Chapitre 7 - La conspiration du Grand Pope

La foule dans l’amphithéâtre était muette. C’était la première fois que je voyais tant de discipline chez les gens du peuple.
Mes hommes et moi-même qui nous tenions à l’intérieur de l’arène en attendant le début des festivités, fûmes saisis par cette onde bienfaitrice qui émanait d’Hébé.
Plus loin, à l’ouest du domaine, là où je résidais, le message de Ptolémy commençait à avoir de fâcheuses conséquences qui se répercutaient partout dans le domaine…




Chapitre 7 - La conspiration du Grand Pope

Dans le vestibule du Colisée :

A mesure que les yeux de Shura s’habituent à la lueur cosmique qui émane d’Hébé, il distingue non pas une splendeur, non, il découvre la perfection faite femme.
Un des eunuques à la toge bleue portant la litière de la déesse se précipite devant l’entrée de celle-ci et arque le dos afin de faire de son corps une marche dans le but d’éviter que la descente de son appartement ne soit pas trop brusque et trop grossière.

De délicats pieds aux doigts fins et aux ongles parfaitement manucurés effleurèrent ainsi le dos de l’esclave. Face à tant de sveltesse, l’homme de basse condition ne se plaint absolument pas, il en sourit même, comme s’il venait de recevoir une bénédiction.

Le regard de Shura remonte le long des minces chevilles de la déité où sont enroulés les lacets de ses sandales couleur châtaigne. De ses jambes, il n’aperçoit que le galbe parfaitement dessiné de ses mollets. Ses cuisses, qu’il imagine douces et ravissantes, sont tenues couvertes par une longue toge de satin rose, épousant à merveille ses hanches et sa fine taille, agrafée à hauteur des épaules par des broches d’or, métal pur et précieux que l’on retrouve sur le contour de ses frêles biceps et de ses poignets. Un collier de perle descend jusqu’au creux de sa ferme poitrine pour tenir à son extrémité un c½ur d’or incrusté de diamants.
Ses mains menues, aux ongles vernis d’or, viennent effleurer ses petites mèches de cheveux qui lui caressent les joues. Ses courts cheveux blonds et dégradés ne descendent pas plus bas que sa nuque gracieuse, et son front est parfaitement dégagé puisqu’elle est coiffée d’une couronne en forme de feuilles de laurier trempée dans de l’or.
Son nez est fin, ses lèvres d’un rose innocent paraissent suaves. Ses sourcils subtilement épilés s’accordent à merveille avec ses grands yeux bleus reflétant la couleur du ciel lorsque celui-ci est au paroxysme de sa clarté.

Enfin, elle desserre ses lèvres pour prononcer calmement :
Hébé - " Pardonne mes hommes chevalier d’or ! Les récents évènements qui ont conduit le Sanctuaire à annexer d’autres territoires inquiètent les miens. Ils craignent pour ma sécurité. "
Shura tombe aussitôt un genou au sol :
Shura - " Sa majesté le Grand Pope m’envoie moi, Shura Saint d’or du Capricorne, vous conduire jusqu’à lui. Son Excellence insiste sur le fait qu’Hébé et les enfants de l’île d’Yíaros sont des nôtres et que votre sécurité n’a rien à craindre en ces lieux. "
Iphiclès, le solide Alcide, rétorque :
Iphiclès - " Deux précautions valent mieux qu’une. Maintenant conduis-nous auprès de ton maître, nous ne voulons pas lui manquer de respect en le faisant attendre plus longtemps. "
Shura, n’appréciant guère les manières impératives du robuste Alcide le défie un instant du regard, puis, sans un mot, choisit la voie de la raison :
Shura - " Bien ! Dans ce cas, si Votre Grâce veut bien se donner la peine de me suivre… "
Iphiclès appelle alors à plein poumon :
Iphiclès - " Juventas ! "

De la litière d’Hébé sort une autre Alcide, restée cachée à l’intérieur jusqu’à maintenant.
Grande, mince, à l’allure très féminine, elle est comme ses semblables, vêtue d’une tunique grenat et porte une Cloth blanche et crème. Ses cheveux couleur taupe descendent en de nombreuses pointes dans son dos et sur son front, dissimulé par un masque de femme chevalier quelque peu particulier.

Cette différence est frappante et marque encore plus cette relation intime qu’elle entretient avec Hébé comparée aux trois autres femmes Alcides.
Marqué par une expression très psychotique, ce masque au fond blanc correspond à un visage masculin plutôt dérangeant, voir vicieux, semblable à la face démoniaque du casque de l’armure d’or des Gémeaux. Les lèvres sont teintées d’or et le sourire qui y est imprimé remonte jusqu’aux oreilles. L’emplacement réservé aux yeux est d’une noirceur ténébreuse, entourée d’un rouge sang qui descend le long des joues telles des gouttes.

Juventas bondit devant Hébé et sans même demander l’avis de sa maitresse, donne ses directives :
Juventas - " Que quinze soldats encerclent notre souveraine ! Je veux que le reste se poste devant le Colisée, dans les gradins, dans les couloirs et autour de l’arène. Je laisse à mes pairs Alcides le soin de vous répartir. Iphiclès et moi-même accompagnons Sa Majesté. "

En une fraction de seconde, tous se dispersent sans même se concerter. Shura est étonné par tant d’organisation et de discipline militaire.


