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Cynarhum² / Re: Joyeux anniversaiiiiiireuh !
« Dernier message par Yeo Wren le Aujourd'hui à 15:09 »
Joyeux anniversaire à nos Hypnos et Thanatos, nos Saga et Kanon, nos Sage et Hakurei, nos Deutéros et Aspros, nos frères Derrick à nous. Ils ne sont pas nés la même année, mais ce n'est qu'un détail totalement insignifiant !  :hypocrite:

Joyeux anniversaire, donc, à Patoche et Yoyo !  :D

Oui c'était hier mais ça aussi ce n'est pas grave. Enfin je crois. :ph34r:
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Cynarhum² / Re: Joyeux anniversaiiiiiireuh !
« Dernier message par Nao/Gilles le 9 Avril 2021 à 13h33 »
Merci ! (Punaise, j'étais pas repassé depuis....?!)
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シナラムから日本へ / Re: Dessins animés du moment
« Dernier message par Nao/Gilles le 9 Avril 2021 à 13h32 »
Je sais plus où poster ça, donc bon...

Pour info, Stone Ocean a été confirmé cette semaine :)

Date inconnue, mais on ne va pas se plaindre !
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Only for Love / Chapitre 71
« Dernier message par Kodeni le 5 Avril 2021 à 13h31 »
Chapitre 71

Au Japon, dans la résidence Kido, à l’intérieur d’un grand salon illuminé par quelques halogènes, c’est le brouhaha.
Malgré les désaccords qui les opposent, la maîtresse de maison finit de convaincre ses chevaliers : « Il ne s’agit que d’une simple fête d’anniversaire. J’y vais pour affaires. Et puis Tatsumi m’accompagne. »
Le Saint aux mains gantées et à la tenue pourpre pousse ses camarades, Ichi, Nachi, Ban et Geki à le soutenir : « Malgré cela, un danger pourrait toujours roder. Je refuse que Seiya et les autres aient risqué leurs vies, pour vous laisser tomber dans les griffes d’un nouveau péril. Nous sommes le 21 mars 1987. Cela fait trois mois qu’ils sont dans le coma malgré les soins reçu à la Source d’Athéna, rappelle Jabu !
_ Jabu a raison, confirme Sho accompagné d’Ushio et Daichi. Seiya et nos amis sont toujours dans le coma. Rien n’est rassurant les concernant.
_ Vous tombez pourtant à pic, dit Saori en se tournant vers ses Saints d’acier. Vous pouvez confirmer qu’avec les moyens technologiques mis à votre disposition à notre quartier général sous le coliseum, vous pourrez tracer ma présence.
_ Oui mais…
_ Dans ce cas, vous n’aurez rien à craindre. De plus Ushio nous accompagnera pour piloter le jet qui doit m’amener dans la propriété des Solo, près du Cap Sounion. Je ne serai pas seule. »
De façon inattendue, silencieux jusqu’ici, Tatsumi sort de derrière un meuble un sabre de bois qu’il fait tournoyer autour de lui : « Et n’oubliez pas qu’elle sera accompagnée de Tatsumi troisième dan de Kendo ! »
Sa démonstration se solde par un geste malheureux qui fait basculer le buste de bronze sculpté à l’image de Mitsumasa Kido.
Il faut compter sur la réactivité d’une dernière invitée pour sauver l’ornement.
D’un claquement violent, un fouet vient enrouler la sculpture pour ensuite la ramener vers son maître d’arme.
Apparue par la fenêtre ouverte, ses spartiates montées sur talons et enroulées par-dessus son pantalon jaune au niveau des chevilles, la jeune femme blonde au justaucorps rose tend volontiers la statue à Saori.
Navré, Tatsumi se jette aux pieds de la réincarnation d’Athéna : « Oh ! Mon maître, mon maître ! Qu’ai-je fait ? »
Sous son masque, l’héroïne s’amuse de la situation. Quelques mèches de ses longs cheveux blonds tombent sur son masque de femme chevalier.
_ « Merci June Saint de bronze du Caméléon.
_ A votre service Athéna.
_ Alors ça y est, bondit Daichi jusqu’à l’amie de Shun ? Tu sembles parfaitement rétablie !
_ Oui, je suis de nouveau sur pieds et c’est pour cela que je voulais profiter de votre départ pour la Grèce Déesse Athéna pour vous accompagner. J’aimerai vivre au sein du berceau de la chevalerie, au Sanctuaire. Et…
_ Et veiller sur Shun n’est-ce pas, sourit amicalement la déité ? C’est entendu. »
A la fois gênée et enchantée de recevoir la bénédiction d’Athéna, June se courbe bien bas, pour lui rendre les hommages qui lui sont dus.


Dans les entrailles de la Terre, en Grèce, sur un îlot entouré de lave, les Arèsiens s’exercent avec discipline.
Ils travaillent sous l’Aréopage, face à un temple grec en forme de cône dont le sommet vient se planter dans la croûte terrestre qui sert de plafond à cette immense cavité.
Vêtus d’orange et portant une cuirasse rouge, ils obéissent à la grosse voix de Tromos.
Le Berserker de la Terreur, colosse de deux mètres quatre-vingt-trois, bardé de muscles, porte sa Nightmare couleur sang, dissimulant presque tout son corps, arborant une pierre d’améthyste au centre de sa poitrine.
Le guerrier d’Arès répète avec ses hommes diverses formations militaires.

Plus loin, debout au milieu d’Arèsiens assis en tailleur, le second Berserker sous les ordres de Vasiliás explique également diverses stratégies militaires.
Atychia Berserker du Malheur, garde toute sa féminité dans cette armure écarlate qui épouse à merveille ses formes généreuses.
Avec sérieux, les troupes du Dieu de la Guerre se préparent à l’affrontement contre Athéna promis par Vasiliás à Yoma.

Le Berserker de la Royauté, responsable des troupes du dieu moqué par l’Olympe, observe ses gens s’exercer avec succès.
Impérial dans sa Nightmare d’un rouge vif qui couvre l’intégralité de ses jambes, bardant chaque genou de cornes courbées qui remontent à mi-hauteur de ses cuisses, il sourit sous son masque doré qui ne laisse apparaître que ses beaux yeux bleus et verts et qui est maintenu par son casque ovale formant une gueule de lion tel le casque de l’armure divine de Zêta.

En retrait, en direction du chemin souterrain qui relie le monde contemporain à l’Aréopage, le général voit revenir la silhouette d’un de ses hommes.
Soucieux, il s’approche de Tromos qui ôte aussitôt son heaume et s’agenouille.
_ « Tromos. D’où revient ce soldat ? Il ne me semble pas avoir envoyé quiconque à l’extérieur. Les vivres ont été rapportés en quantité suffisante il y a peu. Et nous ne manquons pas d’eau. Je sais qu’il reste quelques mauvais esprits parmi mes hommes issus de la première génération d’Arèsiens en notre époque. Se pourrait-il qu’il en fasse parti et soit allé semer le trouble sur Terre ? »
_ Vasiliás, dissimule sa gêne Tromos dans sa longue barbe ! Non… Euh… En fait… Comment dire… C’est moi qui l’ai envoyé.
_ Sans m’en avertir ?
_ Oh… Euh… Mais… Euh… Toujours dans le but de faire appliquer ta justice.
_ Explique-toi.
_ Pour la plupart d’entre nous, quand tu nous as convaincu de te rejoindre pour faire régner la justice en faisant couler le sang de tous les criminels de ce monde, tu as rendu justice à ceux qui avaient un passé douloureux. Je pense par exemple à Atychia que tu as aidé à venger sa famille. Dans mon cas, c’était beaucoup plus complexe. Alors j’ai demandé à un de nos soldats d’aller enquêter en Argentine, mon pays natal pour…
_ Ça va, ça va. La prochaine fois, pense à m’en parler avant, c’est tout. »

L’espion saute par-dessus la mer de lave et vient s’incliner devant les deux Berserkers : « Seigneur Vasiliás. Seigneur Tromos. »
L’homme au front dégarni, regarde Vasiliás, comme pour l’implorer de laisser le messager s’exprimer.
D’un mouvement de bras résigné, l’Américain cède : « Parle. Nous t’écoutons. »
Le soldat se racle la gorge : « Comme vous le savez, Buenos Aires est extrêmement grande et très dense. Cependant, il ne m’a pas fallu trop de mal pour trouver ce Segador. Son nom fait froid dans le dos à quiconque l’entend là-bas. Il est resté caché pendant plusieurs années, le temps de se faire un nom. Mais maintenant qu’il s’est bâti une véritable fortune, il a corrompu les autorités locales et tue aujourd’hui sans vergogne. Il se rend tous les soirs au Disfrute, un club très tendancieux qui lui appartient en plein centre de la ville. »
Las, Vasiliás passe sa main sur son visage : « Bon… Ça fait longtemps que je n’ai pas eu l’occasion de remettre un beau costume. Allons donc faire une toilette puis retrouvons le monde d’aujourd’hui Tromos. »
Le robuste Berserker se relève aussitôt, les larmes aux yeux et déterminé…


En Grèce, à proximité du Cap Sounion, suspendu à la pointe d’une falaise avec vue sur la Méditerranée, un immense manoir voit de nombreux domestiques s’agiter.
Debout, dans une immense salle de bain, le richissime et somptueux héritier de la famille Solo ajuste son smoking blanc.
Pendant qu’il admire son reflet dans le miroir, Julian précise : « Ce soir Saori Kido sera des nôtres. A ce qu’on dit, elle est aussi belle qu’une déesse. Mon père et son grand-père avaient pour habitude de faire des affaires ensemble. A nous deux, à la puissance de nos fortunes, de nos moyens et de nos ambitions, nous pourrions conquérir le monde. Qu’en penses-tu ? »
Son regard bleu fixe l’image de son ami, positionné dans son dos.
Tout aussi soigneusement vêtu, achevant de fixer un foulard blanc par-dessus sa veste bordeaux, Sorrento tempère : « Je ne sais quoi vous répondre Monsieur Julian. Après tout, cela ne fait que peu de temps que j’ai la chance de côtoyer votre monde. »
Le chef d’entreprise se retourne pour admirer le regard gêné de son camarade.
_ « Il est vrai que notre rencontre fut inattendue. Je finançais un orphelinat, lorsque tu venais jouer de ta flûte pour les enfants malheureux.
_ Depuis, nous ne nous sommes plus quittés, joignant nos causes l’une à l’autre. »
Les yeux océans de Julian s’égarent vers l’horizon…
_ « Oui, la construction d’un monde heureux dans un cycle instrumental mélodieux... »
Julian se racle ensuite la gorge pour se résoudre à changer de ton.
_ « Toutefois tu ne m’as pas répondu au sujet de Saori Kido.
_ Etes-vous au moins sûr qu’elle partage les mêmes idéaux que vous M. Julian ?
_ Qui ne voudrait pas construire un monde nouveau ?
_ Certains voudraient laisser les choses telles qu’elles sont aujourd’hui.
_ Est-ce vrai ?
_ Certains dieux sont pour.
_ Des dieux auxquels je ne crois pas dans ce cas, durcit aussitôt le ton le Grec.
_ Après tout, engage le Marina un autre sujet en dissimulant du mieux qu’il peut sa satisfaction d’avoir entendu ça, vous êtes admiré par d’autres femmes.
_ A quoi bon me réfugier dans ce qu’il y a de plus simple, quand ce que je convoite le plus ne me demande que peu d’efforts supplémentaires ?
_ Alors votre décision est prise ?
_ Oui, ce soir Saori Kido sera mienne.
_ Y a-t-il une chance qu’elle refuse ?
_ J’ai tout. Le pouvoir, l’argent et les mers. Peut-on fermer les yeux sur tout ce que j’offre ? Sur tout ce qu’offre un être semblable au Dieu des Mers et des Océans ?
_ Elle possède le pouvoir et l’argent elle aussi. A défaut des mers, les Kido dominent la terre.
_ Conquérir son c½ur c’est conquérir la terre. Elle ne peut qu’accepter de me permettre ainsi de dominer le monde. »


Dans la dimension qui surplombe la Terre, à l’intérieur d’un des onze temples qui forment la base du Mont Olympe, le temple du soleil, le silence et la peur règnent en maîtres.
Allongé sur une de ses banquettes à savourer le nectar et l’ambroisie, Apollon laisse la chaleur d’un immense foyer suspendu au milieu de son temple lui caresser le visage.
Irradiant dans un immense socle maintenu par d’épaisses chaînes au plafond, Apollon reste les yeux fermés, froid et imposant.
Seul le raclement de gorge de son serviteur, petit, sénile et dégarni, le sort de sa quiétude : « Seigneur Apollon. Je me demandais, quand comptiez-vous intervenir auprès de Tezcatlipoca ?
_ Exprime ta pensée Roloi.
_ Cela fait plusieurs mois que des Saints d’Athéna le traquent. Sans succès jusqu’à présent, certes. Néanmoins ils se rapprochent chaque jour un peu plus de lui. Ne craigniez-vous pas qu’ils finissent par le débusquer, l’avoir par surprise et faire échouer votre plan. »
D’un ton monocorde, le dieu du Soleil s’expriment par ses phrases courtes qui confirment chaque fois la haute estime qu’il a de lui-même : « Il est trop tôt pour que Tezcatlipoca attaque la Terre. Il n’est pas suffisamment fort tout seul pour attaquer Athéna qui vient de récupérer son Sanctuaire. Il sera plus utile en complément d’une autre Guerre Sainte. Roloi, cesse de t’inquiéter. Mon plan se déroule à merveille. Bientôt sur Terre Poséidon se servira d’Odin. Hadès se réveillera et formera une alliance avec Arès. Tout ceci grâce à Helénê. De ton côté tu as récupéré l’Armillaire de Chronos. Alors que Helénê est mon pion sur Terre tu es mon pion en Olympe. Et mon jeu progresse en silence avec efficacité. »
Les petits yeux plissés du fils de Zeus expriment tant de fierté, qu’ils ne croisent pas le regard du serviteur, pourtant tout aussi avide de succès.


