Chapitre 6

Chapitre 6

Des bruits de métaux s’entrechoquent dans la maison du Capricorne.
Ils retentissent si fort que les cors du Sanctuaire qui annoncent ce 4 mars 1985 l’ouverture de la Journée Sainte ne parviennent pas jusqu’aux oreilles du propriétaire du palais.
Dans sa chambrée, Shura, avachi sur son lit, passe sa main dans sa chevelure brune en observant la lutte de deux jeunes femmes aux cheveux noirs et longs, totalement dénudées, portant chacune un glaive et un bouclier.
_ « Allez les filles ! Un peu plus de conviction, les encourage-t-il ! »
Les deux femmes manient avec difficultés les armes et craignent de se blesser. Leurs mouvements sont lents et désordonnés.
_ « Mais enfin ! Battez vous vraiment ! N’oubliez pas que vous êtes dans la demeure du Saint le plus fidèle d’Athéna. Vous faîtes honte à l’honneur que je vous aie fait en vous laissant franchir le seuil de ma demeure ! »
Les deux vénustés repartent de plus belles en balançant de gauche à droite puis de droite à gauche les armes.
Soudain, la porte en bois de la chambre du Saint d’or couine de façon déplaisante.
Un homme vêtu d’une toge longue et ocre approche des trois amants.
Shura ne s’en inquiète pas, percevant sa présence, s’en agaçant même. D’un ton ennuyé : « Oui Dabih !? »
L’homme âgé d’une soixantaine d’années et d’origine marocaine s’accroupit avec difficulté : « Il est l’heure mon maître. Le Pope vous a fait appeler à son palais. »
Shura soupire, il regarde de ses petits yeux sombres les deux femmes.
_ « Bien ! Dabih ! Fais rhabiller ces dames et raccompagne-les à leur village, se navre-t-il. Je reprendrai plus tard mes occupations avec elles. N’oublie pas de me rapporter du linge propre, je dois d’abord laver mon corps avant de me présenter à notre Seigneur, se lève-t-il seulement vêtu de son pantalon. »


Plus à l’ouest, au village de Paesco, les portes des chaumes s’ouvrent tour à tour.
Les hommes quittent déjà la maison pour atteler leurs chars ou installer les dernières décorations sur les temples qui longent la route que va emprunter Hébé.
Les mères secouent leurs enfants qui peinent à se lever après cette courte nuit. Elles s’affairent à les habiller du mieux qu’elles peuvent et à coiffer leurs cheveux ébouriffés.

Apodis rejoint les sergents Circinus et Mensa qui ont ordonnés à leurs hommes de se positionner aux murailles et dans les villages.
Ensemble ils regardent les villageois qui arrosent à coup de grands sauts d’eau les statues des héros et des chevaux mythologiques pour les nettoyer une dernière fois et les rendre plus vivantes. D’autres positionnent des cageots de colombes tout au long du chemin. Ce même chemin qu’empruntent le fidèle caporal d’Apodis, Pullo, et ses hommes qui viennent d’enfiler leurs heaumes et marchent au pas.
_ « Dis-moi, tes hommes ont fier allure aujourd’hui Apodis, charrie Mensa.
_ Comme chaque jour Mensa, le bouscule amicalement Apodis ! C’est parce que tu deviens sénile que tu ne t’en aperçois pas. »
Circinus rit à gorge déployée. Mensa, quelque peu vexé, enroule autour de lui la belle cape rouge qui leur a été demandé à tous, capitaine, lieutenants et sergents, de porter en ce jour particulier.
_ « Toujours est-il, qu’être deux pour veiller sur les frontières aujourd’hui est excessif, remarque Apodis. Qui oserait attaquer le Sanctuaire alors que le Pope écrase chaque dieu mineur qui ose montrer un signe de révolte envers l’autorité d’Athéna ? D’autant plus que Hébé viendra accompagnée de ses hommes.
_ Je trouve cela bien étrange moi aussi. Surtout que nous sommes en sureffectif à certains postes désormais. Voici quelques semaines que de nombreux soldats reviennent de leurs positions depuis les peuples conquis. Sur ordre du Pope ils viennent renforcer les rangs de notre Sanctuaire alors qu’aucune menace n’a été faite pour le moment, rajoute Mensa.
_ Peut-être est-ce justement parce que la déesse Hébé vient avec une grosse partie de son armée que le Pope renforce nos positions, souligne Circinus ?
_ Mais enfin c’est idiot. Depuis toujours Hébé et son peuple sont dévoués à Athéna. Ils vivent sur une petite île reculée de la Grèce, inaccessible comme le Sanctuaire pour les personnes n’ayant pas la maîtrise du cosmos, et ont même, en des temps reculés, prêté main forte à notre déesse de la Sagesse, rétorque Apodis.
_ Il faut croire que les rumeurs qui ont conduit les autres dieux à se manifester soient arrivées aux oreilles d’Hébé, suggère Circinus.
_ Il est vrai qu’à chaque lutte la rumeur amplifie. Le Pope influencerait Athéna, rajoute Mensa, du moins, son frère Arlès aurait de plus en plus d’influence dans les décisions de…
_ Silence les amis, l’interrompt Apodis ! Comment pouvez-vous prononcer de telles paroles en étant des Saints d’ Athéna ? Personne ne peut influencer notre déesse, et même, si je n’approuve pas toutes les décisions de notre Pope, il n’en reste pas moins le représentant direct de sa majesté. Sa cause est celle d’Athéna et elle est juste. Je ne tolérerai plus ce genre de propos de votre part ! »
Mensa et Circinus préférèrent ne pas poursuivre cette discussion qui pourrait leur valoir un jugement pour haute trahison envers le Grand Pope.
En effet, Saga, depuis ces dernières années, a instauré des lois strictes et formelles. Le moindre désaccord envers sa politique équivaut à une insubordination désormais. Le seul verdict dans ce cas est la mise à mort…


