Chapitre 1 - A la recherche d’une identité

J’ai connu des hommes, des héros, des dieux.
Saint d’Athéna, Ksha de Shiva, Spectres d’Hadès, Alcides d’Hébé, Marinas de Poséidon, Guerriers Divins d’Odin, Anges d’Artémis... tant de soldats qui combattirent pour leur sens de la justice.
J’ai grandi dans ce Sanctuaire d’Athéna. Paraît-il que je suis l’héritier d’une famille qui vit en ces terres depuis la précédente Guerre Sainte de 1743. Du moins, peut-on considérer cette meurtrière bataille comme étant la dernière après les évènements vécus en notre époque ?

Je sens le souffle agréable de l’hiver grec faire frissonner mon être. Le vent transporte l’odeur de ciment et de plâtre frais qui colmatent les dernières fondations des travaux du Sanctuaire.
Les bouleversements géographiques subis au domaine sacré durant l’occupation d’Artémis demandent de longues années de labeur pour le remettre en état.
Les villages rasés, les vestiges des douze temples des Saints d’or, l’horloge du zodiaque, la chambre et la statue d’Athéna sont à refaire, à rebâtir. Un nouveau monde se crée !
Les hommes, eux, restent les mêmes, ils vivent sans savoir que des litres de sang furent versés pour leur offrir un répit dans cette lutte divine où possession de la terre et survie de notre espèce sont les véritables enjeux.
Toutefois, quelque chose a changé…

Nous sommes le 8 janvier 1988. Je suis posé contre un arbre dans cette forêt silencieuse.
Ma Pandora Box où repose mon armure me semble être déjà le poids d’un lourd passé mais paradoxalement un héritage pour un avenir plus ensoleillé. C’est avec ma plume, cet encrier et mon rouleau à lettre que je vais vous évoquer mes aventures, celles de mes amis et de mes ennemis.
L’ordre du récit ne se fera certainement pas chronologiquement. Du haut de mes 21 ans, j’ai déjà tant de choses à évoquer que ma mémoire est semblable à un puzzle défait dont les pièces sont éparpillées aux quatre coins du monde.
Le principal reste pour moi ce message d’amour et de paix que j’aimerais transmettre dans ce long témoignage.
Seulement l’amour… car au fil des luttes, des pertes, aucun homme, aucun dieu, n’a agi sans chercher l’amour sous quelque forme qu’il soit.
Je me nomme Apodis, Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis et j’ai combattu seulement pour l’amour…



Chapitre 1 - A la recherche d’une identité
 
Le 8 janvier 1985.
Le Sanctuaire se remet peu à peu de la bataille qui fût initiée par Pontos et qui opposa le Sanctuaire aux Titans de Cronos.
La vie a repris sa routine habituelle tandis que le domaine sacré se constitue une nouvelle armée de Saints en l’honneur d’Athéna, revenue sur Terre depuis douze ans maintenant.
 
Dans un petit village, un garde se précipite à toute allure.
Il stoppe net une fois arrivé devant une habitation qui se distingue des autres par sa taille et sa beauté apparente. Il se courbe en avant pour reprendre son souffle en maintenant ses mains contre ses genoux. Puis il se hâte de frapper à la porte. Lorsque celle-ci s’ouvre, le soldat voit se tenir sur le seuil une vieille femme aux cheveux grisonnant et épais. Vêtue d’une toge grise, elle porte un jeune enfant dans ses bras. En ses yeux noirs se reflètent une grande douceur.
L’homme fait part de sa visite :
Soldat - " Bonjour madame. Nous sommes à la recherche d’Apodis. Nous avons un ordre de mission pour lui. "
La dame, Mujakis s’exclame :
Mujakis - " Un ordre de mission ! Mais je croyais qu’il avait droit à une permission de quelques jours vu le calme qui règne au Sanctuaire. "
Le soldat s’impatiente :
Soldat - " Femme ! Cet ordre émane directement du Grand Pope ! "
Mujakis se résigne :
Mujakis - " Il est à quelques maisons d’ici, au bout de la rue. "
Après ces mots, l’homme reprend sa folle course.
Mujakis referme sa porte et regarde un nourrisson. La grand-mère s’adresse au bambin :
Mujakis - " Je suis désolée mais ton papa risque d’être encore absent quelques jours. "
 
Plus loin, Apodis saute du toit d’une vieille chaumière. Son visage est resplendissant de beauté et de confiance en soi.
Des bandelettes de papiers protègent ses avant bras en partant des mains et en remontant jusqu’à ses coudes.
Cette technique de protection est bien connue au Sanctuaire puisque Saints et apprentis agissent ainsi afin de barder leurs membres en cas de chocs et/ou contre le frottement de leur armure.
Ses mains pansées tiennent quelques clous et un marteau.
Sa tunique turquoise s’arrête à hauteur des cuisses et est ceinturée par une lanière de cuir au niveau de la taille, un pantalon couleur sable descend jusque dans ses chaussures, semblables à des sandalettes romaines, ficelées le tour de ses tibias.
L’habit s’accommode à merveille à ses cheveux mi-longs tant le bleu est similaire.
A l’inverse, ses yeux couleur sang apportent à la fois compassion et crainte auprès de son entourage.
En effet, si cette couleur chaude prouve dans le regard affectueux d’Apodis la gentillesse qui fait de lui un être apprécié en ces lieux, cette teinte sanguinaire peut également refléter la folie qui l’habite lorsque la colère s’empare de ce puissant Saint.
De six ans l’aîné du futur héros du Sanctuaire, Seiya de Pégase, Apodis affiche un sourire satisfait en retombant sur ses jambes.
Un pauvre monsieur l’attend à son point de chute :
Le vieillard - " C’est vraiment très aimable Apodis d’avoir réparé ma toiture…
J’aurai bien aimé le faire moi-même mais vois-tu, après des années à nettoyer les sols de la maison de ce Saint de la Flèche de malheur, mon dos me fait affreusement mal. "
L’homme tend sa main et dépose quelques pièces de monnaies dans celles d’Apodis.
Le garçon au corps svelte est gêné. Sa position de Saint lui permet de bénéficier d’une solde suffisamment convenable pour lui éviter de soutirer quelques écus à de pauvres villageois.
Il interpelle alors un jeune enfant abrité dans la maison du vieillard.
Le petit, ne portant que quelques frusques trouées, le visage sale et maigre, approche timidement.
Apodis s’accroupit et s’adresse affectueusement à lui :
Apodis - " Tiens petit, cet argent appartient à votre famille. N’oublie pas que ton grand père a travaillé très dur pour l’avoir alors fais en bon usage. "
Apodis se retourne vers le pauvre homme :
Apodis - " Je ne veux pas de cet argent. Je sais que les servants des chevaliers ne gagnent pas très bien leur vie. J’imagine qu’il vous reste peu d’argent de côté alors gardez le. Je suis persuadé que cela venait d’un bon sentiment.
Pour un Saint, aider son prochain fait parti de ses attributions. "
Le vieux sourit. Sur ses joues coulent des larmes de joie. En offrant cette récompense à Apodis il aurait retiré le pain de la bouche de ses enfants et petits enfants.

Le vieillard tire Apodis par le bras pour le convier à sa table. A cet instant le garde surgit !
Apodis remarque l’allure affolée du soldat.
Il comprend que quelque chose presse et devient aussitôt aussi solide qu’un roc, à tel point que le pauvre homme ne parvient plus à le tirer.
Le servant comprend immédiatement que la situation lui échappe et que hiérarchiquement, par respect envers le soldat et Apodis qui lui sont supérieur, il doit se retirer.
Il rentre illico chez lui en ordonnant à sa famille d’en faire autant. Il ferme brusquement les portes de sa case afin de laisser les deux guerriers agir en secret.

Le garde ralentit ses pas puis s’agenouille face à Apodis une fois arrivé à sa hauteur. Après s’être incliné, il sort un rouleau de papier portant le sceau du Pope :
Soldat - " Apodis, Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis, le Grand Pope vous demande. "
Apodis ne bronche pas :
Apodis - " Bien, allons-y ! "
Les deux hommes, situés dans l’ouest du Sanctuaire, regagnent le nord pour entamer la montée des maisons du zodiaque.

Il est dit que les douze Saints d’or de notre génération n’ont jamais été réunis ensemble à cette époque. D’ailleurs certains Saints de bronze ou d’argent ne savent même pas qu’il existe autant d’armure d’or que de maison du zodiaque. D’autres encore ne savent pas qu’il existe douze maisons du zodiaque. Il faut dire que la distance qui sépare les temples les uns des autres est tellement impressionnante, qu’une fois arrivé en haut de la première maison, l’horizon se dérobe. On peut y apercevoir au mieux la troisième maison.

Si l’on souhaite découvrir la suite de la traversée, il est indispensable de bénéficier d’une autorisation émanant du Pope afin de monter les marches.