A proximité du Cap Sounion, les invités de la maison Solo, tous plus élogieux les uns que les autres, sont arrivés bien vite.
Si vite que les domestiques n’ont pas vu la nuit tomber.
Le vestiaire, les hors-d’½uvre, le champagne… Les serveurs ne savent plus où donner de la tête dans cette immense salle où de nombreux musiciens s’évertuent à rythmer l’ambiance de musiques classiques.
Dans la foule élégante, Saori salue timidement les divers associés et politiciens avec lesquels elle a eu l’habitude d’échanger ces dernières années.
Accompagnée de Tatsumi qui fait honneur au buffet, elle n’a de cesse de se sentir à l’étroit dans un monde qui était encore le sien il y a un an.
Les affaires ne lui semblent maintenant n’être qu’une corvée qu’elle doit accomplir afin de garder l’anonymat sur sa réelle identité afin de préserver l’équilibre du monde.
Lorsque le ministre français des affaires étrangères vient la saluer afin d’échanger sur un dossier en suspens, Saori préfère déléguer l’échange à Tatsumi.
Elle se précipite à un des nombreux balcons pour admirer l’océan.
Splendide dans sa robe blanche, qui va à merveille avec le bijou agrafé à un ruban rosé autour de son frêle cou, la petite fille de Mitsumasa Kido souffle d’impatience : « Seiya… Je suis si proche de toi… Cependant, il m’est impossible de revenir auprès de toi. Mes sentiments de femmes s’effacent là où commence ma mission divine… »
Ses pensées s’éloignent, lorsqu’elle reconnaît sur les rochers devant elle la passagère qui l’accompagnait dans son jet.
Dissimulée dans l’ombre, le fouet à la main, la Pandora Box couverte d’un linge blanc, June veille au grain. Elle attend qu’Athéna lui fasse signe de la tête pour la quitter en toute quiétude et s’engager en direction d’Athènes et du Sanctuaire.
_ « June… Tu vas pouvoir veiller au chevet de Shun. Profite de cette occasion. Comme j’aimerai pouvoir être à ta place en cet instant, confesse Saori. »

Plus loin, là où la plage n’est pas illuminée, le bas de pantalon de velours pourpre et les chaussures de Sorrento, ne craignent pas de venir tremper dans l’onde calme de la Méditerranée.
Il laisse une brise salée venir le décoiffer, pendant qu’il hume à pleins poumons cet air qui lui sied tant…

A l’intérieur, un domestique de la propriété Solo s’avance sur l’estrade ornée d’un trident, blason de la famille de Julian.
Au-dessus de sa tête, sur les rideaux rouges, une banderole « Happy Birthday » lui évite un long discours. Il lève sa coupe d’alcool pétillant et attire vers lui l’attention des convives de son maître : « Je porte un toast pour célébrer les seize ans de Julian ! Santé ! »
Tous l’imitent dans la bonne humeur, rappelant depuis dehors Athéna a ses devoirs d’humaine.
Elle retrouve Tatsumi qui s’étonne toujours autant de croiser tout ce beau monde : « Impressionnant, tous les grands de ce monde sont réunis ici. C’est normal puisqu’il s’agit de la fête d’anniversaire du fils de la première fortune mondiale. Mais tout ça n’est-il pas un peu exagéré ? »
La familiarité du Japonais oblige Saori à le rappeler à l’ordre, alors qu’il se goinfre des succulents mets proposés : « Tatsumi, tiens ta langue. Bien que Julian n’ait que seize ans, il assure la succession de son père, y compris à la tête du clan Solo. »
En flânant, Tatsumi se rattrape : « Je ne suis pas sans ignorer que c’est une personne très importante. »
Tout ceci amuse énormément le maître de maison.
Raffiné, imposant toute sa puissance et son charisme, Julian se révèle enfin aux yeux de Saori : « Je suis très honoré d’être le sujet de votre discussion Mlle Saori Kido. »
Ignorant totalement la présence du bras droit de la jeune femme, il traverse la pièce et vient lui baiser la main.
_ « Je suis Julian Solo. Bienvenue à ma fête d’anniversaire. Il s’agit là de notre première rencontre, mais on m’a dit que mon père et Mitsumasa Kido étaient très proches.
_ En effet, mon grand-père m’a souvent parlé de la riche famille grecque Solo et de son empire maritime.
_ Je vous ai invité car je voulais vous rencontrer depuis longtemps. Vous êtes encore plus belle que je ne l’imaginais. J’aimerais vous parler seul à seul, dans le calme. Allons sur la terrasse, venez. »
Prenant Saori par la taille, il abandonne Tatsumi sans même daigner le regarder.
Le robuste second de la Fondation Graad grogne : « Mademoiselle ! Ce type ne me plait pas du tout ! »
Arrivés à une autre aile que celle empruntée plus tôt par Saori, les deux chefs d’entreprise échangent devant une petite zone portuaire.
_ « Il y a plusieurs siècles de ça, ma famille s’est bâtie un empire sur les sept mers à commencer par la Méditerranée et elle s’est constituée une fortune colossale. Mon père disait souvent, celui qui domine les mers, domine le monde. Car les océans couvrent soixante-dix pour cent de la surface terrestre. Bientôt, je dominerai moi aussi les sept mers et le monde, par conséquent. Saori, accepteriez-vous de partager cette joie avec moi ? Moi, Julian Solo, je souhaite que vous deveniez mon épouse.
_ Votre épouse, s’étonne de ses grands yeux profonds et circonspects Saori ? Vous plaisantez ?
_ Ce n’est pas une plaisanterie, Mlle Saori. Avant même de vous rencontrer, je sentais un lien fort entre nous. Et j’en ai la confirmation ce soir. Nous nous sommes déjà rencontrés, jadis, bien avant notre naissance. »
Soudain, sans même qu’ils s’en rendent compte tous les deux, leurs deux présences intérieures communiquent avec plus d’insistance.
_ « Quelques siècles auparavant… Non, durant l’antiquité, je sens que nous nous sommes rencontrés à de nombreuses reprises, ressent Julian. »
Une étrange atmosphère s’en suit, durant laquelle les deux restent les yeux fixés dans le regard de l’autre avec détermination.

Lorsque la manifestation de leur for intérieur s’estompe, il reprend un ton charmeur, passionné.
_ « Qu’en pensez-vous Mlle Saori ?
_ Je suis très flattée. Mais je suis au regret de devoir refuser. Excusez-moi. Je suis fatiguée, aussi vais-je prendre congé de vous. Je dois repartir très tôt demain matin pour le Japon. Au revoir. »
Elle tourne aussitôt les talons et retourne à l’intérieur.
Pantois, seul, le magnifique bellâtre refuse d’admettre la réalité : « Saori… Impossible ! Il existe une femme capable de me résister ? »
Pourtant, très vite, il reprend cette mine fière que Sorrento lui connaît si bien : « Depuis ma naissance, j’ai toujours obtenu tout ce que je désirais. Vous deviendrez mienne vous aussi. »
Résolument convaincu, mais aussi profondément blessé, Julian ne se voit plus retourner faire la fête et recevoir les flatteries des puissants.
Inopinément, une lumière resplendit au loin : « Qu’est-ce qui brille au Cap Sounion ? Il n’y a pourtant rien là-bas ! »
Il s’engage en direction de l’escalier qui lui permet de longer la plage en ignorant son majordome venu l’interpeller au balcon.
_ « Seigneur Julian ! Seigneur Julian ! Où allez-vous ? Vos invités vous attendent !
_ Je… J’ai vu… Là-bas… Il y a… Non. Laisse. Dis-leur que je suis fatigué. Que je ne me sens pas très bien, balbutie-t-il en se retirant.
_ Mais enfin la soirée ne fait que comme… »
L’entêté héritier ne répond plus, il est comme aimanté par cette lumière, qu’il voit scintiller de plus belle.
La voix de son employé ne lui parvient plus.
Ses chaussures blanches sont léchées par le sable humide et son pantalon s’arrache à mesure qu’il grimpe les rochers pour atteindre le sommet du Cap Sounion.
Malgré les obstacles, il n’abdique pas.
Aveuglé, il approche jusqu’à la pointe du précipice : « Qu’est-ce que c’est ? »
Il lève les yeux du sol vers les cieux en étudiant avec minutie le long manche doré qui maintient fixé en son sommet trois pointes marines à l’acier lisse et tranchant : « D’où vient ce trident ? »
Une voix semblable à une mélodie lui répond : « C’est le vôtre depuis les temps mythologiques. »
Cette symphonie qui lui parcoure le dos l’oblige à se retourner : « Qui êtes-vous ? »
Il découvre une jeune femme agenouillée couverte d’une armure en forme d’écailles rosées aux longs cheveux blonds et aux lèvres pulpeuses.
_ « Je suis Thétis de la Sirène Marine.
_ La Sirène Marine ? Et vous dites que ce trident est à moi ?
_ Oui, maître Julian Solo ou plutôt maître Poséidon Empereur des Mers.
_ Poséidon ?
_ Maître Julian, vous êtes la réincarnation du dieu Poséidon, maître des océans depuis les temps mythologiques.
_ Moi la réincarnation de Poséidon ?
_ Oui. Vous nous revenez après deux cent ans d’absence. Accompagnez-moi au temple de Poséidon.
_ Au temple de Poséidon ?
_ Oui, seul ce sanctuaire sous-marin est digne de votre divine personne. Les Marinas, les Généraux et héros des océans, vous y attendent. Bien, allons-y. »
Sans même lui laisser la moindre chance de se débattre, Thétis l’enlace par la taille avant de se jeter avec lui.
Du haut du Cap Sounion, ils plongent dans une mer plus agitée que sur la plage : « Que faîtes-vous ? Ah… »


A la surface, à l’autre bout du monde, une voiture sportive rouge progresse lentement et ne passe inaperçue auprès d’aucun piéton au c½ur d’une ville encore calme à la nuit tombante.
A l’intérieur, mal à l’aise dans des vêtements civils qui l’habillent de trop, Tromos reconnaît bien son pays natal : « Ça bouge à peine à cette heure-ci à Buenos Aires. Pourtant, lorsque nous serons au c½ur de la nuit, la fête battra son plein. La musique des clubs se mélangera dehors aux rires des passants pour former un brouhaha inaudible. »
Vasiliás admire, impeccable dans son costume blanc, les nombreuses enseignes festives : « Tant mieux... Cela n’en rendra que plus discrets nos agissements. »
L’objet de leur venue ramène Tromos à de douloureux souvenirs.
Le géant, à l’étroit dans ce véhicule que Vasiliás a insisté pour louer, n’ose pas regarder son supérieur.
_ « Ca me touche que…
_ Tromos. Lorsque j’ai choisi de constituer mon armée, j’ai promis à chaque homme enrôlé de tout mettre en ½uvre pour garantir la paix et la sécurité de tout un chacun. L’existence même de ce Segador est en contradiction avec le monde que nous voulons créer.
_ Je me demandais quand même, même si nous tuons des criminels, n’en devenons nous pas non plus en agissant ainsi ?
_ Tu doutes de la morale de nos engagements ?
_ Depuis la nuit des temps, les dieux s’affrontent pour instaurer leurs paix sur Terre. Mais au final, rien n’a changé. Les famines, les guerres, les hommes mauvais, rien n’a été éradiqué.
_ C’est pour cela qu’ils doivent recevoir notre châtiment.
_ Même si nos actes me semblent justes, on parle quand même d’extermination. D’êtres mauvais, certes. Mais qui peut juger ? Crois-tu que nos hommes auront les épaules assez larges pour ça ?
_ Le costume du justicier peut paraître ingrat à porter. C’est pour cela que je me ferai roi de ce monde. Moi seul dois vivre avec l’esprit tourmenté pour la punition que nous infligerons aux criminels. Nos hommes ne seront que de simples exécutants.
_ Mais dans ce cas nous ne te suivrons que par peur du châtiment.
_ Vous me suivrez uniquement pour la paix et le bonheur de vivre en sécurité sans être raillés ou menacés.
_ Une extermination massive aura donc lieu.
_ Détruire les racines du mal à un prix. Mais les esprits pervertis ne doivent pas systématiquement être annihilés. Les coupables d’actes majeurs éliminés, les coupables d’actes mineurs devront seulement être jugés. Même si c’est sévèrement, cela permettra de faire réaliser quelle façon de vivre est juste. Les mentalités changeront et chacun s’évertuera à acquérir son bonheur sans nuire à celui des autres.
_ Alors je te suivrai. En appliquant ta loi, j’offrirai aux hommes le bonheur auquel je n’ai pas eu droit.
 _ J’ai l’impression que tu renouvelles ton serment envers moi, sourit l’Américain en restant concentré sur la route. Lorsque j’ai été retiré à mes parents, surenchérit Vasiliás au silence gêné de Tromos, des êtres aimants qui faisaient mon bonheur de petit garçon, je n’avais pas conscience des souffrances de ce monde. C’est arrivé au Sanctuaire, le berceau de la justice, c’est là que je me suis rendu compte que la nature humaine était viciée. Brimades, humiliations, violences, menaces… La vie dans le domaine sacré n’avait rien d’un conte de fée. Le pire fut, lorsque je pus découvrir la vie contemporaine avec mes yeux d’adulte. Lors de ma fuite, en trouvant refuge au Canada, j’ai constaté que le monde auquel on m’avait retiré, celui dont me protégeait mes parents, ce monde que maintient Athéna, n’était que tragédies. Vols, abus de faiblesse, meurtres, viols, pédophilie… Rien ne correspondait aux souvenirs de l’éducation familiale que j’avais reçu. Non seulement le Sanctuaire m’avait privé de mes parents qui moururent de chagrin après ma disparition, mais il se battait depuis des siècles pour protéger ce courant fou, qui bafoue les valeurs que je veux instaurer. Ma soif de justice n’en est que plus justifiée. »
Convaincu, Tromos fixe avec détermination une enseigne illuminée dont le nom se reflète d’un rose luxurieux. Il laisse son énorme main taper sur la cuisse de son supérieur pour l’alerter : « Là ! Le « Disfrute » ! »
Le roi au service d’Arès détaille avec minutie la façade : « Cinquante bons mètres de devanture, une grande porte à l’avant, uniquement une clientèle assez mondaine qui fait la queue, un vigile tous les deux mètres dans la file d’attente et… qui surveillent tout le pourtour du bâtiment ! Impossible de passer par une porte de service sans éveiller les soupçons. »
Commençant à ouvrir la portière alors que la voiture est en pleine marche, Tromos déclare : « Qu’importe ! A la vitesse à laquelle nous savons nous déplacer nous n’avons rien à… »
Malgré la différence de corpulence entre les deux hommes, le leader tire sèchement son second pour le dissuader de descendre. Son geste, ferme et oppressant, convainc l’enfant du pays d’y réfléchir à deux fois.
_ « Il y a trop d’innocents ici. Et n’oublie pas ce qu’a dit l’espion que tu as fait envoyer. Beaucoup de dissidents à Segador se trouvent emprisonnés à l’intérieur. Apparemment, le rez-de-chaussée est un immense dancing avec plusieurs salles. Il y a un étage, les appartements privés certainement. Si tu regardes au sol, il y a quelques trappes à l’angle des murs. Certainement des grilles d’aération pour les sous-sols. S’il y a des prisonniers, c’est là que nous les trouverons.
_ Je veux Segador !
_ Il sera à toi. Mais n’oublie pas que pour les gens de ce monde, nous sommes des surhommes. Ils ne doivent pas soupçonner notre existence. Nous faire remarquer par la cosmo énergie nous révèlerait également à Athéna. Si elle découvre qu’Arès a fondé une nouvelle armée, elle pourrait nuire à nos projets.
_ Que comptes-tu faire alors ? »
Tout en stationnant avec simplicité son véhicule un peu plus loin, Vasiliás resserre légèrement sa cravate : « Tu vas être mon partenaire de soirée ! »


