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Cinétélébouquins / Re: [Cinéma] Les sorties du moment...
« Last post by Truite Surgelée on 19 January 2022 à 20h57 »
Alors moi j'ai rattrapé pas mal de trucs dernièrement :
- les trois Marvel de l'année (je crois ?) : Black Widow (sympa sans plus), Shang-Chi (plutôt bon), Eternals (vraiment ennuyeux).
- Le James Bond (soporifique, sans intérêt)
- Dune (Très agréable surprise. Même si j'adore toujours celui de Lynch, j'ai trouvé ça très très bien fait, et plutôt fidèle au bouquin jusqu'ici)
- Kaamelott volet 1 (Conforme à mes attentes !)
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Cinétélébouquins / Re: [Séries TV] La loi des séries
« Last post by dral on 18 January 2022 à 20h40 »
Un come-back de Quantum Leap ???
Je dis OUI !!!  :monidole:
https://www.hollywoodreporter....um-leap-reboot-nbc-1235074815/

Ce n'est qu'un pilote commandé pour l'instant, mais sait-on jamais.
Malheureusement sans retour possible pour Dean Stockwell  :snif:, espérons que Scott Bakula sera de la partie en tant que guest.

J'espère juste qu'ils n'oseront pas remettre en question le final sublime de la série originelle (qu'est-ce que j'avais chialé à l'époque  :ouin:).
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シナラムから日本へ / Re: Manga
« Last post by Ryō on 4 January 2022 à 9h52 »
Tout pareil, bonne année les faux rhumeurs
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シナラムから日本へ / Re: Manga
« Last post by dral on 3 January 2022 à 19h02 »
Quoi de mieux pour se remettre d'une bonne cuite du nouvel an qu'une bonne grosse baffe dans les dents ?   :mouais:
A la place, l'annonce d'un nouvel animé de Urusei Yatsura !!!
https://www.animenewsnetwork.c...s-new-tv-anime-in-2022/.181153

https://www.animenewsnetwork.c...on-staff-1-year-length/.181156

La news est tombée vendredi en fin de journée (donc déjà le 1er de l'an au Japon).
J'ai d'abord cru à un poisson d'avril  :ouhla: (merde, où étaient passés les trois premiers mois de l'année 2022 !!! :^^;:)
Mais finalement, après avoir longuement scruté l'internet hier, ce n'est donc pas un fake.

Incroyable après plus de 40 ans de lancement du manga et de l'anime !!!  :foufou: :foufou: :foufou:
J'espère qu'ils sauront garder l'esprit déjanté (et un poil lubrique) d'origine.
De ce que je comprends, il s'agit d'un des quatre projets pour fêter les 100 ans de la Shogakukan (je parie pour une nouvelle adaptation d'une ½uvre de Adachi Mitsuru pour l'un des trois autres).

Il va falloir que je me fasse la fin de la première série (ça date...).
Je rêve maintenant que Glénat se lance dans une nouvelle édition du manga parce que les formats bunko c'est joli dans une bibliothèque, mais c'est assez illisible pour des auteurs comme Takahashi (textes et dessins très fournis).

J'en profite pour souhaiter la bonne année à toute la communauté Noisen !!  :forhum:
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Only for Love / Re: Chapitre 23
« Last post by Kodeni on 3 January 2022 à 10h28 »
NEWS

Cette version du chapitre 23 est une version rééditée de la publication originale du 2 octobre 2011.
Bonne relecture aux lecteurs les plus fidèles, et bonne découverte pour les nouveaux.
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Only for Love / Chapitre 78
« Last post by Kodeni on 27 December 2021 à 9h59 »
Chapitre 78

En Argentine, dans le night-club, en dehors de la chambre où Vasiliás se livre à un jeu salace, Tromos est arrivé d’un pas décidé à l’étage.
Les yeux fixes et froids, il toise les sept veilleurs de Segador qui gardent la porte au bout du couloir.
Un premier tend la main pour barrer le passage : « Qui t’es toi ? Pas un pas de plu… »
Il n’a même pas le temps de finir sa phrase que Tromos lui retourne le bras, lui brisant ainsi tous les os. Ses camarades ne sont pas assez rapides pour dégainer leurs armes que le colossal Berserker zigzague entre eux pour les tuer d’un seul coup en frappant uniquement un point vital différent pour chacun.
Avant de s’enfoncer dans la dernière pièce, il ramasse sur un des hommes de main une machette attachée à sa ceinture. Il s’en sert pour planter à hauteur de chaque rein le premier rempart au bras brisé : « Meurs en souffrance. C’est tout ce que tu mérites. »


En Grèce, Kyoko continue de raconter à Mars les détails du retour d’Eris sur Terre il y a trois ans.
Sur la terrasse du café où elle a fait germer chez un couple les graines de la discorde, elle narre ses exploits en ignorant la dispute qu’elle a initié chez ses voisins de table…