Les deux hommes sont arrivés devant le palais du Bélier. Apodis se courbe en signe d'humilité pour prouver son respect avant d’empiéter sur le territoire du Bélier.
Alors qu’il n’en a jamais rencontré le gardien, cette maison reste un lieu vénérable que seuls quelques élus ont pu fouler.
Apodis marche doucement sur les dalles en béton. Il observe l’architecture grâce aux quelques  rayons de soleil qui envahissent la demeure par les cavités de la roche du toit qui se sont formées avec les aléas du temps.
La traversée de ce lieu majestueux semble trop courte pour Apodis qui aperçoit déjà la sortie.
Ce n’est pas la première fois qu’il traverse les temples. Néanmoins, il prend à chaque fois un plaisir immense à contempler la structure antique de ces lieux.
Les Saints d’or sont l’élite de la chevalerie, leurs conditions de vie restent un mystère. Ces maisons sont leur demeure. Elles sont la seule possibilité de connaître un tant soit peu qui sont ces magnifiques hommes dorés.
Ca lui a permit de découvrir que chaque palais est un vaste lieu de combat où se dressent des colonnes sculptées à la main il y a des milliers d’années.
Au-delà de ces décorations de pierres sont dissimulés quelques passages étroits qui conduisent aux sous-sols des demeures où à la chambre du gardien.
C’est cette chambre qu’il tente de trouver en jetant de furtifs coups d’½il dans toutes les directions, espérant trouver une massive porte en bois.
Orphée de la Lyre, le maître d’Apodis, a déjà eu le privilège de visiter une maison du zodiaque. Son statut de Saint d’argent et sa réputation faisaient qu’il était estimé de toute la chevalerie.
Apodis se remémore alors les propos tenus par son mentor : « les chambres des temples sont toutes les mêmes. Dans un souci d’équité Athéna a fait créer cette pièce de façon identique à ses douze soldats les plus valeureux.
Une lourde porte en bois dont les gongs sont fixés dans la roche, à l’écart du chemin principal qui relie l’entrée à la sortie du temple, protège ce petit lieu d’intimité.
Un petit feu par-dessus lequel est suspendu un immense chaudron sert d’unique chauffage à la minuscule chambrette. En face est placé un large lit, à la droite de la literie, un massif bureau uni à une ridicule penderie, et à sa gauche, une table et deux chaises.
Les meubles sont taillés dans du chêne massif. Le signe zodiacal qui orne le devant de la maison est également frappé sur un tableau de marbre au dessus de la couche.
Ce même marbre couvre le sol.
Au bout de la pièce, le marbre descend sur une profondeur d’un mètre pour une largeur d’un même espace. Un bouchon bloque une évacuation qui se situe au fond de ce mini thermes.
Le chemin d'écoulement ressort à l’extérieur du temple. Cela permet à l’occupant des lieux de faire bouillir l’eau et l’y déverser pour faire sa toilette, mais également pour y évacuer les divers déchets issus de son quotidien. A côté du feu se trouve un autre chaudron, plus large que le précédent, dans lequel les Saints cumulent leur réserve d’eau douce qu’ils recueillent dans les villages où ils se ravitaillent… »

Visiblement, autant que les villageois, les Saints d’or vivent aussi dans des conditions précaires.
Apodis est coupé dans ses souvenirs par la lumière du jour.
Ils viennent de franchir la maison sans qu’il ait pu apercevoir le lieu de repos dans lequel se sont trouvés les anciens Saints du Bélier.
Le garde indique du doigt un chemin étroit qui se trouve à droite des marches menant à la maison du Taureau.
Soldat - " Nous ne sommes autorisés à traverser les temples uniquement que lorsqu’ils sont inhabités. Par conséquent, nous devons nous résoudre à utiliser ce passage secret. "
Apodis - " Je sais soldat, je sais. Ce n’est pas la première fois que je me rends auprès du Pope. "

Ensemble, ils sautent vigoureusement au dessus de plusieurs rochers qui bloquent l’accès au chemin.
Cette voie est connue uniquement des gardes du Pope, de ses servants, des Saints d’or, du général des armées ainsi que de son second.
Sa confidentialité oblige ainsi les visiteurs mal attentionnés à utiliser le chemin des douze maisons et ainsi à rencontrer leur gardien.
D’ailleurs, l’allée secrète a été étudiée afin qu’un quelconque envahisseur puisse être pris au piège. Le chemin, usager, est si étroit qu’il est impossible d’y avancer côte à côte avec une autre personne. De tout son long il est entouré par de hauts rochers. C’est un lieu idéal pour tendre un guet-apens. Et comme si cela n’était pas suffisant, à proximité de chaque temple, le passage s’élargit sur un vaste champ désert qui donne directement accès au temple. C’est comme cela que les chevaliers d’or interceptent les combattants sournois qui souhaitent leur échapper.

C’est pourquoi, lorsque Apodis approche de la demeure du Taureau, la route s’élargit à hauteur du flanc droit de la maison d’Aldebaran afin de s’ouvrir sur un champ sablonneux.
On peut constater que quelques malheureux ont tenté d’user de ce passage puisqu’on y trouve armes, casques et diverses protections portés par des cadavres desséchés.
Certains doivent d’ailleurs dater de temps plus reculés vu l’usure portée sur leur squelette.

Aldebaran attendait déjà depuis un moment Apodis.
Lorsque le Saint de bronze remarque le colosse adossé contre un pilier de son temple, il fléchit pour le saluer. Le garde l’imite.
Aldebaran, d’une grosse voix grasse, explose de rire. Apodis le suit dans sa joie de vivre. On sent une grosse complicité entre les deux hommes.
Apodis se relève et avance vers le Saint d’or pour lui tendre la main :
Apodis - " Ne te moque pas mon vieil ami ! Je me plie au protocole. "
Aldebaran lui serre chaudement la main. Le géant a la fâcheuse habitude de ne pas sentir sa force et écrase quelque peu, sans le vouloir, les doigts d’Apodis :
Aldebaran - " Allons, allons, pas de protocole entre nous. "
Apodis le nargue :
Apodis - " Dans ce cas, pourquoi as-tu bondi hors de ta maison lorsque tu as senti notre arrivée ?
Tu as bien reconnu ma cosmo énergie, tu te doutais bien que ce n’était que moi ! "
Aldebaran doit se résigner. Il sourit promptement.
Apodis arrête de le taquiner et s’adresse au garde :
Apodis - " Allez, cessons de l’importuner. Montre lui donc l’ordre de mission du Pope de manière à ce qu’il nous laisse passer. "
Le garde s’exécute. Aldebaran les laisse poursuivre leur course.

Ayant perdu suffisamment de temps, Apodis et le garde accélèrent le mouvement d’autant plus que la maison des Gémeaux n’est plus gardée depuis la disparition de son gardien il y a plus de douze ans.
Il s’agit bien là de temps gagné en vain car Apodis sait qu’il va faire face à Deathmask…


Dans la maison du Cancer, Aphrodite est torse nu en compagnie de son ami.
Deathmask, vêtu de sa cloth, caresse le buste athlétique du Poisson :
Deathmask - " Dis moi, tu es toujours aussi ravissant. Que me vaut l’honneur de cette visite ? "
Aphrodite pose ses mains sur le visage de Deathmask et lui murmure :
Aphrodite - " Un évènement se prépare dans le village de Paesco. "
Deathmask - " Paesco ? N’est-ce pas le village dans lequel vit Misty du Lézard ? "
Aphrodite colle son corps contre celui de Deathmask protégé par l’armure du Cancer.
La cloth est froide, solide. Aphrodite frissonne :
Aphrodite - " Oui, c’est dans ce village que vit Misty. La réunion aura lieu dans sa hutte. Une véritable orgie… "
Il embrasse la joue de Deathmask :
Aphrodite - "… Il y aura de jeunes apprentis au corps bien ferme mais aussi les servantes les plus désirables du domaine sacré. "
Masque de Mort ironise d’un sourire perfide qu’on lui connaît bien :
Deathmask - " Les jeunes servantes ! Cela fait parti de mes attributions que de les honorer. "
Aphrodite s’exclame :
Aphrodite - " Et les jeunes garçons alors ? Tu ne sais pas ce que c’est de s’ouvrir à d’autres expériences ! Tu passes à côté de quelque chose. Je peux te le certifier. Les filles c’est bon, mais les hommes, lorsqu’ils sont jeunes et innocents, c’est un véritable appel de la chair auquel je ne peux résister ! "
Le Cancer est immuable :
Deathmask - " Je n’ai pas besoin de passer le cap. Et puis je sais déjà qu’en cas de besoin tu seras là. "
Il sert de sa main gauche les fesses robustes d’Aphrodite et pose ses lèvres contre les siennes. Ce rapide échange sensuel cesse à ce stade. Le Masque de Mort est catégorique à ce sujet. Il ne se laissera pas envoûté par le resplendissant Aphrodite.

De plus, quelque chose l’interpelle :
Deathmask - " Il y a deux personnes qui usent du passage secret. "
Aphrodite enlace Deathmask pour le retenir :
Aphrodite - " Tu le sens comme moi, il s’agit là de deux cosmos très faibles. "
Masque de Mort s'étonne de la réaction du Poisson :
Deathmask - " Aurais-tu oublié les desseins de notre Pope ? Nous devons veiller à ce qu’il ne lui arrive rien. "

Apodis et le soldat approchent.
Un rocher situé en haut du chemin se brise. Apodis évite les débris et sauve le soldat in extremis.
Ils sont arrivés sur le flanc droit de la maison du Cancer qui ressemble plus à un cimetière qu’à une petite étendue de sable comme c’est le cas pour la maison du Taureau et des Gémeaux.
Le sol est jonché de cadavres tout fraîchement déposés.
Apodis porte sa main devant sa bouche et son nez tant l’odeur des corps en putréfaction est insupportable.