Justement, dans la chambre du Grand Pope, assis sur son siège orné d’or, décoré par des tiges en forme de vipères, Saga, dans son costume de Pope, scrute l’horizon depuis le balcon.
Gigas, à genou, déroule une feuille de papyrus dans laquelle sont inscrits les noms de chaque participant à cette Journée Sainte ainsi que leur fonction. Cela va du simple esclave chargé de porter la litière de son maître jusqu’aux Saints d’or qui seront de la partie.
Saga, après avoir passé des jours à élaborer une stratégie en cas d’insistance d’Hébé pour rencontrer Athéna, fait part de son plan à Gigas.
Certains Saints sont encore soupçonneux à propos des agissements du Sanctuaire dans le monde.
Si un quelconque incident causé de toute vraisemblance par Hébé et ses hommes venait à se produire aujourd’hui, cela permettrait de rallier la quasi-totalité de l’armée à la cause du domaine sacré qui comprendrait mieux les décisions du Sanctuaire.
Saga sait qu’Hébé émet des doutes au sujet de la gestion du Sanctuaire et qu’elle ne viendra pas sans une escorte importante.
Gigas finit de donner le nom de tous les participants. Le Pope l’interrompt : « Allons, cesse de m’importuner avec le nom de ceux qui sont déjà sous mon étendard ! Parle-moi plutôt de ceux qui ne le sont pas et qu’il convient de persuader. »
Gigas sort alors un autre rouleau de papyrus où seul le nom des Saints circonspects sont notés, parmi lesquels Apodis et Babel Saint d’argent du Centaure sont cités.
Après en avoir nommé une douzaine, Gigas continue : « … j’ai donc, selon vos instructions, appelé quelques soldats de confiance et autres mercenaires pour cette occasion. Tout sera mis en ½uvre pour faire croire à une tentative d’invasion. Bien entendu les Saints qui hésitent encore à vous suivre jusque là seront les premiers touchés par cette action. Certains ont des familles, des amis et des apprentis. D’autres sont sergents d’une troupe. Imaginons que même la famille des soldats soit victime de la cruauté d’Hébé, cela serait scandaleux !
_ Parfait Gigas, c’est en cultivant la haine qu’on s’en fait une alliée ! »

Le représentant d’Athéna prend appui sur son siège pour s’en relever.
Il marche en direction de l’intérieur de son temple en croisant Gigas qui baisse immédiatement la tête : « As-tu quelques noms de mercenaires qui mèneront cette action à me donner ?
_ Depuis qu’on a fait forger à Saül, notre meilleur forgeron, une Cloth pour Geist et ses trois hommes, ceux qu’on a choisi de nommer les Caraib Ghost Saints ne nous ont jamais déçus. Leur goût prononcé pour les océans a fait d’eux un atout majeur pour notre prise de pouvoir sur les îles et autres domaines maritimes comme le Port du Destin en Crète. Je pense également à un apprenti chevalier du nom de Jaki. Il n’accèdera jamais au rang de Saint mais sa force physique est si grande qu’il est capable de rivaliser avec les plus puissants Saints de notre armée. Il y a aussi mon jeune protégé, l’Ennetsu Saint, que vous avez vous-même congratulé en lui faisant faire forger une armure également. Voilà pour ceux qui nous ont déjà rendu le plus de services. J’envisage de donner leur chance à d’autres combattants souhaitant devenir mercenaires dans nos rangs et de leur confier des cohortes de soldats sur lesquels nous pouvons compter. Vous savez, le genre de soldat qu’on a récupéré dans les prisons de nos ennemis, ainsi que quelques sous-fifres de l’Ile de la Mort. Depuis que vous y avez exilé le peuple des Titans, le nombre d’Ankoku Saints n’a cessé d’augmenter en nombre et en force. Guilty, que vous avez soumis, contribuera volontiers à nous fournir quelques renforts. »
Avant de se rendre dans une autre pièce, Saga conclut : « Je suis ravi de pouvoir compter sur toi Gigas. Cependant il ne faudrait pas que l’on sache que trop de mercenaires sont à notre service. Nous avons augmenté les rangs de cette caste non reconnue par Athéna. Trop de monde commence à se poser des questions. Des hommes reconnus comme Docrates ne posent aucun problème, faudrait-il encore qu’il puisse réaliser ce genre de mission. Son sens de la justice est trop fort pour qu’on le mette au fait de nos actes. Tuer des innocents sans réfléchir n’est pas dans ses habitudes. Des gens violents comme ton apprenti ou bien comme les Caraib Ghost Saints sont parfaits. Avec eux, le seul danger est qu’on sache qu’ils travaillent pour nous. Il serait donc plus prudent de faire exécuter la plupart d’entre eux après leur mission. Pour les plus utiles, fais-les simplement exiler ou emprisonner sur mon ordre, peut-être pourront-ils nous rendre d’autres services plus tard. »
Gigas disparaît dans la pénombre pour relayer les ordres, laissant Saga seul.

