Recent Posts

Pages: [1] 2 3 ... 10
1
Only for Love / Chapitre 57 - Un avertissement pour l'Olympe
« Last post by Kodeni on 9 February 2020 à 18h39 »
Le lendemain de la catastrophe s’annonçait terrible pour Marine. Comment allait-elle rentrer sur Yíaros et surmonter le regard accusateur des hébéïens ? Non seulement l’île avait perdu deux Saints d’Athéna, Philémon et moi, qui avions adoptés Yíaros comme notre seconde patrie, mais une enfant du pays, Baucis. Et surtout, leur raison d’être, l’objet de leur culte, leur bienfaitrice, la Déesse de la Jeunesse, Hébé.
Dans l’Olympe, l’échec d’Hestia allait certainement faire grand bruit, puisqu’il représentait également un revers pour les conspirateurs du royaume céleste…



Chapitre 57 - Un avertissement pour l’Olympe

En Grèce, au Sanctuaire, dans la chambre du Pope :

3 novembre 1986.
Dans les couloirs des appartements du Grand Pope, seuls quelques gémissements ambiancent le bâtiment désertique. Ces bruits, semblables à des sanglots, proviennent du maître des lieux.
Agenouillé, le visage libéré de son masque et de son casque, Saga la mine bleuie par les larmes, marmonne : « Ainsi tu as été au bout de ta mission sur Terre… Ma chère Ambroisie… Hébé… Je t’aimais tellement. »
Il s’effondre à genoux : « Plus de doutes possibles. Je ne ressens plus ta cosmo énergie. Le mal qui m’habite voulait attenter à ta vie. Cependant, l’humanité et l’amour de notre passé commun avaient réussi à lui arracher un compromis, en te laissant prisonnière de ton île. Ainsi, tu gardais la vie sauve sans contrecarrer mes plans. Maintenant, je n’ai plus à m’en faire. Je peux libérer ton île de mon contrôle et rappeler mes hommes pour accroître mon autorité auprès de mes sujets situés dans les domaines annexés, comme ceux où se cachent les renégats qui ½uvrent pour Saori Kido. Je n’ai plus rien à craindre d’Yíaros. Malheureusement… »
D’un revers de la main, il essuie ses larmes et ramasse son heaume rouge, pendant que ses cheveux se teintent d’un blanc grisonnant : « Oui… Car hélas, ta mort ronge encore un peu plus le peu de bien qui restait dans mon c½ur… »


Dans une dimension qui surplombe la Terre, l’Olympe :

Au pied du Mont Olympe, au sommet duquel le temple de Zeus surplombe le domaine des cieux, dans un des onze palais appartenant aux autres divinités olympiennes, la tension est palpable.
Dans cette demeure en pierre aussi froide que le c½ur de sa propriétaire, cette dernière passe sa main sous son épaisse bure contre son abdomen marqué d’une légère cicatrice. Aussitôt, chaque fois que ses doigts buttent contre la bosse qui marque la réunification de sa chair, ses petits yeux plissés défient la lame qui l’a transpercé.
Celle-ci, la dague brisée d’Hébé, trône sur un banc de pierre.

Vexée, marquée au plus profond d’elle par la découverte d’un sentiment nouveau : la douleur, provoquée par un humain, Hestia tire chaque seconde un peu plus fort le voile qui couvre ses cheveux rougeoyant pour s’y camoufler. « Voici ce que les faibles appellent la douleur ? Et la sensation qui s’en suivait… Etait-ce ce que les humains considèrent comme la peur ? », se tracasse-t-elle.

Face à elle, tenue droite dans sa longue robe pourpre, Héra garde toute sa hauteur en dévisageant la Déesse du Feu Sacré. Son visage fin et ses traits très tirés expriment à chaque instant la supériorité dont elle se glorifie : « Comment cela est-il possible ?
_ Je n’arrive pas à comprendre moi-même. Tout était sous contrôle.
_ Rien qu’avant cela. Ils sont tout de même parvenus à vaincre un Ange, un de nos puissants serviteurs.
_ Mais après cela, ils étaient à ma merci… »

Une voix indélicate et bien connue des déesses, ne dégage aucune formalité malgré la révérence que son propriétaire se devrait d’avoir : « Toujours est-il que les deux Joncs d’Athéna sont libres à présents. Si la Chouette venait à récupérer son bracelet… »
Héra identifie aussitôt l’importun. Un vieil homme, habillé d’une simple toge blanche, accrochée stratégiquement par des broches en or. Il tire sur ses fines moustaches à chaque coin de ses lèvres.
_ « Roloi, le serviteur du chef d’orchestre de notre plan ! Ne t’inquiète pas vieillard sénile ! Cela n’arrivera pas. S’il n’est pas parvenu à la tuer, l’Ange à qui j’avais confié cette mission a réussi à mettre la Chouette hors d’état de nuire.
_ Tu peux donc dire à ton maître qu’il est inutile de s’inquiéter. Notre dessein est toujours aussi infaillible, rajoute Hestia. »
Le bougre, de petite taille, le crâne au sommet dégarni, ne gardant qu’autour de la tête une épaisse touffe de ses cheveux blancs coton, avance en mettant tranquillement un pas devant l’autre. Sous ses étroits sourcils, ses grands yeux ronds prennent la direction de la déesse qui le toise. Ses yeux sont inondés de bêtise :
_ « Hestia ! Comment se porte la déesse poignardée par un humain ?
_ Comment oses-tu t’adresser ainsi à une déesse de l’Olympe misérable être abject ? », s’insurge la Déesse du Mariage du ton emprunté à l’encontre de sa semblable. 
Roloi courbe immédiatement l’échine et passe ses mains sur sa tête comme pour se protéger du courroux d’Héra.
Heureusement, une voix grondante lui vient en aide : « Il n’a pas tort pourtant ! »
Un pas saccadé s’ensuit, présentant la silhouette de l’intervenant. Celui-ci, boiteux, approche l’assistance. Titanesque, au torse bardé de muscle, il expose son corps athlétique en ne le dissimulant qu’avec une toge enroulée autour de sa taille. Son menton carré est couvert d’une barbe broussailleuse qui passe sous son nez épaté. Il porte le même regard hautain que les siens.
Roloi remercie son sauveur. Il se redresse et gesticule comme un enfant à qui on vient de lever une punition : « Oh Seigneur Héphaïstos ! Quel plaisir de vous voir parmi nous ! »
Le Dieu du Feu, des Forges et des Volcans remet prestement le serviteur à sa place : « Il suffit Roloi ! Ce n’est pas parce que tu bénéficies de la protection d’un des nôtres, que tu ne dois pas te comporter comme tout bon olympien. »
Roloi cesse ses pitreries et s’agenouille illico.

Avec grandeur, le barbu poursuit : « Comme tu le dis Hestia, notre dessein est toujours aussi infaillible. Certes. Pourtant l’idéal aurait été que Pégase soit privé lui aussi à l’époque de son Jonc, afin d’éviter tout danger. »
Enfin, une dernière arrivée complète la discussion. Accompagné de la magnifique Helénê, connue sur Terre sous le nom de Ksénia, l’éminent Dieu du Soleil impose chez les siens un respect sans pareil.
Chacun incline la tête devant la grande et mince entité au regard bleu perçant et aux cheveux flamboyants.
Roloi se hâte de se prosterner à ses pieds, de l’autre côté de là où se trouve Ksénia. Entouré de ses fidèles sujets, Apollon conclut : « Hélas, inconsciemment, enfant, Athéna a réussi à protéger Pégase en l’envoyant devenir Saint au Sanctuaire. L’atteindre sans éveiller les soupçons de notre Seigneur Zeus était trop risqué. Voilà pourquoi j’ai envoyé Helénê, auprès des diverses divinités présentes sur Terre, pour affaiblir Pégase avant même que nous n’intervenions. Ainsi Odin fera involontairement la guerre à Athéna, sous la coupe de Poséidon, qui lui aussi servira à son insu nos intérêts. Enfin Hadès ne manquera pas d’affronter une fois de plus Athéna en cette ère. Avec autant d’occasions il est impossible qu’Athéna et Pégase ne soient pas poussés à la faute. Et s’il le faut, j’ai désormais Arès dans ma poche. Notre Seigneur Zeus aura alors face à lui un terrible constat d’échec. Sa fille à qui il a confié la Terre, sera devenue aussi malfaisante que les humains qu’elle affectionne. Dans ces conditions il nous permettra légitimement de prendre possession de son ancien royaume. »


A Jamir :

Au sein de la contrée himalayenne, les élèves de Mû volent peu à peu de leurs propres ailes.
Les conseils prodigués par le Saint du Bélier ne sont pas miraculeux, s’ils veulent maîtriser l’essence même du cosmos, Mei, Yulij, Médée et Nicol doivent trouver d’eux-mêmes leurs propres voies.

Le jeune couple, Mei et Yulij, y est parvenu à force de défiance l’un envers l’autre. A vouloir pousser chaque fois leurs limites pour surpasser l’autre, ils sont parvenus à s’y éveiller.
Tout en continuant à se chamailler, amoureusement, ils apprennent à le maîtriser totalement.

L’épouse de Mû rencontre plus de difficultés. Malgré la sagesse et la bienveillance inculquées par son conjoint, le Saint de bronze du Graveur doute beaucoup trop de l’avenir. Les évènements qui entourent le Sanctuaire et dont elle cause avec Mû la pousse involontairement à se poser trop de questions qui nuisent à sa totale concentration.

Une concentration dont s’arme pourtant Nicol. Le Saint d’argent de l’Autel n’a de cesse de se recentrer sur lui-même, lorsqu’il n’échange lors de débats passionnés avec Mû et qu’il n’observe pas les étoiles.
Celles-ci ont été bavardes ces derniers jours. Et il le sait : « Aujourd’hui est le jour de ma consécration. Les étoiles me l’ont dit, les signes qui entourent ma constellation sont sans équivoque. »
Une brise de plus en plus violente balaie les cheveux châtains clairs ébouriffés du jeune homme à la carrure digne d’une statue grecque.
Son visage, relativement mature pour un jeune homme de vingt-cinq ans, est paisible, détendu.
Quasi inexpressive, son attitude atteste qu’il a fait le vide dans son esprit.
Debout devant la tour de Jamir, dans laquelle ses amis prennent un léger repas, il ne pense plus à la faim. Les dialogues de ses camarades ne l’atteignent pas. Il ne fait plus qu’un avec la nature capricieuse.
La météo se gâte, le ciel s’assombrit. Le tonnerre gronde, sans que cela n’altère l’application du chevalier.
Une première goutte tombe depuis le ciel. Cet évènement, somme tout anodin en temps normal, ne passe pas ici inaperçu pour l’héritier d’Arlès.
En effet, le son de l’eau qui s’écrase sur le sol rocailleux lui parvient à l’oreille. Il résonne si fort dans sa tête qu’il lui permet de réaliser la teneur de son travail acharné. En effet, celui-ci a permis de mettre tous ses sens en alerte. Ce choc représente pour lui, le top départ de son dernier test.
A la première goutte, suivent d’autres. D’abord par dizaines, puis par centaines, et enfin par milliers.
Pourtant, tout en restant sur place, malgré une pluie désormais battante, Nicol n’est pas mouillé.

L’attitude parfois condescendante de Nicol à l’égard de Mei, a amené chez le japonais un sentiment de rivalité envers le grec.
Cela l’amène à s’intéresser en plein repas à l’étrange exercice auquel son concurrent se soumet.
Il rejoint Mû, déjà posté à une lucarne de sa tour, les bras croisés, entrain de l’épier.
_ « Incroyable. Un ½il innocent croirait que l’eau ne l’atteint pas.
_  Pourtant il est perpétuellement en mouvement afin d’éviter toutes les gouttes qui s’abattent sur lui.
_ Mû… Il bouge si vite autour du même point qu’il crée une image rémanente n’est-ce pas ?
_ Il n’y a qu’une façon de réaliser cela…
_ … c’est de se déplacer à la vitesse de la lumière. »

Dehors, le tonnerre gronde. Le vent est de plus en plus violent.
Des éclairs de plus en plus grands illuminent le ciel jusqu’alors assombrit par la grisaille.
Face à cela, Nicol reste impassible. L’image rémanente ne bouge pas d’un millimètre tandis que le grec est toujours au sec dans ses vêtements.
L’orage devient davantage menaçant et se sont désormais des trombes d’eau, poussées par des rafales violentes qui tombent à présent.
Soudain, l’image rémanente laisse apparaître que l’ancien disciple d’Arlès ouvre ses yeux.
Aussitôt, la foudre s’abat sur le sommet d’une montagne voisine. Immédiatement, l’apparence de Nicol disparaît.