Ils entendent des pas résonner :
Deathmask - " Que fais tu ici ? "
Le chevalier d’or sort de l’ombre et toise Apodis du regard.
Le soldat se courbe :
Soldat - " Je conduis le chevalier de l’Oiseau de Paradis chez… "
Autoritaire, Masque de Mort remet de l’ordre :
Deathmask - " Silence garde ! Je ne t’ai pas autorisé à prendre la parole. Je m’adresse à ton supérieur. "
Masque de Mort défie Apodis. Avec son doigt, il fait tournoyer un halot de lumière violacé.
Apodis qui loue toujours un minimum d’égard envers ses supérieurs ne daigne même pas à se présenter à Deathmask. Autour de lui, une aura cosmique aux couleurs d’un arc-en-ciel tournoie.

Le garde espère apaiser les tensions en sortant l’ordre de mission pour apporter une justification.
Deathmask dirige rapidement son poing droit en direction du pauvre soldat pour le tuer sous l’impulsion de l’onde de choc :
Deathmask - " Que cela te serve de punition pour avoir osé parler une fois de plus sans mon autorisation ! "

Apodis s’interpose entre le coup du Saint d’or et le garde. Il replie ses deux bras devant sa poitrine comme le font les boxers pour se protéger d’une offensive.
Le coup est paré !
Le Cancer est surpris par le sauvetage de l’inconscient :
Deathmask - " Etonnant ! J’ai porté mon coup à une vitesse quelque peu supérieure à celle du son et tu l’as bloqué !
Voyons si tu es aussi vif lorsque je te frappe à la vitesse de la lumière… "

Une voix le retient et sauve la vie du chevalier de bronze :
Aphrodite - " Allons Deathmask, il ne s’agit que d’un Saint de bronze.
Pourquoi le retenir alors que le Pope le demande ? "

Tapissé dans l’ombre, Aphrodite qui a finalement revêtu sa cloth, est penché contre un mur. Sa main gauche tient son coude droit qui lui permet de porter sa main droite à son nez pour humer le nectar d’une rose rouge.

Le suédois se redresse et passe délicatement sa main contre le torse de Deathmask :
Aphrodite - " Nous reprendrons notre conversation plus tard. Je vais accompagner ce charmant chevalier jusqu’à ma demeure pour lui éviter les foudres d’autres Saints. "

Aphrodite adresse un sourire amical, douteux même, à Apodis, avant de prendre la tête du peloton.
Deathmask rentre dans sa maison sans rien dire…

Apodis soupire, il est soulagé. Il sait qu’il n’aurait rien pu faire contre un Saint d’or.
De plus, maintenant qu’il est accompagné par un chevalier d’or, les autres Saints ne bloqueront plus l’accès à leur maison.

Sur le flanc droit de la maison du Lion, dans une parcelle pleine de graviers, Aiolia sort sans broncher lorsqu’il voit Aphrodite conduire Apodis.
Apodis se permet même un clin d’½il amical à destination du Lion, synonyme d’une autre affection semblable à celle entretenue avec Aldebaran.

Le champ de la maison de la Vierge est un petit espace fleuri. Il semble qu’un jardin bien plus grand borde cette maison de l’autre côté du temple. Il est toutefois interdit d’y accéder.
La rumeur prétend qu’il se situe sur le flanc gauche du palais et qu’on ne peut y parvenir qu’à partir du temple.
Apodis est étonné de ne voir aucun Saint sortir du palais.
Même chose pour la maison de la Balance, bordée par un champ de sable.

Milo et Shura observent leur passage sur leur parcelle en dalles de bétons.
Apodis les saluent diligemment.
Ce qui retient surtout l’attention d’Apodis ce n’est pas la beauté des sols de chaque champ sur lequel il débouche, ni le fait que chaque Saint personnalise son enclos, l’attention d’Apodis est concentrée sur le palais du Sagittaire.
L’enclos de la neuvième maison est une vaste étendue de ruines, de colonnes effondrées, de sols fissurés…
Le plus inquiétant est qu’aucune sortie ne débouche dehors.
La maison semble avoir était emmurée - « personne n’est entrée dans cette maison depuis douze ans » - souffle Aphrodite à un Apodis investigateur.
Il connaît bien entendu les raisons qui ont conduit Aiolos à être considéré comme un traître. Pourtant cette nuit qui fût la dernière pour le frère aîné d’Aiolia reste un mystère dans l’esprit de nombreux Saints, Apodis y compris.

Personne ne les accueille sur les terres du Verseau. Tout le long de la traversée du temple, Aphrodite admire son reflet grâce au parterre cristallisé.
Bien que vide, la maison du Verseau reste glaciale.

Enfin, Aphrodite s’arrête face à son propre pâturage fait de roses :
Aphrodite - " Voilà ! J’ai facilité votre accès aux maisons du zodiaque. Vous pouvez retrouver le Pope maintenant. "
Apodis s’interroge tout de même :
Apodis - " Saint d’or du Poisson, savez vous pourquoi personne ne nous a accueillis aux maisons de la Vierge, de la Balance et du Verseau ? "
Aphrodite tend une rose à Apodis et le regarde tendrement :
Aphrodite - " Shaka de la Vierge et Camus du Verseau ont obtenu une permission.
Shaka est reparti en Inde pour enseigner son art.
Camus passe quelques temps auprès du Seigneur Crystal, son élève, en Sibérie.
Quant au Saint de la Balance, moins tu en sauras, mieux tu te porteras. "
Apodis prend la rose qui lui est offerte.
Aphrodite - " Tu l’offriras de ma part au chevalier d’argent Misty du Lézard, on m’a dit que tu étais sous ses ordres lors des rondes de surveillance. Il comprendra mon geste. "
Apodis accepte sans se poser de question puis finit de gravir les marches du majestueux palais du Grand Pope.
Avant d’y entrer il regarde la statue d’Athéna qui surplombe tout le Sanctuaire. Il penche sa tête comme pour saluer la déité…


Crète, Port du Destin :

Ce vieux port accueille quelques marins téméraires. On y trouve des soldats qui débarquent de Grèce, d’autres qui la quittent.
Certains pour devenir Saints, d’autres pour rentrer de mission ou pour s’y rendre.
D’autres espèrent fuirent une condamnation prononcée à leur encontre dans l’enceinte sacrée, ou un entraînement trop rude, ou encore une simple dette de villageois qui sait ?
A proximité de la ville d’Iraklion, ce port est la dernière étape pour quitter la contrée aux innombrables dangers.

Cette escale est réputée pour conduire les guerriers dans les lieux les plus reculés, les plus inaccessibles de la planète.
Tout comme le Sanctuaire, ce port n’est pas accostable pour les gens qui n’ont aucune connaissance de l’existence du cosmos. Il est bordé par une chaîne montagneuse au climat fort rude et par des courants marins extrêmement repoussants pour les embarcations trop curieuses.

Les quelques villageois du Sanctuaire qui sont parvenus à atteindre cet endroit, non sans avoir souffert milles morts, ont fait fortune en y montant leur affaire.
Aujourd’hui leurs descendants entretiennent des épiceries, des bars/hôtels servant de relais pour les étapes des voyageurs, des commerces d’esclaves, des livraisons de matériaux de construction et de denrées alimentaires après être allés se ravitailler en écumant les flots, ou, pour les plus courageux et les plus doués, transportent les voyageurs en des lieux comme l’île de la Mort, le Royaume d’Asgard…

L’importation de « l’écu sacré » a permis de transformer le port en une véritable étape commerciale.
L’écu sacré est la monnaie utilisée au sein du Sanctuaire.
La création de cet argent remonte à celle du domaine sacré.
Athéna initia cette pratique pour octroyer une bourse à ses soldats et leur permettre de subvenir aux besoins de leur famille auprès des artisans des villages.
Il n’existe qu’un modèle d’écu. Les pièces sont en métal. La face représente le visage de la statue d’Athéna, le côté pile est frappé par l’unique valeur de la monnaie : un sacre. Les prix sont donc traduits en sacres.

Quatre sacres !
Voilà ce que sort de sa bourse cet homme blond.
Adossé sur le comptoir d’une taverne, du haut de son mètre quatre vingt neuf, il laisse s’agiter entre ses doigts les écus sacrés.