Flashback
Au Sanctuaire, à proximité du camp des femmes chevaliers, le mètre quatre-vingt-dix-sept de Voskos s’était recroquevillé pour concentrer son cosmos face aux Dryades qui venaient d’éclore.
Le Saint de bronze du Bouvier chargeait de ses cent quatre-vingt-trois kilos une Dryade masculine : « Katapatisi Agria ! »
L’adversaire subit le Piétinement Sauvage de plein fouet et retomba, les os rompus, à côté d’une autre Dryade déjà vaincue et qui fanait avant de finir en poussière.
_ « Et de deux, se glorifia le rustre ! »
Dans son dos, Xiao Ling reculait sous la pression de deux autres qui profitèrent que leurs deux alliées restantes barraient la route au rustre chevalier.
_ « Fraîche, se lécha les lèvres une Dryade…
_ Innocente, pressa le pas la seconde ! »
Xiao Ling était acculée contre un bosquet.
Lorsque la première se jeta sur elle, par réflexe, elle passa ses mains par-dessus sa tête pour saisir le tronc et, appuyant sur ses jambes, grimpa plus haut pour esquiver le coup.
Enchevêtrée dans l’arbre, la Dryade n’eut pas le temps de s’en dépêtrer que Xiao Ling retomba sur elle d’un salto, le talon droit lui fendant le haut du crâne.
Son premier assaillant vaincu, la Chinoise n’en demeurait pas plus rassurée malgré tout.
Le second faisait déjà face, plus incisif.
Avec quelques pirouettes et roulades, elle parvint à esquiver un moment, jusqu’à ce que l’ennemi finisse par planter ses griffes sur le bas de sa tunique, au niveau de l’entrejambe, la laissant à la merci de son autre main aux ongles acérés.
Démunie, elle ferma les yeux, attendant le verdict.
C’est alors que Voskos apparut dans le dos de la Dryade, lui attrapa l’arrière de la tête dans son immense pogne gauche et la lui éclata contre le sol, entre les jambes de la jeune femme fébrile.
Éclaboussée par un sang qui n’était pas le sien, Xiao Ling rouvrit les yeux pour faire face au regard inquisiteur de Voskos : « M… Merci… »
Sous leurs pieds, le sol tremblait des combats venant du camp des femmes chevaliers.
Derrière Voskos, les dernières Dryades fanaient. Le colosse n’en tira aucune gloire.
_ « Ne me remercie pas. Tu aurais dû parvenir à te défaire d’elle sans mon aide, demeura-t-il sévère. Surtout que tu es parvenue à en vaincre une.
_ C’était un coup de chance.
_ La chance… C’est comme le miracle dont parlait plus tôt le Seigneur Algol. C’est l’apanage des Saints. Nous créons notre chance. Nous accomplissons nos miracles. En surpassant nos limites. En brûlant notre cosmos. Tout à l’heure, tu es parvenu à défaire une Dryade. Tu as mêlé sang-froid, analyse tactique du terrain et technique de combat à laquelle tu as joins ton cosmos. Que tu l’ais brûlé inconsciemment ou non, il fallait au moins une once de cosmos pour parvenir à l’éliminer.
_ Peut-être, baissa-t-elle la tête penaude…
_ Je ne peux pas croire qu’une jolie jeune femme comme toi as traversé le monde pour venir jusqu’ici sans rencontrer d’embûches. Des gens malhonnêtes, mal intentionnés, tu as dû en rencontrer des dizaines. Pour t’en débarrasser, tu as dû surpasser ces gens, parfois équipés d’armes contemporaines. Certains chemins sont inhabités. Tu n’as pu voler pour te nourrir. Tu as compensé la faim en t’enveloppant de ton cosmos. Ou tu as chassé dans des lieux où seuls les grands prédateurs arrivent à se repaître. Ou peut-être les deux. Toujours est-il que c’est le cosmos qui t’a maintenu jusqu’ici.
_ Peut-être, balbutia-t-elle à nouveau. Mais pourquoi me dire tout ceci ?
_ Parce que nous sommes arrivés au camp, pointa-t-il du doigt le bosquet dont elle s’était servie plus tôt et qui marquait le début d’une dense forêt. Traverse la forêt et tu trouveras Rebecca. »
Dans son dos, des hurlements de souffrances et de terreurs accompagnaient les tremblements de terre et les secousses cosmiques.
_ « Mais… Mais… Je ne peux pas… C’est la guerre là-dedans…
_ Justement ! C’est pour ça que tu dois aller y porter ton aide ! Nous autres, hommes, ne pouvons fouler cette terre bénie par Athéna. La seule chose que je puisse faire c’est empêcher la retraite des Dryades que vous, femmes, allez vaincre à l’intérieur ! »
Xiao Ling aurait voulu se vautrer plus bas que terre.
_ « … Je… Je ne serai qu’un poids…
_ Un Saint n’est jamais un poids lorsqu’il risque sa vie pour défendre autrui !
_ Mais je ne sais même pas ce qui est en jeu dans cette guerre…
_ Rebecca, celle à qui tu dois la vie aujourd’hui, risque la sienne pour sauver des innocentes prises au piège à l’intérieur et vaincre une menace qui pèse sur le monde !
_ Je ne suis pas aussi forte que Rebecca…
_ Ton soutien lui donnera encore plus de forces !
_ J’en suis incapable… »