Le Saint d’or des Gémeaux marche lentement sur les dalles de sa demeure. Ses cheveux, habituellement gris, virent à leur couleur naturelle.
Il ôte son masque et observe sa mine dans le miroir. Il observe son reflet, songeur : « Ah Ambroisie… Ma douce amie, se peut-il que la rumeur soit fondée ? Se peut-il que tu sois la réincarnation divine d’Hébé. Dans ce cas, ma tentative de meurtre sur Athéna ne serait pas ma seule offense commise à l’encontre de l’Olympe… »


A l’est du domaine, un homme aux petits yeux marrons et à la chevelure brune en forme de flammèches serre contre son torse une femme étendue à ses côtés sous une longue étoffe qui couvre la couche.
La femme aux cheveux mi-longs, couleur or, tout comme ses yeux coiffés de très fins sourcils, affiche beaucoup de maturité sur son visage.
Agéna, de sa bouche pulpeuse, rappelle à Babel à quel point elle l’aime.
_ « Si tu m’aimes tant, quitte-le s’il te plait… »
Agéna ne répond rien…
Babel se lève alors sans dire un mot. Il fait couler l’eau de plusieurs jarres dans le bassin de sa demeure.
_ « Je dois me dépêcher de m’approcher du centre du Sanctuaire. Je suis de garde à Honkios aujourd’hui pour la Journée Sainte. J’y verrais d’ailleurs ton mari que tu refuses de quitter.
_ Pourquoi faut-il que tu me le reproches à chaque fois que nous nous voyons, le rejoint-elle ?
_ Parce que chaque fois tu me dis que tu ne l’aimes plus, s’explique t’il tout en frottant son corps dans l’eau froide pour le laver. Parce que chaque fois tu prétends vouloir faire ta vie à mes côtés. Qu’attends-tu à la longue ?
_ J’aimerai que le Grand Pope approuve ma décision. Je suis mariée au Saint d’argent de la Meute et pour me désunir de lui seul le Pope peut se prononcer.
_ Qu’il aille au diable celui là ! Depuis des années il privilégie ses guerres et sa conquête du monde aux soucis de son peuple. Il va à l’encontre même de la volonté d’Athéna !
_ Tu es si différent d’Astérion. Lui ne voit que par le Pope et il a raison !
_ Alors pourquoi aimer un homme tel que moi, qui dénigre les actes de celui à qui nous devons allégeance ? "
_ Parce que toi tu sais m’écouter, me soutenir et m’encourager. Tu ne doutes pas de moi et je peux me reposer sur ton épaule lorsque tout va mal. »

Babel sort du bassin et utilise un épais tissu pour s’essuyer. Il enfile un pantalon et un haut fuchsia puis se dirige vers sa Pandora Box sur laquelle est déposée une petite boite en bois. Il ôte une chaîne qu’il porte autour du cou et ouvre la boite en question pour en sortir un anneau doré.
Devinant l’intention de Babel, Agéna pose sa main contre sa poitrine.
_ « Alors si tu ne peux la porter à ton doigt, porte en attendant cette bague autour de ton cou afin que tu saches, lorsque tu es obligée de rentrer chez toi, que moi, Babel Saint d’argent du Centaure, je veille sur toi. »
Avant que Babel ne lui dépose le collier et la bague autour de son cou, elle retire immédiatement son alliance qu’elle laisse tomber lourdement au sol.
Une fois les extrémités de la chaîne reliées, Babel revêt son armure.
_ « Agéna, s’agenouille-t-il le casque tenu dans ses bras, ma douce, sache que plus que quiconque tu comptes pour moi. Par cet anneau je te demande de devenir mienne dès aujourd’hui. Je profiterai de la présence de la déesse Hébé, Déesse de la Jeunesse, pour demander au Pope de te rendre ta liberté de femme pour me l’offrir. »
En larme, Agéna s’accroupit aux côtés de Babel et lui pose un délicat baiser sur les lèvres. Après lui avoir rappelé à quel point il l’aime, il ramasse discrètement l’alliance qui la rattache encore à Astérion puis quitte sa maison pour le village d’Honkios.
Il a maintenant hâte que la journée soit terminée afin de revenir et de ne plus l’abandonner aux bras d’un autre.