En Grèce, sous la mer, dans le sanctuaire sous-marin, Julian revient peu à peu à lui.
Etalé de tout son long sur les dalles blanches du parvis du temple du Dieu des Océans, il ouvre mollement ses yeux.
L’eau salée lui pique encore.
Ses narines lui brûlent après que l’eau se soit infiltrée dans ses poumons. Mais c’est bien l’air qui lui fait gonfler de nouveau sa poitrine.
_ « Pourtant, le bruit berçant des vagues… Ce va et vient apaisant… Je l’entends toujours, réalise-t-il en revenant à lui. Pourquoi ne suis-je plus dans les abysses ? A mesure que je m’y enfonçais avec cette femme, je souffrais. J’ai perdu connaissance. Où suis-je ? Nous avons plongé dans la mer, sommes-nous sortis de l’eau ? Où est passée l’eau, s’interroge-t-il en levant la tête vers le ciel ? L’eau est au-dessus de nous, telle une voûte céleste, réalise-t-il instantanément ! Nous sommes donc bien dans les fonds marins ?
_ En effet. Dans les abysses maritimes se trouve votre empire. »
Thétis l’accueille debout devant un des sphinx, qui décore l’extérieur du palais.
Bouche bée, le Grec admire les étendus au relief fait de roches spongieuses.
Enfin, lorsqu’il finit de faire le tour de lui-même, il tombe nez à nez avec une immense bâtisse aux colonnes doriques.
_ « Regardez. Voici votre temple.
_ Un temple aussi énorme sous l’océan, comment est-ce possible ? Voici donc le temple de Poséidon, le sanctuaire des mers. Et c’est… »
Son attention se focalise sur une Scale majestueuse qui l’attend sur les marches de l’édifice.
Dès lors, les écailles rentrent en harmonie avec lui, révélant sa cosmos énergie tout en épousant ses formes.
L’alchimie est parfaite, la conscience de Poséidon s’éveille en même temps que la Scale habille Julian.
Déjà une centaine de soldats Marinas venue de tout le royaume se prosterne à ses pieds.
Devant eux, arrivent sept Généraux couverts d’écailles aux couleurs semblables aux siennes.
Parmi eux, tête baissée, n’osant pas lever les yeux, Sorrento se courbe. Suivi de Bian, Io, Krishna, Kassa et Isaak.
Seul le Dragon des Mers s’avance un peu plus que les autres avant de s’incliner.
_ « Seigneur Poséidon, votre armée est au complet. Votre peuple attend vos ordres. »
Durant de longues secondes, l’empereur scrute chaque homme qu’il a sous ses ordres sans dire le moindre mot.
Autant de temps où, sous son heaume, Kanon sent rouler sur son front la sueur froide que seul un homme complotant contre les dieux peut ressentir : « Il est de retour. C’est l’instant fatidique. Si tout se passe comme je l’ai prévu, il se contentera de voir que nous sommes prêts et il ne restera plus qu’à lui faire mettre l’anneau des Nibelungen à Hilda. Les Guerriers Divins remporteront la victoire pour nous et je pourrai gouverner en utilisant ce dieu pantin. »
L’instant de vérité ne lui fait pas défaut.
Le dieu tourne le dos à ses sujets et entame la montée vers ses appartements.
_ « Dragon des Mers. Tu sembles avoir été le chef de mes rangs en mon absence.
_ C’est le cas.
_ Je te félicite d’avoir réunis mes Généraux et une armée de Marinas. Mes hommes savent se tenir. Et si je suis ici aujourd’hui, c’est qu’Athéna est revenue en ce monde. Viens donc t’entretenir avec moi sur la situation. »
Sans mot dire, Kanon s’enfonce dans les profondeurs des locaux, pendant que les hommes retournent vaquer à leurs occupations.
Seul, au milieu de la place vide, Sorrento lève enfin les yeux en direction du chemin emprunté par son maître : « Même si vous n’avez eu aucune considération en égard à l’amitié que nous partagions dans notre ancienne vie, je reste fidèlement vôtre. J’ai passé ces derniers mois à vos côtés, sans me soucier des décisions prises par le Dragon des Mers. Je prie pour qu’elles soient à la hauteur de vos espérances. »

A l’intérieur, progressant les yeux fermés à mesure que la mémoire lui revient, Poséidon emboîte le pas à Kanon.
Après avoir traversés les différents appartements et autres salles de réunions, les deux hommes forts du sanctuaire sous-marin empruntent un pont de pierre.
La passerelle est suspendue au-dessus d’un bain immense. Ce dernier est alimenté par l’eau qui provient du plafond et qui s’écoule sur toutes les parois.
Ce splendide décor n’impressionne en rien Poséidon qui continue d’échanger avec son Général : « … Alors après cela tu as commencé à réunir les Généraux.
_ En effet. Tout en confiant la tenue des rangs aux premiers rassemblés, j’utilisais les Scales qui me servaient à identifier les autres promus. Entre temps, j’effectuais diverses recherches pour vous permettre d’affaiblir Athéna et conquérir la Terre. Pour cela, il m’a fallu envoyer Isaac du Kraken à Atlantis.
_ Hum… Atlantis… Mon esprit s’y est éveillé il y a plus de deux cent ans pendant une Guerre Sainte entre Athéna et Hadès.
_ En effet. Il a été rendormi par l’intervention du Saint d’or du Verseau de l’époque. Cela a valu à la cité d’être condamnée. Son seul accès restant Blue Graad. J’ai donc organisé une Guerre Sainte entre Blue Graad et Asgard afin de faire diversion et d’y envoyer notre homme. _ Atlantis est parsemé d’artefacts puissants. Pour lequel l’as-tu envoyé là-bas ?
_ L’anneau des Nibelungen. J’ai pu étudier ces treize dernières années les diverses entités de cette planète et j’ai trouvé celle d’Asgard, Odin, digne de notre intérêt. Cela s’est confirmé durant la Guerre Sainte entre les royaumes du grand nord. Les défenseurs d’Odin ont un niveau capable d’égaler les meilleurs saints d’Athéna. Et surtout, si la Prêtresse d’Odin cesse ses prières, les glaces des pôles sont menacées de fondre. La fonte des pôles signifierait une victoire des océans sans même mener nos hommes à la bataille.
_ Et si Athéna combat les God Warriors, elle n’aura plus de forces armées pour lutter contre mes Marinas.
_ Athéna est déjà affaiblie après un complot interne, qui a décimé la moitié de ses hommes.
_ Et les nôtres ? J’ai cru dénombrer une centaine de soldats.
_ Nos Généraux ont un niveau digne de vous. Cependant, nos soldats ne valent pas mieux qu’un vulgaire Saint de bronze d’Athéna. »
Poséidon termine de gravir l’escalier d’eau et parvient devant deux immenses portes, dans lesquelles est gravé un imposant trident en or. Grâce à son cosmos, il les ouvre sans le moindre effort et observe sa salle du trône où, sur son siège, resplendit la bague maléfique.
_ « L’anneau des Nibelungen.
_ Je pense qu’il fera le nécessaire, sourit dans l’ombre de son casque avec perfidie Kanon. Votre peuple a assez souffert ces derniers millénaires, pour éviter de subir de nouvelles pertes inutiles. Les femmes et les enfants qui peuplent les environs vous vénèrent chaque jour que vous leur accordez. La population est de moins en moins importante, mais elle est l’héritage des élus que vous aviez choisi dans les temps mythologiques pour repeupler votre nouveau monde. »
Par télékinésie, l’empereur vient faire virevolter par-dessus la paume de sa main le bijou alors qu’il se pose au fond de son siège.
_ « Tu me disais toi-même que les hommes de la prêtresse d’Odin étaient puissants. Pour sceller l’anneau il ne faudra pas que nous soyons dérangés.
_ Hilda de Polaris, c’est le nom de la prêtresse, est toujours accompagnée de Siegfried de Dubhe. Peut-être que si nous infiltrons Thétis, nous arriverons à les séparer le temps de…
_ Si Thétis a ta confiance, alors prépare là à cette mission sur le champ. Dès demain, Hilda sera sous mon emprise. Et la Terre n’aura alors jamais mieux portée le nom de Planète Bleue ! »


En Argentine, à Buenos Aires, très élégant, Vasiliás patiente calmement dans la file à quelques mètres de l’entrée du Disfrute.
_ « Allons, cesse de faire la tête, dit-il en levant les yeux vers Tromos.
_ Je ne suis pas venu danser.
_ Ça tombe bien, moi non plus. J’aime la musique, mais je danse comme un pied. On va boire un verre, observer les allers et venues des hommes de Segador et on agira discrètement. »

Enfin arrivés à l’entrée, une fois scrutés de haut en bas par les vigiles à l’allure menaçante, les deux Berserkers sont accueillis par une hôtesse à la peau chocolat.
Les cheveux courts, d’un noir de jais, le regard perçant, sa voix est suave : « Je suis Peligra. Vous n’êtes pas des habitués de notre club n’est-ce pas ? »
Face à la nervosité de Tromos, Vasiliás choisit d’être l’interlocuteur privilégié de la vénusté montée sur des escarpins aussi ténébreux que sa veste de tailleur grande ouverte sur sa peau d’ébène luisante.
_ « Effectivement. Nous sommes Américains et avons fait une halte à Buenos Aires pour affaires chère demoiselle Peligra.
 _ Alors je vais me charger de vous faire visiter, lui dit-elle en lui tendant la main. Comme pour chaque client, je suis la chargée à votre service. »
Elle lui serre et caresse la paume de main avec attention lorsqu’il la lui donne.
Elle dirige son bras libre en direction de diverses salles toutes mystérieusement dissimulées par des rideaux de velours rouge.
_ « Dans cette direction se trouve notre restaurant et le piano bar. Ici le bar où vous seront versés les meilleurs cocktails que vous pourrez trouver en Argentine. Une piste de danse vous permet de vous mêler à la foule, ou bien peut-être préférerez-vous l’intimité de quelques banquettes encerclant un podium sur lequel je pourrai vous réserver une petite danse ? »
Vasiliás snobe le charme de sa guide en pointant la direction de l’étage.
_ « Ces escaliers ne nous sont pas accessibles ?
_ Il s’agit des alcôves réservées à nos meilleurs clients, passe-t-elle sa main sur l’épais n½ud de soie saumon qui lui sert de jupe. Après se trouvent les appartements privés de la direction.
_ Dans ce cas j’espère devenir très vite le meilleur de vos clients, sourit-il de ses grandes dents pour complimenter la splendide employée.
_ Cela ne tiendra qu’à vous, lui rétorque-t-elle avec un regard provocateur.
_ Cette musique me donne déjà mal à la tête, mais je suis partant pour boire un verre, casse l’ambiance Tromos laissé pour compte dans ce jeu de séduction. »
Peligra devance alors les deux compagnons. Elle traverse la piste de danse.
Esquivant les corps qui se déhanchent au milieu des stroboscopes, des lasers et de la fumée, les Berserkers échangent leurs impressions.
_ « Tu as vu, nous sommes passés incognito, relativise Vasiliás. Elle n’a même pas remarqué que tu es Argentin. Il faut dire que lorsque tu as quitté ton pays, tu devais encore avoir tous tes cheveux.
_ Je ne perds pas mes cheveux, j’ai le front large, c’est différent, frotte Tromos le haut de son crâne assez dégarni ! »
Après un sourire complice échangé, Tromos revient à l’objet de leur présence.
_ « Comment comptes-tu t’organiser ?
_ Si tu regardes bien, dans tous les groupes venus ici, il y a une hôtesse qui ne les lâche pas. Il en sera de même pour la nôtre. A moins que l’un de nous ne se l’accapare.
_ C’est bon, j’ai compris. Je suis de trop.
_ Continue de jouer la carte de l’indifférence. Une fois que nous serons séparés, trouve le chemin qui mène au sous-sol. Je te laisse d’abord libérer les prisonniers. Ensuite, seulement, tu pourras te rendre à l’étage. Segador et ses hommes seront à toi. »
Tromos choisit donc la direction du bar pour tromper la vigilance de Peligra.
Avant qu’il ne s’en aille, Vasiliás retient l’homme aux petits yeux noisette : « N’oublie pas d’agir en toute discrétion. Je compte sur toi. »