Dans les cieux, sur l’Utérus, Georg arpentait la bordure pentue qui longeait la chute d’eau vers le quatrième niveau. Il suivait la lumière du jour qui éblouissait le haut de cette montée.
Une fois le halo de lumière passé, Georg débouchait sur le cinquième et dernier étage avant d’accéder au palais d’Eris.
L’homme à la barbichette fut aussitôt ébloui par le reflet du soleil.
Passant par réflexe sa main devant ses yeux, il abandonna sa garde, s’exposant ainsi à une vrille rouge qui s’enfonça dans son dos.
Propulsé vers l’avant, la protection dorsale de son armure d’argent fissurée, il s’écrasa le front contre la première colonne qui lui fit face.
Bien qu’amorti par son heaume, le choc fut suffisamment brutal pour que du sang coula de son front jusque dans ses yeux.
Étourdi, il enroula ses bras autour du pylône pour tenter de garder l’équilibre.
Cependant, sa prise glissait le long du pilier. Celui-ci était froid. Lisse.
A mesure que ses esprits lui revenaient et que ses yeux s’habituaient à la lumière, il remarqua que la colonne était de glace. Comme toutes celles qui supportaient le niveau d’ailleurs. Des colonnes de glace qui soutenaient un plafond de glace.
Plus il chercha à se reprendre, plus ses pieds s’éloignaient. Comme le plafond, le sol était semblable à un miroir. Légèrement incliné jusqu’à son centre d’où est sorti à l’instant Georg.
D’architecture grecque, le cinquième niveau n’était ni de pierre ni de marbre, il était fait de glace.
Le vent de haute altitude traversait cette plate-forme sans mur. Il glaçait les précipitations quand le soleil ne les faisait pas luire, pour s’écouler tel un ruisseau vers les étages inférieurs.
Fasciné par ce jardin de miroirs, Georg comprit vite qu’en restant au centre de la plate-forme il était ainsi exposé malgré ses multiples reflets.
D’un rapide coup de tête de gauche à droite, il identifia des milliers de réflexions de son adversaire. Un homme couvert d’une Leaf au rouge aussi ardent que sa tunique.
_ « A en juger la forme de ton armure, celle-ci s’apparente plus à une Cloth. Tu es donc un Ghost Saint, déduisit Georg. Et par son profilage proche de celle de mon ami Juan, tu es un ancien Saint de l’Ecu.
_ Oui, je suis Jan Ghost Saint de l’Ecu, on ne peut rien te cacher. J’espérais justement que ce soit ton ami qui m’affronte, afin que je prouve que de tous les boucliers de la Cloth de l’Ecu, ce fut le mien, forgé par mon cosmos, qui était le plus résistant !
_ Est-ce là tout ? Est-ce là ta raison d’avoir trahi ton serment envers Athéna, provoqua volontairement Georg ?!
_ Quel serment ai-je trahi ? Je suis mort pour Athéna et souffre depuis des siècles et des siècles au Cocyte pour cela. Pour ma résurrection, j’ai promis fidélité à Eris. Nouvelle vie, nouveau serment. Voilà tout.
_ Comme ta simplicité d’esprit me sidère, dit-il en fermant les yeux pour mieux se concentrer !
_ Vraiment, s’insurgea Jan ?! Il n’y a rien de compliqué à comprendre pourtant. J’ai fait de mon corps et de mon cosmos le bouclier destiné à défendre les idéaux d’Athéna. Des centaines d’années plus tard à avoir été torturé, Eris m’a fait réaliser que si nous n’avions pas été soulagés de nos peines au royaume d’Hadès, c’est parce qu’Athéna avait lamentablement échoué, génération après génération. Mon écu impénétrable lui avait juste servi à se cacher. Eris m’a alors offert de me libérer de mes tourments pour faire de mon blindage non pas une cachette mais plutôt un socle impénétrable permettant d’avancer. Je détruirai ainsi toutes les défenses d’Athéna pour prouver que la mienne demeure la plus efficace et qu’à défaut d’être une protection, elle peut être une arme, s’époumona-t-il ! Le meilleur bouclier au service de la meilleure attaque, scanda-t-il de toutes ses forces !
_ Je t’ai localisé, le surprit alors Georg ! Geistig Blitz ! »
Georg concentrait jusqu’alors son ouïe pour trouver parmi tous les reflets son adversaire. Il lui fit volontairement hausser le ton pour lui balancer son Eclair Fantôme sous la forme d’un trait de foudre fracassant les colonnes sur son passage.
C’est alors que la dernière colonne avant de frapper Jan venait d’être brisée, que la voix de son adversaire dans son dos le fit frémir : « Comment peut-on parler d’éclair quand ce petit courant électrique ne va pas plus vite que Mach 4 ! »
Stupéfait, Georg se retourna avec un coup de coude qu’esquiva Jan en s’accroupissant.
Georg profita qu’il soit abaissé pour frapper du poing vers le bas : « Geistig Blitz ! »
Beaucoup plus rapide, le Ghost Saint dressa son bouclier devant lui.
Georg s’y éclata la main, ébréchant sa propre Cloth.
Déconcentré par sa fracture du poignet, il constata trop tard que Jan ripostait. Un direct du droit à l’estomac, doublé d’un gauche, suivi du même enchaînement au visage, le repoussant toujours plus loin sous l’impact.
Avec du recul, pensant être à l’abri de l’allonge de son adversaire, Georg ne comprit que trop tard qu’il s’agissait de l’espace nécessaire à Jan pour déclencher sa technique.
D’un saut dans les airs pour se donner de l’impulsion, il tourbillonna sur lui-même puis retomba pied en avant en plein torse de Georg : « Bone Crush Screw ! »
La même Vrille Briseuse d’Os qui le prit par surprise à son arrivée, le fit cette fois-ci rebondir au sol pour mieux s’écraser ensuite contre un pilier de glace. Le long duquel il glissa lentement avant de s’écraser lamentablement parterre…