En sortant de chez lui, Babel ne remarque pas la présence de quelques individus cachés derrière un rocher. Ceux-ci observent avec insistance la demeure, ils attendent celle qui ne va pas tarder à en sortir à son tour…


A l’opposé du Sanctuaire, près des murailles qui relient le sud et l’ouest, des centaines de soldats Athéniens se tiennent en rang, ils sentent le sol trembler sous leurs pieds.
De dehors, les roulements de tambours annoncent la marche triomphale hébéïenne à laquelle répondent les cors du Sanctuaire.

_ « C’est l’heure, trépigne Apodis ! »
Lui qui se tient devant ses hommes voit la grande porte s’ouvrir.
Une grosse majorité de la population du Sanctuaire s’est déplacée jusqu’ici.
Certains sont à genoux et prient, d’autres scandent le nom d’Athéna et d’Hébé, il y en a qui jouent de la musique et lancent des pétales de fleurs haut dans le ciel, les colombes sont lâchées et les lampions des jeunes enfants s’allument, d’autres applaudissent…

C’est depuis un plateau à la sortie des montagnes qui délimitent les frontières du Sanctuaire, véritables barrières infranchissables pour un simple humain, qu’une passerelle cosmique crée par Hébé relie son siège de Yìaros aux portes du Sanctuaire.

En tête, des chevaux blancs tirent des chars sur lesquels se trouvent de grandes cages renfermant des tigres et autres félins.
Sur les flancs de ceux-ci se tiennent de chaque côté dix hommes armés de dagues ovales et protégés par un plastron, des jambières, des avant-bras et d’un casque.
La couleur azure de leurs armures s’accorde parfaitement à leurs tuniques bleu marine.

Les villageois postés aux frontières dénombrent ainsi huit chars magnifiquement décorés et habités.
Derrière eux, une vingtaine d’hommes aux crânes rasés ne portant qu’un léger voile bleu autour de la taille soutiennent une grande litière nappée de draps bleutés.
De dehors, on peut entendre quelques rires fripons s’échapper de cette chambre mobile.
Sur les flancs de l’immense litière, des soldats jouent de la trompette et du tambour.
Cette fanfare est sublimée par les nombreux confettis lâchés par les jeunes servantes d’Hébé vêtues également très légèrement.
Pour entourer ce large groupe de valets et de musiciens, ainsi que pour assurer la défense de sa majesté Hébé, dix guerriers s’y tiennent postés.
Par leurs tenues et leurs armures, on devine qu’ils tiennent une place importante dans la hiérarchie militaire de la déité.
Enfin, après le cortège, une centaine de soldats marche au pas.

Aphrodite a été choisi par le Grand Pope pour être celui qui accueillera la Déesse de la Jeunesse. Saga désire que ce soit l’homme le plus beau qu’il ait à sa disposition qui soit en mesure de se présenter comme le guide de son hôte.
A ses côtés, Misty et Arachné, les lieutenants respectifs des zones ouest et sud, tentent d’évaluer les effectifs d’Hébé.
_ « Dix hommes de chaque côté d’un char d’animaux. Soit vingt hommes par char, dénombre le Français.
_ Nous avons huit chars soit cent soixante hommes, calcule Arachné.
_ Vingt esclaves pour soutenir la litière, un orchestre composé de quarante soldats entouré d’une trentaine de jolies domestiques.
_ Nous en sommes à deux-cent combattants si j’exclue les esclaves.
_ Plus les dix chevaliers qui entourent l’attroupement ainsi que la centaine de gardes derrière…
_ Sans oublier qu’Hébé ne doit pas être seule dans son palanquin, complète Aphrodite d’un ton très sérieux. On peut donc estimer au moins un total de trois cent dix guerriers en nos murs, sans compter les serviteurs ainsi que les garnisons qui sont restées postées devant la passerelle cosmique créée par Hébé. »
Aphrodite se racle la gorge et affiche un sourire mesquin attendant que la cohorte d’Hébé soit bien rentrée dans le Sanctuaire. C’est alors qu’il lève la main vers le ciel pour que les gardes d’Athéna referment, derrière toute la troupe d’Hébé, les lourdes portes de cette forteresse imprenable.