Au milieu de trois couples remuant l’un contre l’autre sensuellement, Peligra s’inquiète du départ précipité du robuste client : « Ma présence l’indispose-t-il ?
_ Absolument pas. Mais il est du genre réservé. Difficile à croire que cette montagne de deux mètres quatre-vingt-trois aime passer inaperçu. Il est parti noyer son chagrin d’avoir aujourd’hui loupé un gros contrat en allant au bar.
_ Que dois-je faire pour vous satisfaire dans ce cas ? Peut-être vous présenter à d’autres clients ? Ou vous entraîner sur la piste ?
_ Je n’aime pas danser.
_ Les fauteuils dans ce coin dans ce cas ? Ils sont occupés par un grand investisseur local.
_ J’ai déjà signé beaucoup de contrats aujourd’hui. J’ai affirmé ne pas aimer danser. Mais je n’ai jamais dit que je n’aimais pas qu’on danse pour moi… »


Loin de la moiteur de l’Amérique du Sud, à l’entrée même du domaine d’Asgard, sur la route de cristal, là où Seiya et Thor s’affronteront dans quelques jours, une silhouette couverte d’un épais manteau de laine blanc progresse péniblement dans la neige.
La masse cotonneuse drape les terres gelées du dieu Odin.
Les cheveux d’or et le teint halé de la voyageuse permettent à quiconque la croiserait de l’identifier comme une intruse.
Hélas, la météo capricieuse de ce jour ne permet pas à Thétis de croiser le moindre habitant ni le moindre garde.
_ « Par ce froid, il faudrait être fou pour sortir, assure-t-elle. Le Dragon des Mers m’a demandé de trouver le moyen d’écarter la Princesse de Polaris de son fidèle bienfaiteur Siegfried. Ce ne sera pas tâche aisée et il me faudra jouer de tous mes charmes. »

Arrivée devant un croisement, la Danoise qui a élu domicile sous la Méditerranée ces dernières années est face à un dilemme.
_ « La route s’écarte. A gauche une vallée qui maintient de la neige fraîche, propice aux avalanches, et à droite, une progression vers une montagne. »
Soudain, le frisson d’un danger lui parcourt le dos. Une légère secousse retentit.
_ « Il n’y a pas de doutes possibles. Il s’agit d’un cosmos. Vers la montagne, devine très vite Thétis ! »
 
En effet, plus loin, plus haut, en direction du Mont Baldr au sommet duquel Mime trouvera la mort contre Ikki, une cavité est formée à travers la roche.
Tout autour de cette entrée, la neige fond en raison de la chaleur libérée par la lave du volcan où s’entraîne régulièrement Hagen.
Aux abords, Freya ne craint donc pas le froid.
La peau blanche, les yeux verts concordant à merveille avec le tissu qui couvre ses épaules par-dessus sa robe blanche, la magnifique demoiselle admire tout le courage d’Hagen.
Aujourd’hui, il s’entraîne dehors. L’athlétique guerrier nordique surmonte la rudesse du froid. Il exécute en mêlant vitesse et puissance de nombreux enchaînements.
Lorsqu’un courant d’air glacial vient lui arracher son maillot kaki, pour lui couper la peau à hauteur de l’abdomen, il ne sourcille même pas. Il contre le souffle avec le sien en dégageant son arcane : « Universe Freezing ! »
C’est une fois qu’il est parvenu à couper le souffle du vent, qu’il s’accroupit enfin pour contenir son hémorragie.
Inquiète, les doigts entremêlés, les cheveux blonds épais couverts d’un bonnet rose, Freya ignore le danger qui règne dehors. Elle se précipite vers son amant pour le ramener à l’intérieur de la caverne volcanique.
_ « Je t’avais dit de t’entraîner à l’intérieur, près du volcan, comme d’habitude.
_ Non Princesse Freya. Je sais que vous souffrez trop de la chaleur à proximité de la lave et je ne veux pas vous imposer ça. »
Il se cramponne fermement le ventre pour contenir sa plaie.
Alors, la cadette de la famille de Polaris prend le relais. Elle essuie l’hémoglobine séchée sans même exprimer le moindre dégoût. Au contraire, son geste lui permet de caresser les lignes fermes des abdominaux du futur God Warrior.
Son attention lui vaut un sourire plein de charme de l’Asgardien, qu’elle s’empresse de prendre à pleine bouche.
Accroupit au-dessus de lui pour dominer sa grande taille, elle l’embrasse avec passion maintenant que sa plaie cesse de saigner.
Alors qu’il remonte peu à peu la longue robe de sa bien-aimée pour enfin avoir l’immense plaisir de parcourir de ses mains le long de ses douces jambes, Freya se presse de lui défaire son pantalon blanc…

Perdue, titubante, la vue obstruée par la neige, Thétis est parvenue à remonter la trace du cosmos d’Hagen.
L’inconnue de ces terres aux neiges éternelles surgit inopinément face au couple qui ne fait plus qu’un.
Attirée par la clameur libérée crescendo et simultanément par le frottement régulier de la chair des deux amants, Thétis apparaît devant eux.
Sa douce voix libère une mélodie lorsqu’elle prononce avant de s’écrouler face à eux : « Aidez-moi… Je vous en prie… »
Pris au dépourvu, charmés par cette voix harmonieuse, ils s’échangent d’abord un regard mêlé de charme et de surprise. Puis réajustent leurs vêtements en accourant vers elle…


Au même moment, en Grèce, dans le sanctuaire souterrain d’Arès, le calme est propice à la progression funeste de la discorde.
Sa représentante divine, Eris, profite de l’absence de Vasiliás et Tromos pour s’infiltrer au sein de l’Aréopage.
Voulant poursuivre avec elle ses manigances, Arès sort discrètement de son temple.
Il avance seul par-dessus la lave qui encercle l’îlot où se dresse l’antique palais.
Insensible au magma, il rejoint sa s½ur réincarnée.
_ « Je savais que la reprise de son Sanctuaire par Athéna ne t’avait pas laissé indifférente.
_ Beaucoup de morts, de ranc½ur, de peine, de trahisons, de doutes… Il est temps de passer à l’action tu ne crois pas.
_ A l’époque, elles ont été scellées chez toi n’est-ce pas ? Dans ton Jardin d’Eden à Hokkaido. »
Sous les traits de Kyoko, Eris devine où veut en venir Arès.
_ « En effet. Tes Ombres. Les guerriers à ton service qui commandent les Berserkers.
_ Alors lors de la dernière bataille où ils étaient à mes côtés, Athéna a eu la malice de les emprisonner dans ton temple enseveli pendant que tu étais prisonnière de la Pomme d’Or à la dérive dans l’espace. Astucieux. Elle pensait que tu ne te réincarnerais pas de sitôt et cela me privait de mes meilleurs atouts.
_ Avec eux, lors de ta première tentative d’invasion du Sanctuaire en 1979, tu aurais réussi ton coup.
_ Pas sûr, relativise le dieu assagi avec le temps et influencé par les stratagèmes de Ksénia et Vasiliás. Je me suis précipité et y suis allé avec une armée incomplète. J’ai profité de la Guerre Sainte contre les Titans pour tenter de m’emparer du Sanctuaire d’Athéna et ai été repoussé par des Saints de bronze et d’argent. Très vite, les Saints d’or revinrent victorieux. Même avec mon armée de Berserkers au complet, commandés par mes Ombres, nous aurions été mis en difficulté car pris à revers par le retour des Saints d’or du Cronos Labyrinthos.
_ Quelle clairvoyance ! Je t’ai connu moins calme !
_ La vérité c’est toi qui me l’as montré. Par ta façon de t’immiscer dans le c½ur des hommes. Mon Berserker de la Royauté a rebâti mon armée. Il l’a façonnée avec des soldats pleins de souffrances. Il met à ta disposition de parfaits candidats à tes Evil Seeds. Il a monté son plan d’invasion du Sanctuaire avec minutie et patience. Nous n’aurons qu’à le cueillir lorsqu’il aura accompli le travail. Et lorsqu’il croira me prendre à revers, mes Ombres le cueilleront comme toi tu cueilleras toutes ces âmes, arèsiennes et athéniennes que tes Evil Seeds auront égrainées durant la bataille. »
Enjouée, Eris s’approche de son frère pour coller d’affection sa tête contre son torse.
_ « Tu avais donc tout prévu mon frère…
_ Je ne suis pas le seul, n’est-ce pas ? Si mon échec de 1979 était conséquent à mon manque de patience, je te sais, toi, bien moins rustre. Et capable de plus de réflexion. Lorsque tu as attaqué en 1984 le Sanctuaire, tu brouillais les pistes n’est-ce pas ? »
Démasquée, la Déesse de la Discorde sourit avec perfidie.
S’émancipant des bras de son frère, Eris fait apparaître sur elle un chemisier blanc rentré dans une jupe crème donnant à Kyoko une apparence contemporaine.
_ « C’est une longue histoire. Que penses-tu de profiter d’être nés humains en cette ère pour goûter au plaisir qu’ils s’offrent avant notre avènement ?
_ Seulement si tu promets de me révéler le détail de tous les meurtres commis sous ton influence, accepte-t-il. »
Dès lors, il s’affuble lui aussi de vêtements.
Habillé d’un long manteau beige qui descend jusqu’à un pantalon de costume gris, il prend la direction de la surface dans de belles chaussures de ville : « Bien, gouttons à ce monde en tant que Kyoko et Mars, avant de le diriger en tant qu’Eris et Arès ! »
5
Cynarhum² / Re: Joyeux anniversaiiiiiireuh !
« Dernier message par Ryō le 21 Mars 2021 à 10h26 »
Bon anniversaire Patwon!
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Naologismes / Re: L'actualité de copain Yamauchi
« Dernier message par Nao/Gilles le 16 Mars 2021 à 23h00 »
Par conscience professionnelle je viens de vérifier si la série continuait, non, elle se termine demain, et Yamauchi n'a pas participé à d'autres épisodes, après le cinquième. :-/
7
Cynarhum² / Re: Un être s'éteint, un topic s'éveille...
« Dernier message par Nao/Gilles le 16 Mars 2021 à 22h57 »
Yasuo Ôtsuka est mort aujourd'hui... C'était un excellent animateur, un des plus fidèles collaborateurs de Miyazaki et Takahata à leurs débuts. Il bossait à la TMS, et sa dernière participation à une oeuvre de Miyazaki remonte à l'épisode 5 de Sherlock Holmes en 1984. Etrangement, j'étais toujours persuadé qu'il avait aussi travaillé sur les premiers Ghibli, mais non.

Sinon, il y a aussi Makio Inoue qui est mort fin 2019, j'ai appris ça aujourd'hui aussi en regardant sa page Wikipedia... C'était la voix de Captain Harlock, quand même... (Et Goemon, dans Lupin 3... Y compris dans Cagliostro, avec Ôtsuka à l'animation. Aucun rapport avec le fait que j'aie appris les deux morts aujourd'hui.)
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Only for Love / Chapitre 15
« Dernier message par Kodeni le 15 Mars 2021 à 19h10 »
NEWS

Cette version du chapitre 15 est une version rééditée de la publication originale du 7 juin 2010.
Bonne relecture aux lecteurs les plus fidèles, et bonne découverte pour les nouveaux.
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Only for Love / Chapitre 70
« Dernier message par Kodeni le 8 Mars 2021 à 15h19 »
Chapitre 70

Les douze flammes de la grande horloge du Sanctuaire, sont éteintes depuis bientôt quinze jours.
Le retour d’Athéna au Sanctuaire a achevé l’année 1986 par un message de paix.
Depuis, à chacune de ses apparitions, Athéna est saluée par une clameur populaire qui rompt le calme habituel du domaine sacré.
Du fait de la conspiration de Saga des Gémeaux, son visage était resté mystérieux, au point même que certains doutaient de son existence. Dorénavant, depuis son avènement, la déesse se montre à eux régulièrement dans toute sa splendeur et sa noblesse.
Les habitants du Sanctuaire ne perçoivent aucun point obscur dans le sourire plein de force qu'Athéna leur retourne. Ils se réjouissent de la victoire de la justice et prient pour que la paix dure pour toujours.

Néanmoins, Saori conserve une profonde réserve de sentiments.
Si une certaine amélioration est à noter dans le rétablissement de ses Saints de bronze, elle s’ennuie néanmoins d’eux.
De plus, les messages réguliers des Steel Saints, relayés par des messagers basés à Athènes, inquiètent l’héritière de la Fondation Graad.