Dans ce motel assez luxueux, contrastant avec l’ambiance chaotique qui règne sur l’embarcadère où il est implanté, la musique traditionnelle guide de nombreux danseurs à s’échanger à tour de bras leur partenaire.
L’atmosphère est bonne enfant, du moins au rez-de-chaussée. A l’étage des hommes et des femmes de petite vertu voient leurs services loués par leur maître qui est le propriétaire.
Tandis que les clients chantent, crient, boivent, s’approprient des services de basse besogne, le jeune anglais repose le verre sur le zinc.
Quatre nouvelles pièces sortent de sa petite sacoche en cuir usé. Un verre de whisky lui est déposé en échange.
Rhadamanthe, âgé de vingt et un ans, se concentre sur les glaçons qui s’agitent dans l’alcool qu’il s’apprête à engloutir. Il ne détache ses petits yeux jaunes que pour contempler la maîtresse de maison.
Voluptueuse, cette magnifique femme d’une trentaine d’années, l’égale par sa taille.
Rhadamanthe frotte sa mâchoire puis passe ses mains dans son épaisse chevelure blonde.
Madame accueille les personnes briguant les services des filles et hommes de joies. Elle distribue les chambres et attribue les libertins contre une solde conséquente.
Dévergondé par la boisson qu’il accumule depuis des heures, il s’élance en direction de la maquerelle et s’adresse à elle de façon autoritaire :
Rhadamanthe - " Femme ! Je fais étape ici après un éprouvant voyage. Je reprends la route demain et j’aurai espéré profiter de services de qualité. "
Elle glisse ses doigts dans ses cheveux soyeux et les laisse retomber sur ses épaules, vêtues d’un drap de soin transparent :
Reife - " Bien ! La chambre est à vingt sacres. Aucun repas n’est compris. La fille en vaut trente de plus. L’homme en vaut autant. "
Rhadamanthe regarde avec mépris les prostitués qui se tiennent derrière Reife.
Les hommes sont bien moins nombreux que les femmes. Ils semblent jeunes et frêles. Ils ne portent aucun vêtement. Une sorte de petite bague tient l’extrémité de leur pénis et est reliée par une chaîne qui fait le tour de leur taille en guise de « décoration ».
A l’inverse, les demoiselles paraissent moins mièvres. Elles portent également une chaîne autour des hanches pour maintenir un court linge rouge qui cache leur fessier et leur sexe. Leur poitrine reste à l’air.
Rhadamanthe - " Aucune ne m’intéresse ! Elles se présentent toutes ravies de leur triste situation. Je souhaite quelqu’un navré d’être ici, afin de lui rappeler les conditions accablantes de sa minable et ridicule existence. "
Reife, souriante, caresse la joue d’un esclave qu’elle offre au futur Spectre :
Reife - " Ce garçon vient de nous arriver des pays du sud. Il est encore pur et frais. Je vous l’offre pour quinze sacres. "
Rhadamanthe perd patience. Il saisit Reife par le bras et la tire jusque lui. La belle dame se cogne contre la montagne de muscles.
La violence du geste pousse tous les occupants à cesser leur activité et à observer la tournure des évènements. Les musiciens et les danseurs examinent l’attitude du Wyvern afin de le chasser de ce lieu ou, pire, de lui donner la mort s’il doit la mériter.
Rhadamanthe n’est en aucun cas effrayé. Il souffle à Reife :
Rhadamanthe - " Combien pour passer la nuit avec toi femme ? "
Bien des hommes ont souhaité s’approprier la vénusté. Rares sont ceux qui ont eu ce privilège.
Pourtant, de ce sombre anglais, se dégage une aura qu’elle ne peut repousser.
Reife joue quand même de ses charmes pour ne pas se montrer trop soumise :
Reife - " C’est hors de vos moyens mon cher. "
Il lui vole un baiser devant toute l’assistance avant de souffler :
Rhadamanthe - " Rien n’est hors de ma portée. "
Il la lâche. Elle reste abasourdi, charmée.
Lui s’avance dans le tas des avilis et décèle une demoiselle restée en retrait.
Ses cheveux ocre tombent devant son visage et s’arrêtent à hauteur de sa poitrine rebondie et juvénile.
Rhadamanthe relève les cheveux pour observer le triste minois. Il se retourne vers Reife :
Rhadamanthe - " Je t’offre quatre vingt sacres pour une nuit en la compagnie de cette fille et toi. "
Reife reste songeuse quelques secondes. Le regard persistant de Rhadamanthe la convainc. Elle accepte d’un signe de la tête.
Un des musiciens frotte sa grosse moustache avant de crier - « Allez ! Haut les c½urs ! » - puis souffle à nouveau dans son harmonica puisque le climat s’est apaisé. L'assemblée le suit dans la joie et la bonne humeur.
La cadette de Reife prend la relève pour diriger les filles afin que cette dernière conduise Rhadamanthe et Reinheit, la prostituée, à l’étage.

Arrivés dans une chambre, Reife ordonne à Reinheit de tout mettre en place comme sa fonction l’exige :
Reife - " Allons Reinheit. La commode contient des linges propres. Installe le lit et dépose les serviettes près du bain. "
La gouvernante détaille à Rhadamanthe la suite des opérations :
Reife - " La maison a pour règle d’avoir une hygiène irréprochable. Le bain est obligatoire avant chaque rapport. Les effets de toilette et les étoffes sont retirés et brûlés après l’utilisation d’une chambre. "
Rhadamanthe, sans s’insurger, l’interroge :
Rhadamanthe - " Vous n’avez donc aucun autre rôle dans la vie à part celui de coucher avec des voyageurs et de vendre les corps de gens innocents ? "
Reife se justifie :
Reife - " C’est une chance que nous avons. Avant d’être vendus à notre maître nous ne sommes rien. Nous venons des quatre coins du globe et avons chacun nos propres blessures. L’abandon, la faim, la rue, la haine… Travailler ici nous permet d’être logés et nourris. Nous ne nous sentons pas plus honorés ni respectés, mais on se sent déjà plus libres de pouvoir vivre.
Le maître est un homme bon. Une fois que nous n’avons plus l’âge d’être présentés aux clients, les femmes travaillent en cuisine et en couture pour remplacer les ustensiles brûlés après usage, les hommes jouent de l’instrument, bricolent pour rénover le bâtiment.
Il accorde même parfois une retraite en versant une bourse remplie de sacres, allouant ainsi la possibilité de partir vivre dans un village du Sanctuaire d’Athéna ou de monter ici son commerce. "
Elle pointe Reinheit du doigt :
Reife - " Cette jeune fille par exemple, Reinheit, vient d’être acheté par notre maître. Elle est originaire d’Allemagne de l’Est comme moi. Pour se nourrir, cette orpheline piochait dans les poubelles. Elle vivait dans la rue. C’est un émissaire du Sanctuaire qui l’a ramené ici pour lui offrir une famille et un avenir. "
Rhadamanthe souffle d’un ton cynique :
Rhadamanthe - " Quel avenir de choix ! Servir de morceau de viande à de gros obsédés toute sa vie ! "
Il s’approche de la douce enfant et renifle l’odeur de son innocence. Il lui murmure :
Rhadamanthe - " Je vais me laver. Lorsque je reviendrai tu auras intérêt à être nue et disposée à être mienne. "
L’anglais s’approche de la baignoire de marbre qui se situe dans la pièce d’à côté. Il y verse les sauts d’eau chaude que Reife a fait monter.
Reife s’inquiète pour sa protégée :
Reife - " Reinheit est encore vierge. J’aimerais qu’en tant que premier homme vous soyez… "
Rhadamanthe la coupe :
Rhadamanthe - " Bien ! Dans ce cas qu’elle vienne elle-même me nettoyer ! Il est de notre devoir de l’éduquer. "
La douce enfant aux traits fins et à l’allure candide vient retirer la tunique turquoise de l’hardi vagabond.
Il a le visage couvert d’hématomes. En le déshabillant elle constate que le sang qu’il porte sur sa tenue n’est pas le sien. Cela l’impressionne davantage de faire face à un tel homme qui a dû mener bien des luttes.
Lui, semble satisfait. Il observe le corps de Reinheit que Reife met à nu après avoir laissée tomber sa propre toge.
Il sourit cruellement et balbutie :
Rhadamanthe - " Dans quel monde vivons-nous ? En se rendant esclaves d’eux-mêmes, les humains prouvent une fois de plus leur bêtise. Comment les considérer autrement que ce qu’ils sont déjà : des animaux ! "


Au Sanctuaire, dans la chambre du Grand Pope :

Saga, en grand usurpateur est posé sur le trône de Shion. Il donne ses directives.
Paré de son masque violet, de son heaume rouge et de ses épaulettes aux pointes acérées, il inspire une certaine frayeur.