Dans la tour, Mei observe le point de chute de la foudre : « Il a été suffisamment rapide pour arriver à la destination de la foudre juste avant elle. Il a pu calculer sa trajectoire alors qu’elle commençait à peine à illuminer le ciel.
_ Pour réaliser un tel exploit, il ne faut pas seulement se déplacer à la vitesse de la lumière, mais aussi ne faire qu’un avec la nature pour sentir le départ de la foudre et connaître le lieu où elle a va tomber. Même parmi nous, les Saints d’or, très peu en sont capables avec autant de précision.
_ Notre apprentissage du septième sens continue. Cependant, j’ai l’impression que pour atteindre le niveau de Nicol, il va falloir poursuivre davantage nos efforts.
_ En effet, Arlès a fait du très bon travail avec lui. S’il continue ainsi, il pourra très vite concurrencer les Saints d’or. »


Dans une dimension qui surplombe la Terre, l’Olympe :

Devant la montagne impériale sur laquelle siègent les douze dieux du royaume, après les demeures du peuple olympien et leurs innombrables prieurés, là où les chemins habituellement faits de pavés ne sont plus que des routes détériorées et désertiques couvertes de poussière, de dangereuses bourrasques soufflent sans cesse.

A l’ouest, la voie cesse devant un gouffre insondable. De celui-ci jaillissent d’incalculables colonnes sphériques. Elles pointent vers le ciel d’un bleu plus obscur que celui azuréen qui règne sur tout le reste du royaume
Personne ne s’aventure en ce lieu où sont réunis les ennemis de l’Olympe.
C’est au sommet des colonnes à la surface plate que s’impatientent les prisonniers. Il n’existe pour eux qu’une seule échappatoire. Lorsque la faim, la soif ou la peur deviennent trop insoutenables, la chute vertigineuse jusqu’au fond du gouffre offre une mort certaine, puisque ici l’abîme n’est autre qu’un passage vers l’Hyperdimension.

Au pic d’une des colonnes, seul au milieu d’autres tiges vides, un homme ne portant plus qu’un pantalon et aillant le bas des jambes revêtu par ce qui s’apparente être des morceaux d’armures, est étendu sur le dos. Son torse nu et son visage sont maculés de sang séché.
Profondément plongé dans le sommeil, quelques souvenirs du passé viennent le perturber…


Flashback
1981 - Cela faisait deux ans qu’Apodis avait été fait Saint.
Après des débuts où il se montra bien orgueilleux, les remontrances du Saint de la Lyre eurent l’effet escompté. Le Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis était devenu un chevalier respectable.

De retour de mission d’Egypte, le maître et l’élève finissaient de rendre des comptes au Grand Pope.
Désormais Saint aguerri, une nouvelle orientation attendait Apodis. Le Grand Pope venait de le proclamer sergent. Il allait avoir la mission de créer sa cohorte et de veiller sur le secteur ouest, sous le commandement du lieutenant Misty.
Pressé de retrouver sa bien-aimée, Orphée pris congé d’Apodis.

Plusieurs choses avaient changé depuis le départ du Saint de la Lyre.
Le post de général des armées qui lui était destiné, est finalement revenu à un autre, puisqu’il avait préféré s’attacher à l’apprentissage du Saint de bronze.
Maintenant, il devenait un Saint d’argent qui pouvait couler des jours paisibles en attendant d’être rappelé par le Grand Pope pour une mission.

La première chose que fit Apodis, une fois les marches des douze palais du zodiaque descendues, ce fut de se rendre dans la maisonnette de ses parents à Honkios.
Cela faisait deux ans qu’il avait été réquisitionné dans l’armée pour combattre les arèsiens.  Depuis, sa famille restait sans nouvelles.
Son père et tout le voisinage pensaient que, comme de nombreux jeunes soldats envoyés sur le front au moment de la Guerre Sainte contre Arès, le chétif grec n’avait pas survécu. Seule sa mère refusait de se résigner.

Lorsque la porte d’entrée s’ouvrit en grand pour laisser apparaître le visage plus mûr et la taille plus athlétique de son fils, Mujakis perdit connaissance.
Apodis réceptionna sa mère dans les bras : « Tu ne rêves pas maman. Je suis de retour.
_ Oh Apodis, mon grand garçon, si tu savais depuis le temps que j’attends que tu ouvres cette porte. Ton nom n’a jamais été cité, lorsque les prêtres énuméraient l’identité des morts retrouvés lors de la bataille. Je me suis toujours refusée à te croire… »
Le bonheur et les larmes l’empêchèrent d’achever sa phrase. Apodis la serra fort contre son torse bardé de muscles : « C’est fini. Je suis de retour à présent. »

Dans ces propos, on pouvait sentir une certaine affliction. Apodis reconnaissait difficilement sa mère. Elle avait le visage creusé, fatigué. Elle était devenue rachitique, tremblante et marquée de coups.
Apodis pointait du doigt un hématome que portait sa mère : « A ce que je vois, malgré mon absence, cela n’a pas empêché mon père, Frontinus, de manifester du mécontentement. Il s’en est pris à toi de façon plus acharnée depuis. »
La malheureuse baissa la tête sans rien dire.
Le fils averti releva sa mère et brandit son poing en l’air : « N’ait crainte. Désormais je suis assez fort pour te protéger.
_ Tu ne le verras pas. Il ne repasse que très peu à la maison. Il s’est fait une nouvelle bande d’amis. Ils jouent le rôle d’usuriers pour le compte de riches commerçants qui veulent récupérer de l’argent auprès de leurs mauvais clients. Ils sont sous la coupe d’une jeune femme qui était apprentie Saint. Une certaine Geist. Frontinus ne repasse ici que lorsqu’il est trop ivre pour poursuivre ses desseins. »

Le jeune homme aux cheveux bleutés réfléchissait. Il faisait le tour de lui-même dans cette demeure d’où il ne gardait que de mauvais souvenirs. Puis, il avança jusqu’au tableau accroché sur la cheminée. Il s’agissait d’un portrait de son ancêtre, Tenma de Pégase.
Il le décrocha et l’observa quelques instants. Il pouvait distinguer au dos de la peinture qu’elle était signée par un certain « Alone ».
Après avoir détaillé avec minutie le visage de son aïeul, il glissa le tableau sous son bras et décréta : « Bien. Ramasse tes affaires. Nous partons d’ici. Je suis devenu un Saint d’Athéna… »
Dès cette annonce, les yeux de sa mère s’émerveillèrent, témoignant toute la fierté qu’elle pouvait éprouver à cet instant devant la réussite de son petit garçon devenu un homme fier : « … et j’ai été nommé sergent dans le secteur ouest du domaine sacré. Nous allons commencer une nouvelle vie. Frontinus ne nous retrouvera pas. Et si ça venait à être le cas, je le châtierai. »
En quelques minutes, la maison fut vidée. En pleine nuit, Apodis entamait une longue marche à travers le Sanctuaire en tirant une carriole sur laquelle sommeillait sa mère et reposait sa Pandora Box ainsi que quelques vêtements et quelques victuailles.
Leur maison d’Honkios, symbole de tant de malheurs, n’était bientôt plus qu’un point à l’horizon. Un point enflammé, après qu’Apodis ait choisi d’effacer toute trace de leurs vies précédentes dans cette ville.

Le lendemain matin, à peine éloignée d’Honkios, Mujakis ouvrit les yeux et bondit de la charrue que tirait son fils. Celui-ci était absent à son réveil. La seule chose qu’elle reconnaissait, c’était un champ de ruines au beau milieu duquel se dressait un petit colisée.

A l’intérieur de celui-ci, Apodis avançait sous les regards défiants des soldats qui se tenaient adossés contre les murs ou les colonnes doriques.
Certains s’échauffaient ou ficelaient leurs protections en vue d’une rude journée d’entraînement.
Une voix familière à Apodis arbitrait un combat : « Allons soldats ! Qui est encore de taille à se mesurer à Cliff ? »
Apodis reconnut aussitôt le grand Pullo. Il fut son caporal à l’époque où lui n’était que simple soldat. Tout comme son compagnon Cliff. L’italien est resté auprès de leur instructeur pendant qu’Apodis apprenait auprès d’Orphée.
Apodis s’élança d’une voix enjouée : « Moi bien sûr ! »
Devenu aveugle durant la Guerre Sainte contre Arès, Pullo ne pouvait cependant pas se tromper. Il cria de joie : « Apodis ! »
A son tour, l’italien aux boucles blondes se jeta dans les bras de son camarade : « Apodis ! Tu es de retour !
_ Lors de ma convalescence on m’a appris que tu étais parti en compagnie d’Orphée, explique Pullo. D’abord pour apprendre les bases ici au Sanctuaire, puis pour une mission d’évaluation en Egypte. Je suis heureux de te savoir revenu. Ton cosmos inspire aujourd’hui sécurité et puissance. Tu as fais beaucoup de chemin ces deux dernières années.
_ Merci Pullo. C’est aussi grâce à toi que j’ai su relever la tête durant la guerre et ainsi recevoir l’armure de bronze. Néanmoins je suis attristé de voir que tu n’as pu recouvrer la vue.
_ Ce n’est rien mon garçon, il n’y a pas que les yeux qui nous servent à voir. Ce que le c½ur peut percevoir est bien plus passionnant. Et puis privé d’un sens, j’ai été forcé d’accroître mes perceptions grâce aux autres.
_ Et toi Cliff ! Je suis ravi de te retrouver en pleine possession de tes moyens, assura Apodis tout en déposant sa main sur l’épaule de Pullo.
_ Après la bataille il a perdu beaucoup de sang, répondit Pullo pour Cliff, et il n’était pas hors de danger. Néanmoins il a puisé au fin fond de son cosmos le courage de se relever. A peine la plaie était pansée, qu’il voulait déjà porter l’épée sur les derniers fronts où le Sanctuaire menait encore la lutte.
_ Depuis je suis resté dans la garde d’Athéna et j’ai été plus d’une fois du voyage pour m’assurer de la suprématie d’Athéna sur nos territoires annexés aux quatre coins du monde, compléta l’intéressé.
_ Il a même été promu caporal !
_ En fait j’ai été promu caporal à la place de Pullo ! Le Pope lui a « accordé » une retraite forcée en lui offrant une petite parcelle de terre à cultiver. Néanmoins, je ne l’y ai jamais vu poser les pieds. Il est toujours là à réprimander mes apprentis soldats ! »
Les trois acolytes se mirent à rire.
Ils finirent de fêter leurs retrouvailles autour d’un verre, sous la tonnelle dressée pour les services du caporal Cliff.
Après quelques joyeusetés, Apodis racla sa gorge, comme pour annoncer le sérieux de ce qui allait précéder : « Je suis heureux de vous avoir retrouvé sains et saufs. Au-delà de ça, ma présence ici est également intéressée. Je suis devenu sergent pour le secteur ouest du Sanctuaire. Je dois m’établir là-bas et y constituer ma troupe pour rattacher la défense de nos frontières. J’ai immédiatement pensé à vous. »
Cliff et Pullo levèrent aussitôt leurs verres en guise d’acceptation.
Toutefois, Apodis restait ferme : « Seulement, il me faut un seul caporal. Je compte sur les notions de respect, d’ordre et de discipline qu’impose l’expérience de Pullo. Je suis donc désolé Cliff. »
Malgré une pointe de frustration dans le regard de l’italien, celui-ci trinqua une fois de plus avec ses amis : « Je continuerai à apprendre de Pullo dans ce cas. »

Accompagnés de Pullo et Cliff, Apodis et sa mère arrivèrent dans un paisible village de l’ouest bien connu par le Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis, Paesco.
Ils trouvèrent devant la demeure d’Orphée, les Saints d’argent du Lézard et de la Lyre en pleine discussion.
Immédiatement, Pullo, Cliff et Mujakis s’inclinèrent. Apodis se courbait légèrement.
_ « Tu tombes bien Apodis, affirma Orphée en tendant le bras vers son disciple. Approche donc que je te présente à ton lieutenant. Il est également le capitaine de notre armée et dirige tous les Saints de bronze et d’argent. Misty du Lézard.
_ Voici l’élève d’Orphée ! L’élève de celui qui est notre modèle à nous tous, chevaliers d’argent et de bronze, gratifia Misty en penchant légèrement sa tête en avant. Le Saint d’or des Poissons que tu as déjà rencontré en te rendant chez le Grand Pope, m’a appris hier lors d’une de nos rencontres à quel point tu étais séduisant. J’ajouterai donc que tu apparais en plus de cela, comme quelqu’un de très mystérieux. Rares sont les jeunes Saints qui demandent à veiller sur nos murailles. En général, ils préfèrent s’attacher à la surveillance de la grande citée d’Honkios puisqu’elle respire la joie de vivre et les festivités. Ici, à l’ouest, nous sommes dans les campagnes les plus reculées du domaine sacré. Cela me fait donc plaisir d’avoir à mon service un jeune volontaire. D’habitude ce sont les anciens comme Mensa et Circinus qui postulent pour les postes frontières. Rares sont les intrus qui nous assaillent. Ici c’est un endroit paisible pour installer sa famille et ne pas avoir trop de travail. Loin des cités du centre, où il faut constamment intervenir pour régler les querelles, escorter les prêtres qui portent les malles de sacres de leurs temples jusqu’au capitole…Quoique le peuple dans les petits villages frontaliers est très uni et solidaire. Les révoltes contre la répression ne sont pas à écarter en cas de crises. Il faut donc faire preuve d’une grandeur d’âme et d’une bonté suffisante pour apprendre à gérer le peuple sous notre juridiction, mais également faire preuve d’autorité et de charisme pour mener une équipe. Sauras-tu faire preuve de toutes ces qualités ? Oui, tu le seras. Je le sens, continua Misty, sans laisser à Apodis le soin de répondre. A présent il va falloir que tu poses tes valises sur les terres que tu protèges. Comme tu peux le remarquer, ce n’est pas l’espace qui manque ici. Paesco est un village paisible, qui a beaucoup souffert de la Guerre Sainte contre les arèsiens. Prends le temps nécessaire pour te créer ton habitation en fonction de la solde que les intendants du Pope viennent de m’attribuer pour toi, lui dit-il en lui balançant une besace remplie de sacres. En général fabriquer son logement demande peu de temps à un Saint pour qui le poids des matières et la montre ne sont que rigolade en vu de ses capacités physiques. C’est pourquoi je te demande de composer par la même occasion une équipe de quinze hommes et de nommer parmi eux un caporal. Ta troupe veillera à la fois sur les murailles et les villages qui les longent, ainsi que ceux qui rejoignent le centre du domaine. Les sergents Mensa Saint de bronze de la Table et Circinus Saint de bronze du Compas te donneront plus en détail l’étendue de notre zone de surveillance. Chaque mois je vous annoncerai vos plannings de surveillance, afin que vos troupes travaillent en roulement. Lorsque vous n’êtes pas à la sécurité des villages, votre caporal doit entraîner vos soldats tandis que vous veillez en même temps au développement économique, social, agricole et militaire de votre secteur. Tu incarnes dorénavant la loi du Sanctuaire tout en étant l’assistant personnel de chaque habitant… "