Ce n’est pas l’arrivée de Tatsumi qui la rassure.
Le majordome, accompagné de plusieurs gardes dont son inséparable acolyte, le père de Kyoko et Shoko, qu’il a rebaptisé du même nom que le sien, se présente dans la salle d’audience du Grand Pope.
Comme dans la plupart des maisons du zodiaque en travaux, il peut sentir l’odeur du plâtre et du ciment frais. Il ne reste bientôt plus rien des champs de bataille où le sang de beaucoup d’amis a coulé.
_ « Ah ! C’est incroyable Mademoiselle Kido ! Tout est bientôt comme neuf, la félicite Tatsumi !
_ En effet, nos ouvriers et nos soldats ont travaillé sans relâche. »
L’homme au visage dur et au crâne dégarni peut remarquer la mélancolie qu’exprime la déité. Gêné, il approche jusqu’au siège où elle est positionnée et se penche en avant pour lui remettre en bonne et due forme un courrier : « Je suis désolé de vous ramener à vos obligations humaines. Toutefois, Sho m’a transmis une invitation qui vous a été envoyée par la famille Solo. En effet, le riche héritier de cette compagnie partenaire de notre Fondation Graad vous invite à son anniversaire dans sa résidence en Grèce. »
Avec délicatesse, elle s’approprie le document et l’examine quelques secondes : « Je vois… C’est à quelques kilomètres d’ici et… Ce banquet aura lieu dans deux mois et demi. En attendant, je devrai pouvoir m’occuper des affaires de la Fondation depuis ces lieux, souffle-t-elle pleine d’amertume. »
La voix fort avisée de son protecteur, Mû, retentit dans la salle : « Peut-être devriez-vous retourner au Japon le temps de régler certaines choses Majesté. Après tout, aucun danger ne nous guette pour le moment. »
La parfaite réincarnation aux cheveux lilas n’attendait que l’aval de ses plus proches conseillers.
Tout en regardant le Saint d’or du Bélier faire son entrée depuis les deux grandes portes de la salle qu’il a ouvert lui-même, elle lève les yeux vers le plafond et demande : « Il est en effet nécessaire que je retourne auprès des membres de ma société. Beaucoup de décisions doivent être prises pour favoriser des ½uvres humanitaires et des investissements dans les pays en voie de développement. Qu’en pensez-vous Dohko ? »
Par télépathie, l’intonation fatiguée du Saint de la Balance approuve la décision : « Comme le dit Mû, aucun danger ne vous guette. Vos messagers sont revenus avec des retours favorables des différentes prises de contact avec les autres dieux. Blue Graad vous a renouvelé sa fidélité. Asgard et Yíaros ont salué votre retour. Les représentants des dieux égyptiens et indiens ont été heureux d’apprendre votre décision de retirer les troupes de Saga de leurs territoires. De plus, il est difficile pour Athéna de faire oublier à Saori qui elle est, ainsi que ses obligations. Il est nécessaire pour votre propre bien être de retourner vous ressourcer au Japon. Mû et les autres veilleront sur Seiya et ses amis durant ce temps.
_ Dans ce cas, peut-être pourrais-je rentrer en compagnie de Jabu, Ichi, Nachi, Geki et Ban ? Ils assureront ma garde tout en étant heureux de rentrer chez eux.
_ Il serait préférable de laisser un Saint d’or vous accompagner, s’inquiète Mû, sans vouloir manquer de respect à vos amis…
_ Jabu et les autres sont très fiers des exploits de Seiya et de ses compagnons. Il leur tient à c½ur de prouver leur valeur à eux aussi. Je suis certaine d’être en sécurité avec eux. 
_ Qu’il en soit ainsi, valide Dohko d’un air amusé depuis les Cinq Pics.
_ Dans ce cas Majesté, j’insiste pour que Kiki vous accompagne. En étant au plus près de vous, il pourra m’informer du moindre danger.
_ J’accepte sa compagnie avec plaisir Mû, rassure Saori d’un élégant sourire. »


A l’autre bout du monde, le réveil du 3 janvier 1987 dans ce village perdu sud-américain est semblable à tous les autres pour les villageois.
Chacun s’affaire à ses tâches quotidiennes à Icnoyotl au Mexique.

Posté sur le toit de la taverne où il séjourne avec les siens, Mei cesse sa méditation pour observer de façon assidue les faits et gestes de chaque passant.
_ « Le retour d’Athéna en son Sanctuaire est une merveilleuse nouvelle pour le monde. Si nous parvenons à accomplir cette mission pour Marin, nous parviendrons à lui donner toutes les cartes nécessaires à son succès. Et ainsi je laverai l’affront de mon maître. »
Il cesse de se recueillir quand il remarque au détour d’une ruelle calme l’apparence de deux êtres qui lui sont bien connus.
En effet, esseulés, Nicol et Iuitl, la serveuse de la taverne, sont assis, adossés contre le mur d’une maisonnette.
Côte à côte, la jolie jeune femme blonde garde sa tête en appui sur l’épaule du Grec qui est tout aussi endormi qu’elle.
En se frottant le menton, le Japonais s’amuse : « Apparemment la soirée s’est bien déroulée pour lui. »
Puis, d’une mine plus perplexe, il s’inquiète du calme sous ses pieds.

Inévitablement, contrairement au reste du village, le réveil est plus compliqué dans l’auberge où la fête a battu son plein toute la nuit.
Étendues toutes les deux, seules, chacune dans leurs lits, Médée et Yulij n’arrivent pas à émerger, malgré le soleil resplendissant qui passe à travers les lucarnes des chambres.
Le Saint de la Chevelure de Bérénice s’en navre : « Un soir de plus à avoir fait la fête. J’ai l’impression que certains oublient même le but de notre présence en ces lieux. »

Rapidement, l’attitude étrange d’un homme au nez aplati et aux yeux globuleux, coiffé d’une crête hérissée, lui donne raison.
D’un pas saurien, l’insolite personnage interpelle le chevalier : « C’est Cuetzpalli, un serveur de l’auberge. Comme tous les autres, il a fini son service de nuit. Mais pourquoi guette-t-il si prudemment tout autour de lui ? »

De toit en toit, Mei suit furtivement la trace du maigre employé.
Celui-ci sort par plusieurs ruelles d’Icnoyotl et s’engage au sein même de la forêt.
_ « Ichtaca, le patron de l’auberge, nous a dit que hormis les voyageurs, personne ne quittait le village. Tous en sont originaires, se souvient Mei. »
Le chevalier de bronze s’enfonce dans la jungle en quête de réponse.

Le chant de la forêt, mêlant craquements de branches, pas et cris d’animaux, ambiancent rapidement sa filature.
Tel un lézard qui se faufile, Cuetzpalli emmène Mei au plus profond de la jungle, dans une direction où l’étranger n’a pas encore mis les pieds.
Laissant pendre sa très grande langue, le régional de l’étape avance sans plus se retourner.
_ « Il semble avoir baissé sa garde depuis qu’il est sorti d’Icnoyotl. Voudrait-il cacher ses ballades dans le coin ? »
D’arbre en arbre, l’asiatique ne prête attention qu’à sa proie.

Il ne se rend donc pas compte qu’il est devenu une proie à son tour.
Il l’est, pour un mammifère carnivore grand et massif qui l’a pris en chasse dans le sillage de Cuetzpalli.
Alors qu’il saute en direction d’une nouvelle branche à une demi-douzaine de mètres de haut, il est happé par la gueule d’un félin tacheté.
L’animal lui plante ses crocs en plein flanc et lui brise ainsi plusieurs côtes.
Il l’entraîne dans une lourde chute où il se réceptionne à merveille alors Mei, toujours dans sa gueule, s’échoue tête la première.

Secoué et blessé, le chevalier revient à lui tant la douleur de la morsure l’insupporte.
Il parvient à choper dans chaque main la mâchoire du prédateur et à l’écarter suffisamment pour s’en extraire.
Il espère la lui briser en l’écartant encore plus grand, mais les muscles extrêmement puissants de la bête l’en empêchent.
La pression que ses bras exercent sur ses côtes brisées ne l’aide pas à réaliser ce qu'il voulait faire.

L’homme et l’animal se mettent alors en position, ils tournent tous les deux l’un autour de l’autre en se fixant les yeux dans les yeux.
_ « Comment a-t-il pu sauter si haut ? Le jaguar est un félin trapu et plutôt court sur pattes, raisonne Mei. »
L’animal, lui, est plutôt alléché par l’odeur du sang qui s’écoule des plaies de sa victime et qui s’incruste dans son maillot jaunâtre.
Choisissant de mettre un terme à cette plaisanterie, Mei tend le bras en direction de l’animal pour invoquer son arcane.
Seulement, à peine ouvre-t-il la bouche pour en prononcer le nom, que deux autres animaux bondissent de derrière des fougères. Le premier chope le bras de Mei et le lui transperce tandis que le second lui mord directement le crâne, en espérant porter un coup fatal au cerveau.
Heureusement, avant même que les crocs n’atteignent son organe vital, il balance le lourd jaguar accroché à son bras en l’air, d’un mouvement spectaculaire, pour cogner celui qui arrive par-dessus lui.
En gémissant, les nouveaux arrivés sont repoussés en arrière.
Hélas, un tel mouvement a profondément lacéré l’avant-bras droit de Mei.
Il n’a pourtant pas le temps de s’en plaindre que son premier prédateur lui arrive contre la poitrine pattes en avant.
Le poids du félin renverse Mei qui n’a pas d’autre choix que de coller sa main gauche contre une de ses oreilles, rondes et noires au revers avec une tache blanche au milieu, et murmure : « Lost Children. »
Des filaments s’échappent aussitôt de ses mains et percent le cerveau de l’animal en passant par son conduit auditif.
La carcasse lourde de plus de quatre-vingt-dix kilos s’affaisse sur l’homme écorché vif.
Il parvient à bousculer son adversaire et cherche en vain les deux autres.
Il tourne sur lui-même, regardant de bas en haut : « Rien ! Cuetzpalli aussi a disparu ! »
Il détaille son bras droit et ses côtes gauches meurtris pour mieux décider : « Dans cet état il est plus prudent que je rentre. »

Avant même qu’il ne s’engage dans la direction d’où il vient, son attention est prise par le bruit de plusieurs pas, lourds et fugaces.
Le chemin du retour est bloqué par une dizaine de jaguars gueules grandes ouvertes.
Cynique, Mei se permet de ronchonner : « Je croyais que les jaguars étaient des chasseurs solitaires. Faîtes-moi penser à engueuler Nicol pour ses leçons intuitives en rentrant. »
Puis, aussitôt, à vive allure, il fait demi-tour et court.
Il fuit les animaux enragés sans user de trop de cosmos : « Je pourrai aller plus vite, mais j’ai peur de ne plus avoir suffisamment de cosmos pour contenir la douleur de mes blessures. »

Après plusieurs kilomètres de courses, la forêt s’achève brutalement au bord d’un précipice où s’écoule plus bas une rivière.
Derrière lui, Mei entend l’approche de ses chasseurs : « La vache, là-dessus par contre Nicol avait raison. Ils ont une très grande endurance. »
Soudain, la voix aiguë de Cuetzpalli complète : « Ils sont d’excellents nageurs aussi. »
Le chevalier remarque le Mexicain en appui contre un rocher, patientant tranquillement depuis qu’il a quitté la vue de Mei.
Le Saint espère l’attraper mais les ronronnements furieux sont tout près : « Alors ? Que vas-tu faire ? Te laisser dévorer en voulant m’avoir ou bien plonger pour sauver ta vie ? »
N’ayant guère le choix, voyant les plus véloces jaguars pointer le bout de leurs museaux, il se résigne et se jette dans le vide.
Sans même hésiter, les animaux l’accompagnent.
La chute est vertigineuse et le niveau d’eau pas suffisamment élevé pour amortir l’arrivée de Mei. Celui-ci touche le fond et se déchire le corps contre les rochers…


Dans la dimension qui surplombe la Terre, l’Olympe, le temple d’Apollon, agrémenté à l’entrée d’un soleil gravé dans la roche et surélevé par des colonnes doriques, vit des heures calmes, silencieuses.
Debout, dans l’arrière-cour, fixant solennellement le sommet de la montagne où demeure Zeus, le Dieu du Soleil se tient noblement. Ses petits yeux plissés et ses traits fins lui donnent cette allure hautaine qui le caractérise.
Dans son dos, portant quelques corbeilles d’ambroisie et des jarres de nectar, des servantes dressent de nouvelles offrandes qu’elles ont ramassées dans les prieurés où se regroupe le peuple. Observant une parfaite discrétion afin de ne pas troubler la quiétude des lieux, l’une d’elle laisse échapper une vive exclamation lorsqu’elle sent la main mal attentionnée d’un vieil homme lui caresser le postérieur.
Les doigts ridés du petit bonhomme s’aventurent contre la toge fine et immaculée de la fidèle d’Apollon. Le plaisir qu’il en tire se lit dans ses petits yeux ronds inondés de bêtise.
Aussitôt, le propriétaire des lieux cesse sa méditation et affiche un regard encore plus cruel à l’attention de celles qu’il considère comme des esclaves.
Les innocentes prêtresses pressent le pas et abandonnent le vieillard harcelant qui tire sur ses fines moustaches comme pour dissimuler ses âneries.
Le bougre, au sommet du crâne dégarni, ne garde autour de la tête qu’une épaisse touffe de cheveux blancs coton. D’un certain âge, il avance en mettant tranquillement un pas devant l’autre.
Sa fausse bonne conduite devant son maître ne convainc pas ce dernier pour autant : « Faut-il toujours que tu te fasses remarquer négativement Roloi ? »
Sous ses étroits sourcils, ses grands yeux ronds commencent à afficher une certaine perfidie lorsqu’il toise la divinité : « Vous m’excuserez pour cet écart Dieu du Soleil, mais il me semble que le résultat de ma mission mérite un peu de divertissement. »
De sous sa robe blanche, accrochée stratégiquement par des broches en or, le bougre sort une boule faite de cercles métalliques qui tournent les uns sur les autres. Au centre de cette petite sphère une bille représente la galaxie.
Le conspirateur cueille l’objet dans ses mains et félicite son sujet : « Ainsi tu l’as obtenu. Tu as bravé les monts interdits, à l’opposé de l’Olympe. Là où toute vie olympienne cesse. Tu as suivi le chemin étroit, en serpentin, tout autour de ces pics rocheux qui regorgent de ruines de temples et de statues. Là où personne ne s’est aventuré depuis la nuit des temps. L’évocation de cette zone est même proscrite du langage des Olympiens. Mais toi, tu es parvenu à son sommet où un étrange lac rayonne de mille couleurs pour revenir avec l’Armillaire de Chronos.
_ Comme vous l’aviez vous-même pensé Seigneur Apollon, le lac est toujours endormi et l’artefact secret était libre d’accès. »
Piétinant sans gêne quelques fleurs que les prêtres de son temple entretiennent sans cesse, Apollon arbore l’objet mystérieux en direction du ciel et affiche une expression sournoise : « Désormais, plus rien ne pourra se mettre en travers de ma route. L’astrolabe sphérique que Chronos gardait à portée de main, pour le jour où il affronterait Zeus, est entre mes mains. Si mon plan échoue et que Zeus ne parvient pas à se défaire de l’affection qu’il a pour Athéna et les hommes, alors l’Armillaire le retiendra prisonnier et lui dévorera la vie. »