Dans la ville de Honkios :

Seiya se balade en compagnie de Naïra. Les deux amis venus de la fondation Kido apprécient les décors et se remémorent le bon vieux temps.
Ils sont surpris de voir autant de soldats « hébéïens » se disperser dans le domaine.
Naïra - " L’atmosphère est tendue. J’ai le sentiment qu’un grand danger guette le Sanctuaire. Tu ferais peut-être mieux de rentrer. "
Seiya hoche la tête d’un signe affirmatif et part en courant.
Naïra reconnait, par son armure, un Alcide qui prend la direction des douze maisons du Zodiaque en compagnie d’une garnison d’hébéïens.
Elle les suit à vive allure.

De son côté, Seiya arpente les ruelles dans lesquelles s’installent habituellement les vendeurs du grand marché.
Le vent souffle dans les allées vides, les marchands assistent au spectacle ou défilent.
Cela n’inquiète guère Seiya qui se faufile discrètement à l’arrière d’une vieille bâtisse où la porte en bois est restée ouverte.
Seiya stoppe net sa course avant de rentrer prudemment à l’intérieur. Il chuchote :
Seiya - " Filia ! Filia… ! "
Il fait trop sombre pour distinguer quoi que ce soit. Il faut attendre que la porte se referme avec douceur pour alerter notre héros de l’arrivée de son amie armée d’une bougie à la main :
Seiya - " Filia ! Tu m’as fait peur ! "
La fille de marchand tortille ses nattes brunes :
Filia - " Je ne pensais pas que tu aurais répondu à ma lettre. "
Seiya s’énerve :
Seiya - " J’aurai pu me faire tuer pour ça ! Une amie à toi est venue me la donner alors que j’étais en plein exercice avec mon mentor ! "
Filia s’avance vers lui et glisse ses doigts sous le maillot de Seiya pour caresser ses abdominaux :
Filia - " Le principal c’est que tu sois là aujourd’hui. "
Seiya - " Avant que nous ne commencions je veux bien m’assurer que tu tiendras parole et que je pourrai manger à ma faim chaque fois que je le désire. "
Filia, d’une voix coquine :
Filia - " Promis ! "
Seiya - " Tu voulais parler, prendre du temps à mes côtés, alors allons-y, Marine m’a accordé mon après-midi. "
La jolie demoiselle vient enlacer Seiya dans ses bras et l’embrasse d’une façon plus suave qu’à l’accoutumé.
Seiya pâlit, il sent son c½ur cogner dans sa poitrine. Il ne peut plus se défiler. Jusque maintenant il avait fuit l’échéance, mais avec les années la belle Filia s’est montrée de plus en plus exigeante.

Il pourrait la repousser mais son appétit le lui interdit. Cette fille est l’enfant d’un riche vendeur de gibiers frais et de nombreuses épices. Pour les moments passés avec elle, il repart avec un ravitaillement conséquent.
Aujourd’hui il comprend que, le temps aidant, les baisers ne suffisent plus. Des paroles, des caresses, des sourires, voilà ce qu’attend Filia.

D’abord réticent, Seiya grimace en se contraignant à prendre Filia dans ses bras.
Toutefois, il sent une étrange chaleur l’envahir. Ce baiser, si désagréable au départ, devient finalement d’une douceur incroyable. L’étreinte de Filia dégage subitement un réconfort bienfaisant. Est-ce cela qu’on appelle l’amour ? Seiya ne pense pas, il découvre qu’il apprécie uniquement cette jolie fille capricieuse. Mais les sentiments n’orchestrent pas tout, l’envie de l’autre aussi dirige les comportements. Le futur Pégase s’en rend compte en serrant davantage contre lui Filia.

Suite à cette affection soudaine, Filia relève la tête et sourit chaleureusement à Seiya. Le japonais remarque pour la première fois que l’autochtone est jolie, agréable à regarder. Pour faire perdurer ce moment, il lui sourit à son tour, sans constater que dans ses yeux pétille l’éclat de la jeunesse…


A l’ouest du Sanctuaire, dans un village proche de Paesco :

Dans une petite chaumière, une jeune femme crie. L’habitation, reculée par rapport au reste du village, passe inaperçue pour les soldats de Circinus et de Mensa en faction, puisqu’ils surveillent avec attention les positions des hébéïens.

Les hurlements mêlant horreurs et implorations atteignent seulement un homme, un simple soldat d’Hébé qui inspecte les lieux sur demande de Juventas.
Longeant les murs, s’interrogeant sur l’origine de tels apitoiements, il cherche désespérément la présence d’un soldat d’Athéna pour lui prêter main forte, en vain.
Arrivé contre la maisonnette, il regarde par la petite lucarne qui sert de fenêtre pour évaluer le danger.
Il est contraint de faire un bien funèbre constat : l’intérieur est totalement dévasté, trois corps d’enfants gisent sans vie au sol. L’un d’eux brûle même dans le feu qui sert à chauffer la marmite renversée. Dans la massive table en bois, unique meuble de la pièce, est encastré le corps d’un homme qui semble être le chef de famille. Son crâne complètement éclaté, déverse un flot de sang qui dégouline au sol, en formant une mare. Sur l’unique lit de la maison, est couché un homme à la carrure massive. Le militaire distingue difficilement une jambe douce et innocente maintenue par le coriace meurtrier. La victime, apparemment la mère de famille, semble encore vivante. Il n’en faut pas plus à ce brave guerrier pour choisir de lui porter secours.

Le guerrier saisit sa dague ovale apposée contre sa cuirasse et défonce l’entrée, faisant sursauter l’agresseur qui se tient aussitôt en position d’attaque après avoir remonté son pantalon.
L’hébéïen est saisit par ce spectacle édifiant, la pauvre femme, unique survivante est étendue nue sur le lit. En voyant ses joues gonflées par les gifles et les larmes et, son entrejambes griffé, ainsi que le sang résultant de la souillure du colosse, le militaire venu de l’île d’Yíaros sent la colère monter en lui.
Ses sourcils se froncent lorsqu’il commence à dévisager ce monstre à la chevelure blonde et à la peau bronzée. Sa mauvaise dentition et son nez difforme le rendent davantage monstrueux.