Après plusieurs minutes d’explications, Misty prit congé d’Orphée et d’Apodis, laissant le maître et l’élève à l’½uvre.
_ « Alors, penses-tu te construire un logis ?
_ Oui, quelque chose de grand et lumineux pour y installer ma mère. En parallèle, je compte dresser un camp pour mes hommes. Je me ferai ma propre demeure une fois que tout le monde sera à l’abri du besoin. Pendant ce temps, je vivrai avec mes hommes. »
Une voix venue de derrière Orphée demanda à Apodis : « Pourquoi ne viendrais-tu pas te loger chez nous en attendant ? »
Malgré les deux années pendant lesquelles il ne l’avait pas vu, Apodis reconnut tout de suite la s½ur d’Eurydice qu’il appréciait tant. Netsuai.
Elle aussi avait bien grandi. Elle était resplendissante dans sa fine robe rose qui la serrait de la poitrine à la taille où un fin ruban de soie la maintenait. Son sourire rayonnait sur ce visage orné de ses beaux yeux bleus.
_ Merci beaucoup Netsuai, dit-il en lui passant la main dans ses fins cheveux bruns coiffés au carré, mais je ne voudrais pas vous importuner. Cependant, j’espère que cela ne m’empêchera pas de profiter de ta bienveillance lorsque je m’accorderai quelques instants de repos. »
Flashback


Le visage radieux et angélique de sa défunte épouse tire Apodis du profond repos dans lequel il s’est plongé d’épuisement.
La tête lui tourne terriblement et le moindre mouvement tire sur ses plaies à peine sèches.
Se tenant le crâne et grimaçant, il redresse son buste et détaille les lieux autour de lui.
« Rien. Personne. Que ces maudites colonnes. », constate-t-il.
D’un pas tremblant, il approche le précipice au fond duquel se trouve l’Hyperdimension. Il murmure : « Je ne sais pas ce qu’il y a au fond, mais je n’ai pas le choix, si je veux partir d’ici… »
Sans qu’il s’y attende, une voix féminine et impériale lui conseille : « Là-dessous c’est l’Hyperdimension. Si tu y tombes ton corps sera inexorablement désintégré. Tu ne parviendras pas à sortir de cette dimension comme tu as pu y entrer.
_ Qui est-ce, questionne-t-il en faisant le tour de lui-même, tout en en se maintenant ses côtes qui le font abominablement souffrir, qui est là ?
_ Ici il y a de nombreuses personnes. D’autres prisonniers. A des kilomètres à la ronde. Tous finiront par se jeter dans ce précipice. Mais toi, tu es un prisonnier spécial. Je sens que le sort qui t’est réservé est tout autre. »
En plissant les yeux, Apodis distingue l’apparence d’une femme quasiment nue, l’intimité à peine dissimulée par quelques ornements. Ses longs cheveux noirs de jais ressortent sur le fond quasiment blanc de l’horizon observé par Apodis.
Celle-ci lui tourne le dos et semble réussir l’exploit de marcher dans le vide avant de disparaître. Laissant Apodis plein de doutes.


A Jamir :

L’orage s’est dissipé pour laisser place à un temps plus clément.
Tous en profitent pour reprendre l’entraînement là où ils l’avaient laissé, notamment Mei, impatient à l’idée de surpasser son rival Nicol.

Ce dernier n’a pas bougé depuis qu’il a intercepté la foudre. Il s’est positionné en tailleur et médite de nouveau.
Sa perception affûtée lui permet de remarquer l’approche du maître des lieux.
_ « Seigneur Mû, dois-je comprendre en votre présence qu’il est l’heure d’une de nos fameuse conversation ?
_ Tu ne peux en vouloir à un ermite de vouloir converser avec un esprit cultivé, sourit le muvien.
_ Un ermite ? Derrière votre tour vit pourtant le reste de votre peuple. Je veux bien admettre que votre communauté soit peu nombreuse, cependant, vous ne pouvez dire que vous êtes seul.
_ Tu dis cela parce que ça ne fait pas longtemps que tu es chevalier. Tu comprendras très vite que la vie d’un Saint est faite de solitude. Nous frôlons la mort à chaque instant. Notre mission sur Terre et si fondamentale que notre existence peut cesser malgré notre jeune âge.
_ Oui, je comprends tout à fait. Je disais cela pour vous taquiner Seigneur Mû. Parfois, je trouve en vous l’attitude pessimiste de mon maître Arlès. Il faut dire qu’il était le frère de votre maître Shion. Vous avez dû hériter de leur mélancolie, rigole enfin Nicol.
_ Et pas toi ?
_ Cela se témoigne chez moi par une attitude plus austère.
_ Il faut dire que tu es bien plus mature que Mei et Yulij qui t’accompagnent.
_ C’est vrai, confesse le Saint de l’Autel. Heureusement, votre épouse m’accompagne et me permet d’évoquer certains sujets qui ne passionnent guère nos deux jeunes camarades. D’ailleurs, je m’inquiète énormément pour le devenir de Yulij. Je l’aime comme un frère peut aimer une s½ur.
_ Je comprends. La bataille que livre en interne le Sanctuaire peut s’avérer dangereuse. »
Nicol secoue la tête. Il pense à autre chose et se rapproche, sans le savoir, des visions qu’a eu Marine la veille, lorsqu’elle a touché le sceau qui retenait le Jonc prisonnier.
_ « Certes. Néanmoins, j’ai vu d’autres signes dans les étoiles. Je ne sais pas pourquoi, mais le combat que nous allons mener n’a rien à voir avec la reconquête du Sanctuaire. Quelque chose d’autre se trame. Une situation bien plus dangereuse que celles rencontrées par Athéna dans le passé. Je pense que la réponse se trouve auprès du Saint de l’Aigle. Les étoiles de cette constellation m’intriguent depuis plusieurs jours.
_ Dans ce cas si votre chemin venait à ne pas être celui de la libération du Sanctuaire, alors nos routes se sépareront. Mais j’ai foi en vous. Tout comme j’ai foi en les chevaliers que suit actuellement mon disciple Kiki. Je sais qu’ils parviendront à libérer le Sanctuaire du mal. Et si votre quête consiste à aider Athéna, alors elle n’en pourra qu’être plus utile une fois le Sanctuaire épuré du mal qui le ronge.
_ Merci Seigneur Mû.
_ Tu n’as pas à me remercier. Je reconnais dans tes propos la sagesse propre à Arlès. Tu disposes de tous les attributs nécessaire à un Saint de l’Autel qui destine ce chevalier à être le second du Pope, voire son suppléant si besoin est. »
Nicol, touché par une telle déclaration, scrute l’horizon avec fierté.


Dans une dimension qui surplombe la Terre, l’Olympe :

A l’intérieur de la demeure de la Déesse du Feu Sacré et du Foyer, les dieux conspirateurs, Apollon, Héphaïstos, Héra et Hestia, poursuivent leur bilan sous les yeux de Roloi et Helénê, les fidèles sujets d’Apollon.

_ « Tout de même, qu’un humain parvienne à blesser un dieu, cela me laisse circonspect, persiste Héra devant la mine confuse d’Hestia.
_ Plait-il ? Il ne s’agit en aucun cas d’un humain mais d’Hébé ! Cette traîtresse s’est sacrifiée pour les hommes et a affaibli Hestia, précise de suite Héphaïstos qui refuse qu’il soit porté atteinte à leur céleste statut.
_ Le coup a tout de même été porté par un humain, précise Héra, moins sûre qu’à l’accoutumée. C’est indéniable… »

Grand meneur de cette confrérie, Apollon se contente d’une de ces courtes phrases qui le rendent si charismatique et qui le caractérisent si bien.
_ « Héra à t’entendre on croirait que tu crains les hommes.
_ Absolument pas, assure-t-elle avec grandeur en bombant la poitrine. Je pare à toute éventualité. C’est tout. Il s’agit d’un guerrier d’Athéna. Il a réussi à porter un coup à l’une des nôtres. Que cela soit grâce à Hébé ou non, les faits sont là. De plus, il est parvenu à repousser Hestia jusqu’ici et à la suivre. Cela signifie que…
_ Il suffit à présent, interrompt Apollon, imposant à la Déesse du Mariage le silence. L’homme n’a jamais été rien d’autre qu’un cafard pour nous. Cela ne changera jamais.
_ Toujours est-il que la présence de cet homme en Olympe est une injure, rétorque Héphaïstos, seul semblable d’Apollon à oser lui répondre. Il est parvenu à traverser l’Hyperdimension. Notre dimension ! Et cela, indemne !
_ C’est un miracle, rajoute Hestia amère.
_ Seuls les dieux sont grands. Leurs actes sont semblables à des miracles pour les hommes. Les humains espèrent en accomplir. Car c’est tout ce qui leur permet de s’accrocher à leur misérable existence, annonce Apollon d’un sourire perfide qui témoigne de toute la confiance qu’il place en son essence divine. Traverser l’Hyperdimension n’est en rien miraculeux pour un Dieu. Ni pour un homme bénéficiant de l’assistance d’un dieu, adresse-t-il à Héphaïstos en lui balançant avec dédain la dague brisée d’Hébé après l’avoir saisit sur le banc de pierre où elle trône.
_ Alors ce guerrier est sorti indemne de l’Hyperdimension parce qu’il était protégé par la dague d’Hébé, aboutit Héphaïstos.
_ Il la tenait fermement dans ses mains jusqu’à notre arrivée en ce lieu, se souvient douloureusement Hestia. »
Héra reste néanmoins dérangée : « Toujours est-il qu’il est ici, en Olympe. Vivant. Sa présence ne peut qu’être préjudiciable à nos plans. Si le Seigneur Zeus venait à…
_ Dès son intrusion ici je l’ai fais conduire aux prisons de l’Olympe, réagit prestement Apollon. Voici des décennies que notre coliseum n’a pas accueilli de divertissement pour notre bon plaisir. Je me charge de Zeus. »



J’étais pris au piège, bien loin de m’imaginer le sinistre complot organisé par quelques olympiens.
Baigné par les souvenirs de mon passé, j’essayais de penser à autre chose, qu’à ma modeste condition dans la prison céleste.
Heureusement, la lecture des étoiles par Nicol, laissait présager que Marine ne serait pas seule pour poursuivre la lutte contre Apollon et les siens.
D’ailleurs, dans un monde ou chacun jouait un jeu, je me demandais si les conseils de cette femme mystérieuse étaient sincères. Pourquoi m’avait-elle sauvé d’un saut dans l’Hyperdimension ? Mais surtout, qui était-elle ?
2
シナラムから日本へ / Re: Topic unique Saint Seiya
« Last post by dral on 5 February 2020 à 22h47 »
Je trouve particulièrement triste (pour ne pas dire pathétique et affligeant) de voir qu'en 2020 y'a des gens qui ont du temps à perdre pour raconter et déblatérer des conneries pareilles. Mais bon c'est leur vie et pas la mienne (et je m'en félicite).

Comme si Kurumada était un Saint (avec une auréole, pas un couillon au service de cette cruche d'Athéna) qui n'avait pas sa part de responsabilité dans le fiasco (financier) du Tenkai et la gestion post-Tenkai.