Ramené sur la rive de la forêt mexicaine par le courant, Mei revient peu à peu à lui.
Sa vision est floutée par un voile rouge, issu du sang qui s’échappe avec abondance d’une plaie frontale résultant de sa chute.
Il distingue à côté de lui deux animaux morts, certainement pour les mêmes raisons que lui est mal en point.
Cela n’empêche pas le ronron d’un autre jaguar qui s’approche de lui depuis la terre ferme. L’animal au pelage humide grogne si fort qu’il couvre le bruit de l’écoulement de l’eau.
Derrière Mei, trois autres animaux nagent en approche.
Sur le sol marécageux, l’approche saugrenue de Cuetzpalli confirme les doutes que Mei avait à son propos : « Alors tu es un Jaguar ? »
En guise de réponse, il se raidit et libère de longues canines qui remplacent ses dents. Des poils jaillissent sur toute la surface de son corps pour lui attribuer un pelage tacheté. Sa masse corporelle se développe légèrement mais arrache malgré tout le pagne qui fait le tour de sa taille. Ses ongles deviennent griffus et seule sa crête subsiste au sommet du crâne de ce personnage atypique.
_ « Je vois, vous pouvez vous transformer à tout moment.
_ Pour les Jaguars les plus assidus dans la maîtrise du cosmos, il est facile d’enclencher le processus dans les deux sens et ainsi n’être revêtu de son Nahual qu’en cas de nécessité. »
Malgré sa mauvaise posture, Mei garde le sourire : « Dans ce cas, je ne me sentirais pas coupable en appelant à moi ma Cloth. »


Plus loin, à Icnoyotl, toujours endormis sous la chaleur du soleil désormais bien haut dans le ciel, Nicol et Iuitl profitent de ces instants câlins.
Lorsque soudain, depuis la taverne, une étoile jaillit par la fenêtre de la chambre de Mei.
Le Grec revient aussitôt à lui et réveille Iuitl dans son sursaut : « Mei ! Son armure ! Elle est partie en direction de la forêt ! »
Alors que ses yeux s’habituent difficilement à la lumière du jour, Iuitl bougonne : « De quoi parles-tu ?! »
Le Saint d’argent pointe du doigt le chemin emprunté par la Cloth de son compagnon : « Dans cette direction ! La forêt ! Sais-tu où elle mène ? »
L’autochtone se mordille d’inquiétude ses lèvres charnues : « Je suis née dans ce village et n’en suis jamais sortie en raison du danger. Encore plus ces derniers temps. »
Malgré tout, la décision du chevalier d’argent est prise : « Tant pis, j’y vais ! »
La jeune femme blonde coiffée de plumes noires le retient par le bras : « Je t’en prie, laisse-moi venir avec toi ! »
N’ayant pas de temps à perdre, Nicol se résigne et la prend à bras avant de s’engouffrer par de grandes enjambées dans la jungle…


Là-bas, encerclé, Mei s’élance dans les airs pour recevoir la protection de sa Cloth.
Celle-ci, d’un gris oscillant entre teintes claires et plus profondes, habille parfaitement ses frusques usagées. Son diadème couvre sa plaie, tandis que le cosmos libéré par l’armure revigore le chevalier de la Chevelure de Bérénice.
Devant la beauté du spectacle, Cuetzpalli n’en reste pas moins confiant. Il passe sa longue langue pendue tout autour de ses babines et ordonne à ses compagnons : « Allez-y mes fidèles protecteurs ! Faîtes-lui rendre gorge ! »
Cette fois-ci, Mei ne se laisse plus surprendre.
Malgré ses côtes gauches brisées et son bras droit lacéré, le Saint de bronze esquive un à un les quatre derniers animaux : « Ça suffit Cuetzpalli ! Je ne souhaite pas faire du mal à tes bêtes domestiques. Affronte-moi d’homme à homme… Si je puis dire… »
L’ironie de son ennemi agace davantage l’autochtone.
Il écarte ses bras pour appeler en lui toutes ses forces : « Je vais te faire ravaler tes sarcasmes : Thunderbolt Fang ! »
A peine le Mexicain achève sa phrase que le tonnerre gronde, couvrant le cri de détresse de Mei projeté dans l’eau d’où il est sorti.

Couché au fond du fleuve, le Japonais sent une profonde douleur sous sa poitrine dont l’armure est ébréchée : « Incroyable. Comme si ses crocs avaient invoqué le tonnerre, j’ai été frappé par la foudre. »
Brusquement, il sent sa jambe être happée vers la rive.
Les crocs plantés dans l’armure, un des jaguars ramène sa proie à son maître.

Sur la rive, Cuetzpalli caresse l’animal docile : « Merci à toi. Je l’ai volontairement laissé en vie pour que vous puissiez avoir le plaisir de le dépecer vivant. Allez-y, régalez-vous de sa chair ! »
Les quatre félins obéissent sans hésiter et se précipitent sur le garçon aux cheveux argentés.

Convaincu de sa victoire, le serveur, l’un des deux espions envoyés par le prête Icnoyotl, tourne le dos à son adversaire.
Pourtant, quelques couinements lui font réviser son jugement.

Derrière lui, les animaux sont soulevés par de fins filaments.
Ceux-ci sortent des mains de Mei qui reprend position, tout en gardant prisonniers autour de lui les bêtes enragées : « Je t’avais dit de laisser tes matous hors de ça. »
Il les balance un à un contre Cuetzpalli qui les évite sans chercher à leur épargner une chute brutale.
Agacé, le Jaguar prend les devants, suivi de sa troupe : « Je vais te faire fermer ton clapet : Thunderbolt Fang ! »
Mei passe ses mains devant lui comme pour faire écran.
Il libère des cheveux qui forment un bouclier dont les filaments se plantent dans le sol : « Lost Children ! »
Les Crocs du Tonnerre échouent contre la barrière de Mei qui sert de paratonnerre.
Mei libère après coup une vrille de fils qui menace Cuetzpalli.
Le Jaguar, d’un habile déhanché, empêche son c½ur d’être transpercé.
Cependant, c’est son épaule qui est traversée.
Après avoir percée l’épaule du guerrier de Tezcatlipoca, la vrille libère ses milliers de cheveux pour transpercer de part en part les animaux acharnés.
A une vitesse incroyable, Mei est parvenu à contrer l’attaque de son adversaire, à riposter et à tuer dans d’atroces souffrances les quatre jaguars.
_ « Sans mon entraînement à Jamir, je n’aurai jamais réussi un tel exploit. Et encore, je n’ai pas réagi à la vitesse de la lumière, affirme au fond de lui le chevalier. »
Essayant de contenir l’hémorragie de son épaule gauche, Cuetzpalli garde la main droite contre.
Ses babines remontent pour arborer ses crocs menaçants : « Tu vas payer pour avoir tué mes jaguars.
_ Tu ne peux en vouloir qu’à toi-même. Je t’avais demandé de faire partir tes gros minets. De plus, trop confiant, tu m’as dévoilé ton arcane sans la déployer au maximum de son potentiel. Hélas, une attaque ne marche jamais deux fois contre un chevalier averti. Mes fils plantés au sol me servent de paratonnerre. Ils absorbent le choc de ta technique. »

Refusant d’abdiquer malgré tout, Cuetzpalli fonce sur Mei. Celui-ci pare la droite du thérianthrope et tire, grâce à sa main libre, sur sa langue pendue pour amener son visage contre le sien et le frapper d’un coup de tête en plein museau.
La truffe en sang, la langue arrachée, Cuetzpalli réussit malgré tout à rappeler à Mei que c’est proche de la mort qu’un animal s’avère être le plus dangereux.
Grâce à une charge violente, il repousse le Japonais à l’eau.
Baignant jusqu’aux genoux, il réalise trop tard le stratagème de Cuetzpalli, qui déclare avec difficulté : « Un paratonnerre ne te servira à rien dans l’eau. Je vais mettre toute ma vie dans cette ultime tentative : Thunderbolt Fang ! »
Mei se contente de tisser un seul lien entre lui et Cuetzpalli : « En effet. Mais je suis persuadé que je résisterai mieux que toi, quoi qu’il arrive : Lost Children. »

Un simple fil permet de conduire la foudre invoquée par les Crocs du Tonnerre de Cuetzpalli.
Les dents serrées, les yeux plissés, Mei encaisse et garde en ligne de mire Cuetzpalli.
Plus le Jaguar libère d’énergie, plus celui-ci en ressent les effets.

Comme prévu, Cuetzpalli s’écroule en premier, mettant fin au calvaire du chevalier.
Le corps anthropomorphe, lourdement encastré dans le sol boueux, libère encore la fumée indiquant le triste état de ses organes carbonisés.

Malgré l’eau et ses blessures antérieures, Mei, lui, s’extirpe de l’onde, la tête baissée et le pas lent.
Sur la rive, il se laisse tomber à genoux.
_ « Ce combat aura été un bon test. En plus de la puissance et de la maniabilité de ma technique, j’arrive à adopter différents stratagèmes instinctivement en plein combat. Et ma résistance, même mise à rude épreuve, est bien plus grande elle aussi, se félicite-t-il. »

Inopinément, le sol tremble progressivement tandis qu’un grognement approche.
De derrière les fougères, arrachées d’un simple mouvement de bras, surgit le premier Jaguar auquel ont été confrontés Mei et ses amis à leur arrivée au Mexique.
Les oreilles, les poignets, les chevilles et la queue affublés d’ornement aztèques, Titlacauan, le lieutenant de Tezcatlipoca, couvert d’un pagne retenu à la taille par une ceinture en or, a le regard sévère : « Comme on se retrouve étranger ! »
Mal en point, Mei grimace à l’idée de combattre un lieutenant du dieu ennemi dans son état.
Malgré tout, il ne perd pas son ton provocateur : « Tu m’étonnes, grosse peluche. On peut dire que tu tombes à pic. »
La voix grave et ronronnante de Titlacauan n’apprécie guère les railleries de Mei.
Tout en retournant sur le dos Cuetzpalli, il le provoque : « Même s’il avait la langue bien pendue, Cuetzpalli n’avait pas une aussi grande gueule que toi. Je suis surpris de voir qu’un simple guerrier Jaguar ait pu te mettre dans cet état.
_ Te fous pas de moi. On sait très bien tous les deux qu’il existe différents niveaux de puissance parmi vos guerriers Jaguars. Cuetzpalli n’était pas le plus mauvais. »
Tout en fixant avec colère le regard d’un Cuetzpalli agonisant, il maugrée : « Apparemment Cuetzpalli n’a pas su se taire. Comme à son habitude il a fallu qu’il t’en dise trop sur nous.
_ Il faut dire qu’il croyait pouvoir me vaincre facilement, flâne d’un air irrévérencieux Mei. Mais ce n’est pas avec une armée de chatons que vous viendrez à bout de moi. »
Face aux dépouilles des jaguars qui jonchent le sol, Titlacauan n’arrive plus à tolérer davantage de propos outrageants.
Sa force brute provoquant par le simple mouvement de son bras un puissant appel d’air, Titlacauan choisit d’envoyer un lourd coup de poing à un Mei abattu.

Miraculeusement, le coup est stoppé en pleine course par l’arrivée fortuite de Nicol.
Celui-ci reçoit dans la paume de sa main, la pénible pression exercée par le lieutenant.
Si puissamment que le sol s’affaisse et qu’il se retrouve comme Mei avec de l’eau jusqu’aux chevilles.

Abandonnée derrière un arbre, Iuitl se montre à son tour et passe ses mains avec émotions devant Cuetzpalli qui convulse. Elle reconnaît l’homme au pelage tacheté : « Oh mon dieu. Cuetzpalli… Que t’est-il… »

Au bord de l’eau, Nicol et Titlacauan ne bougent pas d’un pouce.
Toujours aux prises l’un contre l’autre, Nicol, d’une voix claire et posée, propose : « Sans remettre en question tes aptitudes au combat. Je doute que tu puisses faire le poids contre deux Saints. Même si l’un des deux est meurtri. Je te propose donc de rebrousser chemin. »

Soudain, une nouvelle voix, aiguë et perfide, libérée par une très large et très fine bouche aux dents longues et pointues, rejoint le groupe : « Ta clarté d’esprit et ton comportement me plaisent de plus en plus étranger. »

Depuis l’obscurité de la forêt, apparaît seul un homme mince, les épaules tombantes, le regard vicieux. Le fond blanc totalement imbibé de sang, ses petits yeux couleur feux témoigne une expression malsaine. Son visage est peint en horizontal de jaune et de noir, couleur symbole de sa tribu. Un bandeau de même couleur coiffe ses courts cheveux noirs, tandis qu’un anneau est accroché à son septum. Un large col en or encercle son torse par-dessus son châle vert.
Titlacauan abandonne aussitôt son opposition et incline légèrement sa tête : « Necocyaotl, Prêtre de Tezcatlipoca. »

Nicol profite du recul du Jaguar pour relever sous son bras Mei.

L’ecclésiaste continue : « Je vois que vous êtes de mieux en mieux renseignés sur nous. Je me demande jusqu’où cela nous conduira. »

Titlacauan retourne auprès de son supérieur qui utilise son écharpe rouge pour les enrouler tous les deux dans le but de les faire disparaître comme lors de leur première rencontre avec les Saints.
_ « Attendez, s’empresse Nicol !
_ Tut tut tut, souffle Necocyaotl… Ne sois pas pressé. Peut-être seras-tu l’ultime sacrifice fait au soleil avant que celui-ci ne nous offre un nouveau monde ? »
Les deux sujets de Tezcatlipoca disparaissent aussitôt.
Ils laissent à Nicol le loisir de repartir comme il est venu, en compagnie d’Iuitl.
Celle-ci totalement dépassé par les événements, est désemparée par la mort de Cuetzpalli.