L’être venu tout droit de l’enfer se met à rigoler :
Jaki - " J’en déduis à ton armure que tu es un soldat d’Hébé. On va pouvoir passer aux choses sérieuses. "
L’hébéïen comprend qu’il s’agit d’une machination, hélas il est trop tard, Jaki s’élance et le charge à grand coup d’épaule pour le plaquer contre le mur.
Le choc mêlant d’un côté la brique et de l’autre cette montagne de muscle, broie les os du pauvre brave qui décède sur le coup.
L’impact est si violent que le corps traverse l’habitation, laissant son cadavre désarticulé retomber en pleine ruelle. Jaki ramasse la dague de son adversaire et s’approche lentement de la victime de son viol. La pauvre femme manque de souffle lorsqu’elle découvre le triste sort de ses enfants…

Le vacarme résultant de ce prompt combat alerte les soldats, athéniens comme hébéïens, qui se rejoignent devant la misérable demeure.
Tous s’interrogent sur la présence du cadavre dans la rue jusqu’à ce que le sol se mette à trembler sous les lourds pas de Jaki qui sort difficilement du petit encadrement de porte de la maison. Il tient en ses bras la mère de famille, la dague du soldat hébéïen plantée en son c½ur.

La voix épaisse de Jaki implore la pitié :
Jaki - " Pourquoi ? Pourquoi un tel massacre ? "
Les athéniens, fous de rages, se tournent instantanément vers les hébéïens, dubitatifs.
Un premier crie : « C’est une mascarade ! » ; un autre rétorque : « C’est un coup monté ! » ; auxquels quelques insultes répondent : « Assassins ! » ; « Meurtriers » ; « Vous allez payer ! ».
Une bousculade s’ensuit, quelques lances athéniennes sont brandies face à des glaives hébéïens.

Une voix grave et censée rappelle les hommes à la raison, faisant même s’accroupir les athéniens. Il s’agit du sergent Mensa Saint de bronze de la Table :
Mensa - " Allons soldats ! Il s’agit ici du fait d’un seul homme… "
Mensa pointe du doigt Jaki :
Mensa - " … attendons d’interroger ce brave garçon pour savoir ce qui s’est réellement passé… "


Plus loin, quelques soldats quittent discrètement un logis qui prend soudainement feu avec, parmi eux, Ennetsu Saint.
L’incendie ameute d’autres soldats des deux camps qui découvrent sur les lieux des cadavres d’hébéïens et d’autres mercenaires enrôlés par Gigas, blessés, prétextant avoir tout fait pour protéger les villageois.


Mensa rallie ce nouveau point d’incident. Il est désemparé, il n’arrive plus à retenir ses hommes, quelques coups de poings fusent déjà entre les deux camps.


A moins de trois kilomètres, un autre sergent, Circinus, est face à un dilemme. Un groupe de dix soldats du Sanctuaire a été massacré et seulement trois soldats originaires d’Yíaros gisent avec eux dans les plaines reculées qui relient les villages de l’ouest à la ville d’Honkios au centre du Sanctuaire.
Le sergent Circinus Saint de bronze du Compas croit aussitôt en une attaque ennemie et ne distingue pas la présence de Geist, cachée dans l’ombre, se jouant de lui.
Circinus et ses hommes s’interrogent longuement jusqu’à ce que des flammes rongent une nouvelle maison, cette fois-ci dans le village de Paesco où vit Apodis.
S’en est trop, Circinus ordonne à ses troupes :
Circinus - " Soldats, gardez les rangs, nous sommes attaqués ! Allons porter secours au village de Paesco. "


A Paesco les coups de poings ne suffisent plus, quelques corps sont transpercés par les lames athéniennes contre lesquelles ripostent les épées hébéïennes.
Pour la première fois de sa vie, Mensa ne sait que faire, il peine à croire que ce sont les hommes d’Hébé qui assaillent le Sanctuaire. Pourtant la cohue s’élargie, une bataille commence.
Il est rejoint par Circinus :
Circinus - " Mensa ! Nous sommes attaquées ! "
Mensa - " En es-tu sûr ? "
Circinus - " Certain ! Des soldats ont été attaqués plus haut dans les plaines. "
Mensa grimace. A contre c½ur il ordonne à ses hommes qui pour l’instant échangent grossièrement des coups :
Mensa - " Reformez les rangs ! "
Et Circinus de renchérir :
Circinus - " Et écrasez les traitres ! Repoussez les soldats d’Hébé hors de nos murs ! "


A l’est, non loin des villages :

Dans une vaste forêt du domaine sacré, un homme vêtu d’une tunique grenat couverte d’une armure blanche et crème, profite de l’ombre et du vent frais de ce mois de mars 1985.
Le sol est imprégné de chacun de ses pas tant ses larges cuisses sont couvertes par sa massive Cloth arrondie à hauteur des genoux.
On retrouve cette épaisse protection au niveau de ses avant-bras, remontant jusque ses larges épaulettes armées de deux pointes acérées.
Bien qu’il tienne dans ses mains son casque orné d’une crinière métallique sur son dessus, sa tête reste protégée grâce à l’épais col de sa Cloth qui cache quelque peu son visage jusqu’à hauteur de ses oreilles.
Du col à sa taille particulièrement fine par rapport au reste de son corps, cet Alcide est protégé par une unique pièce formant un plastron à l’allure impénétrable.