C'est fou comme on peut aussi facilement mettre de côté le simple fait que Saint Kurumada a récupéré les droits de Saint Seiya au début des années 2000, et que depuis le revival ce mec se fait des couilles en or grâce à tout ce qui touche à la licence, que ce soit les spin-off où son nom est survalorisé par rapport aux vrais auteurs, ou bien ces petites figurines à "bas" prix vendues par Bandai ...

Mais c'est évident, ce mec est un gars simple, un génie mésestimé qui a réfléchi pendant plus de 15 ans pour nous livrer ce chef-d'oeuvre de merde concentrée qu'est ND et ses spin-off d'amateurs (Zero qui porte bien son nom et autre bidules).

Franchement, j'ai plus de respect pour le bonhomme lorsque je lisais ses petits mots des tranches de couv' du manga publié chez Kana, qui dénotait un vrai caractère trempé mais assez humble, ou quand il se force à continuer ce qu'il considère être l’½uvre de sa carrière (Otoko machin) que quand il s'impose sur le Meikai (je veux du plan par plan !!!) ou son torchon de PQ de ND juste pour donner de faux espoirs aux fans qui attendent une vraie suite.

J'adore aussi le fait qu'on oublie facilement que le Meikai et Elysion ont été réalisés aussi parce qu'il y avait l'adaptation de RnK en anime dans le deal, mais passons...

Par contre, je suis étonné et regrette profondément que certaines vérités flagrantes aient été occultés dans ce magnifique pavé (ou alors c'est qu'une suite est en préparation) sur le kurubashingbyNao (je devrais déposer cette marque, ça claque bien je trouve) :
- le kurubashingbyNao a tué les projets de saisons 5 à 78 de RnK, sans compter 15 films (un par an) en plan chez la Toei qui espérait trouver sa nouvelle poule aux oeufs d'or avec One Piece et Naruto
- le kurubashingbyNao a tué les projets de sortie des saisons 2 à 4 de RnK en France, ainsi qu'un magnifique projet exclusif pour les adorateurs français de Saint Kurumada d'une sortie BR, avec art-book de 18 000 pages à la clé, au moins cinq commentaires audio par Saint Kurumada et ses potes catcheurs complètement sobres, et autres merveilles que nous ne découvrirons jamais...
- le kurubashingbyNao a tué le projet d'édition BR exclusive en France des OAV et du Film de Kôjirô...
et ainsi de suite...

Je suis également déçu que les adorateurs de Saint Kurumada n'attaquent pas en diffamation Nao pour réclamer des dommages et intérêts pour tous ces préjudices subis, et de réclamer à cor et à cri à Anne Hidalgo de faire rebaptiser le nom d'un grand boulevard parisien du nom de Saint Kurumada...

Bon allez, j'arrête de vous faire perdre votre temps, vous fidèles impies à la solde du kurubashingbyNao.

Mon conseil du soir : allez voir Birds of Prey où Margot Robbie et sa bande de cops elles défoncent des mecs ultra-trop-virils-qui-te-fusillent-du-regard-même-les-yeux-fermés (où j'ai déjà vu ça?  :mouais:) et tabassent à donf tout ce qui bouge et surtout Kurumada (ouais, parce qu'elles sont sponsorisées par le kurubashingbyNao  :cool:).

A chao bonsoir.
3
シナラムから日本へ / Re: Topic unique Saint Seiya
« Last post by chevkraken on 5 February 2020 à 15h49 »
et sur Saintseiyapedia ça en rajoute plusieurs couches en voulant faire diffuser l'article dans la pluparts de communauté d'anime FR afin de faire comprendre que le ressentiment envers Kurumada dans le monde entier est dû à Nao.

Franchement c'est du n'importe quoi... Si je suis inscrit depuis seulement 6,7 ans, je suivait le site depuis 2003/2004 et Nao a toujours été clair sur ses articles que le fait que "Kuru avait fait virer Yamauchi" c'était, ce que tu avais déduit au vu du fait que Pierre Giner t'avais dit "Kurumada n'a pas aimé le film", mais que jamais tu n'a vendu ça comme autre chose qu'un avis peso et une rumeur (c'est clair dans les news de cyna)
5
Only for Love / Re: Chapitre 1
« Last post by Kodeni on 1er February 2020 à 19h52 »
NEWS

Cette version du premier chapitre est une version rééditée de la publication originale du 19 avril 2010.
Bonne relecture aux lecteurs les plus fidèles, et bonne découverte pour les nouveaux.
6
Les chroniques de Sarah Connor - Saison 3 / Re: Episode 19. La dernière bataille.
« Last post by Kodeni on 1er February 2020 à 19h40 »
Bonjour,
Merci pour tes impressions.
Malheureusement une suite n'est pas d'actualité.
7
Les chroniques de Sarah Connor - Saison 3 / Re: Episode 19. La dernière bataille.
« Last post by Claude on 31 January 2020 à 8h34 »
Bonjour,

Cette saison 3 est passionnante, bravo !

Peut-on espérer la suite ?

Cordialement
8
シナラムから日本へ / Re: Topic unique Saint Seiya
« Last post by Thomas on 27 January 2020 à 19h57 »
C'était pas si mal en fait jusqu'à l'épisode avec les Black Saints fabriqués et leur source de cosmos  <_< :scrogneugneu:
9
シナラムから日本へ / Re: Topic unique Saint Seiya
« Last post by yasei78 on 22 January 2020 à 11h38 »
Dites, ça ne vous rappelle rien les premières notes de cette chanson sortie en 1984 ??
https://www.youtube.com/watch?v=9ZZEpIDR0mw# Small | Large
10
Only for Love / Chapitre 56 - Une journée de sacrifices
« Last post by Kodeni on 2 January 2020 à 12h06 »
La journée du 2 novembre 1986, était celle où je réalisais que quel que soit le niveau de l’homme, jamais il ne lui serait aisé d’atteindre les dieux.
L’écart entre l’Olympe et la Terre se faisait nettement sentir.



Chapitre 56 - Une journée de sacrifices

En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

Après une chute de plusieurs centaines de mètres, Marine, Baucis et Philémon se réceptionnent au fond du gouffre où Apodis les a précédé.
L’étrange lueur qui provient de l’intérieur du temple leur indique le chemin à suivre.
Devant eux se dressent les vestiges du temple d’Hestia, où des colonnes doriques maintiennent la croûte terrestre qui forme le plafond.
Sur le parvis, là où restent seulement les bases de quelques statues arrachées, leur compagnon Apodis gît dans son sang.

Celui-ci, toujours conscient, appelle ses proches à la prudence : « Soyez vigilent les amis. Au bout du temple, au pied de la statue d’Hestia, sur un banc de pierre, se trouve le Jonc. Un étrange guerrier le garde. »
Philémon lève aussitôt les yeux dans la direction indiquée par Apodis et distingue leur adversaire. Un homme grand, mince, aux cheveux verts descendant sur ses épaules et devant ses sourcils.
L’impétueux chevalier se jette dessus en souriant : « Pas de soucis, je m’en occupe. »

La fine bouche de l’ennemi n’esquisse pas la moindre réaction et son regard est inexpressif.
Il se contente de sautiller sur le côté pour éviter le poing de Philémon. D’un geste acrobatique, il décoche à une vitesse folle un coup de pied au Lièvre qui s’écrase contre un pilier.

Voyant son concubin en danger, Baucis se précipite à son secours. Son poing libère ses Flèches d’Héraclès : « Héraclès Hunting Arrow ! »
Avec son seul index, le protecteur de la demeure se contente d’immobiliser chaque coup pourtant porté à la vitesse de la lumière.
Une fois la dernière flèche immobilisée, toutes se retournent aussitôt contre Baucis. L’Alcide est balayée par sa propre attaque.

A l’entrée du temple, Marine relève Apodis. Ses propos arrêtent le couple qui s’apprête à attaquer de nouveau : « Du calme Philémon. Baucis. Cet adversaire n’a rien à voir avec ceux que vous avez pu affronter jusqu’à présent. Il n’a rien d’un humain. Il est à mi chemin entre un homme et un dieu. Il s’agit d’un olympien. Plus précisément, un guerrier de l’Olympe, un Ange. »
Pour la première fois, l’Ange amorce sur son visage ce qui s’apparente à de la surprise : « En effet, je suis Peleus. Un Ange. »
Apodis marmonne : « Peleus… Comme le Pélée de la mythologie grecque, fils d’Eaque et de la nymphe Endéis ?! »
Marine confirme : « En effet, ces guerriers élus des Dieux de l’Olympe portent les Glories, des armures inspirées des héros et autres personnages importants de la mythologie. Si pour certains d’entre vous le septième sens est nouveau, pour ces êtres d’exception, il est inné. »
Philémon essuie le filet de sang qui s’écoule de sa bouche : « Tu m’as l’air rudement bien renseignée ! »
Peleus réalise à qui il a à faire et répond pour Marine : « L’Aigle. Tu es l’Aigle, je comprends tout à présent. »
Malgré la situation critique, Philémon chipote : « L’Aigle ! L’Aigle ! L’Aigle ! Ça va bien cinq minutes ces histoires d’oiseaux ! Qu’est-ce que ça signifie bon sang ? »
Marine n’apporte aucune explication. Elle fixe avec insistance la direction du bracelet scellé et demande à Peleus : « J’imagine que si je parviens à toucher le sceau, j’entrerai directement en contact avec l’Olympe et parviendrait à trouver où est détenu le Pendentif de Zeus ? »
Philémon continue de se plaindre : « Jonc d’Athéna ! Maintenant Pendentif de Zeus ! Est-ce qu’on va avoir le fin mot de tout ça ? »
D’un ton froid et monocorde, Peleus ignore Philémon : « Allons Aigle, tes pouvoirs sont scellés eux aussi. Tu es aussi faible qu’un humain ordinaire. Tu as beau avoir poussé le vice en devenant Saint pour développer un cosmos, la puissance du sceau te tuerait. Aucun humain ne peut ôter ce sceau. »
Marine réplique : « Mais tu l’as dis toi même, je ne suis pas humaine, je suis l’Aigle. »

Apodis interrompt le dialogue en se mettant devant Marine : « La seule chose que je comprends à vos histoires, c’est que toi seule, Marine, peux ôter le sceau d’Hestia n’est-ce pas ? Dans ce cas, Philémon, Baucis, nous devons tout faire pour protéger Marine et vaincre ce type ! La protection de la Terre est en jeu. Alors pour Athéna… »
Philémon concentre son cosmos : « Pour Athéna… »
Baucis les imite : « Pour Hébé… »
Tous trois se jettent en criant en ch½ur : « … A l’attaque ! »

Peleus se terre de nouveau dans le silence.
Avec son index droit et son index gauche, il repousse le Wing Jikan No Yoyu d’Apodis et le Héraclès Hunting Arrow de Baucis. Ceux-ci esquivent les contre-attaques, pendant que Philémon fonce à la vitesse de la lumière sur Peleus qui a perdu sa garde : « Lepus Sweep ! »
Ses deux mains occupées à repousser les arcanes d’Apodis et de Baucis, Peleus fait preuve d’une souplesse incroyable en fléchissant ses genoux pour courber son dos en arrière et laisser passer Philémon au-dessus de lui sans craindre le Balayage du Lièvre.
Désarmé, Philémon reçoit l’index de Peleus contre son poitrail. Cette fois-ci l’Ange ne se contente pas de repousser la technique de son adversaire, il attaque à son tour : « God Anger. »
Le Saint de bronze du Lièvre est propulsé en direction du plafond fait de terre. Il y reste encastré. Sur le sol retombent déjà des morceaux de son plastron imprégné de son sang.

Apodis et Baucis atteignent Peleus. L’Ange, de nouveau sur pieds, les voit changer de positions.
Baucis libère un souffle sablonneux dans chacune de ses mains, tandis qu’Apodis s’élance en l’air : « Sand Swirl ! »
Les Tourbillons de Sable cachent Apodis de la vue de l’Ange, sans pour autant l’inquiéter.
Chacun de ses index se charge de prendre le contrôle des bourrasques.
Pendant ce temps, Apodis recroqueville ses coudes alors que ses ongles s’allongent. Les trente neuf étoiles de sa constellation se relient dans le ciel et embrasent son corps. Tel un rapace qui rase le sol, il se rabat à grande vitesse en direction de Peleus.
Lorsque ce dernier est en mesure de repousser la technique de Baucis, il est surpris par Apodis venu le frapper de ses dix doigts affûtés et brûlants grâce à l’incandescence de son cosmos poussé au septième sens : « Shining Apus Claw ! »
De toute sa vitesse, de tout son poids, le grec s’écrase contre l’Ange qui n’a pas d’autre choix que de renoncer à repousser le Sand Swirl de Baucis. Apodis et lui sont pris dans les Tourbillons de Sable et les Serres Brûlants de l’Oiseau de Paradis.


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos :

A l’intérieur de son temple, Hébé médite sur son trône. Le Jonc d’Athéna amené par Marine serré dans sa main droite, la Déesse de la Jeunesse cramponne l’accoudoir de son siège avec la main gauche.