A l’étage du dessus, devant la chambre d’Eris, la déesse descendait les marches jusqu’à sa guerrière nommée Dame Blanche.
Face à elles, le corps égratigné et fumant d’Aeson demeurait inerte. Sa Cloth d’argent était rayée sur toute sa surface.
_ « Dame Blanche… Je n’aurai jamais imaginé que tu utilises si tôt ton Folklore Dévoreur.
_ Je n’ai pu résister à ses paroles. Me faisant passer pour l’unique responsable de notre sort. Nous étions jeunes. Nous nous aimions. Nous savions très bien que ce que nous commettions en nous unissant alors que j’étais une Saintia, était un crime. Mais l’amour fut plus fort que tout. Je vous ai portées ta s½ur et toi, mises au monde en secret lors de missions de pèlerinage que je réclamais au Grand Pope Shion lorsque je découvris chaque grossesse. Chaque fois ton père était présent. Chaque fois il s’arrangea pour faire partie de la mission et revenir avec les nourrissons que j'ai fait naître en secret. Il présentait ces enfants comme des réfugiés des camps ennemis que nous visitions. Cela permettait de ne pas soulever trop de questions autour de nous et cela nous offrait suffisamment de bonheur quand je venais retrouver notre famille à Bifolco, ce village au Nord du Sanctuaire, lorsque je descendais en ville. Au temple des Saintias, nous n’étions pas débordées. Athéna n’était pas encore réincarnée. Cela nous laissait le temps d’être une famille presque normale. Puis un jour, le Grand Pope Shion annonça que l’arrivée d’Athéna serait imminente. C’est là que tout bascula…
_ L’usurpateur, reconnut Kyoko…
_ Tout à fait. Je ne m’en doutais pas. Peu de temps après, le Grand Pope Shion et son frère furent assassinés. Nous n’y vîmes que du feu. Pour nous la vie suivait son cours, loin de nous douter que l’usurpateur plaçait ses espions un peu partout sur le royaume. Je fus découverte. Cependant, il ne se passa rien, jusqu’à ce jour où Athéna vint au monde. Elle était belle. Chétive mais radieuse. Elle me rappelait ta s½ur et toi lorsque je vous prenais dans mes bras. J’étais la représentante de mon ordre et donc chargée de veiller sur le nourrisson qu’elle était. Le premier soir de sa vie, alors que je veillais sur elle, le Pope apparut. Il était haletant. Son cosmos était noir. Je lui fis barrage de mon faible corps. Alors qu’il m’aurait aisément éliminé en temps normal, il était pressé, imprécis, tourmenté. Il m’écarta violemment et je perdis connaissance. Il n’y eut pas de combats pour ainsi dire, tant ce fut une humiliation pour la Saintia que j’étais. A mon réveil, dans la prison du Sanctuaire, j’étais bâillonnée, les mains attachées dans le dos par les fers bénis d'Athéna. C’était l’ébullition. J’entendais les gardes parler d’Aiolos le traître qui avait attenté à la vie d’Athéna. Et moi, impuissante que j’étais, je ne pus que constater la relève de la garde par un homme qui montait en puissance depuis plusieurs semaines. Gigas et son équipe. Dès le lendemain, je fus conduite à la salle d’audience du Grand Pope. Sale, meurtrie, défroquée, humiliée, j’avais été balancée sur le grand tapis rouge face contre terre, devant ce faux Pope tout pur dans son grand habit blanc, vénérable sous son casque d’or. Alignés de chaque côté du tapis, debout, casque sous la main, toute la caste des Saints d’argent était réunie. Il ne manquait qu’Aeson, qui entra par la grande porte, escorté par la garde, sans sa Cloth, la mine basse. Nos enfants lui furent enlevés dans la nuit, tandis qu’il fut lui aussi mis aux arrêts. Nous avions péché. Moi représentante de l’ordre des Saintias, pour ne pas avoir respecté mon serment de chasteté, j’avais blasphémé. Et Aeson avec. Bien entendu, cela devint par la suite monnaie courante chez ce Pope. Mais moi, j’en savais trop. Les gardes m’avaient retrouvé avant que le Pope ne revienne de la chambre d’Athéna. Me bâillonner ne pouvait durer éternellement. Il lui fallait se débarrasser de moi. De moi et du fruit de mes sacrilèges. Mes filles seraient vendues comme servantes. Mon amie de toujours Mayura, pour me punir, s’empressa de proposer au Pope de régler ce verdict. Et Aeson devait être destitué et mis à mort dans l’arène contre tous ses pairs. Pourtant, pour sa bravoure par le passé, il obtint du Grand Pope l’absolution s’il exécutait ma peine. Ce poltron qui a toujours été discipliné, eut la certitude contre le renouvellement de son serment de garder son statut. Il n’a pas hésité un seul instant entre son amour pour Athéna et moi !
_ C’est faux, balbutia Aeson en déplorant les larmes qui fuyaient les yeux de Kyoko.
_ Pas la peine de lui mentir, je lui ai déjà raconté plusieurs fois toute l’histoire !
_ Mayura n’a jamais cherché à te punir. Quand la sentence pour les filles fut tombée, elle s’empressa de chercher l’approbation dans mon regard. Elle nous garantissait, en confiant elle-même les filles à quelqu'un, une chance de savoir nos enfants à l’abri d’un sort tragique. Elles auraient été séparées ! Elles auraient pu être vendues servantes pour un commerçant exigeant qui les auraient tuées à la tâche ! Ou pire, esclaves ou filles de joie au Port du Destin ! Mayura était notre amie ! Ton amie ! Elle m’apportait par ce geste la garantie qu’elles soient en sécurité.
_ Mais toi égoïste que tu es, tu n’as pas cherché à les retrouver après ça !
_ Tu étais là ! Tu as tout entendu ! Le Grand Pope a précisé que si je cherchais un jour à les retrouver il nous exécuterait tous les trois !
_ Oui ! Il fallait surtout protéger ta vie devenue si minable ! Tu étais certainement trop occupé à recevoir les honneurs de ton rang pour enquêter et chercher une échappatoire !
_ Je n’ai rien gardé de mon statut d’antan ! Durant toutes ces années je suis resté assigné au Sanctuaire à former des disciples et à crever de solitude ! A me ronger pour ce que je t’ai fait ! A angoisser pour le devenir de mes enfants ! 
_ Tu as égoïstement sauvé ta place en acceptant d’être mon bourreau !
_ J’ai accepté cela par amour ! Pour racheter notre faute envers Athéna ! J’ai prié chaque jour depuis ce jugement pour qu’Athéna accepte mon offrande et te pardonne ! »
Le visage décomposé d’Aeson, rongé par le regret et la sincérité, cloua le bec de la Dame Blanche. Des larmes perlaient sous son masque.
Remis debout, les genoux vacillants, Aeson tentait quelques moulinets avec les bras pour mimer son impuissance : « J’étais démuni. Je n’avais pas d’autres moyens. Tout était terminé. Je voulais simplement que tu ne souffres pas. Ni dans cette vie. Ni dans l’autre. »
La revenante lui tourna le dos : « Mon exécution n’eut lieu que quelques semaines après la condamnation, prolongeant ainsi plus longtemps ma torture entre les mains des hommes de Gigas. Ni avant, ni après, Athéna ne m’est apparue. »
Kyoko passa devant sa mère. Elle s’adressa directement à son père biologique : « Et pour cause, comme tu l’as entendu et comme je peux te le certifier, Athéna n’était déjà plus au Sanctuaire. Si elle est encore en vie aujourd’hui, elle n’est qu’une petite souris qui se cache d’un imposteur qui te commande et qui t’a fait mettre à mort ta femme, abandonner tes enfants, renier ta vie de bonheur. »
Perdu, Aeson se laissa tomber à genoux : « Si c’est ma punition, alors je l’accepte. Avoir fauté envers Athéna. Avoir trahis ma famille. Vivre dans le désespoir depuis. Pour finalement être dupé. Tout ça je l’accepte. »
Puis, tout à coup revigoré par sa mission de chevalier, Aeson redressa sa tête vers Eris : « Je l’ai accepté il y a longtemps, en devenant Saint... »
Immédiatement, la Dame Blanche se mit en première ligne pour protéger Eris.
Malgré tout, Kyoko l’écarta avec son sceptre et ouvrit les bras pour se laisser à la merci du Saint qui accumulait tout son cosmos.
_ « Une vie de souffrance pour sauver des milliards de vie humaine. C’est notre serment de Saint. En trahissant mon serment avec une Saintia, je savais que je m’exposerai à davantage de tourments. Vous entraînant toutes les trois, Shoko, ta mère et toi, dans mon sillage. Que je sois puni pour ça ! Mais une chose est sûre, avant cela, je ne peux laisser la Déesse de la Discorde profiter des remous au Sanctuaire et entacher davantage mon nom en restant inactif !  Kyoko… Ma chérie… Pardonne-moi ! »
Contre les ordres de sa déesse, le Fantôme revint à la charge : « Yokai O Musabori Kuu ! »
La gueule béante de cosmos de la Dame Blanche devança Aeson pour protéger Kyoko.
Pris à revers, le Saint de la Coupe encaissa sans la moindre chance de riposter.
Son plastron fut arraché.
Il finit écrasé contre l’obélisque au pied des marches… 