Ses cheveux bleus marines coiffés en arrière dégagent ses grands yeux noirs, plein de sympathies, habillés par d’épais sourcils.
Comme son compère Iphiclès, cet Alcide porte un collier de barbe, cependant moins bien taillé que celui du premier. Sûrement est-ce l’âge qui donne à son poil semblable à du crin cet aspect dur et insensible.

L’Alcide observe les animaux se promener, chasser, boire ou jouer sans même se faire remarquer.
Il s’agenouille devant un cours d’eau et en prélève dans la paume de sa large main droite afin de s’en délecter. Face à lui, à l’autre rive, un cerf l’observe. Ils restent de longues minutes l’un face à l’autre à s’étudier.
Soudain, un craquement de branche venant de derrière l’Alcide fait fuir l’animal.

L’un des douze plus puissants soldats de l’île d’Yíaros, se relève sans se presser. De ses minces narines, il flaire la présence d’un homme et sans se retourner lui adresse la parole :
Teucer - " Allons messager, soit plus discret lorsque tu cherches à approcher quelqu’un, car moi, Teucer Alcide du Sanglier d’Erymanthe fait de la discrétion un atout indispensable… "
Il se retourne vers son subordonné et lui indique un point haut, vers les arbres, à leur droite :
Teucer - " … C’est d’ailleurs un des atouts de ce Saint qui est caché là-bas au loin et qui me suit sans même inquiéter les animaux de sa présence. "

Démasqué, ledit Saint saute du haut de son arbre pour atterrir à la place qu’occupait jusqu’alors le cerf.
Son diadème à la pointe acérée empêche ses longs cheveux couleur cuivre de glisser devant ses yeux tandis que son armure violacée est irradiée par les quelques rayons de soleil qui percent les feuillages.

Le pauvre soldat d’Hébé tente quand même de dialoguer avec son supérieur :
Soldat - " Seigneur Teucer, je viens vous informer que près des frontières et dans les villages qui les bordent, nos forces ont été attaquées. J’arrive tout droit des villages du sud pour demander à tous les Alcides de retourner auprès d’Hébé.
Le Sanctuaire nous accuse de vouloir les attaquer, il s’agit certainement d’une conspiration puisqu’au nord, comme au sud, en passant par l’est et l’ouest, des villageois ont été pillés, tués voire violés avec toujours sur les lieux des crimes certains de nos hommes et… "
Teucer lui coupe la parole :
Teucer - " Et bientôt toutes nos unités sur les postes frontières seront décimées, encerclant ainsi notre déesse qui ne se doute pour le moment de rien et qui se trouve au centre du Sanctuaire. Ingénieux… "
Teucer s’adresse au Saint face à lui :
Teucer - " … Oui, c’est ingénieux ! N’est-ce pas chevalier ? "

Son opposant ne répond pas. Teucer reprend alors la conversation avec son homme :
Teucer - " Les forces d’Athéna vont empêcher quiconque de s’introduire dans le centre du Sanctuaire. Tente tout de même d’alerter en chemin le maximum d’hommes qui n’ont pas encore été attaqués et force le passage. Je te rejoindrai tout à l’heure. "
Soldat - " La divine Hébé est en compagnie d’Iphiclès et de Juventas, les deux plus puissants Alcides du royaume. Comment n’ont-ils pas pu ressentir une perturbation cosmique alors que des combats se déroulent tout autour d’eux ? "
Teucer - " Parce que tout a été orchestré depuis le début. Le Grand Pope dispose de puissants chevaliers maitrisant entre autre des pouvoirs télépathiques et télékinésiques. Le Colisée où se trouve actuellement Hébé doit être entouré par de multiples ondes produites par ces hommes, bloquant ainsi la liaison vers l’extérieur.
J’ai moi-même senti ce pouvoir lorsque je suis sorti de l’enceinte de cet amphithéâtre, tout comme j’ai remarqué que nous étions suivis, observés depuis notre arrivée… "
Teucer se permet même une pointe d’humour :
Teucer - " Et ce chevalier qui est face à toi s’est lié d’admiration pour moi, il ne me lâche pas d’une semelle depuis mon arrivée. Ah… Ah… "
Il se reprend et fronce le front :
Teucer - " Son cosmos est puissant, je peux deviner qu’il s’agit là d’un Saint d’argent. Le combat sera difficile. Je te rejoindrais après. Pars maintenant soldat ! "
Le messager à l’armure azure fuit à pleine jambe laissant face à face l’Alcide qui enfile son casque et le Saint.

C’est le mystérieux chevalier qui engage les hostilités.
D’un simple mouvement de son bras droit, comme s’il fendait l’air, sortent cinq disques d’argent tournoyant à une vitesse folle, les rendant tranchants et s’abattant sur le doux mais robuste Alcide.
Teucer frappe le premier disque sur le dessus afin de le briser puis esquive le second ainsi que le troisième. Le quatrième est fracassé comme le premier alors qu’il arrête le dernier en le bloquant entre la paume de ses deux mains.
Il affiche alors un sourire de satisfaction avant de se reprendre : il entend au sifflement de l’air que le second disque qu’il a esquivé revient dans son dos, à hauteur de sa tête !
Il a à peine le temps de s’abaisser pour l’éviter que le disque s’entrechoque sur la crête de son casque. Les deux métaux se brisent sur le coup.
Teucer, sur le qui-vive, imagine que le troisième boomerang qu’il a esquivé tantôt s’apprêtait à le charger. Il scrute l’horizon pour le chercher du regard. C’est finalement au loin qu’il retrouve l’arme, figée en pleine colonne vertébrale du messager. Le pauvre homme, à demi conscient, gesticule en hurlant de douleur.