Sur l’île où régnait il y a encore deux mois Hébé, la placidité règne.
A Yíaros, le peuple surmonte l’après-guerre avec le sourire, malgré la perte de leur déesse et de la quasi-totalité de ses chevaliers.
Malgré la tristesse, une étrange aura bienfaitrice domine toujours ce domaine, comme si la Déesse de la Jeunesse veillait toujours sur les siens.
A l’intérieur de son temple, le Parthénos, le vent de l’hiver s’engouffre dans les couloirs vides.
Les grandes portes sont ouvertes.
Il n’y a désormais presque plus âme qui vive.
Quelques soldats, de nouveaux et très jeunes gardes prenant la relève de leurs aînés décimés, nagent dans les tuniques marines et azures qu’ils ont récupéré.
Ils se réunissent dans l’immense palais pour déterminer les rondes et les actions à mener auprès du peuple.
_ « L’armée se reconstruit, fait résonner par la pensée d’¼dipe. »
L’Alcide aux multiples handicaps traîne ses immondes jambes aux côtés de Juventas, promue responsable de Yíaros après la tragédie qui a frappé les Hébéïens.
La jeune femme, fixant à travers son masque de femme chevalier les Joncs d’Athéna que Marin lui a confiée, répond avec amertume : « Crois-tu que cela sera suffisant pour contrer nos futurs ennemis ?
_ Athéna est revenue. C’est elle qui attirera les futures menaces, pas nous.
_ Contre des menaces comme Poséidon ou Hadès, elle saura faire face, seule. Mais contre l’Olympe, il faudra que tous ses alliés sur Terre s’unissent. Voilà pourquoi j’ai préféré dire au messager du Sanctuaire que nous reconnaissions Athéna comme l’une des notre, mais que nous préférions rester en retrait pour le moment. Je veux mêler le moins possible notre peuple à une nouvelle Guerre Sainte. Cependant, lorsque l’Olympe attaquera, ça ne sera pas Athéna qui sera visée mais l’humanité toute entière, Yíaros compris.
_ Du coup, crois-tu que garder les Joncs ici est une bonne idée ? »
Des cliquetis de chaussures sur le sol marbré du temple suspendent la discussion.

En toute liberté, reconnue ici comme une alliée, le Saint d’argent de l’Aigle rejoint les deux Alcides.
_ « Marin. Viens-tu chercher les Joncs d’Athéna ? Se pourrait-il que tu ais retrouvé la Chouette, espère Juventas ? »
_ Hélas non, déplore la Japonaise d’origine olympienne. Cependant, Pégase a été privé suffisamment longtemps de son Jonc. Je compte le lui remettre à son poignet. S’il parvient un jour à atteindre l’Illumination, Pégase pourra ainsi pleinement bénéficier de ses pouvoirs.
_ De quoi s’agit-il réellement ?
_ Je passe du temps depuis bientôt quinze jours au temple des prêtresses d’Athéna. Ce lieu regorge de lectures passionnantes. Il semblerait que le Jonc permet à Pégase d’appeler à lui sa véritable Cloth, sa Cloth originelle.
_ L’Illumination est un stade avancé qui est lié à l’Eveil, affirme le cultivé ¼dipe. L’Eveil est la fusion du cosmos avec l’univers. L’Illumination est la transformation de l’âme en un esprit combatif indéfectible. Ces phases caractérisent les dieux. Un humain ne peut espérer l’entrevoir s’il ne maîtrise pas totalement les septième et huitième sens.
_ Autrement dit, vu le niveau affiché lors de la bataille qu’il a mené, et l’état actuel dans lequel il est, Pégase est loin de pouvoir franchir ce niveau, en déduit Juventas.
_ La route qui l’attend est semé d’épreuves qui l’aideront peut-être à pousser sa détermination jusque-là, corrige Marin. »

Dehors, après quelques minutes de marche, les trois chevaliers regagnent le centre de l’île.
Là, une petite fille sort d’une maisonnette.
L’enfant, accompagnée de sa nourrice, trotte jusqu’à sa mère qui la prend fort dans ses bras.
Marin observe Juventas qui enlace sa progéniture : « Depuis la disparition d’Apodis, elle me réclame sans cesse des câlins. Elle se sent seule et manque sûrement de repères. J’ai du mal à concevoir qu’au terme de cette bataille, elle sera sûrement orpheline.
_ Beaucoup d’entre nous mourrons, c’est indéniable, reconnaît Marin. Mais ta fille, Agape, représente l’espoir des générations futures, qui conforteront la paix pour laquelle nous nous serons battus.
_ J’aurai tellement voulu qu’Apodis soit là. Il aurait eu les mots pour me réconforter. Il me manque tellement. Après la perte d’Iphiclès, je croyais que plus jamais je ne pourrai aimer un homme comme lui je l’aimais. »


Au Mexique, dans la cité de Citlali, Necocyaotl et Titlacauan débarquent devant la pyramide de Tezcatlipoca.
Ils approchent des tipis dans lesquels vivent les fidèles.
Le lieutenant marche en fixant d’un air suspect le prêtre.
_ « Tu aimerais t’entretenir avec moi Titlacauan, ressent Necocyaotl sans le dévisager ?
_ À vrai dire, votre attitude me perturbe. Avec notre Grand Tezcatlipoca, vous préférez ignorer la présence de ces Saints. Pourquoi donc ?
_ Ils sont très loin de localiser notre position et très loin de se douter de ce que nous tramons réellement. Aller les provoquer pourrait faire pencher la balance en notre défaveur.
_ Mais tout de même, il va falloir s’en méfier. Tout à l’heure, ce Nicol, lorsqu’il s’est interposé, j’ai senti un puissant cosmos en lui. De même que Mei, qui a parfaitement neutralisé Cuetzpalli. Ce Jaguar était un très bon élément et je crois ce chevalier lorsqu’il dit que ce combat était un test pour lui et qu’il n’avait pas donné tout ce qu’il a. Les éliminer au moment où ils ne s’y attendent pas seraient plus ingénieux.
_ Tu oublies que nous avons encore un espion à Icnoyotl. Lorsque nous frapperons contre eux, ne t’en fais pas, ils ne s’y attendront vraiment pas. »


Dans son temple, Apollon réajuste sa longue cape au-dessus de lui après s’être étendue dans un de ses nombreux sofas.
Assis au sol, à côté de lui, Roloi lui tend une coupe de nectar avec délicatesse.
Ses yeux d’un bleu aussi clair que celui du ciel de l’Olympe, suivent l’avancée d’une de ses semblables.
Grande, la poitrine généreuse libérée par une longue robe pourpre, qui lui serre sa fine taille et qui moule parfaitement son postérieur et le haut de ses cuisses, la Déesse du Mariage affiche du coin des lèvres un rictus de satisfaction. Le visage fin, les yeux larges, elle exprime à chacun de ses mouvements la supériorité divine dont elle se glorifie.
Sans un mot, en se positionnant dans les oreillers et les étoffes qui couvrent un banc de pierre, elle tend une main aux ongles vernis à la couleur de sa robe.
Aussitôt, d’autres serviteurs que Roloi se pressent de lui servir la même boisson qu’à leur maître dans une coupe en cristal.
_ « Quelle hospitalité, flatte Héra après avoir retirée ses lèvres pulpeuses du récipient ! Nous pouvons dire que nous sommes bien reçus dans la demeure du Soleil.
_ Que puis-je pour toi, se contente d’articuler le frère d’Artémis peu enjoué à la conversation ?
_ Me rassurer. Hestia, Héphaïstos et moi-même avons suivi ta machination, qui pour le moment s’est avérée être un succès. Pourtant, quelques événements inattendus auraient pu nous mettre en échec. Je pense au Jonc d’Athéna que tu avais confié à Hestia et qui a été récupéré par les Saints d’Athéna. Je ne sais pas si tu continues de suivre cela de près, mais il me semble également que le Pendentif de Zeus que nous avons subtilisé à l’Aigle il y a plusieurs années est convoité lui aussi par les Saints. Autrement dit…
 _ Autrement dit tu m’importunes pour rien, la coupe-t-il d'un ton impérieux. Depuis qu’il est notre le Pendentif de Zeus a été confié à un dieu mineur. Tezcatlipoca. Ce dieu m’a toujours glorifié. Le soleil est nécessaire à sa toute-puissance. Je confère au sceau qui retient prisonnière cette clochette une partie de mes pouvoirs. Cela permet d’accroître le cosmos de ce dieu mais surtout de renforcer sa fidélité. Ainsi, il défend ce sceau et, inconsciemment, ce qu’il renferme comme son culte le plus précieux. Lorsque je lui en donnerai l’ordre, il participera à pousser Athéna à la faute. Et même s’il échoue, il sera trop tard pour ma chère petite s½ur. Le sort de la Terre est scellé.
_ Pour cela, faut-il encore qu’il garde le sceau suffisamment loin des Saints avant que tu ne lui donnes l’ordre de tout détruire.
_ Que veux-tu dire ? »
La plantureuse entité aux cheveux noirs tirés pour former un magnifique chignon, coiffés d’un diadème orné en son centre d’un rubis rouge écarlate, balance son verre au sol en méprisant du regard les serviteurs qui se précipitent pour nettoyer. Elle quitte le temple en déclarant : « Inquiète-toi un peu plus de ce qui se passe sur Terre ! Les Saints approchent chaque jour un peu plus de Tezcatlipoca. Et ils pourraient réussir à l’atteindre plus vite que tu ne l’as prévu. Nous t’avons suivi corps et âmes dans cette conspiration, ne nous fait pas tomber. »
Pendant qu’elle s’engage en dehors du palais, l’une des plus puissantes déesses de l’Olympe est soudain immobilisée.
Tétanisé, l’angoisse rend son visage plus vulnérable. Plus humain.
L’incompréhension qui la gagne trouve très vite une réponse. 
Alors qu’elle lui tournait le dos, Apollon apparaît devant elle depuis les airs, comme s’il s’était téléporté.
Pendant que sa longue cape retombe sur le sol, il attrape entre ses mains la gorge de la mère d’Héphaïstos et la presse légèrement en exprimant un certain sadisme : « Héra. Je n’ai pas eu besoin de te pousser dans mon complot. Ta haine envers les hommes et ta jalousie pour Athéna ont été suffisantes. Dorénavant je m’appliquerai à mieux suivre les actes de Tezcatlipoca. Mais avant ça, je tiens à veiller que tu n’oublies jamais que je te suis supérieur. Et que tu me dois le respect. »
Habituellement si orgueilleux, les yeux d’Héra expriment une profonde frayeur et une sincère docilité.
Du mieux qu’elle peut, elle remue la tête pour affirmer son allégeance.
Enfin, elle reprend instinctivement son souffle, lorsque le fils de Zeus la relâche.
Accroupie, affaiblie, elle se sent craintivement soumise devant ce géant qui la domine par son imposante carrure et son regard impassible.
_ « Tu peux partir à présent. La prochaine fois que tu viendras trouver ma demeure tu y seras invitée. Tu ne fouleras plus ce sol autrement. »


De retour à Icnoyotl, dans l’auberge, à l’intérieur de la chambre de Nicol, Mei est assis sur le coin du lit.
Il garde son franc parlé malgré les blessures : « Ils s’amusent avec nous. Nous sommes un passe-temps, lorsqu’ils ne butent pas des gens pour calmer leur histoire de soleil. »
Circonspecte, Yulij déplore les blessures de son amant.
Alors qu’elle rentre dans la pièce avec des linges, du coton et de l’alcool pour désinfecter et soigner les plaies de son camarade, Médée surenchérit : « Mei n’a pas tort. Sans quoi ils auraient très bien pu nous attaquer depuis longtemps.
_ Oui Médée. Ils doivent certainement vouloir poursuivre leur activité sans qu’on y nuise, suspecte Yulij.
_ Et cela doit fonctionner sans quoi nous serions déjà morts, grimace Mei à mesure que la Muvienne panse ses plaies.
_ Qu’est-ce qui te fait dire ça, réagit d’une voix douteuse Nicol ?
_ Enfin, c’est évident. Cuetzpalli qui était tout proche de nous depuis notre arrivée était un espion. Pourtant, il n’a cherché à me tuer que lorsque je l’ai découvert. Tant qu’ils ne nous attaquent pas, c’est que nous sommes sur une fausse piste ou que nous sommes loin d’eux, explique Mei d’un ton amer.
_ Tu suggères qu’il y a d’autres espions, suppose Yulij ?
_ J’en suis persuadé. Il n’y a qu’à voir la copine de Nicol !
_ Pardon, réagit malaisément Nicol ?!
_ Cela ne te semble pas bizarre que malgré sa transformation, elle a réussi à reconnaître Cuetzpalli. Surtout qu’il était dans un sale état.
_ Avec la crête qu’il portait sur la tête, quoi de plus normal que de le reconnaître ?
_ Ne te fous pas de moi ! Elle était complètement bouleversée par sa mort !
_ C’était son collègue, son ami ! Ils sont tous les deux originaires de ce village ! Normal qu’elle soit affectée !
_ Elle t’a surtout tapé dans l’½il oui !
_ On va se calmer, dit Médée pendant qu'elle serre les bandages de Mei pour le faire baisser d’un ton ! Cela ne sert à rien de monter sur nos grands chevaux. Vu le stade où nous en sommes, toutes les pistes, même les plus improbables, sont possibles. »
Acerbe, l’élève de Deathmask préfère quitter la chambre.
Comme à son habitude, il ne manque pas de défier le Saint d’argent : « Ça fait combien de temps que nous sommes ici ? Deux semaines ? Si ce n’est pas encore fait et que tu ne comptes pas te servir d’elle pour notre mission, alors tape-la toi et cesse de perdre ton temps avec cette serveuse ! Elle pourrait nous attirer des emmerdes ! »
Les propos de Mei soulèvent la face cachée de l’homme raffiné qu’est Nicol.
Le Grec sort de ses gonds.
Il se jette sur Mei qui peut compter sur les réflexes conjugués de Médée et Yulij.
Après quelques tentatives d’intimidations avortées par les femmes, les bousculades cessent lorsque Mei claque la porte.