Quelques étages en dessous, dans la salle du c½ur de l’Utérus, Aiolia se tenait entre l’arbre et ses deux adversaires.
Le second round venait d’être lancé.
Hysminai prit appui au sol, gardant Galan derrière elle, immobile.
Elle fonça sur le Saint d’or qui entrava son chemin de son Lightning Plasma.
Seulement, elle passa sans mal au travers des rayons de lumière sans se voir barrer la route.
Avec une vitesse le surprenant, elle passa dans son dos en prenant soin de l’entailler au bras.
_ « Maintenant c’est mon tour, repartit-elle à l’assaut, je vais te tailler en pièces !
 _ Lightning Plasma, relança-t-il ! »
Cette fois-ci, située entre Aiolia et l’arbre, la Dryade ne parvint pas à passer au travers les faisceaux et se retrouva rossée puis repoussée en arrière, retombant sur le front.
_ « Que… Comment est-ce possible… Cette attaque était bien plus forte et plus rapide que tout à l’heure… »
Après avoir vérifié l’immobilisme de Galan, Aiolia avança vers elle, bras déjà tendu dans sa direction, émanant de cosmos.
Glissant sa tête sur le côté, Hysminai comprit.
_ « Je vois ! Je ne te pensais pas si rapide ni si fort ! Tu as retenu ton premier coup n’est-ce pas ? »
Aiolia cessa aussitôt sa progression. Elle avait découvert son stratagème.
Elle fixa Galan resté à l’arrière : « J’ai vu juste. Lors de ton premier essai, ce Fantôme était à mes côtés. Tu refuses de l’éliminer. Tu as donc retenu ton coup. Alors que la seconde fois, tu nous avais, l’Utérus et moi-même, seuls ! L’horizon était dégagé. »
Aiolia fixait l’arbre maudit derrière Hysminai : « Sur le tronc, juste à ce niveau, je vois le n½ud de l’arbre. Il est son centre névralgique. C’est là que je dois frapper, songea-t-il. Si je parviens à le détruire, je libérerai Galan de son emprise. »
_ « Très bien… Je sens que nous allons nous amuser, dit Hysminai en se remettant subitement en position ! »
Le Saint d’or choisit d’en finir vite, il chargea son cosmos dans son poing pour faire d’une pierre deux coups lorsque tout à coup, une pression cosmique le paralysa.
_ « King’s Roar, déclencha Galan ! »
Relancé par les intentions de l’arbre, Galan libéra son cosmos. Il prit la forme cosmique d’un lion d’ébène aux crocs ensanglantés. Son rugissement paralysa Aiolia.
Impuissant, Aiolia voyait Hysminai lui foncer dessus avec sa Leaf acérée.
Usant de l’accumulation de cosmos gardé dans son bras, il s’extirpa à la dernière seconde du Rugissement du Roi et pivota sur le côté pour échapper à Hysminai. Il tomba alors nez à nez avec Galan.
Reparti à l’assaut, Galan était prêt à frapper le second acte de son arcane. Cette fois-ci la gueule du lion noir planta ses crocs en plein flanc du fauve doré. De sa main botanique, Galan libéra une sphère de cosmos obscure qui souffla en pleines côtes gauches Aiolia.
Il voltigea haut et loin, allant heurter une des multiples voûtes de l’édifice circulaire.
Refusant d’abdiquer, il s’épargna une chute et se réceptionna, bien qu’avec difficulté, sur ses deux jambes en regagnant le sol.
La main droite contre son flanc gauche, il ne put retenir un haut de c½ur qui lui fit renvoyer du sang. Sa main remonta plus haut, contre son c½ur.
_ « Le contrecoup du King’s Roar, expliqua le Fantôme. Le rugissement atteint ton être, mon cosmos choque le tien. Ce télescopage en ton sein a des répercussions sur ton organisme. D’abord physique. Puis mental. En plus de la douleur, il inspire la peur. Puis, une fois tétanisée, la proie est à la merci de mes crocs. Ton c½ur ne peut sortir indemne de tout ça, surtout que je t’ai frappé tout prêt. Le prochain coup te sera fatal.
_ J’ignorais que tu avais perfectionné une telle technique, s’essoufflait Aiolia.
_ Tu oublies que j’étais un prétendant au statut du Saint d’or du Lion, avant que je ne sois contraint de me retirer.
_ Je n’ai rien oublié du tout. Ni ta force, ni ta bravoure. Pas plus que l’amour fraternel qui nous unissait. Toi. Lithos. Et moi. »
Touché au plus profond de son être, Galan s’adoucit et balbutia : « Aiolia… »
_ « J’ai surmonté tant de brimades, d’épreuves, de duels… Grâce à toi, poursuivit alors Aiolia. Parce que tu étais là. Auprès de moi…
_ … Aiolia, grimaça Galan…
_ … A chaque instant… Même dans le Tartare contre les Titans… Tu as fait de ton bras perdu mon bras armé. Tu as fait de ton ½il perdu mon c½ur de lion… Tous ces symboles m’ont permis de résister, de gagner…
_ … Aiolia, sanglota Galan… »
Hysminai les stoppa en s’adressant directement à l’Utérus : « Ça suffit ! »
Immédiatement, le n½ud de l’arbre cligna d’un rouge aussi sanguinolent que l’iris droit de Galan.
Le Fantôme se prit la tête entre les mains en hurlant. Les racines sur son corps gonflèrent.
_ « Ordure, adressa Aiolia à l’endroit d’Hysminai ! Tu vas me le payer ! Lightning Plasma ! »
Elle croisa ses bras devant elle puis les relâcha dans la direction du Lion, comme si elle lui envoyait les crans portés à ses avant-bras. Des faucilles de cosmos par milliers foncèrent tel des boomerangs contre lui.
_ « Serrated Blade ! »
Chaque serpette se brisa contre le Plasma Foudroyant qui quadrillait de cosmos l’espace entre eux… Sauf la plus vive d’entre elles.
Hysminai en personne avait rejoint Aiolia à la vitesse de la lumière.
Par réflexe, il inclina la tête sur le côté. Son geste lui occasionna uniquement une profonde entaille au cou contre une décapitation du bras de la Dryade.
Blessé et vexé, il réalisa trop tard qu’elle avait disparu de son champ de vision.
Lorsqu’il leva la tête au ciel, elle enchaîna d’un mouvement acrobatique aérien pour le renvoyer contre le mur : « C’est fini je vais prendre ta tête Saint d’or ! »
Il croisa aussi vite qu’elle le condamna ses bras devant lui pour bloquer sa lame.
_ « Je pensais que tu te cachais derrière Galan par faiblesse Dryade ! J’ai eu tort ! Tu vaux tout autant qu’un Saint d’or, confessa-t-il ! »
Satisfaite, Hysminai se replia d’un bond arrière.
Mais avant même qu’elle ne retouche le sol, Galan endiablé par l’arbre prit le relais.
Totalement rongé par la verdure sur le côté droit de son visage, son bras était également devenu disproportionné, d’un vert mûr, aussi gros que ses deux cuisses réunies.
Il passa sous la Dryade pendant son acrobatie, déstabilisant par son allure et sa vitesse Aiolia.
_ « King’s Roar !
_ Lightning Bolt ! »
Cette fois-ci Aiolia bloqua l’agression cosmique de Galan, en dégageant sa sphère d’éclairs.
Deux globes de cosmos s’opposèrent devant le poing tendu du chevalier.
Imprégné de folie, Galan poursuivit vers le mélange de cosmos laissé en suspens entre les deux adversaires.
Buste en avant, bras écartés, Galan s’avançait inconsciemment contre cette bombe à retardement, alors qu’Aiolia luttait contre la menace de l'implosion du choc de leurs deux attaques : « A une si courte portée, les dégâts seraient critiques. »
Il chargea l’énergie en suspens d’un second Lightning Bolt de son autre main pour espérer la retourner contre le Fantôme.
Galan, lui, cogna de son bras végétal la suspension de cosmos pour relâcher le second effet de son King’s Roar.
Ainsi, il remporta le duel d’énergie qui explosa contre Aiolia à bout portant.
Suivant la déflagration, Galan chargea. De son poing il brisa le diadème d’Aiolia.
La détonation fut si puissante que la voussure fut renfoncée, brisant les claveaux des voûtes du dessus et fissurant tout le hall arrondi où resplendissait tel un rubis le c½ur de l’Utérus.
Au milieu d’un nuage de poussière, dirigeant son poing encore logé dans sa pommette éclatée, Galan envoya la tête d’Aiolia rebondir contre le sol, pour ensuite lui faire traverser la pièce d’une reprise de volée du pied.
Le corps à corps se poursuivit dans l’horizon plus dégagé.
Cette fois-ci, Aiolia dévia la poursuite de Galan en frappant à distance.
Galan esquiva sur le côté l’onde de choc, mais Aiolia était déjà sur sa gauche.
Galan para la droite et riposta avec une série de coups de poings, tout en s’évertuant d'éviter ceux d’Aiolia.
Le chevalier faisait de même, mais brisa le rythme d’un coup de pied retourné en pleine poitrine, brisant la Leaf au niveau du poitrail dans une propulsion de sang, témoignant l’impact des échanges.
Il frappa à nouveau à distance, mais Galan esquiva encore, par les airs cette fois-ci.
Il retomba pied en avant mais Aiolia se protégea avec son bras.
Toujours en suspension, Galan répéta son geste et rompit à son tour la cadence, en l’attrapant par les cheveux avec sa main gauche pour lui écraser la tête au sol.
Face contre terre, Aiolia repoussa Galan à bout portant d’un Lightning Plasma.
Mitraillé dans les airs, Galan perdait morceau après morceau sa Leaf. Sa chair de moins en moins protégée se déchirait des pieds à la tête.
Il en perdit la pression qu’il exerçait sur le Saint.
Aiolia put alors poursuivre et resurgir avec un Lightning Bolt.
Galan voulut contrer. Il cogna de son bras difforme contre le poing de cosmos avec un King’s Roar.
Encore plus puissant que le précédent, lui déjà plus impressionnant que le premier, le Rugissement du Roi remporta le duel et repoussa Aiolia.
Le second acte de l’arcane se traduisit par un direct en plein c½ur qui en fit crisser la Cloth, puis d’un troisième, inédit dans le déroulement de la technique jusqu’ici, par un uppercut enchaîné.
Aiolia vrilla sur plusieurs mètres comme un pantin désarticulé qui rebondissait sur le sol…