Teucer se remet en garde :
Teucer - " J’ai déjà entendu parler de toi. Dans le passé mon arrière-grand-père qui avait été reconnu également par mon armure comme étant le digne Alcide du Sanglier d’Erymanthe a combattu au côté de l’ancien porteur de ta Cloth lorsque notre armée est venue prêter main forte au Sanctuaire au cours d’une Guerre Sainte.
Il me disait toujours : de leurs tournoiements virevoltants, ses disques peuvent fendre n’importe quelle matière, il est l’un des plus grands Saint d’argent, le chevalier du Cocher ! "

Effectivement, Capella du Cocher se reconnaît dans cette description, il rigole longuement :
Capella - " Quelle classe, je n’ai même plus besoin de présenter ni mon rang ni ma constellation protectrice ! Peut-être vais-je te donner mon nom pour que tu saches tout de même qui va te donner la mort espèce de traître. Je suis Capella ! "
Teucer s’offusque :
Teucer - " Traitre ! Commence oses-tu me parler ainsi ? "
Capella - " Athéna vous accueille en ses terres et en retour vous chercher à envahir notre domaine. Le Grand Pope a eu raison de nous faire part de ses méfiances quant à votre venue. La Journée Sainte, ce jour de fête, sera entaché de ton sang. "
Teucer - " Serais-tu donc aveugle chevalier ? Ne vois-tu pas que le Pope annexe les territoires des dieux mineurs depuis ces dernières années ?
Tout cela parce que ces dieux trouvent les actes de ton Pope indépendants de la volonté d’Athéna !
Il a fait passer ces invasions sur le compte d’une trahison, mais ils n’ont jamais voulu renier la domination du Sanctuaire sur le monde, ils ont toujours été fidèles à Athéna. Hébé est de ces dieux, elle souhaite simplement profiter de cette fête pour aborder avec Athéna ces morts inutiles. "
Capella - " Le Grand Pope est le représentant divin de la volonté de notre déité. Parler ainsi de lui c’est insulter notre déesse.
Maintenant que ton messager est mal en point, personne ne viendra te prêter main forte, tu vas mourir ici. "
Teucer - " Dans ce cas il te faudra plus que de vulgaires disques qui entament à peine la chair. "
Capella - " Si tu fais allusion à ce disque figé dans le dos de ton acolyte, sache que ce n’était là qu’un avant goût, je n’ai pas l’intention de vous tuer sans vous faire souffrir pour payer l’impudence de vos propos.
Si je l’avais voulu, son corps aurait pu être transpercé. D’ailleurs tu sembles oublier que ton armure a déjà été marquée par un simple choc. "
Capella indique la crête du casque mise en pièces par un seul disque.
Teucer - " Cela ne sera pas aussi simple que tu le penses Saint d’Argent ! "
Capella - " Dans ce cas pare donc ça : Saucer Ko Geki ! "


A l’ouest, dans le village de Paesco :

La bataille fait rage, de nombreux cadavres athéniens et hébéïens s’écroulent tour à tour sous le poids des armes et des coups chargés de cosmos.

Mensa de la Table, désabusé, élimine chaque adversaire qui se dresse devant lui. Contraint de traverser le village de Paesco pour atteindre le village voisin et prêter main forte au capitaine Misty du Lézard qui affronte un Alcide, Mensa fait preuve d’un sens prononcé du corps à corps. Pourtant démuni de son bras droit qu’il perdit lors de la grande bataille contre Arès, il semble à son avantage.

Sa route le conduit jusque devant la maison d’Apodis où vivent Sperarus et Mujakis, le fils et la mère du jeune Saint de l’Oiseau de Paradis. Quelque chose l’inquiète. Bien que la bataille se déroule en raison de soi-disant pillages d’hébéïens chez les habitants du Sanctuaire, jamais il n’a vu de ses propres yeux le moindre hébéïen pénétrer dans la demeure du peuple athénien. Or, cette maison, celle de son frère d’arme, a sa porte complètement arrachée.
Mensa se précipite à l’intérieur pour s’assurer que la santé de la famille d’Apodis soit saine et sauve.

Quelle lugubre découverte il fait en entrant !
Au sol, est étendu le corps de Mujakis déchiré de toute part et baignant dans son sang. Au dessus du landau de Sperarus, s’agite un homme, vêtu d’une Cloth inhabituelle, aux couleurs pâles teintées de rose et de jaune délavé. De son casque semblable à un large chapeau en forme de méduse, tombent ses gras cheveux blancs, alors que le long de ses bras descendent des tentacules visqueux.
Mensa se jette vers lui par surprise et le renvoie d’un violent coup de pied dans le dos contre la cloison de la pièce principale.

En approchant l’enfant, il découvre avec effroi les lacérations autour de son cou. Son petit corps est froid, bleu, sans vie. Ses jolis yeux remplis habituellement de tendresse sont complètement révulsés.
Mensa pleure devant tant de cruauté. Il ne comprend pas que tant de haine peut annihiler des innocents.
Il toise alors le meurtrier du regard et constate d’un air furieux :
Mensa - " Ta Cloth n’est pas celle d’un soldat d’Hébé, ni même celle d’un Alcide. Qui es-tu ? "
Il avance déterminé vers l’assassin. Dans sa main gauche, brule une sphère chargée de cosmos. L’homme relève la tête, ses yeux noirs saphirs interpellent tout de suite Mensa :
Mensa - " Front… Frontinus… Tu es Frontinus, le père d’Apodis. Comment, comment as-tu pu… Mais… Enfin… c’était ta femme et… ton petit-fils… Ta famille ! Comment as-tu pu faire ça ? "


Au centre du Sanctuaire, dans la ville d’Honkios :

Naïra Saint de bronze de la Colombe, amie de Seiya, venue elle aussi de la fondation Kido, continue de suivre les vingt hommes d’Hébé qui, sous la coupe d’un Alcide, arrivent au pied des marches des douze maisons du zodiaque.