Prosternés à ces côtés, Juventas Alcide des Juments de Diomède et ¼dipe Alcide des Oiseaux du Lac Stymphale perçoivent un profond malaise.
Vêtus de leurs Cloths, les deux chevaliers voient leur doute être confirmés par leur déesse.
Celle-ci, douce et délicate, fait apparaître dans sa main gauche, d’un geste parfaitement contrôlé, une arme.
Juventas commente : « Un manche tressé d’un cuir bleuté qui permet de manipuler une fine lame ovale aux reflets azurs. Il s’agit de l’arme emblème de sa Majesté Hébé. »
Les grands yeux bleus de la déesse s’ouvrent enfin : « Baucis et les chevaliers d’Athéna vont avoir besoin de la plus grande aide qui soit. »
L’infirme ¼dipe utilise son cosmos pour faire résonner sa voix : « Éminence, vous n’allez tout de même pas vous rendre sur Ténédos ?
_ N’ait crainte ¼dipe. Si le Sanctuaire découvre que je quitte ce lieu, alors le Grand Pope sonnera la charge contre l’île. Il craint trop que je ne trouve Athéna pour m’allier à elle. Voilà pourquoi il préfère que nous nous neutralisions mutuellement. Lui, en encerclant l’île et ainsi en menaçant notre peuple si je tente une riposte. Moi, en restant ici sans tenter quoi que ce soit. Mon corps restera donc en ce lieu. Seul mon âme ira à la rencontre de Baucis et des autres. »
Juventas explose : « Altesse ! Avec tout le respect que je vous dois, c’est de la folie ! Si vous n’y envoyez que votre âme et que celle-ci est confrontée à une dure épreuve, il est possible que vous y succombiez ! »
L’amie d’enfance de Saga reste placide pour ne pas inquiéter ses deux soldats : « Je le sais. Hélas, Athéna lutte actuellement pour reprendre son Sanctuaire. Elle n’est pas totalement éveillée et est trop faible pour lutter contre ce qui attend Baucis et nos camarades. Cette bataille la dépasse pour le moment. Pour la justice, l’amour et la paix, il n’y a que moi qui puisse agir… »


En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

Sous terre, dans les vestiges du temple d’Hestia, un nuage de fumée s’est soulevé après le choc des cosmos de Baucis et d’Apodis contre Peleus.

Avant que la poussière ne soit dissipée, Baucis crie déjà victoire.
Quand, inopinément, surgit face à elle l’Ange à la Glorie fissurée sur toute sa surface. Quelques plaies souillent son corps et le défigurent légèrement, pourtant son visage reste inexpressif face à la douleur et la colère.
Son arrivée imprévue désarçonne totalement Baucis prête à encaisser le God Anger.
L’index pointé contre le ventre de l’Alcide enceinte, Peleus est gêné par l’arrivée dans son dos d’Apodis.
Bien que son épaule gauche et son thorax soient blessés et sa Cloth partiellement endommagée, l’Oiseau de Paradis vient au secours de sa camarade.
Les sens en alerte, Peleus tourne sur lui-même pour accueillir en pleine face le courageux Saint d’un coup de pied retourné.

Renvoyé au tapis, Apodis a du mal à recouvrir tout de suite ses esprits. Peleus achève son acrobatie en balayant au sol les jambes de Baucis restée immobile. La jeune femme chute à son tour.
Lorsqu’il souhaite l’achever, Peleus est étrangement dérangé. Il remarque que Marine n’est plus positionnée là où elle était au début des assauts.

Subitement, grâce à un heureux réflexe, il lève les yeux au ciel. Il reconnaît l’Aigle foncer sur lui jambe droite tendue en avant : « Eagle Toe Flash ! »
Peleus réceptionne le pied de la Saint d’argent avec son index droit et renvoie contre elle toute la puissance de son arcane.
Baucis s’allie à Marine en projetant les Flèches d’Héraclès : « Héraclès Hunting Arrow ! »
Mais avec son autre main l’Ange repousse l’attaque contre Baucis.

Apodis se relève alors juste sous les yeux de son adversaire désarmé et le frappe de toutes ses forces en plein visage de sa plus puissante technique : « Frantic Fury ! »
Tel un oiseau qui s’élance de toute sa force et tout son poids, Apodis libère sa Furie Frénétique contre l’olympien. A la vitesse de la lumière, semblable à un éclair, l’immense sphère de cosmo énergie traverse la pièce et renvoie au fond du temple Peleus.
D’abord frappé en plein visage, le globe de cosmos a ensuite dévoré l’Ange pour matraquer l’ensemble de son corps.
Le gardien du Jonc s’écrase contre la statue d’Hestia qui se brise sous le coup. Les décombres fracassent le banc de pierre où repose le bracelet et le renverse au sol.

Apodis reste immobile à observer le poing duquel il a libéré ce miracle : « C’est prodigieux. Mes efforts réalisés sur l’île Kanon ont porté leurs fruits. »
Devant lui, retombe le diadème brisé de l’Ange. Il relève les yeux jusqu’à la statue brisée, en suivant du regard les tâches de sang et les débris de la Glorie qui jonchent les dalles.

Derrière le chevalier de bronze, Marine et Baucis se remettent de leurs efforts.
Baucis lève les yeux au plafond pour distinguer le corps de Philémon, toujours inconscient, encastré dans la roche.
Elle commence à s’avancer jusqu’à en dessous de lui pendant qu’Apodis suit Marine, pressée de récupérer le Jonc.

Soudain, Apodis perd son petit sourire joyeux. Son exceptionnel sens de perception ne le trahit pas.
Il a à peine le temps de pousser Marine au sol pour lui éviter d’être abattue, qu’il encaisse à sa place une terrible onde de choc qui pulvérise son plastron.
Sorti des débris, l’Ange au visage couvert de l’hémoglobine qui s’écoule de ses plaies murmure le nom de l’arcane administré : « God Anger. »
Son expression reste insipide. Son corps, revêtu d’un tissu prune arraché et d’une jupette déchirée, est protégé par quelques miettes de ce qu’il reste de sa Glorie.
Il n’exprime pas la moindre douleur, malgré l’état dans lequel il se trouve. Sans crier gare, il tend son index à nouveau en direction du plafond où est encastré Philémon et provoque une onde de choc pour le libérer de la croûte terrestre.
Tout en gardant le doigt tendu en direction de son adversaire, Peleus libère une seconde fois la Colère des Dieux pour abattre Philémon avant que celui-ci ne revienne à lui : « God Anger. »
La trajectoire de son bras est dévié par Marine : « Ryu Sei Ken ! «
Le fluide surpuissant de Peleus heurte le plafond et provoque un éboulement. Baucis se saisit de Philémon en pleine chute et s’extirpe à temps. Le couple retombe au sol pendant que Peleus se retourne en direction de Marine.

Celle-ci, préférant ne pas voir son arcane retourné contre elle, entame un corps à corps.
Peleus la devance, en lançant une droite qu’elle fuit en sautant au-dessus de lui. Elle retombe en le frappant avec le talon droit au sommet du crâne mais il lui bloque la jambe. Elle se déhanche alors dans les airs et parvient à le frapper à l’abdomen avec sa jambe gauche.
Tout en gardant son calme habituel, Peleus répond en lui balançant sa jambe gauche en plein visage. Heurtée de plein fouet, elle encaisse un enchaînement de plusieurs coups de poings successifs sur tout le corps.
Totalement désorientée, elle ne peut rien faire, lorsqu’il pose son index contre sa poitrine pour déclencher la Colère des Dieux.
Miraculeusement, un Tourbillon de Sable passe entre lui et Marine, le contraignant à abandonner sa tentative. L’Alcide de la Biche de Cérynie, débarque sur son flanc droit pour prendre la relève : « Sand Swirl ! »
Un autre Tourbillon de Sable dévaste tout à mesure qu’il s’approche de lui.
A bout de force, Marine, elle, tombe à genoux.

Avec son index, Peleus retourne en direction de Baucis le Sand Swirl. Celle-ci contre alors sa propre attaque avec un nouveau Tourbillon de Sable : « Si Marine a réussi à t’atteindre, cela veut dire qu’Apodis t’a considérablement affaibli. Je suis certaine qu’on peut te vaincre. Montre-moi donc jusqu’où tu peux aller avec ce qu’il te reste de cosmos : Sand Swirl ! »
Sans difficulté, Peleus repousse le Tourbillon de Sable. Baucis amplifie sa cosmos énergie jusqu’à son paroxysme pour repousser l’accumulation de cosmos en suspens entre eux deux : « Essaie donc de repousser l’accumulation de tous ces tourbillons mêlés à tout ce qu’il me reste de cosmos : San… »
Aux côtés de sa concubine, se redresse Philémon. Bien que meurtri après le God Anger encaissé, il adresse un sourire fripon à sa bien-aimée : « A cela je t’invite mon cher Pélée à repousser une seconde tornade… »
Le Saint du Lièvre libère sa cosmo énergie pour la conjuguer à celle de sa compagne : « Lepus Sweep !
_ Sand Swirl ! »
Les tornades deviennent des cyclones, obligeant Peleus à utiliser son second index pour les contenir.
L'amas de cosmos stagne devant l’Ange qui déclare sans la moindre émotion : « Il ne fallait pas vous attendre à un miracle. Vous n’êtes que des humains. »

Inopinément, les yeux du hautain personnage s’écarquillent lorsqu’il remarque que sur le côté Marine se redresse.
Ne pouvant réagir, il assiste, impuissant, à une énième tentative de la part des êtres qu’il dénigre.
Marine se jette à ses pieds, entre lui et les amas de cosmos, pour libérer de sa main droite : « Ryu Sei Ken ! »
Dans l’incapacité ni d’esquiver, ni de renvoyer les Météores, il les encaisse sans broncher. Cela le déstabilise suffisamment pour lui faire perdre son duel contre le couple.
Il est avalé par la tempête, déchiré puis pulvérisé avant d’être désintégré comme le seront plus tard Odysseus et Theseus.

Aussitôt la cible anéantie, les arcanes du couple se dissipent dans l’atmosphère.
_ « Je crois qu’on l’a eu. », sourit Philémon.
Baucis se laisse tomber sur le dos et soupire : « Oui, on a réussi. »


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos :

Autour de leur souveraine, ¼dipe et Juventas exultent : « Ils ont gagné ! »
La voix d’¼dipe gronde : « Ils sont parvenus à récupérer le second Jonc d’Athéna ! »

Néanmoins, leur gaieté tranche franchement avec l’anxiété de leur maîtresse. Celle-ci est affolée, elle tremble et est défigurée par l’angoisse : « Non, ils n’ont encore rien fait. La vraie bataille ne fait que commencer. »
Elle bondit d’un coup de son trône et plante sa dague dans les dalles de son palais.

Son corps, d’habitude si chétif, présente une tenue autoritaire et puissante. Ses sourcils sont froncés et son regard déterminé.
Juventas observe l’attitude inquiétante de la divinité. Celle-ci attache autour du poignet d’¼dipe le Jonc d’Athéna que lui a confiée Marine.
Né sans l’usage de ses cinq sens, ¼dipe perçoit grâce à son cosmos, l’énergie bienfaitrice d’Hébé entrer en contact avec lui : « ¼dipe, je te confie le Jonc d’Athéna en attendant le retour de Marine. Toi, l’homme qui a été abandonné par les siens à sa naissance, si tu as su trouver ici l’amour d’un peuple, c’est parce qu’au fond de toi tu as beaucoup à offrir, à partager. Le peuple d’Yíaros compte sur toi. Guide-le à la lumière, auprès d’Athéna, lorsque l’heure sera venue. Merci à toi d’être l’Alcide que tu es. Merci à toi d’être venu auprès de moi, pour offrir à la déesse que je suis, la richesse du c½ur d’un être humain. »
S’il le pouvait, ¼dipe pleurerait sûrement à l’heure qu’il est. Cette déclaration d’Hébé l’émeut tellement qu’il n’arrive pas à y répondre.

Hébé se tourne devant Juventas qui a déjà ôté son masque pour implorer la déesse de ses grands yeux noyés de chagrin de ne pas commettre l’irréparable.
Hébé vient cueillir le visage du nouveau général de son armée : « Ah… Juventas. Comme il me manque ce temps où j’étais Ambroisie et que nous nous promenions en compagnie de Saga et Iphiclès dans les champs de notre royaume. Iphiclès et toi n’étiez encore que des enfants, mais déjà vous exprimiez toute la bonté, la vigueur et l’honnêteté des hommes. Je ne veux pas que cela change. Hébé va partir à la rencontre de Baucis. Il ne restera plus ici que l’enveloppe charnelle d’Ambroisie. J’aimerai alors qu’à cet instant tu me serres dans tes bras comme je le faisais avec toi durant ton enfance. Accompagne Athéna lorsque la Guerre Sainte contre l’Olympe éclatera. Tu as retrouvé auprès d’Apodis la passion et la paix à laquelle aspire chaque être. Sers t’en pour lutter contre les dieux malveillants. Yíaros est sous ta juridiction désormais. Le royaume n’a plus besoin d’Hébé. Tout comme la Terre, il n’a plus besoin de dieux, mais d’amour, seulement d’amour. »
Elle baise le front de la jeune Alcide au visage bleuit par la peine…


En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

Dans les vestiges du temple d’Hestia, se sont rajoutés aux ruines du passés, les débris des affrontements d’aujourd’hui.
L’essence divine d’Hestia qui imprègne ce lieu de culte abandonné permet aux torches de scintiller sans fin.