Apodis est étonné, les dernières fois où il a aperçut le Grand Pope, celui-ci rendait visite au peuple.
Sa tenue était moins dérangeante, moins « guerrière ». Il portait sa longue soutane blanche, son masque doré et un rosaire autour du cou.
Prosterné devant lui, Apodis attend les nouvelles. Les paroles du Pope se font attendre. Apodis aimerait scruter l’architecture du palais, toutefois il doit faire bonne figure.
Gigas se tient debout, à côté de son maître. Dix gardes se tiennent de chaque côté du tapis rouge qui relie le trône à la porte du palais.
La voix grondante du Pope glace les os des occupants des lieux :
Grand Pope - " Apodis, je fais une nouvelle fois appel à tes aptitudes de Saint. "
Apodis - " Et je considère cela comme un honneur ô votre majesté. "
Gigas se mêle à la conversation :
Gigas - " C’est moi qui est suggéré à notre vénérable maître de t’envoyer en mission. La plupart du temps nous t’avons mandaté pour régler des conflits diplomatiques à travers le monde afin d’éviter bien des batailles entre les gouvernements de notre planète. Tu as rappelé à ces chefs d’Etats que nous sommes la seule élite apte à diriger l’univers et ce depuis la nuit des temps. "
Apodis se permet de faire une remarque quelque peu déplacée :
Apodis - " C’est exact. Mais permettez-moi de regretter que ces derniers temps la situation ait changé dans le monde. Les échos du monde extérieur rapportent que des guerres civiles éclatent dans de nombreux pays alors que le Sanctuaire ne semble plus jouer son rôle de médiateur. Des bruits courent comme quoi cela serait votre volonté majesté. "
Gigas affiche un rictus de satisfaction.
Saga, mis à mal par cette déclaration, sent qu’Apodis n’est pas le genre de soldat qu’on peut corrompre aisément. Il faudra lui mentir à lui aussi sur ses réelles intentions.
Pas question de dévoiler que ces déclenchements de discordes résultent de son propre souhait, certaines guerres ayant d’ailleurs été engendrées par de fourbes soldats qu’il a envoyés !
De plus, il ne peut se risquer à exposer au grand jour ses véritables ambitions tant que l’armure du Sagittaire reste introuvable.
Il suffirait que le Vieux Maître des Cinq Pics et Mû de Jamir dispose de l’armure du Sagittaire pour contrecarrer ses plans.
Non ! Autant poursuivre ses agissements dans l’ombre.

Saga étouffe donc l’affaire. Il se racle la gorge et répond de façon autoritaire :
Grand Pope - " Saint de bronze, j’ai eu vent moi aussi de ces rumeurs. Ces propos sont tenus par des ignorants. En effet, le retour d’Athéna sur Terre nous oblige à nous concentrer sur des dangers plus grands encore que les querelles de chefs de tribus ! La défense de cette planète est en jeu. C’est donc pourquoi je t’ai fais venir ici. "
Apodis se résigne :
Apodis - " Bien ô Grand Pope. Veuillez excuser mes paroles si vous les avez trouvées déplacées. "
Gigas prend la suite :
Gigas - " Comme je le disais, tu as rendu des services à notre majesté et à notre déesse Athéna par ton sens diplomatique. En plus de cela, tu es considéré comme un des plus vaillants Saint de bronze de notre domaine sacré. Tu es en charge de la défense des murailles rattachées au village de Paesco à l’ouest de notre territoire. Tu es sous les ordres de Misty, Saint du Lézard qui veille sur l’étendue de la zone ouest. Tu as sous ton commandement quinze gardes. Ton esprit combatif t’a permis de te constituer une équipe de soldats redoutables. A tel point que d’autres chevaliers te comparent au légendaire Achille accompagné de ses Mirmidons ! "
Apodis - " C’est exact mon général. "
Gigas - " Bien ! Sais-tu que le Nord du domaine est sous la responsabilité d’Algol de Persée, l’Est sous les ordres du trio argenté composée de Dio de la Mouche, de Sirius du Grand Chien et d’Algethi d’Héraclès, le Sud est dirigé par Arachné de la Tarentule ? "
Apodis - " Oui. "
Gigas - " Chaque capitaine a sous ses ordres des Saints de bronze qui commandent des gardes. Or, un Saint de bronze et ses hommes, sous les ordres d’Arachné ont détecté la présence d’un intrus. "
Grand Pope - " Le Sanctuaire est un lieu reculé de la Grèce. Seuls les hommes sachant maîtriser leur cosmos sont capables d’y pénétrer sans autorisation spéciale. Pour les habitants et les marchands qui arrivent de l’extérieur, un cortège de gardes les accompagne. Mais manifestement, aucun passage n’a été organisé ces derniers jours. "
Gigas - " Il s’agit donc d’un combattant. Malgré cela nous n’en savons pas plus. Les gardes qui ont interpellé cet homme l’ont payé de leur vie avant qu’il ne prenne la fuite. Je l’ai donc fait suivre. Sur cinq hommes envoyés, un seul est rentré. Il a eu le temps de nous dire dans son agonie que l’intrus se situe sur l’île de Crète prêt à embarquer sur le Port du Destin. "
Grand Pope - " Ce port est réputé pour conduire les hommes dans les lieux les plus inaccessibles du globe. Encore une fois, seules les personnes douées d’une cosmo énergie peuvent s’y rendre.
J’aimerais l’interpeller avant qu’il ne prenne la fuite. Il peut très bien être un futur Saint d’Athéna qui a découvert récemment son potentiel, ou malheureusement un espion. Il faut que tu l’interroges et que tu l’élimines si tu juges qu’il représente une menace pour notre déesse. "
Apodis accepte sans rechigner :
Apodis - " Entendu votre majesté ! "
Apodis incline sa tête en avant puis prend congé.
Alors que les gardes lui ouvrent les lourdes portent du temple pour le laisser sortir, Saga le retient un instant :
Grand Pope - " Apodis ! J’ai appris que Misty veillait sur tes hommes durant ta permission.
Je suis navré de te déranger durant le peu de repos qui t’est accordé. Sache qu’en cas de succès ta dispense sera prolongée et ta solde doublée. "
Apodis se courbe à nouveau :
Apodis - " Vous êtes trop bon majesté ! Je jure que je mènerai cette mission à bien dussè-je y laisser la vie au nom d’Athéna ! "
Apodis quitte la chambre du Pope, très fier. Il gagne de plus en plus la confiance du représentant d’Athéna et ne peut en être que comblé.


Dans la chambre de Rhadamanthe :

Reinheit finit de savonner le corps de Rhadamanthe.
Il se lève brusquement de la luxueuse baignoire et enroule une serviette à sa taille.
Il écarte du bras Reinheit qui se trouve sur son passage et vient dans la chambre jusqu’à Reife, étendue en tenue d’Eve sur le lit…
Reinheit attend debout, nue, la chair frémissante, anxieuse.
Reife tend sa main pour guider la novice :
Reife - " Reinheit ma chérie, agenouille toi à mes côtés. "
La fille s’exécute puis, après avoir observé l’attitude de Reife, elle choisit de s’impliquer elle aussi dans cette torpeur qui saisie chacun des protagonistes…


Au Sanctuaire, dans la maison d’Apodis :
 
Apodis endosse sa Pandora Box. Le visage grave, concentré sur sa mission.
Mujakis le fixe. Apodis est navré :
Apodis - " Ne me regarde pas comme ça mère, cette mission prouve toute la confiance que le Pope place en moi. Athéna reconnaît mon dévouement. "
Mujakis - " Je le sais mon fils. Je regrette simplement qu’Athéna ait fait de toi un chevalier alors qu’elle aurait pu te destiner à enseigner ton savoir dans les écoles des villages. "
Apodis - " Ma solde de Saint me rapporte bien plus que celle que j’aurais obtenue en devenant instructeur. Cela permettra à mon fils de devenir ce que j’aurais voulu être sans se soucier de subvenir aux besoins des siens. "
Apodis approche de l’enfant tenu par Mujakis et le prend un instant dans ses bras. Il lui murmure avec une voix calme :
Apodis - " Ne t’inquiète pas jeune Sperarus. Ta maman, Netsuai, veille sur toi depuis les étoiles durant mon absence. Je t’aime mon bébé. "
Apodis laisse émaner de son corps une aura cosmique aux nuances multiples, comme celles d’un arc-en-ciel. Cet arcane englobe ensuite le corps de l’enfant l’espace d’un instant comme pour l’accompagner dans de doux songes.

La mère d’Apodis s’inquiète comme lors de chaque mission qui lui est confiée :
Mujakis - " Pour combien de temps pars tu ? "
Apodis - " Peu de temps. Ma mission ne se déroule pas loin d’ici. En me déplaçant à la vitesse du son ça ne sera que partie aisée. Veille bien sur vous deux. Je t’aime maman. "

Apodis tourne les talons rapidement pour ne pas voir sa mère pleurer comme à son habitude.
Avant de sortir du Sanctuaire, il se rend près des murailles aux abords du village qui délimite les frontières du Sanctuaire. C’est ici qu’il accomplit à l’accoutumer son rôle de sergent.

Il y trouve Misty devant qui il se baisse :
Apodis - " Chevalier du Lézard, comment se comportent mes hommes ? "
Misty, debout sur un rocher, examine l’horizon :
Misty - " Ils sont très obéissants et efficaces. J’ai sous ma responsabilité une équipe bien menée. Cette partie du Sanctuaire n’a rien à craindre. "
Apodis comprend que Misty le congratule :
Apodis - " Je suis content que mes soldats vous fassent honneur mon capitaine. "
Misty s’avance vers lui. Sa démarche, très gracieuse, fait de lui un homme convoité.
Misty - " Apodis, tu es actuellement en repos. Ne me dis pas que ton amour de la chevalerie te pousse quand même à t’inquiéter pour la surveillance de nos murailles ? "
Apodis - " Je suis simplement venu vous informer que le Pope m’a confié une mission. Comme vous êtes mon supérieur direct, j’ai pensé qu’il était normal de vous en faire part. "
Misty sourit. Même si Apodis est plus vieux que Misty de trois ans, il lui témoigne un profond respect de par sa hiérarchie dans le Sanctuaire.