Les hébéïens se posent en ligne comme pour bloquer l’accès tandis que l’Alcide qui les accompagne monte trois marches avant de se tenir debout, inflexible, les bras croisés.
Naïra se pose près d’un autel confectionné à l’occasion de la Journée Sainte par les commerçants d’Honkios pour mieux observer l’attitude des invités du Grand Pope.

Les quelques villageois qui vivent encore dans une ambiance de fête sans se douter de rien, remarquent que de plus en plus de soldats, hébéïens comme athéniens, accourent de partout. Les femmes qui défilent jusque là dans la rue commencent à s’inquiéter et invitent leurs enfants à rentrer chez eux avec elles. D’autant plus que des bruits courent que partout autour d’Honkios la bataille fait rage entre athéniens et hébéïens.

Un habitant se hasarde à approcher les soldats d’Hébé qui cernent les marches des douze palais. Aimable et souriant, il demande à l’un d’eux :
Le villageois - " Dîtes messieurs, comment se fait-il que vous vous installez là ? "
Le soldat interrogé répond sèchement :
Soldat - " La raison qui nous guide te dépasse. Va maintenant ! "
Vexé, le villageois hausse le ton, suivis par plusieurs des siens :
Le villageois - " Faut-il vous rappeler que vous êtes sur nos terres et que nous n’avons aucun ordre à recevoir. "
L’hébéïen, prenant sa tâche à c½ur, bouscule le villageois et brandit sa dague dans sa direction. Les dix neuf autres soldats qui l’accompagnent font de même tandis que l’Alcide reste les bras croisés sans même dire un mot.
Le courageux villageois n’en n’est pas moins téméraire et fait front avec ses semblables pour manifester leur désaccord sans pour autant prendre le risque de se jeter sur les lames ennemies.

Naïra, spectatrice jusqu’ici, se déplace à la vitesse du son pour arriver après un magnifique saut périlleux juste derrière l’Alcide et évite ainsi de se frotter aux dociles gardes.
Après avoir assisté à cette magnifique cabriole, les villageois se rassurent. En ch½ur, ils crient : « Regardez ! Regardez ! Voici Naïra ! »
Naïra choisissant, avant tout la voie de la diplomatie, s’adresse aux villageois :
Naïra - " Chers concitoyens, vous comprenez de vous-même qu’un malaise est présent vis-à-vis de ces hommes. Je m’engage à résoudre cela bien que la situation soit tendue.
En conséquent je vous invite à retourner auprès de vos familles et à vous enfermer chez vous jusqu’à ce que les forces du Sanctuaire reprennent le contrôle.
Je profite de votre bon sens pour avertir les habitants des villages alentours qui n’ont pas encore eu vent de la discorde qui règne ici. "

Les villageois ne s’offusquant pas après l’intervention du Saint de bronze de la Colombe quittent les lieux de façon enthousiaste tandis que l’Alcide continue de lui tourner le dos.


A l’Ouest, dans le village de Paesco :

Dans la maison d’Apodis, Frontinus dévisage Mensa avec mépris :
Frontinus - " Oui… Oui c’est moi qui les ai tués. J’ai pris à c½ur ma mission et j’ai choisi cette demeure pour soulager toute ma ranc½ur envers Apodis et justifier auprès de mon maître la confiance qu’il m’accorde. Ma famille désormais ce sont les Ghost Saint. Je suis maintenant un Saint et j’obéis aux ordres ! "
Mensa - " Les ordres ! Quels ordres ? Tu fais donc parti des mercenaires qui travaillent en secret pour le Pope. La rumeur est bien fondée. C’est bien vous qui avez manigancés cette guerre contre Hébé ? "
Frontinus - " Tu en sais trop désormais, j’en invoque la foudre : Hyaku Man Volt Den Keki ! "

Un flot d’éclairs s’abat sur Mensa prit par surprise qui ne peut riposter. Frappé par la foudre, il sent son armure se fissurer en de multiples endroits. L’attaque du Ghost Saint est trop puissante pour le vieux Saint de la Table.
Il tombe à genou, épuisé. Son unique bras tremble tant les forces lui manquent. Cela fait quelques années qu’il n’a plus mené de vrais combats. Depuis son infirmité, il se préparait à prendre une retraite dorée à surveiller les frontières sans imaginer l’ombre d’un danger. Néanmoins, le sourire qui se dessine sur son visage inquiet annonce qu’il s’est résigné, il sait qu’aujourd’hui sera le dernier jour de sa vie.

Il commence par se relever péniblement. Frontinus souhaitant en finir rapidement avant d’être vu par d’autres hommes d’Athéna :
Frontinus - " Tu n’en as peut-être pas eu assez avec le Hyaku Man Volt Den Keki. Peut-être que mon attaque la plus puissante sera à la hauteur de tes espérances : Ghost Saint Kurage Ryu Den Keki Hyaku Man Volt ! "
Alors qu’une onde de choc bien plus impressionnante que la première se dirige sur Mensa, ce dernier ferme les yeux et dessine avec sa main gauche un mur contre lesquelles les éclairs se heurtent.
A mesure qu’ils se heurtent contre la paroi cosmique, les éclairs se rassemblent et se concentrent à l’intérieur d’un cube dans lequel ils semblent rester prisonniers. Frontinus est abasourdi.
Le Saint de bronze ouvre les yeux :
Mensa - " Cosmic Miror ! "
Le cube remplit de cosmos s’affaisse en direction de Frontinus et éclate en rentrant en contact avec sa chair. Le tonnerre s’abat sur lui, à une puissance bien plus grande que celle dégagée par son attaque.