Le Saint des Poissons se tient droit et attend qu’un général des légions lui faisant face agisse de même.
C’est de la litière de la déesse que sort un imposant chevalier, le casque sous le bras. Son armure blanche et crème, comme celle des dix autres postés autour de lui, épouse ses formes athlétiques. Comme les dix autres, il porte une tunique grenat en dessous de son armure.
De ses épaulettes carrées sortent ses bras puissamment taillés. Son buste est totalement recouvert de cet acier blanc surchargé à hauteur des pectoraux et des abdominaux d’une couche de protection supplémentaire aux reflets beige. Sa taille et le haut de ses cuisses sont couverts par une ceinture métallique du même style que celle de la première version de l’armure de Pégase. Enfin, toujours dans un style très carré, les jambières blanches, ornées de lignes crème au niveau des tibias, ressemblent traits pour traits aux protections des jambes de la première version de l’armure du Dragon.
Par la ressemblance dans le design des armures des chevaliers d’Hébé à celle des Saints d’Athéna, on comprend immédiatement que les deux camps sont étroitement liés.

Bien que ce soldat qui écarte du bras le voile bleuâtre de la litière d’Hébé porte la même armure que les dix autres, il se dégage tout de même de lui un incroyable charisme. Ses yeux vert pomme cherchent le regard envoûtant d’Aphrodite tandis que ses cheveux de même couleur coiffés d’un bandeau rouge sont balayés par le vent.
Un fin collier de poils durs rejoint sa petite barbe pointant sur son menton et remontant légèrement jusqu’à sa lèvre inférieur donnant à ce jeune homme de vingt et un ans une empreinte plus mature.

_ « Alors on ne m’a pas menti, fixe Arachné Misty. Tout comme Athéna peut compter sur ses douze Saints d’or, Hébé peut compter sur ses douze Alcides dont le cosmos peut égaler celui des Saint d’argent et même rivaliser avec celui des Saints d’or.
_ Je n’en vois que onze pour l’instant ! Huit hommes et trois femmes, relève Arachné.
_ Le douzième Alcide doit se trouver auprès d’Hébé.
_ Tout comme chez nous, les femmes chevaliers d’Hébé portent un masque.
_ Hébé prête allégeance à notre déesse depuis la nuit des temps car elle a toujours approuvé ses actes pour le bien du monde. Le Sanctuaire d’Hébé se situe sur Yíaros, une île de la Mer Egée, et se nomme Parthénos. Ainsi, Hébé fait respecter les lois du Sanctuaire sur ses terres et a appliqué le décret autorisant les femmes à devenir des soldats à condition de renier leur féminité sous un masque. Quoi qu’il en soit, il est surprenant qu’Hébé se déplace en compagnie de ses douze plus puissants soldats dans un lieu qui se veut pacifique à son égard. »

Une fois l’Alcide sorti de la chambre mobile, tous les soldats d’Hébé, hormis les porteurs de la litière, se prosternent.
Aphrodite pivote sa tête en arrière à destination de Misty qui comprend alors la marche à suivre.
Le Saint d’argent du Lézard retire son diadème et, d’un coup de coude peu discret, incite Arachné à l’imiter, se courbant tous deux. Les sergents comme Apodis enlèvent instantanément leur heaume et crient d’une même voix : « Soldats et hommes du peuple ! Révérence ! »
Alors tous les gardes accompagnant Apodis et les autres Saints ainsi que tous les villageois se prosternent.

Seul Aphrodite reste debout ; il ôte son casque et avance au beau milieu de la liesse pour arriver à hauteur du charismatique Alcide.
La légère brise soulève la cape du Saint d’or qui marche avec beaucoup d’élégance sans jamais baisser les yeux devant le jeune guerrier à la barbe fine et bien taillée.
_ « Je suis Aphrodite des Poissons, lui tend-il la main. J’ai en charge de vous conduire jusqu’au centre de notre domaine sacré où vous attend notre maître le Grand Pope.
_ Je suis Iphiclès Alcide du Lion de Némée, la lui serre-t-il fermement sans lâcher un sourire. Conseiller personnel de sa majesté Hébé.
_ Iphiclès, laisse-moi te dire à quel point je suis ravi de te rencontrer. Ta réputation de puissant combattant n’a d’égal que ton charme. »
Iphiclès reste de marbre. Aphrodite ressent cette méfiance et passe à autre chose : « Puisses-tu transmettre à ta déesse à quel point nous sommes honorés de la recevoir pour notre Journée Sainte. Le Sanctuaire est en ébullition depuis l’annonce de sa visite et il serait dommage de vous retenir près de nos remparts au sol poussiéreux et lugubre plus longtemps… »
Il lance soudainement une rose blanche haut dans le ciel. Un souffle de vent vient alors arracher les pétales qui filent en direction du chemin que doivent suivre les cohortes.

Les esclaves captent alors le signal. Dans tous les villages relayant la traversée, ils allument l’huile de leurs torches. Dans l’idée d’offrir davantage de fantaisies, les torches sont déposées de chaque côté de la route afin de délimiter l’accès par les flammes.