Le Sanctuaire est régenté par un système structuré.
Le Grand Pope est le représentant direct d’Athéna.
Il a à son service les Saints d’or et un général, chef des armées, Gigas.
Pour accompagner Gigas, le commandant Phaéton dirige le capitaine Misty, meneur des Saints d’argent et donc de bronze.
Pour gouverner l’étendue du Sanctuaire, le capitaine Misty peut compter sur quatre lieutenants qui représentent l’ordre direct du Sanctuaire auprès des villageois et qui veille sur les frontières du domaine.
Algol est responsable de la zone nord, Arachné du sud, le Trio Argenté composé de Dio, Sirius et Algethi de l’est.
Misty a accepté de diriger en plus de cela la partie ouest. Le centre est diligenté par Ptolémy bien qu’il ne soit pas vraiment surchargé vu que cette zone est l’axe principal où résident le plus de Saints et de gardes. Il veille surtout à ce que les apprentis et les prisonniers ne prennent pas la fuite.
Enfin, chaque lieutenant fractionne son territoire pour confier une section à un sergent, toujours un Saint de bronze.
Le sergent applique la justice sur les villages qu’il gouverne au nom du lieutenant qui le commande. C’est le cas d’Apodis et de ses hommes.
Il arrive qu’un sergent nomme parmi sa troupe un caporal qui joue le rôle de second. Le caporal est en mesure de mener une équipe de plusieurs gardes.
 
Ainsi Apodis, le disciple d’un des frères d’arme de Misty, Orphée de la Lyre, représente un atout appréciable pour Athéna.
Misty - " J’apprécie que tu me tiennes au courant. Je te souhaite bon courage. Orphée serait fier d’un Saint aussi beau et fort que toi. "
Apodis se remémore la demande d’Aphrodite :
Apodis - " Ah ! J’allais oublier, le seigneur Aphrodite m’a fait remettre auprès de vous cette fleur. Il a dit que vous comprendriez. "
Misty observe la rose avec délicatesse. Il semble analyser chaque pétale.
Misty - " Tu ne trouves pas que ces fleurs délivrent un parfum paisible, inspirant la beauté et la perfection ? "
Apodis - " Euh… Si… Oui, bien entendu, la rose symbolise la romance. "
Misty - " Sais-tu quel message il aspire à me délivrer grâce à cette rose ? "
Apodis - " Je n’en ai aucune idée. "
Misty - " Il tient par ce témoin à m’informer de sa présence ce soir à une réunion que j’organise chez moi. "
Apodis comprend aussitôt de quel genre de réunion il s’agit. Il sent la main de Misty lui caresser délicatement les cheveux. Misty, tout en humant le parfum de la rose :
Misty - " Seules les personnes élégantes sont conviées. Tu sais que tu seras le bienvenu. "
Apodis se dégage gentiment :
Apodis - " C’est très aimable Misty, mais vous savez que je suis un jeune père de famille. "
Misty ne se décourage pas :
Misty - " Netsuai était une très jolie jeune femme. Bien entendu je regrette sa perte et je compatis à ta douleur. Vous étiez très jeunes lorsque vous avez choisi de vous fiancer. Mais désormais tu dois faire le deuil.
Nous sommes jeunes et nos vies de chevaliers peuvent vite devenir éphémères, c’est maintenant qu’il faut faire des expériences. D’ailleurs tu as toujours été très désiré au sein du Sanctuaire… " 
Apodis se presse de partir remplir sa mission :
Apodis - " C’est fort aimable. J’y songerai. Veuillez m’excuser Misty, mais à présent je dois partir. "
Misty observe ce séduisant jeune homme s’éloigner du domaine…

PARTIE 1.
La suite, dans le post qui suit.
Last Edit: 3 December 2010 à 9h55 by Kodeni

Author Topic: Chapitre 1 - A la recherche dune identité  (Read 40396 times)

0 Members and 1 Guest are viewing this topic.

Offline Kodeni

  • Modérateur
Quelque temps plus tard, dans la chambre de Rhadamanthe :
 
Le trio a cessé ses ébats. Rhadamanthe s’étale sur sa couche, les bras écartés, il somme à ses amantes :
Rhadamanthe - " Allez, vous pouvez vous rhabiller, j’ai besoin de dormir. "
Une voix calme mais impériale interloque les trois partenaires :
Apodis - " Tu as plutôt besoin de te confesser. "
Apodis se tient sur le pas de la porte. Il est parvenu à masquer sa cosmo énergie pour ne pas être remarqué.
Apodis - " Rhabillez vous vite mesdames s’il vous plait. "
Rhadamanthe reconnaît la boîte métallique sur le dos d’Apodis. Il reste serein et se dirige nu dans sa luxueuse baignoire. Apodis attend que les femmes quittent la chambre pour le rejoindre.

Rhadamanthe, calme et insensible, avoue ses actes :
Rhadamanthe - " J’ai tué ces hommes. Mais je l’ai fais car ils venaient dans l’intention de m’éliminer. "
Apodis pose sa Pandora Box et s’assoie dessus. Il fige Rhadamanthe, s’allongeant nu dans l’eau devenue tiède.
Apodis - " Tu es entré dans un domaine interdit. Seules les personnes douées d’une cosmo énergie peuvent y accéder. Les Saints d’Athéna maîtrisent le cosmos, mais leurs ennemis aussi. Si tu as fui, c’est que nous ne pouvons te considérer comme un Saint. "
Rhadamanthe ne répond pas. Apodis concentre son énergie dans la paume de sa main droite. Un halot aux couleurs changeantes s’agite.
Apodis - " Je n’ai pas de temps à perdre : qui es-tu ? Que faisais tu au Sanctuaire ? "
Froid, l’air perdu, Rhadamanthe répond vaguement :
Rhadamanthe - " Qui je suis ? Je ne sais pas, je pourrai être plein de chose, occuper plein de rangs. Mon cosmos me le permet. Mais je cherche encore un dieu, une passion, une cause, qui soit à la hauteur de mes idéaux.
Saint, Berserker, Spectre, Alcide, Colosse, Marinas, Ksha, Guerrier Divin, je ne sais pas. Alors je tourne dans ce monde, à la recherche d’un idéal. Ces recherches m’ont conduit jusqu’au Sanctuaire et m’amèneront vers d’autres horizons demain. "
Apodis est aussi perdu que le jeune anglais :
Apodis - " Lorsque tu concentres ton cosmos, ressens-tu une protection particulière ? A partir du moment où un apprenti chevalier parvient à percevoir en lui sa cosmo énergie, il se retrouve en harmonie avec les étoiles et peut découvrir au fond de lui qu’elle est la constellation qui le protège. "
Rhadamanthe répond sèchement :
Rhadamanthe - " Je ne ressens rien de particulier ! J’ai même l’impression d’être emprisonné, comme si mon âme et ma quête de bien être, m’avait été retirées, ou plutôt, comme si elles ne m’avaient pas encore été attribuées. "
Apodis - " Le représentant d’Athéna serait ravi de te rencontrer. Il se nomme Grand Pope, il… "
Rhadamanthe - " Je sais déjà qui est le Grand Pope. Je n’ai pas envie d’être au sein de la chevalerie d’Athéna. J’étudie depuis ma jeunesse les mythes rapportés dans les grands livres sacrés des dernières Guerres Saintes. Ce monde dans lequel nous vivons est en proie à la violence et à la haine. Les hommes gâchent la chance que les dieux leur ont accordé il y a des milliers d’années.
Athéna perpétue ce gâchis en protégeant les humains depuis toujours, elle reproduit les mêmes erreurs. Les guerres, les génocides et toutes les autres atrocités de ce monde perpétrées par les hommes sont dus à Athéna qui ferme les yeux sur leurs vices.
Je préfère étudier les causes défendues par d’autres dieux afin de servir celui qui correspond le plus à mes idéaux. "
La lumière qui jaillit de la main d’Apodis devient plus vive :
Apodis - " Alors tu ne me laisses pas le choix ! "
Il projette cet éclat cosmique contre Rhadamanthe. Le marbre de la baignoire se brise, l’eau envahit la pièce.
Rhadamanthe, nu, glisse sur le sol carrelé puis se relève.
Apodis lui tend ses vêtements :
Apodis - " Met ça, je ne peux combattre un adversaire dans cet état. "

Le futur Juge revêt sa tunique sans rien dire et se rend dehors, sur un ponton au bord de l’eau.
Apodis se met en garde, il bénéficie d’un magnifique jeu de jambe. Rhadamanthe s’en étonne :
Rhadamanthe - " Tu te tiens comme un boxer ! Je serais toi, je revêtirais tout de même mon armure. "
Apodis - " Je préfère me battre d’égal à égal. "
Apodis s’avance en sautillant de gauche à droite puis de droite à gauche. A proximité de Rhadamanthe il frappe des petits coups du droit. Rhadamanthe esquive ou pare les assauts dans la mesure du possible. Il cherche une faille dans la garde d’Apodis, ce qui n’est pas chose aisée. Il discerne la vitesse de ses coups et dans un sursaut inattendu, il frappe le Saint de bronze en plein visage.