Elles éclairent Marine, esseulée, qui arrive à proximité du Jonc. Elle fixe l’artefact avec insistance et s’en saisit de la main droite. Elle se remémore le jour où elle a obtenu le premier Jonc qu’elle a confié à Hébé…


Flashback
Année 1981 - Il faisait chaud. L’air était sec et les vêtements du jeune garçon dont elle avait la responsabilité étaient noyés par sa sueur.
A proximité de Paesco, le village où elle vivait, Marine entraînait Seiya comme elle en avait l’habitude depuis presque un an.
Le petit garçon approchait le millième enchaînement demandé par le Saint d’argent, pour lui forger une résistante ceinture abdominale.
Sous son masque, les yeux de la japonaise scintillaient en voyant à travers l’enfant son petit frère disparu. « Toma… Es-tu toujours en vie ? As-tu survécu à l’attaque dont nous avons été victimes ? Sans mon Pendentif de Zeus, il m’est impossible d’accomplir la mission qui nous a été confié. Voilà pourquoi j’ai choisi d’entrer dans la chevalerie. Pour approcher nos jumeaux astraux, Pégase et la Chouette. Hélas, il semblerait que eux aussi aient été victimes d’un complot. La Chouette n’est plus auprès de Pégase. Et Athéna ne semble pas être présente dans ce Sanctuaire. Je vais donc devoir jouer le rôle de la Chouette, pour permettre à Athéna de se rapprocher de son plus puissant atout. Si Pégase est aux côtés d’Athéna, alors elle sera certainement capable de surmonter les maléfices qui s’abattent sur Terre. Cela nous aidera donc peut-être à nous retrouver. », pensa-t-elle.

La nuit venue, alors que le japonais reprenait des forces, étalé sur sa couche, la bouche grande ouverte, libérant un épais filet de bave qui confirmait son profond sommeil, son professeur le surplombait.
Les bras croisés, Marine regardait un bracelet accroché autour du poignet droit de Seiya. Le bijou est gravé de deux symboles s’entremêlant, Pégase et la Chouette. Marine soupire : « Seiya, si tu savais vraiment à quoi correspond vraiment ce bracelet. Normalement c’est ta s½ur qui devrait être auprès de toi pour te guider à Athéna. Malheureusement, je crains qu’elle n’ait été victime des maléfices de l’Olympe. Je vais devoir te priver du seul objet qu’il te reste d’elle pour tenter de la retrouver. »
Elle lui subtilisa délicatement l’artefact…

Le lendemain matin, comme chaque matin, il fallut à Marine un seau d’eau glacé qu’elle balança sur Seiya pour le sortir de sa torpeur : « Combien de fois faudra-t-il que je le répète ? Tu dois être capable de sentir dans le soleil cette source de vie qui t’habite. Elle t’est nécessaire pour apprendre à maîtriser le cosmos… »
Seiya baillait en ouvrant grand la bouche, obligeant Marine à le cogner derrière la tête : « … Seiya !
_ Mais ça ne va pas Marine ?! J’ai failli me mordre la langue !
_ Ça n’arriverait pas si tu sentais le soleil se lever ! Cela m’éviterait d’être obligé chaque matin à te tirer du lit ! Tu te dois d’être prêt à t’entraîner dès l’aube ! »
Seiya s’agaça en regardant en direction du seul souvenir qu’il avait de sa s½ur : « Pour une fille, tu n’es pas très douce. Au moins, pour me réveiller, Seika, ma s½ur me… Mais… »
Il bondit instantanément et défit ses draps : « Mon bracelet ! Le bracelet que ma s½ur et moi avions en commun ! Où est-il ? »
Marine joua parfaitement la comédie : « De quoi parles-tu ? »
Seiya, paniqué, déboussolé, tendait son poignet en direction de Marine : « Mon bracelet. Là ! A mon poignet ! J’avais un bracelet ! Je l’ai depuis mon arrivée ! Où est-il ? »
Marine lui tourna le dos et s’engagea : « Cesse de chercher des excuses pour ne pas aller t’entraîner ! Dépêche-toi à présent ! Nous sommes déjà en retard !
_ Je n’irai nulle part sans mon bracelet ! »
Marine le souleva par le col et le passa par-dessus elle pour le jeter dehors : « Je me fiche de ton bijou. Tu as dû le perdre en t’entraînant ! Si tu faisais un peu plus attention à ce qui t’entoure tu ne l’aurais pas perdu. »
Seiya, blessé et attristé, tourna la tête pour ne pas montrer ses yeux gondolés par les larmes.
Marine pensa en passant à côté de lui : « Je te le rendrai lorsque tu seras auprès d’Athéna et que j’aurai retrouvé mon Pendentif. Un jour, tu comprendras… »
Flashback


Elle sort de ses songes et approche sa main gauche, tremblante à l’idée de toucher le sceau d’Hestia.

Plus loin, Philémon avance en boitillant en direction du corps gisant de l’Oiseau de Paradis : « Je vois Apodis là-bas. Il faut voir s’il est vivant. »
Baucis qu’il ignore porter son enfant retient le petit grec : « Attends ! J’ai quelque chose d’important à te dire. »
Convaincu de leur victoire et de l’absence de tout danger, elle imagine le moment opportun pour lui annoncer la nouvelle. Elle caresse le bas de son ventre et ôte son masque de femme chevalier pour lui dire de ses yeux amoureux : « Je suis… Je porte… »


Brusquement, une lumière ardente et aveuglante envahie la pièce, l’empêchant d’achever sa phrase. Les hurlements de souffrance de Marine accompagnent cette lueur.

Philémon regarde, inquiet, sa bien-aimée : « Marine ! Le sceau ! Elle essaie de le retirer !
_ Cette lumière, on dirait celle qui émanait des animaux possédés par le feu sacré dans la forêt. »

Le corps peu à peu marqué par l’incandescence du foyer qui se dégage du sceau, Marine n’abdique pas. Elle tire de toutes ses forces sur l’estampille qui frappe le Jonc.
Des flashs lui viennent alors. D’abord des souvenirs, puis d’étranges liens avec ce qu’elle cherche réellement : Deux enfants… Une jeune fille et un petit garçon, son frère, Toma… Deux clochettes, les Pendentif de Zeus… Un temple aztèque, une tribu qui vénère le soleil… Au c½ur de la pyramide aztèque, son Pendentif de Zeus…

Autour de l’équipe d’Apodis, la terre se met à trembler.
Les colonnes se fendillent, permettant au plafond terreux de descendre peu à peu, menaçant les personnes qui se trouvent dans le temple d’être ensevelies.

Les remous ramènent Apodis à lui. Il se relève avec difficulté en tenant sa poitrine couverte de sang.
Il distingue difficilement Marine, prisonnière au beau milieu du foyer.

Cette dernière est toujours frappée par des flashs : Elle et Toma, battus, séparés… Un Ange qui apparaît devant eux… Le Pendentif de Marine dérobé… Puis, la tribu sud-américaine qui célèbre le sceau apposé sur le pendentif en forme de clochette…
Dans un hurlement surhumain, Marine réussit enfin à retirer le sceau et à libérer le Jonc.

Le foyer disparaît aussitôt et libère Marine de sa souffrance. Son corps est partiellement brûlé tandis que sa Cloth s’est fissurée sous l’effet de la chaleur.
Pourtant, cela n’empêche pas Marine de rire aux éclats.
La pensant folle, Apodis titube et demande : « Tu vas bien ? Marine ? »
Elle libère d’une voix pleine d’extase : « Je l’ai vu ! Mon Pendentif de Zeus ! J’ai un indice grâce au cosmos olympien qui imprégnait ce sceau. »

Philémon et Baucis les rejoignent. Le petit grec demeure impatient : « Tu veux être plus claire à présent ? »
Marine consent enfin à libérer le lourd secret qui l’entoure : « Mon frère, disparu, et moi-même, disposons d’un Pendentif de Zeus comme Pégase et la Chouette sont censés posséder un Jonc d’Athéna. Toutefois, le mien a été dérobé au même titre que celui de la Chouette. Le bracelet que détient Hébé et qui nous a guidé à celui-ci appartient à Seiya le Saint de bronze de Pégase. Normalement la Chouette est toujours à ses côtés pour rapprocher Pégase et Athéna. Cependant, durant l’apprentissage de Seiya, j’ai pu voir que la Chouette ne venait pas et j’ai compris alors que son Jonc avait dû lui être dérobé. J’ai donc pensé qu’en retrouvant le Jonc, je retrouverai les responsables de la perte de ma clochette. »
« Et tu l’as retrouvé ? », croit comprendre Baucis.
_ « Hélas non, pas précisément. J’ai besoin des connaissances d’un homme occupant de hautes fonctions et étant capable de m’éclaircir sur ce que j’ai vu. Je saurai alors où est retenu mon Pendentif de Zeus et je retrouverai mon frère. »
Apodis insiste : « Veux-tu enfin nous dire qui es-tu désormais ? Et nous expliquer à quoi servent ces bracelets et ces clochettes ?
_ Bien sûr. Je suis… »


Soudain, une voix retentit dans l’atmosphère et empêche Marine d’en dire plus.
Le ton est méprisant, l’allocution est claire et uniforme : « Misérables humains. Comment avez-vous pu vous permettre de bafouer mon temple ? »
L’espace temps se courbe mystérieusement à hauteur de la statue détruite d’Hestia et ouvre une brèche sur l’Hyperdimension.
Celle-ci libère une entité aux traits féminins. Sévèrement vêtue, seuls ses bras sont libérés de sa bure blanche. Un voile couvre sa tête et ses cheveux rougeoyants. Ses petits yeux sombres ne perdent rien de leur hauteur. Larges et plissés, exprimant à chaque instant la supériorité dont elle se glorifie, l’entité présente un visage très fin, aux traits très tirés.
Elle libère une cosmo énergie oppressante qui tétanise les quatre alliés.

Les chevaliers ne tardent pas à comprendre qu’ils ont en face d’eux la maîtresse de ces lieux.
La Déesse du Feu Sacré et du Foyer.
Hestia.

Pressentant une effroyable menace, Apodis passe devant ses amis pour les protéger : « Fuyez avec le Jonc à présent ! Je vais retenir Hestia ! »

A l’écoute de ces paroles injurieuses, le regard condescendant d’Hestia prend la direction du Saint de bronze.
Immédiatement, son corps se fige et une puissante déflagration lui souffle le torse et le visage, ne laissant plus que du Saint sa peau nue jusqu’à la taille, dévêtue du moindre tissu et du moindre morceau de Cloth.


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos :

Dissimulant du mieux qu’elle peut son affliction, Hébé libère Juventas de son étreinte et se relève en dressant sa dague en direction du ciel.
L’arme libère peu à peu une lueur azure, qui englobe au fur et à mesure qu’elle inonde la pièce le corps de la déesse.
Avant qu’elle ne perde de vue ses deux Alcides, Hébé leur adresse un sincère sourire : « La lutte continue. Comme nos cosmos, l’amour est immortel. »

Le scintillement atteint son apogée pour finalement cesser brusquement.
A mesure que ces yeux se réhabituent à la lumière ambiante, Juventas remarque le corps d’Hébé, debout, livide, le bras pointant la direction du ciel : « La dague… Elle a disparu. »
La cosmo énergie d’¼dipe complète : « Et la présence d’Hébé… Aussi ! »
Le corps, totalement désarticulé, s’affaisse.
Juventas s’en saisit à temps et le sert fort contre elle, comme le lui avait demandé sa déesse.
Avec effroi, elle hurle son nom : « Hébé ! »


En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

A peine sortie de l’Hyperdimension, Hestia ne daigne même pas poser davantage les yeux sur le corps d’Apodis qui s’effondre sans vie.

Les trois derniers chevaliers se mettent en position sans que cela n’arrache la moindre réaction sur le visage impérieux de la Déesse du Feu Sacré et du Foyer. D’une voix toujours aussi imposante, elle commente ce qui vient de se produire : « Oser parler ainsi de moi comme l’a fait ce misérable est outrageux. »
Elle remarque enfin les trois acolytes en garde : « Vous qui essayez d’être supérieurs aux dieux, les dieux ne peuvent le permettre. Vous devez être punis. »
Marine réagit : « L’homme ne cherche pas à être supérieur aux dieux. Il essaie de vivre. »
Philémon, furieux devant le corps inanimé d’Apodis, complète : « D’ailleurs, que sont ces dieux qui ne protègent pas ceux qui essaient de vivre ?
_ Que sont ces dieux ? Un humain n’a même pas à poser une telle question… »
Elle tend son bras en direction du groupe, prête à invoquer la même technique que celle qui a eu raison d’Apodis : « … Les humains ne peuvent renier les dieux. Je vais vous rappeler pourquoi : Sacred Fire. »
Une lueur intense éblouit le souterrain et arrache tout sur son passage dans une totale déflagration, provoquant un peu plus l’effondrement du vétuste temple.