Sonné, Frontinus balbutie :
Frontinus - " C’est comme si je venais de frapper mon reflet, comme si j’étais face à un… "
Mensa - " Un miroir ! C’est bien ça. Le Cosmic Miror a la capacité de capter l’attaque de mon adversaire afin de la mêler à mon cosmos et de se retourner contre lui. "
Frontinus titube en direction de Mensa puis finit par retomber sur ses fesses, il n’a plus la force de continuer le combat. Il comprend que sa défaite est proche :
Frontinus - " Ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire la grimace n’est-ce pas ? J’aurai dû me douter que t’éliminer ne serait pas chose aisée.
Et maintenant ? "
Mensa visiblement marqué lui aussi par le coup qu’il a reçu, s’approche péniblement :
Mensa - " Maintenant je vais te faire parler sur la place publique, tu vas avouer tout ce que tu sais et je vais tenter de faire stopper ce début de guerre inutile. Trop de sang a déjà coulé.
Pour ce qui est de ta punition il est clair que tu ne mérites pas de vivre et je laisserai le soin à Apodis de te donner la mort qu’il te convient d’avoir après tout le mal que tu as fais à votre famille… "

Soudain, le sol tremble, inquiétant trop tard le Saint de la Table. Jaki venant se joindre aux festivités !
Epuisé, Mensa n’a pas senti le colosse approcher. Il se retourne difficilement en effectuant un coup de pied retourné mais Jaki le balaie d’un revers de la main.
Le pauvre vétéran s’écrase contre une modeste bibliothèque. L’horrible personnage le soulève par ses cheveux gris et s’amuse à le frapper au visage pendant quelques minutes.

Amorphe, Mensa, le visage totalement tuméfié, prend conscience de la gravité de la situation. De ses yeux gonflés qu’il ne peut plus ouvrir, coulent des larmes qui se mêlent au sang suintant des plaies de ses pommettes. Il est trop tard, il le sait, la corruption au sein du Sanctuaire était bien mince mais suffisamment organisée pour tromper les honnêtes âmes.
Le plus dur à accepter étant qu’il était le seul à avoir les preuves de ce qui se tramait ici et qu’il ne pourrait en témoigner à présent. Il s’en voulait de ne pas avoir senti la présence de Jaki alors qu’il tenait Frontinus à sa portée…
Non, c’est trop dur à accepter. Il doit encore tenir le coup, une dernière fois. Il le faut !

Jaki dirige à nouveau son poing en direction de l’apathique mourant laissant au moment de l’impact jaillir un flot de sang !

Frontinus, toujours assis, n’en revient pas : Mensa, plus mort que vif, vient de se défaire de l’emprise de Jaki, prenant même le luxe de le frapper violemment prêt de l’½il gauche, fendant ainsi l’hideux visage de ce grossier blond.
Jaki se tient à genou, se pliant de douleur, couvert de sang, victime d’une incroyable hémorragie.

Alors qu’il peut lui porter un coup fatal, Mensa s’affaire plutôt à concentrer son cosmos dans la paume de sa main :
Mensa - " Cosmic Miror. "
Un minuscule cube cosmique se forme encore, Mensa resserre ses doigts dessus et lève le tout vers le ciel. Une lumière aveuglante illumine les lieux l’espace d’une seconde puis plus rien, le calme, le néant.
Frontinus est dépassé par les évènements.

Mensa se tient droit, debout, son c½ur bat faiblement mais son corps reste sans vie. Ses poumons ne semblent plus aspirer d’air. Ses genoux tremblent, ils finissent même par lâcher sous le poids. Mensa de la Table s’écroule au sol, le visage retombant dans la poussière. S’en était finit de lui.

Frontinus, penaud, se remet laborieusement debout puis boite jusque Mensa. Il le secoue avec le pied pour s’assurer du décès de son adversaire.
Jaki se tient l’½il, la douleur est atroce.

Dehors, la cohue mêlant athéniens et hébéïens approche. Si Frontinus est découvert ainsi, la mission qui a été confiée aux Ghost Saints ainsi qu’aux autres mercenaires sera ruinée.
De part une lucarne, un nuage de fumée pénètre dans la demeure, laissant apparaître Geist :
Geist - " Allons Méduse ! Que fais-tu ? Partons maintenant. "
Frontinus pointe Jaki du doigt :
Frontinus - " Et ce bougre ? Que va-t-il devenir ? Il m’a sauvé la vie, il a sauvé notre mission. "
Elle saisit le Ghost Saint de la Méduse violemment par le bras et l’entraîne dans son brouillard grisonnant. Alors que leurs corps se dissipent, la voix de Geist résonne à mesure que la brume quitte l’atmosphère :
Geist - " Il ne fait pas parti des Ghost Saints, laissons le à son destin… Ah… Ah… Ah… "