_ « … je vous laisse donc nous suivre dans un cadre plus accueillant, au c½ur des festivités, termine Aphrodite. »

Les villageois prouvent leur bonne tenue et leur respect des coutumes en ne franchissant pas le parterre de flamme tandis que Jamian Saint d’argent du Corbeau prend la tête du convoi en compagnie de quelques sergents dont Apodis. Suivent ensuite les effectifs d’Hébé tandis que Misty reste veiller sur son territoire de l’ouest et Arachné s’en retourne au sud.

Avant qu’Iphiclès ne retourne auprès de sa déesse, Aphrodite lui tend une rose rouge : « Dans chaque village que nous allons traverser, Hébé sera couverte d’offrande. J’aimerai donc être le premier à lui prouver ma considération en lui délivrant cette rose. Je te serai gré, Iphiclès, que tu lui transmettes en mon nom. »
Une belle voix venue de derrière les voiles bleus du grand brancard répond : « Merci Saint d’or des Poissons. J’admire ton sens de l’hospitalité et j’espère trouver le même auprès de ta déesse. »
Charmé par cette voix mélodieuse, Aphrodite commence à ouvrir la bouche pour répondre à Hébé avant qu’Iphiclès ne l’en empêche : « Te voilà couvert d’un grand privilège. Sa Majesté Hébé a eu l’obligeance de t’adresser la parole. Cependant tu comprendras que pour sa sécurité nous veillerons à ce que plusieurs groupes de soldats s’étalent quelque peu dans les villages que nous traverserons ainsi que sur plusieurs postes frontières. Maintenant il nous tarde de rejoindre les festivités donc nous nous hâtons de suivre tes hommes. »

Sans tourner le dos à Aphrodite, Iphiclès retourne auprès de son Eminence en prenant le soin de ne pas ouvrir trop grand les rideaux qui camoufle l’identité de celle-ci.

Aphrodite observe la foule s’éloigner ainsi que les petits groupes de soldats d’Hébé se dispersant dans tout le Sanctuaire ; attendant que tous ne soient plus que des points à l’horizon pour appeler un homme dissimulé sous une épaisse toge grise : « Ptolémy Saint d’argent de la Flèche, j’ai un message à faire parvenir à notre majesté. »
L’homme caché derrière un masque bondit depuis l’ombre des tours sentinelles rattachées aux murailles : « Je vous écoute seigneur Aphrodite… »


A Honkios, dans le grand Colisée, restauré de façon précaire, la liesse ovationne le Grand Pope arrivé sous sa tonnelle rouge qui a été montée pour l’occasion en haut des gradins.
Le Colisée qui peut aujourd’hui recevoir trois mille personnes contre mille habituellement s’avère déjà comble.
Saga lève les bras en direction de la foule pour la remercier de toutes ses acclamations puis se pose délicatement dans un trône en or et orné de diamants, similaire à celui que va tenir Hébé à ses côtés.
Des esclaves agitent de grandes feuilles de palmiers pour rafraîchir leur seigneur.

Dehors, les dernières flammes du chemin s’arrêtent aux pieds de Babel et des hommes qui l’accompagnent.
Les villageois qui n’ont pas eu la chance de pouvoir pénétrer dans l’amphithéâtre sont regroupés autour de nombreux stands de jeu tenus par les commerçants du Sanctuaire qui vivent en cette manifestation un impact financier non négligeable.
Les enfants vêtus de belles robes pour cette occasion se courent après, tandis que les parents sont sous des kiosques construits exceptionnellement pour la Journée Sainte afin d’y déguster quelques cochons farcis à la broche accompagnés de vin offert par les notables du Sanctuaire.