Apodis recule d’un pas et se frotte la joue :
Apodis - " Bien, tu es rapide. Voyons à quel point. "
Apodis avance bien plus vite que tout à l’heure et martèle Rhadamanthe de coups. Cette fois ci il prend un rythme continuel : trois coups du droit, un coup plus puissant du gauche et une droite à pleine puissance. Il répète cet enchainement de nombreuses fois. Rhadamanthe ne peut éviter : les frappes sont rapides, fortes.
Toutefois il comprend vite la cadence et anticipe le prochain crochet du gauche. Il concentre toute sa force dans son poing droit.
Au moment de recevoir le crochet du gauche d’Apodis, il profite du léger laps de temps qui s’écoule pour le cogner d’un uppercut au menton.

Apodis se lève du sol mais retombe quelques mètres plus loin sur ses jambes :
Apodis - " Ta capacité d’analyse est bonne. Pour finir, nous allons tester ta résistance et l’étendue de ton cosmos. "
La cosmo énergie d’Apodis concentre cette lumière multicolore qu’il fait circuler habituellement dans ses mains pour l’étendre autour de son corps. Il écarte les bras. La lumière prend des formes d’ailes :
Apodis - " Reçoit le féerique battement d’ailes de l’Oiseau de Paradis : Wing Jikan No Yoyû. "
Ses bras s’abattent en direction de Rhadamanthe. Toutes les planches du ponton s’envolent, la mer est déchaînée à tel point qu’on voit le sable, habituellement englouti sous des mètres d’eau.
Pourtant, une sphère d’énergie entoure Rhadamanthe !
Les planches et l’eau sous ses pieds ne se sont pas dérobées !
Le souffle s’amenuise au bout de quelques secondes. Rhadamanthe a seulement reculé de quelques pas. Il est néanmoins épuisé et retombe sur ses genoux.

Apodis sourit :
Apodis - " Tu es un bon combattant. Cependant, si j’avais déclenché cette attaque à pleine puissance tu serais mort. Tu as tous les attributs pour devenir un bon guerrier, mais le Sanctuaire n’a rien à craindre de toi. Tu as juste beaucoup de volonté et il ne serait pas digne ni du Sanctuaire ni d’Athéna de s’opposer à cette résolution. "

Exténué, le futur soldat d’Hadès s’écroule. Apodis vient le chercher et le porte dans ses bras. Il demande à Rhadamanthe :
Apodis - " Dans ce port il existe des marins qui conduisent quiconque dans les lieux les plus reculés du globe. Quelle est ta prochaine destination après le Sanctuaire d’Athéna ? "
Rhadamanthe, à demi-conscient :
Rhadamanthe - " As… Asgard ! Il est écrit dans un vieux manuscrit que j’ai trouvé dans un château en Angleterre que les livres du palais d’Odin, le Walhalla, sont les plus complets pour rapporter les faits des dernières Guerres Saintes.
Une… Une force… Une force m’appelle, je ne sais pas qui elle est, mais si les livres d’Odin peuvent m’aider à trouver… alors… alors… "
Apodis le calme :
Apodis - " Ne parle pas, tu es exténué, tu as besoin de repos. "


Au Sanctuaire, dans le village de Paesco :
 
Quelques soldats éméchés jouent de la musique.
Dans la petite maison de Misty, c’est le brouhaha le plus complet.
Connu pour être un des Saints les plus adeptes de l’esthétique, Misty gagne aussi à être réputé grâce à son implication dans l’organisation de fêtes où les plaisirs charnels sont à la hauteur des désirs les plus pervers.

La nourriture, l’alcool et le foutre coulent à flot.
Parmi les personnalités les plus célèbres on retrouve Docrates, Jamian, Mozes, et bien sûr, Deathmask, Aphrodite et Misty.
Apodis se mêle à l’aventure. Il vient de rentrer de sa mission et par respect envers son supérieur, il passe saluer ses pairs.
Il reconnaît aussi de nombreux servants et apprentis, hommes ou femmes, et divers Saints de bronze.
La sélection a été très stricte, chaque invité jouit d’une plastique parfaite à l’exception de Jamian et Mozes qui bénéficient de leur statut de valeur au sein de la garde d’Athéna pour avoir le privilège d’être ici.

Le décor de la demeure est tout bonnement gracieux.
Bien que minuscule comme le reste des demeures du domaine, on sent que la solde d’un Saint d’argent pousse à un stylisme convenable.
Tout a été sculpté à la main et pas un grain de poussière ne vient entacher ce lieu.

A mesure qu’il avance, Apodis reconnaît certains de ses hommes qui s’échangent quelques histoires drôles autour d’un verre, qui dégustent un succulent repas préparé par des villageois engagés à l’occasion par Misty, ou qui profitent des corps de jeunes nymphes.

Aphrodite, se promène nu au milieu des couples qui se forment. Duos, trios, quatuors et même plus, chaque participant oublie en quelques heures la responsabilité qui est sienne pour savourer le simple plaisir humain.
Parmi tous ces corps déchaînés, Apodis en aperçoit de nombreux mutilés représentant ainsi toute la difficulté et les souffrances endurées pour devenir chevalier ainsi que le mauvais traitement reçu par quelques villageois.
Le Poisson arrive à hauteur de l’Oiseau de Paradis :
Aphrodite - " Quelle charmante visite ! Je suis ravi que tu te joignes à nous. "
Apodis regarde de droite à gauche :
Apodis - " Je ne resterai pas longtemps. Je suis simplement venu informer Misty, mon supérieur, que ma mission a été réalisée avec succès. "
Aphrodite conduit Apodis à la table de Misty puis s’invite dans un groupe de quatre jeunes femmes qui se partagent le corps d’une cinquième…
Apodis observe le Poisson. Misty l’interpelle :
Misty - " Ca laisse rêveur n’est ce pas ? "
Apodis se permet d’ironiser :
Apodis - " Pas vraiment. Le seigneur Aphrodite sait qu’il est observé et même désiré par des hommes. Or, il se montre ainsi. "
Misty - " Aphrodite ne s’arrête pas à ce genre de détails. Il savoure tous les plaisirs que la vie peut lui offrir ! "

Docrates, attablé en compagnie de Misty, Mozes et de quelques femmes interpelle son ami :
Docrates - " Allons Apodis, ce n’est pas comme si tu n’avais jamais profité de ce genre d’ambiance. Déjà tout jeune tu venais en ces lieux. "
Apodis sert chaleureusement la main du géant qui semble être une bonne connaissance. Il remet par la même occasion les choses en ordres :
Apodis - " Exact, mais cela était bien avant que je rencontre Netsuai "
Mozes, d’un ton hostile :
Mozes - " Dommage qu’elle ne soit plus parmi nous. Tu aurais pu l’amener, ça aurait été une occasion pour moi de lui montrer ce qu’est un homme ! "
Apodis ne regarde même pas Mozes, il lui répond impassiblement :
Apodis - " Attention Mozes, cette fois si c’est ton second ½il que tu pourrais perdre. "
Misty calme vite la tension :
Misty - " Allons messieurs, nous sommes là pour nous détendre, regardez le chevalier d’or du Cancer, même lui prouve que cette nuit sert à oublier nos tracas quotidiens. "
Apodis observe Deathmask en compagnie d’une sulfureuse femme aux cheveux couleur feu. A côté du Cancer, quelques garçons envient l’aisance du Cancer ou même, tout simplement, désirent son corps.
Pourtant Deathmask n’est pas du genre à se laisser approcher par un homme, si ce n’est Aphrodite avec qui il entretient une certaine complicité.
Apodis n’est pas gêné par l’ambiance, mais reste très respectueux envers sa femme : il reste à table en compagnie de ses compagnons d’armes et décline chaque proposition qui lui est faite.

Subitement la porte d’entrée de la demeure s’ouvre !
Un garde retire son casque et reprend son souffle.
Le silence se fait pour entendre ce qu’a à dire le soldat. On peut juste entendre quelques dès qui viennent d’être jetés par un invité rouler sur une table.
Il est tellement exténué que les mots ne lui viennent pas.
Docrates, impatient, tape des poings sur la table et se lève pour saisir le garde en le soulevant du sol :
Docrates - " Et bien parle ! J’attends ! "
L’homme lâche ces quelques mots :
Soldat - " Le responsable… des armées, le général Gigas… rode dans les environs… "
A cette annonce, les musiciens remballent leurs instruments, les couples se défont et se rhabillent, les cuisiniers lâchent leurs couverts, les soldats finissent leur verre et tout le monde quitte silencieusement le logis.
Seuls Deathmask et Aphrodite prennent leurs temps. Eux n’ont rien à craindre hiérarchiquement de Gigas.