Dans le couloir, sur la mezzanine qui surplombe le rez-de-chaussée de la taverne, Mei reconnaît à sa robe rouge foncé dédoublée avec audace haut sur la cuisse la jeune femme à l’origine de sa querelle avec Nicol.
Assise sur le plancher vétuste, Iuitl qui a tout entendu de leur conversation recroqueville ses jambes jusqu’à son visage pour camoufler son chagrin.
Impitoyable, le Japonais n’en démord pas : « Es-tu satisfaite ? Ton plan marche à merveille, tu sèmes la zizanie dans notre groupe. Mais dis bien à tes Jaguars qu’il en faudra plus pour vaincre les Saints d’Athéna. »
Malgré son affliction, Iuitl garde son caractère bien trempé : « Je ne comprends rien à ce que tu racontes, espèce de cinglé ! »
Aussitôt, sortant d’une chambre voisine, du linge sale sous les bras, Ichtaca, le tenancier au visage marqué par une griffe sur l’½il gauche, s’indigne : « Est-ce une façon de s’adresser à une dame ?! Si je tolère votre présence ici, étrangers, c’est parce que vous payez. Et si tu es encore dans ce lieu aujourd’hui, tu le dois à la sympathie de tes amis. Ne l’oublie jamais. »
En regagnant sa chambre, Mei tourne le dos à Ichtaca pour lui signifier tout son mépris : « Je ne l’oublie pas. Comme je n’oublie pas que tu as été à une certaine époque un Jaguar. »

A l’intérieur de la chambre de Nicol, la colère de ce dernier s’amenuise.
Tous ont observé le silence pour suivre les propos échangés entre Mei et les Mexicains dans le couloir.
Comme il la considère comme sa s½ur, Yulij en profite pour préciser à Nicol : « Il n’a pas tort tu sais. Aussi bien toi que nous, nous nous sommes alertés tardivement du danger qui guettait Mei aujourd’hui. Nous nous laissons entraîner par les fêtes ou par nos sentiments au détriment de notre mission. Si tu ne t’étais pas réveillé brusquement tout à l’heure, qui sait ce qui serait arrivé à Mei ?
_ Yulij a raison, déplore Médée. Que nous profitions du cadre et de la gentillesse de nos hôtes, c’est une chose, mais il va falloir nous recentrer sur notre devoir. »
Les deux femmes quittent la pièce en laissant la porte grande ouverte.
En sortant, elles préfèrent ignorer la présence d’Iuitl, tandis que Médée se contente de passer affectueusement sa main sur l’épaule d’Ichtaca, pour lui rappeler sa toute confiance en lui.

Seul, Nicol se positionne sur son lit.
Il saisit son visage entre ses mains. Torturé par ses sentiments et par le constat d’échec qui lui fait face.
Devant lui, accablée devant l’encadrement de la porte, Iuitl implore sa confiance en le regardant tristement…


En Grèce, le jet qui a permis à Seiya et ses camarades de se rendre au Sanctuaire vole au-dessus de la mer Egée.
Installés à l'intérieur, Saori et les Saints de bronze profitent d’un voyage calme.
Contrairement à son c½ur agité, la mer Egée, que Saori contemple, brille doucement dans des tons vert émeraude.
Assis à la place de ses protecteurs qui ont fait le chemin aller avec elle, Jabu, Ichi, Nachi, Ban et Geki semblent aux yeux de la jeune fille de bien maigres lots de consolation.
Son âme de déesse se refuse pourtant à de tels discernements.
Malgré tout, son caractère de jeune femme ne peut s’empêcher de confronter les deux groupes de Saints de bronze.

Plus loin, devant, Tatsumi se chamaille avec Kiki qui refuse de reposer la télécommande de la télévision installée dans l’avion. Leur querelle oblige malgré lui Kiki à presser une touche.
Aussitôt, la diffusion des vidéos prises pour la Fondation Graad des Galaxian Wars focalise l’attention de tous les voyageurs.
Bien vite, Ban, Geki, Ichi puis Nachi, baissent honteusement la tête en revoyant leurs défaites.
Cependant, la Licorne reste fière.
Avec détermination, il brise le silence que ses camarades et lui-même se sont imposés depuis le début du voyage par respect envers l’affliction de Saori : « Athéna, il est vrai que notre parcours dans ce tournoi a été pitoyable. Toutefois, nous n’avons pas à rougir de nos défaites. Elles nous ont permis de nous rappeler que notre rôle est de chaque jour perfectionner nos techniques pour mieux vous servir. Grâce à cela, nous avons pu nous entraîner de nouveau et revenir plus fort auprès de vous. Et même si nous sommes loin du niveau de nos camarades, sachez que nous tous ici sommes prêts à mettre nos vies en jeu pour vous honorer. C’est pourquoi nous avons profité de ces quinze derniers jours au Sanctuaire pour demander à Aldebaran du Taureau de nous entraîner ! »
La bravoure et la fidélité de Jabu rappelle à la responsable de la société de Mitsumasa Kido qu’il y a encore six mois, elle était heureuse de pouvoir s’appuyer sur cet homme, qui était bien un des seuls à la reconnaître malgré son mépris constant.

La splendeur d'innombrables étoiles va bientôt éclairer doucement le ciel nocturne.
A l’intérieur de l’avion, Saori choisit de s’inquiéter autant de la présence de ses nouveaux anges gardiens que s’ils avaient été ses précédents. Car c’est tout ce qu’elle peut offrir de mieux à ces hommes qui ont foi en elle.


Plus bas, dans le centre du Sanctuaire, là où la ville d’Honkios débouche vers les marches des douze temples du zodiaque, l’heure est au recueillement.
Juste avant d’emprunter la montée vers le temple du Bélier, le sentier qui conduit au cimetière des Saints est particulièrement usité depuis ces quinze derniers jours.
Le mausolée où reposent les Saints d’or tombés au combat est encerclé de fleurs et diverses offrandes laissées par le domaine sacré tout entier.

En face, assis les jambes croisées sur un rocher, Milo reste contemplatif malgré la nuit tombée.
Son regard est vague.
Ses yeux ronds.
Ses pensées nostalgiques.
_ « Camus, déplore-t-il hagard… Tu auras tenu ta ligne de conduite jusqu’au bout… Si ton disciple s’en remet, gageons que cela lui serve à prendre un jour ta relève pour en faire un Saint aussi digne que toi, mon ami, mon frère… »

Soudain, les exclamations d’une voix maladroite en train de se ressaisir le ramènent à lui.
Dans son dos, trébuchante après avoir roulée le pied sous un caillou, l’indiscrète Shoko le rejoint.
Comptant sur un entraînement plus assidu depuis que Marin a rejoint les prêtresses, elle s’épargne une chute ridicule, mais n’en mène pas large pour autant devant le charismatique Scorpion qui la toise du haut de son rocher.
_ « Oups, dit-elle en tirant honteusement la langue.
_ Que viens-tu faire ici, lui assène-t-il d’un ton ferme ?
_ Oh… Euh… Je suis désolée, perd-elle immédiatement son entrain devant une réaction qu’elle aurait espéré plus cordiale, je venais simplement me recueillir comme chaque fois que j’ai la permission de quitter le temple des prêtresses. Je sais, c’est un peu ridicule, mais puisque c’est ici que ma s½ur a choisi d’abandonner son humanité pour accepter d’être Eris, c’est pour moi aussi l’endroit où nous avons perdu Kyoko, confesse-t-elle gênée et mélancolique. »
Suite à sa sauvage réaction, Milo regrette et se réceptionne alors face à elle.
Tête baissée, elle constate son approche grâce à l’éclat de sa Cloth d’or dans la nuit.
Sans rien dire, il lui saisit le menton pour l’obliger à redresser son minois embué de chagrin.
_ « J’ai été grossier. Veille à m’en excuser si tu le veux bien. »   
Sans attendre, il tourne les talons pour repartir rejoindre son temple.

C’est alors qu’avec précipitation, il sent Shoko le rejoindre et se plaquer fermement contre son dos en le serrant fermement par la taille.
Derrière lui, le visage niché dans sa cape, elle demeure incapable de trouver les mots.
Néanmoins, devinant l’émoi que suscitent les douloureux souvenirs de leur rencontre ici, Milo ressent aussi le lien fort qui les unit, après ce qu’ils ont traversé ce jour où Eris a réapparu sur Terre.
Se défaisant de l’étreinte en lui ôtant les mains, il se retourne vers elle pour croiser son regard et l’enlacer à son tour.
Malgré la Cloth qui les sépare, Shoko ressent alors une immense chaleur et une profonde passion par ce geste.

Pendant qu’il se détache enfin d’elle pour rentrer chez lui, il ne remarque pas au loin, venue fleurir la mémoire d’Aphrodite, le père de son fils, Myrrha, restée jalousement dissimulée sur le flanc du sentier…
Toujours fâchée envers Milo, il n’en faut pas plus pour qu’elle abandonne de colère les fleurs sur le chemin et qu’elle tourne les talons…


Au Mexique, dans le village d’Icnoyotl, la nuit est rythmée par les claquements de mains et de pieds qui accompagnent la musique jouée dans la taverne.
Comme chaque soir, la fête bat son plein entre locaux et visiteurs.

Couché sur son lit, Mei écrase ses oreilles avec ses oreillers : « Crois-tu qu’ils cesseront un peu leur bordel ?! J’aimerai dormir ! »
Remuant sur le matelas, secouant par la même occasion son bougon d’amant, Yulij gesticule au rythme de la musique tout en tortillant ses cheveux blancs entre ses doigts.
Ses grands yeux amoureux s’illuminent, lorsqu’elle s’affaire à ennuyer davantage le grincheux personnage.

Dans la pièce d’à-côté, Médée trempe un linge dans la bassine d’eau qu’on lui a fait venir. Elle le glisse au creux de sa poitrine comme elle le fait sur le reste de son corps nu.
Son visage, à découvert, accepte ces quelques gouttes agréables qu’elle s’amuse à faire tomber sur son front, entre les deux points qui permettent d’identifier ses origines muviennes.
Cependant, son esprit n’en reste pas moins préoccupé par les événements de la journée : « Même s’il a un rôle incontestable de meneur, Nicol s’expose à certaines déconvenues s’il ne s’inquiète pas plus de ses fréquentations. En même temps, j’accorde également beaucoup de confiance à Ichtaca. Suis-je entrain de me tromper moi aussi, s’interroge-t-elle ? »

La chambre accolée à la sienne est vide.
Après les propos tenus, Nicol a choisi de la déserter pour la soirée.
En retrait de l’euphorie qui retentit dans les mètres alentours, le Saint d’argent s’est reclus à l’autre bout du village, dans les ruelles sombres, en compagnie d’Iuitl.
_ « J’espère qu’Ichtaca ne t’en voudra pas trop que tu t’absentes comme ça en, pleine soirée.
_ Vu mon chagrin, je pense qu’il me pardonnera.
_ Je suis vraiment désolé pour Mei. Il parait bourru comme ça mais c’est un…
_ Oui, je sais. Mais à ce que j’ai pu voir et comprendre aujourd’hui, vous êtes ici pour vous battre.
_ Pas vraiment. Le combat est une nécessité lorsque le dialogue ne permet pas d’avancer. Si nous sommes ici, c’est parce que la paix de la planète en dépend.
_ Que veux-tu dire ?
_ Je ne peux pas t’expliquer davantage. Après tout, je suis un Saint et toi tu ignores tout du monde dans lequel j’évolue. N’est-ce pas ? »
Le timide hochement de tête de la blonde aux cheveux agrémentés de plumes noirs rassure Nicol sur les intentions de son amie.
_ « Seulement, insiste-t-elle tout en prenant une mine décontenancée, Cuetzpalli est mort. Et demain ce sera peut-être toi. Ou d’autres amis à moi. Voilà pourquoi je préférerai ne pas m’attacher. »
Elle lui tourne le dos pour cacher son affliction.
Ne sachant comment la réconforter, il pose ses mains fermes sur les petits biceps d’Iuitl dont l’un est agrémenté d’un brassard tressé. La chaleur réconfortante d’Iuitl fait battre son c½ur encore plus vite que la cadence qui résonne ici depuis la fête.
_ « Je comprends bien. Voilà pourquoi jusqu’à présent je n’ai pas voulu me montrer trop entreprenant. J’espère ne pas te brusquer.
_ J’avoue que m’endormir en pleine rue après une nuit de fiesta je n’avais encore jamais fait, lui sourit-elle de ses lèvres charnues en faisant volte-face.
_ Peut-être la prochaine fois accepteras-tu de me suivre dans ma chambre, tente-t-il timidement ?
_ Je vais attendre encore un peu, tapote-t-elle avec ses doigts le torse fermement taillé de Nicol. Si c’est pour être réveillée de façon aussi brusque que ce matin, tu comprendras que je préfère m’en tenir là. Allez, le tire-t-elle en direction de la taverne en sautillant ! Allons nous amuser en attendant ! »
_ Je vais attendre encore un peu, tapote-t-elle avec ses doigts le torse fermement taillé de Nicol. Si c’est pour être réveillée de façon aussi brusque que ce matin, tu comprendras que je préfère m’en tenir là. Allez, le tire-t-elle en direction de la taverne en sautillant ! Allons nous amuser en attendant ! »
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シナラムから日本へ / Re: Partageons nos vieilles raretés du Japon...
« Dernier message par yasei78 le 8 Mars 2021 à 11h02 »
Merci.
Bon et bien finalement elle provient du numéro de décembre 1982 du magazine My Anime.
http://animeofyesteryear.blogs...anime-magazine-1982-vol12.html
Euh ce mec poste des pdf de toute sa collection ? Pitié réponds non, j'ai pas envie d'y plonger pendant 3 mois... Ahah.  :^^;:
Je n'ai pas épluché tout le site en détail mais peu de scans intéressants (selon moi) à part ce vieux numéro d'Animage
https://animeofyesteryear.blog...mage-vol-54-december-1982.html
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