Sur Terre, à l’Est et au Centre du Sanctuaire, dans les alentours du camp des femmes chevaliers, la population était en émoi.
La colonne de feu qui en ressortait s’estompait petit à petit.
Toutefois, les secousses provoquées au centre du camp par les pas de l’animal de neuf tonnes accompagnant les Dryades, continuaient de retentir dans l’atmosphère. Il faisait vibrer le sol chez les habitants les plus proches.
Dans tout le reste du domaine, les guerriers les plus affûtés percevaient les perturbations cosmiques venant du camp.
Bandeau bleu coiffant ses cheveux tirés d’une queue de cheval, Shinato fit remarquer à Mirai : « Encore un cosmos qui s’est éteint là-bas ! »
Le second apprenti de Mayura aux cheveux châtains hirsutes réagit : « Eris n’a pas attendu qu’on attaque son camp. De son côté aussi elle a préparé une riposte ! »
Shinato sortit ses mains des longues manches de son kimono pourpre.
Plus sévèrement vêtu que son camarade, l’élève du Saint d’argent du Paon prenait déjà son élan : « Il nous faut aller leur porter immédiatement assistance ! »
Mirai l’imita lorsque la voix d’un soldat leur intima de réviser leur jugement.
Tout autour d’eux, des cohortes de dix hommes se formaient, se transmettant l’information d’un messager. Cet informateur avait le visage dissimulé sous une épaisse bure qui semblait camoufler une Cloth.
C’était cet inconnu qui les retint : « Attendez ! Le camp des femmes Saints est un lieu sacré, béni par Athéna et interdit aux hommes. Même en cas d’extrême urgence, nous ne pouvons profaner ce lieu Saint.
_ Mais… Maître Mayura se bat à l’heure qu’il est dans le domaine d’Eris ! Elle risque sa vie dans cette Guerre Sainte ! Et nous, nous devons nous contenter de laisser Eris s’insinuer dans le Sanctuaire en ciblant un lieu que nous ne pouvons atteindre, s’insurgea Mirai ?! Devons-nous laisser nos s½urs d’arme se faire massacrer ?!
_ A quoi servirait tous les efforts de ceux partis à la conquête de l’Utérus dans ce cas, compléta Shinato ?!
_ Je comprends votre frustration, assura Ptolémy la voix étouffée derrière un masque. Il s’agit néanmoins d’ordres émanant tout droit du Grand Pope, sur demande de Sa Majesté Athéna ! »
Les deux apprentis baissèrent alors la tête de rage, tandis que Ptolémy posait ses mains sur chacune de leurs épaules pour les obliger à observer les troupes athéniennes : « Les ordres du Grand Pope sont formels. Nos lieux de cultes doivent restés préservés, quel qu’en soit le prix. Le Grand Pope a foi en nos femmes chevaliers. Qu’elles soient Saints ou élèves. Dès lors, tous les hommes capables de porter assistance ont ordre d’encercler le camp, sans y pénétrer, afin de bloquer la retraite des Dryades. Les seules autorisées à pénétrer le camp, seront les femmes capables de porter assistance à la bataille qui y fait rage. »
Mirai et Shinato s’échangèrent alors un hochement de tête signifiant qu’ils partaient tous deux appuyer les troupes encerclant le camp…