Insignifiants face à une déesse, le trio ne peut rien faire d’autre que de croiser les bras pour espérer se protéger.
A l’instant où le déchaînement du Feu Sacré s’apprête à les anéantir, un objet jaillit devant eux.
Celui-ci, la dague au manche tressé d’un cuir bleu marin et à la lame fine aux reflets bleu azur, resplendit et englobe les humains de son cosmos bienfaisant.

Une fois le souffle passé, Hestia reste inexpressive devant les survivants. Elle constate avec mépris : « Seul un objet divin peut réussir un tel miracle… Hum… Je vois… Les dieux qui se sont approchés des hommes ne valent pas plus qu’eux. J’espère que tu t’en rends compte, Hébé. »
Par-dessus l’arme, se matérialise l’apparence d’Hébé : « Protéger les hommes et les envelopper de leurs connaissances, voilà ce qu’un dieu est censé faire. »

Baucis est subjuguée par l’intervention de sa divinité protectrice : « Faute de ne pouvoir quitter l’île sous peine de laisser notre peuple à la merci du Sanctuaire, notre Majestueuse Hébé nous a envoyé l’artefact qui la symbolise. Tout comme Athéna possède Niké, l’arme d’Hébé est la dague. »

La Déesse du Feu Sacré et du Foyer ignore totalement la joie de ses adversaires et continue de se jouer de la Déesse de la Jeunesse : « Malheureuse. Être restée auprès d’Athéna sur Terre tous ces siècles t’a rendu aussi insignifiante que les hommes qu’elle protège. Tu en es réduite à projeter ton cosmos à distance, afin d’éviter à ton peuple la violence d’autres hommes. Mais une telle démarche, en plus d’être totalement stupide, t’affaiblit considérablement. Tu ne pourras pas protéger longtemps tes misérables vermisseaux : Sacred Fire. »
Une nouvelle vague de cosmos s’apprête à engloutir les chevaliers.
Devant eux, la matérialisation de l’âme d’Hébé écarte les bras : « Sweet Halo ! »
L’onde de choc des deux cosmos divins éloigne dans des directions opposées les corps des quatre chevaliers du temple.
Une radiation bleutée vient annihiler le Feu Sacré d’Hestia. Les deux cosmo énergies s’entremêlent. Elles forment entre les deux divinités une sphère d’énergie qui grossit davantage chaque fois que l’une ou l’autre déesse essaie de la retourner contre son adversaire.

Entre deux puisements dans ses ressources, Hébé se retourne et cherche les chevaliers qu’elle est venue défendre.
L’éclat provoqué par la confrontation lui permet juste de distinguer Marine et Baucis : « Partez. Partez avec le Jonc à présent. »
Marine hoche la tête et emboîte le pas à Philémon sans se soucier du reste, elle ramasse Apodis sur son chemin.
Avant d’approcher la sortie, elle lance un sincère : « Merci pour tout, grande Hébé. »
Derrière elle, Baucis refuse d’abandonner celle dont elle est censée assurer la protection : « Non Majesté. Je ne partirai pas sans être assurée que vous n’êtes plus en danger. Projeter votre âme loin de votre corps vous affaiblit. Je ne peux me résoudre à vous voir vous sacrifier pour moi. »
Le visage d’Hébé est de plus en plus déformé par la douleur. La boule d’énergie commence à pencher en sa défaveur. Cela ne l’empêche cependant pas d’adresser tout son amour comme elle en a l’habitude : « N’ait crainte. Il est du devoir d’un dieu de croire en l’homme. Je crois en vous. Lorsque la paix sera revenue au Sanctuaire et qu’Athéna aura surmonté les obstacles qui sont les siens, elle suivra la voix que je suis aujourd’hui. Et toi Baucis, tu l’accompagneras avec tes amis Alcides. A cet instant tu seras devenue une jeune et belle maman. Profite de l’amour et la tendresse d’un enfant. Bats-toi pour assurer cette vie de famille. Car c’est en cette époque que le sort du monde se joue. »
Hébé se retourne et puise dans ses derniers retranchements pour libérer son cosmos céleste : « Sweet Halo ! »
Un immense orbe azur se libère de ses mains et arrache le plafond terreux du temple, offrant au jour la possibilité de s’engouffrer en ce lieu. Au sol, les dalles sont soulevées et laissent sous elles des mètres de vide.
La vague d’Hébé désintègre tout sur son passage jusqu’à Hestia qui remarque sa bure se décomposer peu à peu.

Pourtant, la méprisante olympienne ne perd rien de ses sarcasmes : « Pauvre Hébé. Les dieux sont puissants et éternels. Nous avons le pouvoir. Toi qui as pactisé avec les hommes, tu ne peux égaler cette essence mirifique. Sacred Fire. »
Le cratère laissé par Hébé n’est rien par rapport au vide incommensurable provoqué par le Feu Sacré d’Hestia.
La genèse des deux cosmos divins prend le dessus sur Hébé et ravage ce qui restait du domaine abandonné de la Déesse du Feu Sacré et du Foyer.

Au pied de la sortie, Marine s’extirpe du gouffre avec Apodis sous le bras, tandis que Philémon revient sur ses pas chercher Baucis restée auprès de sa maîtresse et balayée comme un fétu de paille par la puissance d’Hestia : « Allons Baucis, fuyons. Nous ne pouvons pas rester ici. »
Sous son masque, Baucis est noyée par le chagrin : « L’âme d’Hébé va être anéantie par ce globe de cosmos.
_ Dans ce cas, ni toi ni moi ne pouvons faire quoi que ce soit. »
Face à la résistance de sa bien-aimée, Philémon se résigne à la cogner du tranchant de la main derrière la nuque pour lui faire abandonner toute résistance. Il s’élance à la suite de Marine.

Prise au piège, contenant du mieux qu’elle peut cette concentration ravageuse, Hébé regarde derrière elle pour s’assurer que les chevaliers sont à l’abri.
Elle n’échappe cependant pas aux quolibets de son adversaire : « Tu as le choix. Soit ton âme retourne auprès de ton corps, sauvant ainsi ta vie en abandonnant la lutte contre moi. Soit tu résistes et ton âme est détruite, ne pouvant plus jamais se réincarner et t’éliminant du court de l’histoire. Dans le premier cas, tu sacrifierais les hommes pour ton existence divine. Dans le second, tu irais au bout de ta bêtise et en mourrais. »
Hébé plie de plus en plus. La forme de ses mains commence à être avalée par le cosmos.
Hestia continue : « Il n’est pas trop tard. Admets que suivre les hommes est une hérésie. Tu auras la vie sauve et peut-être que l’Olympe te pardonnera tes affronts. »
Hébé sourit, son visage, d’ordinaire si magnifique, commence à être rongé par le cosmos : « Désolé, mais je vais suivre les humains dans leur quête. Hébé meurt peut-être, mais si un jour je peux me réincarner, j’espère être humaine de nouveau. Humaine dans un monde lavé de la jalousie des dieux. »
Hestia est furieuse : « Tu l’auras voulu : Sacred Fire ! »

La sphère devient semblable à un astéroïde formé de cosmos qui annihile complètement le corps d’Hébé, faisant peu à peu disparaître ses membres, érodant son visage.

Sortis du cratère qui ne laisse plus rien du temple détruit, Marine, Baucis et Philémon ne parviennent pas à garder leurs pieds au sol. Tout comme les arbres qui sont déracinés, pire, dissous par l’émanation du Feu Sacré d’Hestia, ils sont projetés aux quatre coins de la forêt, dans des directions opposées.
Accrochant de toutes ses forces le Jonc, Marine ne parvient pas à garder auprès d’elle le corps d’Apodis déjà dans un triste état.

A l’intérieur du fléau cosmique, avant qu’il ne reste plus rien d’elle, le tronc de la Déesse de la Jeunesse brille de mille feux. Une étincelle aveuglante au milieu de ce brasier libère une dernière fois la voix d’Hébé : « Hestia a peut-être raison. Les Dieux ont peut-être le pouvoir et l’éternité. Mais n’oubliez pas qu’en faisant exploser vos cosmos, vous donnez naissance à des miracles. A cet instant, vous fusionnez avec l’univers et êtes à jamais infiniment plus proches de lui. Ne l’oubliez pas. Ne l’oubliez jamais. Je ne vous dis pas au revoir, je sais à présent que je fais partie de cet univers avec lequel vous ne faîtes qu’un. »
L’étincelle d’Hébé s’étend.
Elle devient une lumière immaculée.
Elle contient le Feu Sacré d’Hestia à l’intérieur du cratère qui était il y a peu encore son temple.
Elle l’absorbe.
Le tout dans un bruit assourdissant.
Puis implose.
Laissant place au silence le plus absolu.
Tout disparaît.
Hébé.
Hestia.
Tout…


En Grèce, sur l’île d’Yíaros, dans le Parthénos :

Sur les dalles du temple d’Hébé, les pieds déformés d’¼dipe tournent le dos à Juventas. Sa voix annonce : « C’est terminé. »
Le corps que Juventas tient dans ses bras, pâlit de plus en plus, au point de ne bientôt plus être visible et de disparaître.
Avant de n’être plus qu’un mirage, le message d’Hébé retentit aussi dans leur esprit : « Les Dieux ont peut-être le pouvoir et l’éternité. Mais n’oubliez pas qu’en faisant exploser vos cosmos, vous donnez naissance à des miracles. A cet instant, vous fusionnez avec l’univers et êtes à jamais infiniment plus proches de lui. Ne l’oubliez pas. Ne l’oubliez jamais. Je ne vous dis pas au revoir, je sais à présent que je fais partie de cet univers avec lequel vous ne faîtes qu’un. »


A la fin de cette forme d’adieu, Juventas attrape son visage dans ses deux mains et hurle de douleur : « Ambr… Ambroisie… Hébé… Majesté… Hébé ! »


De longues secondes, ¼dipe et Juventas restent enfermés dans le silence.
Chacun appréhende déjà la réaction du peuple. Mais bien avant ça, ils ne savent lequel des deux aura les épaules pour l’annoncer.
D’autres doutes les assaillent aussitôt : « Et maintenant ? Que faire face au Sanctuaire ? Et Athéna ? Et l’Olympe ? », se questionnent-ils tous deux.
Puis enfin, un long soupire les libère de leurs craintes et leur permet de se remémorer le message personnel, qu’Hébé a adressé à chacun d’eux avant de leur délivrer le dernier mot commun.

Juventas se relève enfin et réajuste avec élégance son masque, pour répondre à la remarque d’¼dipe : « Non, ce n’est pas terminé. Ce n’est que le commencement. »
Le corps ingrat d’¼dipe se retourne alors et, s’il savait sourire, il l’aurait fait volontiers.


En Turquie, sur une île de la Mer Egée, Ténédos :

Au large de l’île, les habitants sortent tous de leurs maisons pour s’échanger des regards circonspects. La terre tremble encore et un vent violent venu du centre de la forêt, a arraché la plupart des toitures.
Très vite, les plus bavards lancent des affirmations : « Les légendes de cette île étaient donc vraies ! »
Dans le bar où se sont battus les chevaliers, certains reprennent seulement leurs esprits : « Je suis sûr que ce sont ces sales touristes ! »
En recul du reste des autres bâtisses, la communauté grecque de l’île qui entretient la légende du temple d’Hestia reste coi. L’ancien de l’ordre se contente de souffler : « Cela devait arriver. Hestia n’a jamais vraiment été priée par les hommes. La colère de l’Olympe s’abat. »
Au c½ur du village, un courageux et robuste gaillard dresse son poing : « Je vais aller voir ce qu’il se passe ! » Aussitôt, il rameute autour de lui d’autres comparses intrépides.
Le vieillard vient alors les trouver : « Laissez. Laissez, vous ne pouvez rien faire. Ce qui se passe là-bas dépasse votre entendement… »


Au centre de l’île, dans ce qui était il y a encore une dizaine de minutes la forêt, Baucis, Philémon et Marine reviennent peu à peu à eux.
Leurs armures sont très abîmées et les femmes chevaliers ont leurs masques fissurés.
Première à être debout, le Saint d’argent de l’Aigle fixe quelques secondes le Jonc qu’elle a en main, avant de découvrir une terre de désolation.

Il n’y a plus aucune végétation. La terre est retournée. Si bien qu’il n’y a même plus de relief. Derrière elle, le sol est plat à perte de vue. Devant, il ne subsiste que le cratère laissé par les deux arcanes divins. Là où se trouvait le temple d’Hestia, il n’y a plus aucune trace des vestiges d’antan.
Seul, sur un monticule terreux, là où était positionnée l’âme de la défunte Déesse de la Jeunesse, subsiste le manche de sa dague dont la lame est brisée dès la base.