Les sons produits par l’orchestre d’Hébé montent crescendo aux oreilles des badauds portés par les acclamations lointaines.
Babel demande à ses hommes de se mettre en rang en attendant l’arrivée des autres Saints et de leurs suites.
Astérion arrive à la rencontre de Babel et lui lance d’un ton méprisant : « Tu ne trouves pas ça étrange ?
_ Quoi donc ?
_ Qu’un homme qui dénigre les agissements du Grand Pope soit là entrain de faire bonne figure !
_ Où veux-tu en venir Astérion ?
_ Je m’étonne juste que tu continues de servir un homme en qui tu ne crois pas Babel.
_ Tu te trompes. Je suis sous les ordres directs de Misty notre ami et capitaine. J’ai toute confiance en lui et si lui a toute confiance en le Pope, alors qu’importent mes doutes, je le suis sans rechigner. Je remarque par contre que toi, Astérion Saint d’argent de la Meute, ce n’est pas par respect envers Misty que tu obéis aux demandes du Pope. Tu assassines des familles entières tout simplement parce qu’elles appartiennent à des citées qui sont en guerre contre nous. Il y a tant de morts qui peuvent être évitées.
_ Voilà donc pourquoi tu ne pars jamais en mission en terre étrangère ! »
Babel profite de l’occasion pour tendre le poing vers Astérion et desserrer ses doigts pour laisser apparaître l’alliance d’Agéna : « Pas seulement. J’aime une femme également et vivre loin d’elle m’est impossible, tout comme la partager avec un autre à son insu, un frère d’arme qui plus est. »
Astérion devient bien pâle… Babel s’en étonne : « Tu as l’air surpris. Tu es pourtant réputé pour savoir lire dans le c½ur et l’esprit de ceux dont tu surpasses le cosmos. Je pensais que tu avais déjà lu la vérité auprès de ta femme. »
Astérion ne dit plus un mot. Il baisse la tête et serre les dents. Babel aimerait éviter un désastre : « Astérion… Mon ami… Ecoute… »
Astérion agrippe d’une main la gorge de Babel.
Surpris par l’altercation, tous les gardes sont sur le qui-vive mais n’osent pas interférer.
Le Saint de la Meute est furieux : « Mon ami ?! Non ! C’est toi qui va m’écouter ! Comment oses-tu m’appeler « mon ami » alors que tu profites de ma femme lorsque je pars en campagne pour honorer notre déesse ? »
Babel fait signe de la main à ses hommes de ne pas intervenir.
Alors qu’Astérion pris d’une furie incontrôlable soulève le corps de Babel, ce dernier lâche l’anneau sous l’effet de surprise : « Ta femme commence à se douter comme moi que de nombreux soldats sont corrompus par les trésors récoltés lors de ces guerres inutiles. L’or que tu ramènes à la maison ne suffit pas à combler l’amour dont elle manque. Elle craint que tu sois corrompu comme tant d’autres. »
Astérion concentre son cosmos dans son autre main et hurle : « Menteur ! Il n’y a pas de corruptions dans nos Guerres Saintes. Le peuple veut du travail, de l’eau potable, de la nourriture, la stabilité et la paix. Le Grand Pope les lui a apportés. Le Grand Pope réprime les dieux rebelles qui portent atteinte à nos libertés et qui bafouent la suprématie de notre Sanctuaire. Il espère apporter aux peuples victimes des mauvais augures de leurs représentants divins les mêmes joies que les nôtres au nom d’Athéna ! Je peux faire de grandes choses pour notre peuple et toi aussi tu peux faire de grandes choses pour lui. Je peux aider à sauver le monde et toi, qu’est-ce que tu fais pendant ce temps ? Tu troubles l’esprit de mon épouse avec tes paroles empoisonnées et tu la déshonores ! Mais rassure-toi, je vais rétablir le bon ordre maintenant… »
Il dirige son poing chargé de cosmos en direction de son pair. Toutefois la sphère d’énergie se découpe en de multiples parcelles cosmiques.
_ « Qui a fait ça, lâche-t-il Babel en se mettant en garde ?! »
Des pas résonnent depuis l’entrée du Colisée.
Le soleil se reflète sur l’armure dorée du coupable et aveugle le Saint d’argent : « Qu’est ce que cela peut bien faire que tu connaisses l’identité de celui qui a mis fin à cette mascarade ou non, assène Shura ? Ce qui est essentiel c’est que j’ai mis fin à cet affront que vous étiez entrain de faire envers notre majesté alors qu’elle s’apprête à recevoir une divinité. Je me fiche de la cause de cette querelle. Je vous ordonne de reprendre vos positions et de vous tenir à carreau. »
Astérion baisse la tête et lance sans hésiter : « Veuillez me pardonner Saint d’or du Capricorne. Je vous assure que cela ne se reproduira plus… »
Satisfait, Shura disparaît aussi rapidement qu’il est apparu dans l’antre du Colisée. Astérion vocifère alors : « … du moins ça n’arrivera plus pour aujourd’hui ! »
Il passe alors devant Babel et l’écarte de son chemin d’un humiliant coup d’épaule sans même le dévisager, laissant l’alliance de son épouse gésir dans le sable.

A l’intérieur du Colisée, à côté du Grand Pope, un homme borgne à l’épaisse barbe grise sort d’un tunnel monté pour l’occasion par de multiples étoffes derrière le siège de Saga.
Il s’agit de Gigas qui apporte les nouvelles : « Ptolémy Saint d’argent de la Flèche, votre messager personnel, est venu m’apporter que le premier échange entre nos forces et celles d’Hébé a été quelque peu glacial. La méfiance est de mise chez les Alcides. Comme prévu, les hébéïens se séparent pour occuper des points stratégiques de notre territoire. Ce qui fait qu’elle arrivera au Colisée avec peu d’hommes finalement.
_ Et combien d’Alcides l’accompagnent ? Trois ? Quatre ?
_ Il semblerait, mon seigneur, que les douze Alcides soient venus en sa compagnie.
_ Fichtre ! Je n’avais pas paré à cette éventualité.
_ Vous semblez méfiant Majesté.
_ Hum… Les Alcides… Ils doivent leur nom à Héraclès, mari d’Hébé dans les temps mythologiques. On dit d’eux que leur force est semblable à celle de nos Saints d’argent et que certains peuvent égaler nos Saints d’or. Pour assurer la défense de son épouse, Héraclès demanda à Athéna de faire construire douze armures dans des matériaux quasi similaires à ceux utilisés pour la création des quatre-vingt-huit Cloths du Sanctuaire. Concentrant son cosmos divin, Héraclès donna vie à chaque armure en s’inspirant des douze travaux qu’il a enduré : le Lion de Némée, l’Hydre de Lerne, le Sanglier d’Érymanthe, les Oiseaux du Lac Stymphale, la Biche de Cérynie, les Ecuries d’Augias, le Taureau de Crète, les Juments de Diomède, la Ceinture d’Hippolyté, les B½ufs de Géryon, les Pommes d’Or du Jardin des Hespérides et la Capture de Cerbère… »