Dans les bois, le crépitement des flammes laissa place aux détonations des pas de l’animal qui sévissait plus loin.
Emony adoptait à nouveau un air innocent en serrant d’affection contre elle Mick.
Pensant s’être débarrassée de Rumi, la petite pyromane félicitait son ours en peluche.
Derrière elle, Mito et Erda se démenaient contre une dizaine de Dryade qu’elles gardaient à bonne distance.
_ « Vous n’êtes pas encore vaincues toutes les deux ! Je vais devoir m’en charger ! J’ai laissé plus loin mon animal de compagnie. Mère déteste que je le laisse seul trop longtemps, il a toujours tendance à tout détruire quand il n’est pas sous surveillance, dit-elle en faisant allusion au monstre au centre du camp.
_ Pour cela, il va d’abord falloir te débarrasser de moi, lui répondit une voix étouffée sous un masque. »
Elle se retourna pour voir retomber depuis le ciel Rumi, à peine égratignée, dans les bras d’une inconnue. 
_ « Hum… C’est impossible, tordit Emony le cou de Mick ! »
Pour seule réponse, elle n’eut que la foudre qui s’abattit sur elle : « Thunder Claw ! »
Les Griffes du Tonnerre déchirèrent sa robe magenta foncé à dentelle blanche, dévoilant ainsi sa Leaf.
Elles annihilèrent par la même occasion les Dryades aux prises avec Mito et Erda.
Les deux apprenties repartirent aussitôt à la rencontre de Rumi.
Rumi était portée par une guerrière, à en juger son masque, couverte d’une armure mauve et aux ornements bordeaux, au casque pointu renvoyant l'impression d'un vampire.
Etourdie, elle reconnut malgré tout son héroïne : « Dame Geist… »
_ « Comment, s’étonna Mito !
_ La célèbre mercenaire qui a fait ses classes ici, compléta Erda !
_ Cessez donc de vous extasier comme des pucelles écervelées, leur asséna Geist dans toute sa sévérité ! Foncez au centre du camp aider vos amies ! Nous devons préserver ce camp à tout prix ! »
Les gamines s’activèrent sans broncher, quand, tout à coup, Mick leur barra la route.
La peluche était devenue aussi grande que l’animal dont il est à l’effigie.
Les filles furent désarçonnées.
Alors, pour faire face à l’ourson géant, apparut devant elles un véritable ours qui déchira en deux la peluche.
_ « Phantom Genwaku Ken, libéra son cosmos Geist un genou à terre !
_ Je vois que tu es capable de donner vie à des illusions toi aussi, se releva Emony sans se soucier de la fuite des élèves, ça n’en rendra mon combat que plus agréable. Moi Emony Dryade de la Méchanceté je vais te faire avaler ce masque !
_ Tu m’excuseras, mais je n’ai pas le temps de m’amuser avec quelques tours de passe-passe. Je vais en finir vite.
_ Comme tu voudras. Je vais te faire payer ce que tu as fait à Mick ! Ton assurance m’agace. Je vais te la faire perdre très vite en te plongeant dans un éternel cauchemar ! Lunatic Bind ! »
Emony envoya une multitude de lobélies sur son adversaire qui, d’un revers de la main, crut déjouer l’arcane : « Que penses-tu pouvoir me faire avec des… fleurs… »
Geist se rendit compte que les pétales s’étaient changés en papillons qui saupoudraient tout autour d’elle un cosmos, comme s’ils déposaient de la soie.
_ « Mon cosmos étouffe le tien et te fait perdre tes forces. Très vite tu vas plonger dans un éternel sommeil fait de cauchemars dont tu ne reviendras jamais ! »
Geist tomba un genou au sol, incapable de se maintenir debout. Elle tenta d’abord de prendre appui à terre avec ses mains, mais ses doigts lui parurent si lourds qu’elle fut incapable de les relever. Elle s’écroula alors lourdement la tête la première…

Au même moment, dans la salle d’audience du palais du Grand Pope, cape recouvrant sa Cloth, Deathmask gardait un genou à terre et son diadème en main.
L’½il ouvert, il regardait son souverain trépigner d’impatience.
Ce dernier faisait les cent pas devant son trône.
Dissimulé sous son apparat doré, Saga commentait : « Quel revers nous subissons ! Je savais qu’Eris pourrait riposter à tout moment, mais jamais je n’aurai pensé qu’elle ciblerait un lieu impénétrable pour la plupart de notre armée ! Avec Mayura sur l’Utérus, il ne me reste plus beaucoup de femmes chevaliers confirmées capables de porter assistance à l’intérieur du camp ! Geist a déjà dû s’y rendre. Bien que je n’aime pas la savoir sans surveillance celle-là, j’imagine que c’est une aubaine qu’elle soit rentrée de mission. Marin de l’Aigle et Shaina d’Ophiuchus sont à l’extérieur du camp à former leurs apprentis masculins. Et il parait improbable que des Dryades ne se dressent pas sur leur passage, lorsqu’elles vont se rendre au camp prêter main forte ! »
Deathmask se redressa alors en recoiffant ses cheveux de son casque : « Je comprends maintenant pourquoi vous m’avez fait appeler. Le problème du camp doit être réglé rapidement et efficacement. Il n’y a que votre meilleur assassin qui puisse faire le job ! »
Saga pointa aussitôt du doigt le Cancer : « Tu es prévenu Deathmask ! Personne ne doit être témoin qu’un homme a profané le camp ! Encore moins un Saint d’or dont la caste est sous mon autorité directe ! »
Le gardien de la quatrième maison tourna les talons : « C’est clair. Pas de témoins. »