Plus loin, près des murailles, Circinus et ses légions repoussent les hébéïens à l’extérieur du domaine.
C’est alors qu’il transperce d’un violent coup de poing la cage thoracique d’un adversaire que Circinus est saisi par une cosmo énergie :
Circinus - " On veut entrer en contact avec moi ! "
Il ferme les yeux et se concentre un instant en murmurant :
Circinus - " Je dois ouvrir mon cosmos, je dois le montrer moins hostile, moins hostile… "
Son souffle est détendu, ses poings se desserrent. Instantanément, jaillit du sol le Cosmic Miror de Mensa.
Circinus ouvre les yeux et rejoint ses deux mains, paumes ouvertes vers le ciel, pour accueillir le message de son ami. Aussitôt en osmose avec l’aura de Mensa, Circinus réalise :
Circinus - " Mensa ! Il est mourant, il m’envoie son dernier souffle depuis… depuis… non ! C’est impossible ! Depuis la maison d’Apodis ! "
Circinus quitte immédiatement ses troupes et retourne au village…


Au centre, dans la ville d’Honkios :

Enroulés dans une étoffe, les deux amis, couchés dans la paille, ne se doutent pas des évènements qui ont lieux autour d’eux.
Les bruits et l’agitation alentours n’ont pas empêché Seiya de trouver le sommeil en gardant contre lui Filia.
Celle-ci revient à elle et se lève en essayant de bouger le moins possible le bel apprenti. En écartant l’étoffe, elle arbore sa robe à moitié dégrafée et laisse Seiya le torse à l’air dans cette réserve appartenant à son père.
L’atmosphère fraiche du mois de mars dérange Seiya qui rouvre les yeux et observe Filia réajuster ses vêtements et ses cheveux. Elle sort ensuite de derrière un ballot de paille un sac de victuailles.
Seiya l’interroge :
Seiya - " Que fais-tu ? "
Filia - " Tu as tenu parole. Je tiens la mienne, voici ta nourriture. "
Elle vient déposer le panier auprès de lui. A cet instant, Seiya redresse son torse avec aisance et saisi le bras de sa belle amie. Il la tire contre lui pour la serrer dans ses bras en lui déclarant :
Seiya - " Je n’aime pas manger seul. Tu resteras bien un petit peu avec moi ? "
Elle lui répond par un délicat baiser sur le coin des lèvres. Le regard de Seiya en dit beaucoup sur cette incroyable complicité qui le liera à Filia jusqu’à ce qu’il devienne chevalier…


A l’ouest, au village de Paesco :

Circinus arrive aux abords du village jonché de cadavres. L’offensive d’Hébé a été repoussée comme un peu partout à l’est, au nord et au sud du domaine d’après les propos des messagers.

En dehors du Sanctuaire, les troupes d’Hébé se réunissent devant le portail cosmique qui leur a permis de venir jusqu’ici afin de protéger le chemin qui les relie à l’île d’Yíaros en attendant des nouvelles de leur déesse prisonnière à l’intérieur du Colisée.

Circinus trottine, sautille, en évitant les cadavres et les estropiés, il calme les villageois qui demandent des nouvelles au sergent qui dévale les chemins de terre.
Circinus parvient enfin devant la ruine de ce qui était il y a encore quelques heures la maison d’Apodis dans laquelle il vivait heureux avec sa mère et son fils.

Circinus, en passant non pas par l’entrée mais par une brèche faite dans la façade de l’habitation, protège son nez et sa bouche en découvrant l’horrible chaos !
Ses pieds baignent dans le sang ; le berceau renversé de Sperarus a fait chuté le cadavre du jeune enfant dans cette marre rouge, non loin du corps déchiqueté de Mujakis dont les cheveux flottent dans le liquide écarlate. La maison est totalement retournée, les meubles fracassés, même le portrait auquel Apodis tenait tant, celui de Tenma de Pégase, son ancêtre, a sa toile arrachée…

Circinus distingue au fond de la pièce principale Mensa, la Cloth en miettes. Circinus se précipite vers lui :
Circinus - " Mensa ! Mensa ! Dis-moi quelque chose, je t’en prie ! "
Circinus le secoue en vain. Au bout de quelques secondes, il se résout à ne pas s’acharner.
En relevant la tête, il constate alors que de longues traces de sang laissées par de grands pas ont fuis la maison.
Circinus se lance à leur poursuite…



Il n’était pas encore midi ce 4 mars 1985. Je riais à cette heure ci, Hébé venait de saluer le Pope et les festivités débutaient.
Il n’était pas encore midi ce 4 mars 1985. Babel et Astérion assuraient la sécurité dans le Colisée, se défiant du regard l’un l’autre, sans même se douter qu’Agena, la femme objet de leur querelle, venait d’être assassinée par les mercenaires de Gigas.
Il n’était pas encore midi ce 4 mars 1985. Le Grand Pope orchestrait à merveille une rébellion d’Hébé en prenant soin de faire souffrir ceux qui doutaient encore de la légitimité de ses guerres.
Il n’était pas encore midi ce 4 mars 1985. Je ne savais pas que les seules personnes qu’il me restait dans ma vie avaient perdu les leurs par la main de mon père, un minable Ghost Saint que Seiya éliminera sur l’île dans laquelle il sera tenu à l’exil.
Il n’était pas encore midi ce 4 mars 1985. Je n’avais pas encore réalisé que je n’avais pas su tenir ma promesse, celle que j’avais faite à Netsuai, ma défunte compagne, celle où je lui promis à son chevet que je veillerai à ce que notre fils devienne un beau et fier athénien.

Il est bientôt midi ce 8 janvier 1988. Aujourd’hui je ne sais quel accueil ma compagne Netsuai, mon fils Sperarus et ma mère Mujakis me réserveront lorsque je les rejoindrais dans l’au-delà. Peut-être sera-ce de la colère ? Auquel cas je les comprendrais.

Il est bientôt midi ce 8 janvier 1988. Je ne me suis jamais pardonné leurs morts…

Auteur Sujet: Chapitre 7 - La conspiration du Grand Pope  (Lu 2168 fois)

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