Dehors, la parade des gens d’Hébé est désormais à quelques mètres.
Tous les hommes reprennent leurs positions si vite que dans leur course haletante ils recouvrent de sable brûlant l’alliance d’Agéna sans qu’ils ne s’en rendent compte.
Le Saint de la Meute relance une dernière fois le Saint du Centaure : « Profite de cette journée. Il s’agit de la dernière. Demain je tiendrai le général Gigas au courant de tes propos… »

Tandis qu’au Colisée Hébé et les siens se rapprochent du hall, Saga exécute discrètement un signe de la main. Gigas se précipite alors auprès de Ptolémy tapis dans l’ombre : « Ptolémy, je veux que tu transmettes ce messages au capitaine Misty. Dis-lui qu’il ordonne aux lieutenants et aux sergents de notre armée de retirer leurs troupes postées près de celles d’Hébé. S’il est trop curieux, informe-le qu’Athéna a décrété qu’Hébé et les siens sont des amis de toute confiance dont nous n’avons rien à craindre. »
Le Saint de la Flèche dissimule à nouveau son visage sous sa capuche et son masque puis disparaît aussi vite qu’il est arrivé.

Quelques instants plus tard, dans le vestibule, monté pour l’occasion sous des échafaudages, les hommes d’Hébé se dispersent.
Les servants aux crânes dégarnis posent enfin au sol la litière dans laquelle se trouve la Déesse de la Jeunesse.
Les gardes d’Athéna, tenus à distance par les soldats d’Hébé, s’agacent de cette attitude hostile.
La tension est à son comble.
Certains murmurent des insultes, d’autres ont la main posée sur le fourreau de leur épée, prêts à dégainer.
Les plus calmes balancent leur tête de droite à gauche pour essayer d’admirer la déesse qui tarde à sortir.
Aphrodite passe près de l’attroupement et passe le relais aux hommes de Shura, posté dans le hall, avant de rejoindre au sommet de l’arène le Pope.

Enfin, dans l’immense pièce, claque le solide métal de la Cloth de Shura sur les dalles usées. Il gagne l’attroupement et demande d’une voix fière et orgueilleuse : « Et bien soldats de l’armée d’Héraclès ! Est-ce là une attitude descente que d’imposer votre propre service d’ordre à l’intérieur du domaine sacré d’Athéna ? »
Aussitôt, le voile bleu ciel qui couvre l’entrée de la litière est écarté brusquement par le bras gonflé de muscle et entouré de l’armure blanche et crème d’Iphiclès.
Pourtant, il n’apparaît pas, il maintient juste le drap pour laisser sortir une aura chaude et aveuglante.
Tous dans le hall sont ainsi éblouis, y compris Shura qui cache ses yeux en recroquevillant ses deux bras devant la tête.
Néanmoins, personne ne s’en plaint.
Au contraire, tous se laissent irradier sans broncher.
Shura est alors saisit.
Cette force il l’a connaît, il a déjà ressenti une telle pression par le passé.
C’était il y a douze ans. Lors de son affrontement contre Aiolos lorsque le cosmos d’Athéna lui demanda d’épargner l’enfant qui accompagnait le renégat.
Cette cosmo énergie est semblable à celle qui l’a perturbé lors de la mise à mort du Saint d’or du Sagittaire.
Il n’y a plus de doute possible, ce cosmos est divin, cette essence s’étend sur tout le Sanctuaire, résonnant dans l’enceinte du Colisée, rayonnant au dessus des douze maisons du zodiaque, accompagnant le vent qui traverse les villages.
Hébé est présente dans le domaine sacré.
Last Edit: 14 July 2020 à 19h35 by Kodeni

Author Topic: Chapitre 6  (Read 8244 times)

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Offline Kodeni

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Cette version du chapitre 6 est une version rééditée de la publication originale du 1er mai 2010.
Bonne relecture aux lecteurs les plus fidèles, et bonne découverte pour les nouveaux.