Quelques minutes plus tard, Apodis discute en haut d’une colline avec Docrates.
Apodis - " Quand même ! Craindre les actes de Gigas ! Cet homme n’incarne pas le rôle de commandant des armées. Seuls les Saint d’or n’ont rien à craindre de cet homme alors qu’il est plus faible qu’un simple apprenti.
Je ne comprends pas pourquoi le Grand Pope s’acharne à laisser en place cet incompétent et son conseiller Phaéton. "
Docrates - " Tu penses à quelqu’un de particulier pour prendre ses fonctions ? "
Apodis - " C’est évident ! Après les Saint d’or, les hommes les plus à même de contrôler la chevalerie et les gardes sont les Saint d’argent.
Il suffirait qu’un Saint d’argent prenne sa place. Si mon maître Orphée était toujours là il dirait la même chose.
Misty est considéré comme un meneur par les chevaliers d’argent, je pense qu’il a le profil pour ce poste. Et puis il a l’expérience du combat lui ! "
Docrates - " Orphée de la Lyre était un idéaliste, tu suis le même chemin que lui. C’est tout à ton honneur.
Mais les décisions du Pope sont unanimes. S’il décide de déléguer son pouvoir à Gigas, alors nous sommes soumis à la volonté de celui-ci. "
Ne soupirant pas à débattre davantage, Docrates tend sa main à Apodis :
Docrates - " Allez passe une bonne nuit. "
Apodis la lui sert puis traverse calmement le village.
 
Il repense à cette fuite et aux conséquences qu’auraient pu avoir cette petite orgie si Gigas avait été tenu au courant.
Pourtant, hors des heures de gardes, les serviteurs d’Athéna restent des hommes qui ont des besoins, des envies. Apodis le sait, et est persuadé qu’Athéna aussi.
Il salue de la main quelques habitants qui font une dernière balade avant de rentrer se coucher en cette nuit fraîche du mois de janvier, quelques enfants qui se courent encore après, quelques gardes qui font leur ronde, quelques adolescents qui ont échappés à la surveillance de leurs parents pour passer un instant en amoureux, quelques artisans et commerçants qui rangent et classent leurs marchandises…
Même si cette nuit est semblable à celles qu’il passe depuis dix huit ans, Apodis en retient un agréable souvenir : il revient d’une mission confiée par le Grand Pope.
Comme après chaque activité qu’il a réussie, il est fier de lui, de ce qu’il est devenu.
Il regarde le ciel et intensifie sa cosmo énergie pour faire briller les étoiles de sa constellation, celle de l’Oiseau de Paradis.
Une larme coule le long de sa joue :
Apodis - " Netsuai, comme j’aimerai que tu sois là pour apprécier l’homme que je suis aujourd’hui. "


Le lendemain matin, au Port du Destin, en Crète :
 
Dans l’auberge où il a fait la connaissance de Reinheit et Reife, Rhadamanthe ouvre les yeux dans un lit de soie.
Il est entouré par des femmes, à demi nues, qui ne prêtent, pour la plupart, pas attention à lui. Seules Reife et tout particulièrement Reinheit sont à son chevet.
Rhadamanthe est intrigué :
Rhadamanthe - " Où suis-je ? Où est l’homme contre qui je me suis battu ? "
Reinheit semble avoir perdue de sa timidité :
Reinheit - " Il vous a ramené ici, a payé cent sacres pour que vous passiez la nuit auprès de nous ainsi que pour dédommager les dégâts de votre chambre. Il m’a demandé de vous dire quelque chose puis s’en est allé. "
Rhadamanthe ne remercie pas ses conquêtes de la nuit passé. Il est plutôt curieux :
Rhadamanthe - " Qu’est qu’il t’a demandé de me dire ? Parle je t’écoute ! "
Reinheit ne résiste pas à l’autorité du Wyvern :
Reinheit - " Il vous a réservé une place sur l’embarcadère. Un bateau quitte le port dans deux heures pour Asgard. Il a dit que le navigateur qui dirige cette expédition est celui envers qui il a le plus confiance puisque la traversé de l’océan Arctique est périlleuse.
Il a aussi précisé que ce n’était pas la peine de vous prévenir des dangers qui se présenteront sur votre route, si vous avez la volonté nécessaire vous parviendrez à trouver ce que vous cherchez. "
Rhadamanthe fronce ses épais sourcils d’un air grave :
Rhadamanthe - " Merci à toi Saint d’Athéna, je ne sais pas si nos chemins se recroiseront, mais si un jour je dois t’avoir à nouveau comme adversaire, je te ferai honneur cette fois ci. "


Au Sanctuaire d’Athéna :
 
Le chant d’un coq aide Apodis à ouvrir les yeux.
Après sa mission réussie avec succès, le Pope a reconduit sa permission de deux jours.
Il se penche sur le berceau de son fils et pose deux de ses doigts devant sa bouche avant de les frotter affectueusement contre les joues de sa progéniture.
Il ouvre la porte de sa maisonnette et regarde en premier lieu la géante statue d’Athéna.
Il pose un genou sur le sol et murmure :
Apodis - " Ô déesse Athéna, comme chaque jour veillez sur mon fils et ma mère. Je vous en prie. "
Il se relève et observe quelques paysans courageux qui promènent leurs ovins et leurs bovins.
Des marchands avancent en calèche avec les marchandises arrivées fraîchement du port d’Athènes que les gardes ont pris soins de faire venir discrètement au village.

Brusquement, le coq qui sert de réveil à Apodis fuit à toute vitesse.
Un garçon d’une douzaine d’année court après. Apodis se met en travers de sa route :
Apodis - " Allons Seiya, tu ne vas pas t’attaquer à une proie aussi facile, je suis certain que Marine désapprouverait. "
L’élève de Marine lève les yeux et affiche un sourire gredin.
La chasse fait partie des règles de bases d’un apprenti chevalier pour sa survie.
Apodis se remémore alors les détails de sa formation. Après tout, la vie au Sanctuaire a toujours été la même depuis sa création…



Je ne vous apprendrais rien en vous disant qu’avoir laissé en vie Rhadamanthe fut une erreur dont je me mords encore les doigts aujourd’hui.
En relisant ces premières lignes, je m’aperçois que mon histoire ne fait que commencer.
Mon passé, mes origines, les batailles de mes alliés, leurs joies et leurs peines, les secrets qui n’ont jamais été révélés à propos de ces combats triturent mes pensées.
Je ne sais plus quoi raconter maintenant que le décor est planté.
Allons, laissez-moi souffler un instant, le temps de tourner la page et de vous faire découvrir la suite des aventures des chevaliers du zodiaque…


mohsen

  • Guest
  •  
J'ai lu!

J'apprécie la mise en scène, la façon dont tu décris les personnages et les lieux. Le décors est planté et le héros est plus qu'attachant.  ^_^

J'ai beaucoup apprécier la description du sanctuaire, les différents clin d'oeil au mangas, c'est bien vu! J'ai bien ris pour masque de mort et aphrodite, c'était trop fort! lol
Si tu connais la série "spartacus", ce chapitre m'a fait penser à cette série, qui parle de la rome antique et de ses gladiateurs, ou sexe rimait avec opulance, esclaves et combats.

Radamanthe est lui aussi bien développer, rien à dire de ce côté là.

Ma foi ce fut très divertissant!!

Offline Kodeni

  • Modérateur
Tiens, toi ici.
Je pensais que tu aurais commenté sur SSP.

Très content que tu ais jeté un oeil au premier chapitre.

Je ne connais la série Spartacus que de nom et j'espère franchement m'y mettre un jour.

En attendant, ravi que ce premier chapitre te plait. J'espère avoir tes impressions sur les suivants.

hanzo

  • Guest
  •  
Voila j'ai lu le premier chapitre.
Il est très bien écrit et intéressant (au fait, on écrit un boxeur en français, pas boxer) et l'entrée en matière est très bonne.

A contrario de toi, j'ai une préférence pour le manga par rapport à l'animé, c'est donc amusant de voir apparaître Gigas et le nom de Phaeton mais ça ne me dérange pas de les y retrouver dans cette histoire originale, je sais quand même qui ils sont.

Pour finir, Misty, du haut de ses 15 ans est déjà un beau dévérgondé, à ce point-là, c'est rarissime! ^^

A plus tard pour la suite.

j-c

Offline Kodeni

  • Modérateur
Voila j'ai lu le premier chapitre.
Il est très bien écrit et intéressant (au fait, on écrit un boxeur en français, pas boxer) et l'entrée en matière est très bonne.
Comme je suis surpris de voir que tu as pris le temps d'y jeter un oeil. Ca me touche.
A contrario de toi, j'ai une préférence pour le manga par rapport à l'animé, c'est donc amusant de voir apparaître Gigas et le nom de Phaeton mais ça ne me dérange pas de les y retrouver dans cette histoire originale, je sais quand même qui ils sont.
En fait, pour Phéaton, et surtout Gigas, c'est surtout l'occasion de développer des personnages qui auraient pu être intéressants si les fillers avaient été traités au bout dans la série tv.
Pour finir, Misty, du haut de ses 15 ans est déjà un beau dévérgondé, à ce point-là, c'est rarissime! ^^
En fait, je ne prêtes pas spécialement attention aux âges dans ma fiction. Et heureusement d'ailleurs au vu de certains scènes.
A plus tard pour la suite.
Avec plaisir.
Pour info, la fiction démarre vraiment à partir du chapitre 5.