Baucis traîne les jambes, jusqu’à arriver au bord du précipice où elle reconnaît l’arme d’Hébé. Elle tombe à genoux, n’arrivant presque plus à reprendre son souffle, tant les sanglots lui montent.
Derrière elle, ne sachant que dire, Philémon se contente de s’accroupir et de la serrer fort contre lui.

Enfin, Marine s’inquiète : « Apodis ! Quelqu’un sait-il où il est ? »
Philémon grimace : « Il a reçu la technique d’Hestia de plein fouet. Je ne pense pas qu’il y a survécu. Et si c’était le cas, il a dû être trop faible pour résister à l’explosion. Je crains qu’il ne soit enseveli.
_ Impossible, je l’ai tenu contre moi du mieux que j’ai pu lors de la confrontation finale. Il ne m’a échappé qu’à la toute fin et je… Je… Je… »
Philémon remarque l’étrange attitude de Marine qui se tétanise. Il tourne la tête en direction du point qu’elle fixe : « Qu… Quoi… Mais… Mais qu’est-ce que… ? »

Plus loin, face à la dague d’Hébé, sur un autre monticule, là où trônait la statue détruite d’Hestia, la porte vers l’Hyperdimension est restée ouverte.
Baucis réalise : « Non. Le sacrifice d’Hébé a été vain. Hestia… Hestia n’est pas morte. »

La Déesse du Feu Sacré et du Foyer apparaît à la sortie de la porte dimensionnelle. Sa bure est quasiment arrachée, libérant ses courbes magnifiques et ses formes envieuses qu’elle répugne tant à montrer d’ordinaire.
Son visage, bien que sali et très légèrement écorché par l’attaque suicide d’Hébé, reste ferme et n’exprime rien d’autre que suffisance envers les humains : « Pauvres idiots. Vous pensiez vraiment que moi, Hestia, déesse de l’Olympe, je me ferai vaincre par une bâtarde, qui par son affiliation aux hommes n’a plus rien de divin ? »
Elle pointe du doigt Marine et, d’un ton toujours aussi monocorde, assure : « Ce Jonc ne partira pas d’ici. »
Aussitôt, Philémon se jette à corps perdu contre Hestia : « Baucis ! Marine ! Fuyez ! »
Le petit grec aux cheveux hirsutes, arrive, poing en avant sur Hestia qui ne manifeste aucun sentiment sur son visage. Elle se contente simplement de cueillir ce poing si frêle pour elle dans la paume de sa main droite.
Ses pieds nus se tournent sur les dernières dalles de son temple, que son cosmos a protégé au moment de l’explosion. Bien qu’elle ne le serre pas spécialement fort, Philémon est paralysé par le cosmos oppressant de la déification du Feu Sacré et du Foyer.
Elle fait face à l’Hyperdimension et, pour la première fois, affiche un sourire sadique en déclarant son intention : « Que des hommes osent lever le poing vers les dieux ! Mais je comprends. Vous qui vous soulevez contre nous, vous rêvez d’avoir notre puissance. Je vais donc t’offrir un voyage dont chaque humain rêve. Un voyage dans la dimension des dieux qui nous permet de voyager d’un royaume à l’autre… »
Elle tend le petit corps à l’entrer de la porte dimensionnelle. Elle l’y fait entrer peu à peu, sur le côté, en commençant par le flanc gauche puisqu’elle le suspend par le droit.

En haut, impuissante, Marine tourne la tête.
Baucis, elle, se tient le ventre, terrifiée par la mise à mort du père de son futur enfant.

A peine l’épaule de Philémon passée, celui-ci hurle à la mort. Quasi-instantanément, son armure, sa chair, son sang et ses os éclatent en milliards de particules avant d’être totalement désintégrés.
_ « L’Hyperdimension parcoure des dizaines de milliers d'années lumière. Seuls des dieux ou des gens ayant reçu leurs protections, sont capables de franchir cet endroit sans être immédiatement désintégrés. »
Elle mêle la pratique à la théorie en avançant davantage le Saint du Lièvre qui voit sa clavicule être dévorée, ainsi que le début de son bassin.
Ses yeux, grands ouverts, sont gondolés par les larmes qui expriment la douleur d’un tel traitement. Sentant sa fin proche, il réalise l’opportunité de subir ce calvaire par le côté gauche de son corps : « Bientôt, mon c½ur sera disloqué, je mourrai sans plus souffrir. Désolé Baucis… Désolé de ne pas avoir pu te protéger davantage… »

Soudain, la sentence cesse. Philémon sent son corps être libéré de l’emprise d’Hestia. « Ça y est ? Je suis mort ? », se questionne-t-il le temps de chuter au sol.
Mais le choc sur les dalles aux pieds d’Hestia le ramène à la réalité.
Par-dessus lui, avec l’énergie du désespoir, par amour, Baucis a encore le poing tendu contre la joue d’Hestia.
La déesse, trop sûre d’elle, s’est laissée prendre par surprise par l’Alcide. Aussitôt, ses grands yeux larges s’écarquillent, tandis qu’une griffure libère un fin filet de sang sur sa joue.

Baucis se réceptionne aux côtés de son amant bien mal en point. Son teint est livide et son corps tremble de froid : « Philémon… Mon amour. Je t’en prie, tiens bon. »
Philémon sourit malgré tout : « Tu te souviens quand j’ai brisé ton masque ? Tu disais que tu me tuerais tôt ou tard. C’est le moment. Après avoir ton masque de brisé, tu ne pouvais que m’aimer ou me tuer. Je te demande de faire les deux aujourd’hui. Épargne moi davantage de souffrances. Je… Je… »
Elle lui pose le doigt sur ses lèvres. Espérant lui redonner courage et espoir en lui annonçant la nouvelle : « Le moment est certainement mal choisi. Mais je voulais que tu saches avant notre fin, ici, que je porte ton enfant. »
Philémon lève instantanément les yeux sur sa chère et tendre. Le bonheur et la fierté que peut ressentir un homme à un tel moment le revigore malgré son corps meurtri : « Alors… Voici pourquoi tu tenais tant à te battre à nos côtés.
_ Je ne voulais pas qu’il arrive malheur au futur père de mon enfant. Je te connais et je savais que tu mettrais ta vie en danger sans hésiter pour la réussite de cette mission. J’espérais te protéger. »
Ces confidences, sous le nez d’Hestia, ont plus un goût d’adieu que de déclaration. Le couple se devine condamné.

Hestia le leur rappelle lorsqu’elle reprend enfin la parole. Ses doigts caressent la légère plaie faite par Baucis : « Mon sang… Mon sang divin… Pour la première fois, je l’aperçois… »
Provocateur jusqu’à la fin, Philémon se relève difficilement et tente de toucher la déesse comme l’a fait plus tôt sa compagne : « Et quelle surprise ! Ton sang est rouge ! Comme celui des hommes ! Ah… »
Elle se saisit sans mal de son poing.
Le geste rapide qu’il a tenté a nécessité la contraction de tous ces membres. Là où l’Hyperdimension l’a ravagé, du sang s’écoule du corps de Philémon en abondance : « Misérable. Tu es trop faible. Ton corps ne supporte pas ses blessures. »
Elle laisse le Saint choir sur ses genoux, blême, le regard vide. En quelques secondes, tout autour de Philémon, c’est un fleuve d’hémoglobine qui coule. Une dernière étincelle brille dans ses yeux, le temps que son cosmos pénètre le c½ur de Baucis, comme pour lui délivrer un dernier message.

Bien loin d’attendre que chacun se remette de ses émotions, la déclaration d’Hestia ne laisse aucun doute sur ses intentions sans remords : « Les sentiments ! L’amour ! Une faiblesse propre aux hommes. »
Elle avance d’un pas décidé en direction de Baucis, prise au piège entre l’Hyperdimension et la déesse.
Plus l’Alcide recule, et plus elle sent le néant l’aspirer peu à peu. Elle attend une réaction de Philémon, mais bien vite, elle comprend qu’il est plus mort que vif. Alors elle baisse la tête et caresse son ventre qui porte pour encore quelques secondes la vie.
Hestia, de par sa grande et fine taille la domine bien vite. Quand elle décide de dresser sa main contre la jeune femme pour invoquer le Feu Sacré, elle perçoit l’arrivée de plusieurs coups portés à une vitesse qui lui parait bien futile.

Postée en haut de la crevasse, Marine tente le tout pour le tout afin de libérer Baucis d’une mort cruelle : « Ryu Sei Ken ! »
La main d’Hestia abandonne la direction de l’Alcide et se dresse contre les Météores bien vite dissous par le Feu Sacré qui châtie Marine et la projette loin d’ici : « Sacred Fire. »
Pendant la déferlante de cosmo énergie, Baucis prend appui sur ses jambes afin de fuir, en vain. Avec son autre main, Hestia l’empoigne à la gorge et la présente toute entière dans l’Hyperdimension. Le mouvement et si rapide et si violent que Baucis en perd son masque.
Le corps engouffré dans le chemin des dieux, son dernier regard se porte sur Philémon, le c½ur déjà arrêté. A peine murmure-t-elle un « je t’aime », tout en gardant une main sur son ventre que son corps tout entier se disloque, s’éparpille en des milliards de particules puis disparaît.

Au loin, titubant, Marine assiste au spectacle, impuissante. Il ne reste plus qu’elle face à l’insensible divinité.
Ne pouvant lutter davantage, elle laisse Hestia tendre la main dans sa direction pour l’abattre.
Pendant que l’atmosphère se déchire le temps que le cosmos divin se matérialise dans la paume d’Hestia, une voix venue d’outre-tombe commente les tragiques événements : « Comment peut-on se moquer comme tu l’as fait des sentiments et de l’amour. Qu’est-ce qu’un dieu qui ne peut aimer ? »

Sans savoir d’où elle provient, Marine reconnaît la voix du Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis : « Apodis ! »

Troublée, Hestia abandonne l’invocation du Feu Sacré et cherche le chevalier en question.
Celui-ci fond depuis les airs tel un oiseau qui a localisé sa proie.
Hestia libère son cosmos contre l’importun : « Sacred Fire. »
Le corps contusionné, torse nu, ne portant sur ses jambes que quelques morceaux de ce qui fut sa Cloth, Apodis ramasse en pleine chute la dague brisée d’Hébé et la dresse en direction d’Hestia à mesure qu’il traverse la vague de cosmos : « Un dieu comme ça… Je n’en veux pas ! »

Abasourdie, Marine assiste à une scène qu’elle n’aurait jamais cru voir.
Grâce à l’impulsion prise auparavant par le grec, Apodis arrive à hauteur de la déesse qu’il empale à l’abdomen avec ce qu’il reste de la lame d’Hébé.
Pour la première fois, une expression autre que le mépris se lit sur le visage d’Hestia. Ses yeux sont grands ouverts, son esprit s’interroge. Elle découvre pour la première ce qu’est… « La… La douleur ? »

Sachant pertinemment où allait le mener une telle attaque suicide, Apodis maintient bien fort dans sa main droite la dague plantée dans Hestia et avec la gauche il fait le tour de la taille de la déesse. Avec l’élan pris pour réaliser une si puissante charge, ils s’envolent en direction de la bouche dimensionnelle.
Avant d’y être totalement entré, Apodis use de son cosmos auprès de Marine : « Si je ne sais pas qui tu es au final, je me souviens de ces années passées à tes côtés au Sanctuaire et je sais au moins ce que tu es pour moi, une amie. Rapporte ce Jonc, trouve ton Pendentif de Zeus, et apporte la vérité aux yeux du monde. Libère les hommes de la folie des dieux. Pour l’amour, seulement pour… »
Le message s’interrompt une fois Hestia et Apodis disparus et l’Hyperdimension refermée derrière eux.

Seule, le Jonc d’Athéna en main, Marine ôte son masque pour permettre à ses larmes de mieux couler.
Il ne reste plus qu’une terre de désolation, certainement ce qu’il restera de toute cette planète à la fin de la dernière Guerre Sainte qu’ils mèneront.
Le corps de Philémon, toujours sur les genoux, trône en vestige d’une rude bataille.
Pourtant, le sacrifice d’Apodis ne lui semble pas vain. Même si son ami est mort, elle garde foi en sa mission. Elle dresse le Jonc en direction des cieux et achève la phrase qu’a commencé le Saint de bronze de l’Oiseau de Paradis avant de mourir : « Pour l’amour, seulement pour… L’amour ! »



Une page se tournait dans l’histoire du monde mythologique. Ma mort, conjuguée à celles de Philémon et Baucis, n’était rien face à celle d’Hébé. La Déesse de la Jeunesse disparaissait du cours normal de la vie terrestre et divine.
Ce n’était même pas le premier acte de la Guerre Sainte contre l’Olympe, et déjà, il y avait tant de pertes à déplorer.
Je me doutais que mon sacrifice n’était pas suffisant. Hestia ne pouvait pas mourir suite à ça. Mais après la griffe de Baucis sur sa joue, et la dague plantée dans son abdomen, je savais qu’en la repoussant dans la dimension d’où elle venait, je frappais un grand coup. Oui, vous, les grands olympiens, je vous adressais un message : les hommes n’abdiqueraient pas.
Pages: [1] 2 3 ... 10