, il a décidé de reprendre ce qui lui est dû.
 
C’est avec la plus grande discrétion qu’il s’est infiltré dans la chambre de Bedra.
Ses longs cheveux soyeux sont détachés et s’étalent sur l’oreiller. Son sommeil agité a fait basculer les couvertures. Ce n’est pas sa légère nuisette qui empêche Bud d’observer le corps svelte à la peau lisse de cette jolie blonde.
 
Bud se pose au pied du lit et laisse ses doigts glisser le long des chevilles de Bedra pour remonter en caressant ses cuisses.
La nymphe se réveille. Ses beaux yeux améthyste croient reconnaître son futur époux : « Ah Syd mon preux chevalier ! J’ai eu du mal à trouver le sommeil après que le cor d’alerte ait retenti cette nuit. Je m’inquiétais de ne pas te voir arriver. »
Bud qui a la voix plus rude que son frère essaie de l’atténuer : « Chut… Il n’y a plus de raison de s’inquiéter. Je suis là maintenant et je vais me faire pardonner pour l’angoisse que je t’ai causée. »
Bedra se redresse et accueille Bud dans ses bras pour coller son délicat buste et sa ravissante poitrine contre celle du solide jumeau de Syd.
Lui qui n’a jamais rien connu d’autres que l’affection de quelques paysannes, il sent son c½ur se fendre. En vouloir à son frère et ses parents du destin qui est le sien lui paraît légitime. Néanmoins, se jouer de cette jeune femme aimante et innocente le trouble énormément.
C’est la première fois qu’il répond à un geste affectif venant d’une femme en la serrant à son tour dans ses bras.
De sa suave voix elle s’extasie : « Dans un an nous pourrons enfin passer nos nuits à deux sans nous cacher. Comme je t’aime Syd. »
Bud essaie d’étouffer ses sanglots. Maintenant que le paysan qui l’a recueilli est décédé, il s’est juré de vivre dans l’ombre, rongé par la solitude. Pouvoir bénéficier d’une certaine tendresse le perturbe énormément : « Si tu savais à quel point je t’aime moi aussi Bedra. »
Bud se rend compte qu’il prend goût à usurper la place de son frère auprès d’une femme pouvant lui offrir l’amour dont il manque. A force d’observer les deux tourtereaux, il en est venu à s’amouracher de la promise qui n’a plus aucun secret pour lui.
 
Il attend que sa belle-s½ur soit décidée à se lever pour prendre la poudre d’escampette.
Arrivé dehors, il se dérobe dans l’ombre pour épier ce bonheur qu’il ne pourra jamais vivre sous le nom de Bud de Mizar.
Destiné à être Bud d’Alcor, nom de l’homme qui l’a recueilli alors qu’il était bébé, il s’est juré de devenir le plus fort pour un jour récupérer ce qui lui a été refusé y compris l’amour de celle qu’il a inconsciemment convoité durant toutes ses années, Bedra de Edel.
Cette révélation est pour lui un choc qui le fait énormément cogiter…
 
 
A l’extrémité du palais, au rez-de-chaussée, dans la grande bibliothèque, Rhadamanthe n’a pas cessé de dévorer les manuscrits qu’il feuillette tour à tour.
Il n’a pas demandé à ce que ses plaies soient pansées, ni à être nourris ou même dormir, non, il a tout ce qu’il faut pour lui permettre de découvrir son identité.
Stupéfait, Alberich qui bouquine les aventures de ses ancêtres le questionne : « Dis-moi étranger, que cherches tu dans ces livres ? »
Alors qu’un livre, situé au fin fond d’une armoire, sur lequel est inscrit en lettres dorées « Hadès » est tout proche d’être découvert, Rhadamanthe répond sans hésiter : « Je cherche le dieu pour lequel je conquerrai le monde. »
Aussitôt, Alberich referme sa reliure et se penche l’air satisfait vers l’invité d’Hilda. D’une grimace perfide, il annonce : « Je crois que nous allons bien nous entendre… »
Last Edit: 28 September 2020 à 14h52 by Kodeni

Author Topic: Chapitre 9  (Read 7669 times)

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Offline Kodeni

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NEWS

Cette version du chapitre 9 est une version rééditée de la publication originale du 1er mai 2010.
Bonne relecture aux lecteurs les plus fidèles, et bonne découverte pour les nouveaux.