Dans les airs, au sommet du temple d’Eris, encastré dans l’obélisque, Aeson fut ramené à lui par le son insistant de gouttes qui s’écrasaient dans une flaque.
Cette mare gisait à ses pieds et était alimentée en abondance par le sang qui s’écoulait de sa plaie béante ouverte sur le flanc gauche. L’½il gauche arraché et le bras gauche disloqué, il laissait sa lourde tête gesticuler vers le bas pour constater les dégâts.
Ses jambes fléchirent et son corps s’affaissait lentement contre le monument.
Sa vue troublée à l’½il droit lui laissait apparaître sa fille.
Une fois devant lui, Kyoko lui planta son sceptre en pleine poitrine, ressortant de l’autre côté du pilier. Ainsi, elle le garda à sa hauteur et lui épargna de choir lamentablement sur son postérieur.
Elle lui caressa ses cheveux qui avaient perdus son diadème et cueillit le bandeau rouge qui coiffait ses cheveux blonds.
D’ordinaire distant et glacial, le brun profond du regard d’Eris paraissait exceptionnellement touchant.
_ « J’ai de la peine pour toi papa. Tu te débats pour un songe qui ne t’est jamais apparu.
_ Pardon, cracha-t-il du sang ?
_ Ta Cloth, la Coupe, elle voit l’avenir à plus ou moins long terme quand tu regardes l’eau que tu y verses dans sa forme totémique n’est-ce pas ? C’est bien ce que tu me racontais quand j’étais petite ?
_ …, il hocha la tête pour seule réponse.
_ Je m’en souviens comme si c’était hier, dit-elle en lui soutirant de grosses larmes. Je me souviens de tout. Je n’en ai jamais voulu au soldat qui m’avait recueilli. Il m’offrait la possibilité de demander à Athéna, en m’éduquant et me permettant de devenir prêtresse, pourquoi. Pourquoi ne voyait-on rien, toi et moi, nous concernant, lorsque nous regardions dans la Coupe ? »
Agonisant et silencieux, Aeson se mit à pleurer.
_ « Tu voyais des batailles. Tu voyais venir à toi des messagers. Mais jamais tu ne vis le malheur qui allait s’abattre sur nous. Moi non plus, petite fille que j’étais, quand tu me le permettais, je ne voyais rien. Et tu sais pourquoi ? Parce que dès le début, Athéna nous a tourné le dos.
_ Je suis désolé, sanglota-t-il.
_ Athéna t’exploite. Elle exploite ses Saints. Puis les abandonne. Elle n’est jamais venue à toi. Et même aujourd’hui, lorsque tu te dévoues à elle malgré la vérité exposée sous ton nez, prêt une fois de plus à sacrifier ta famille, elle t’ignore. »
Elle retira enfin d’un coup sec son arme de la colonne, le libérant par la même occasion.
Il retomba à genoux et retint sa chute en se maintenant au sol par le coude droit.
_ « J’ai tellement honte tu sais, s’étouffait-il dans ses sanglots et dans son sang.
_ Moi j’offre la vie. Une vie après celle faite d’amertume, de ranc½ur, de regret. Je m’entoure de fidèles que je récompense. Et tu sais pourquoi, lui demanda-t-elle en l’embrochant à nouveau au niveau des omoplates ? C’est parce que je suis bien plus reconnaissante envers les sentiments que refoulent mes sujets. Et bien au-dessus d’Athéna ! »
Aeson ne parlait plus. De sa bouche retombait une pâte épaisse, mélange de bile et de sang. Son ½il droit était perdu par le constat indéniable exposé par sa fille. La perte de sa foi lui faisait bien plus mal que la perte de ses sens.
La Dame Blanche vient alors se mettre à quatre pattes face à lui pour capter son regard.
Elle ôta son masque afin d’exposer des traits semblables à sa fille.
_ « Olivia, râla de souffrance Aeson en retrouvant enfin sa femme…
_ Le vrai pardon serait que tu nous rejoignes, pour expier le déshonneur que tu as fait à notre famille, proposa-t-elle.
_ Le vrai pardon, appuyait un peu plus sur sa lance Eris, serait que tu nous rejoignes pour déchoir ce Pope corrompu et cette Athéna déficiente.
_ Le veux-tu, questionna Olivia ? »
Aeson hocha d’un coup lent la tête.
_ « La vie d’un Fantôme passe par le renoncement à tes allégeances et à ta vie passée, poursuivit Eris. L’acceptes-tu ? »
Il répéta son geste en versant une dernière larme.
Eris sourit à Olivia qui s’empressa de se redresser. Elle leva haut vers le ciel son masque au menton pointu et tranchant. Elle le cramponna bien fort de ses deux mains, puis l’abattit d’un coup sec dans la nuque d’Aeson.
Surpris, le malheureux écarquilla grand son ½il et ne put retenir une autre gerbe de sang par la bouche en plus de celle giclant de son cou.
Le visage totalement changé par une joie meurtrière, Olivia répéta son geste. Une fois. Puis deux.
Le plasma d’Aeson dont elle était éclaboussée maquilla sa folie qui prit fin une dernière fois, lorsque sa tête se détacha de son corps et roula parterre tandis que le tronc s’échoua définitivement…

Sur Terre, au milieu du camp des femmes Saints, les tentacules du monstre cinglaient tels des fouets dévastant tout sur son passage.
Ils écroulaient les temples, tranchaient de la tête aux pieds Dryades et apprenties sans distinction.
Tout autour d’elle, Rebecca voyait ses élèves tomber dans d’atroces circonstances.
Chaque fois qu’elle réunissait son cosmos pour frapper l’horrible animal, celui-ci saisissait entre ses liens des aspirantes Saints pour s’en servir comme bouclier.
Dès lors, il lui suffisait de repousser Rebecca avant d’engloutir ses remparts humains.
De nouveau renvoyée au sol, Rebecca en perdit son masque et put mieux observer de ses yeux dégagés, l’étendue des dégâts.
Les Dryades retenaient prisonnières à l’intérieur du camp les jeunes femmes pour mieux alimenter le monstre.
_ « Si je m’obstine à vouloir ne pas faire de dommages collatéraux, sur la trentaine de jeune fille encore en vie, il n’en restera plus une. Les plus téméraires tombent face aux Dryades. Les plus démunies sont dévorées. Je dois vite neutraliser ce monstre, se focalisa-t-elle en direction d’un prieuré où était déposée sa Pandora Box. »
Aussitôt, la Cloth en fût libérée et Rebecca sauta en l’air pour la rejoindre.
Profitant de son éclat au moment de la revêtir, elle éblouit les quatre yeux du quadrupède.
Elle libéra alors son arcane en lui retombant sur son dos : « Burning Lava Rain ! »
La Pluie de Lave Brûlante l’accompagna dans sa descente et fracassa, telles des pierres de laves par centaines, l’animal à revers.
Ces météores de feu tombèrent si lourdement que les pattes de l’animal lâchèrent sous le choc et qu’il retomba grossièrement sur le ventre.
Surfant sur sa colonne vertébrale au milieu de la vapeur bouillonnante de son cosmos, Rebecca se laissa glisser le long de sa queue étendue en arc de cercle sur le parterre pavé.
Au milieu du gaz étouffant, élèves et Dryades cessèrent leurs échanges, jusqu’à ce qu’elles purent distinguer le grand gagnant de l’affrontement.
Rebecca apparut au milieu de l’émanation qui se dissipait peu à peu, devant la gueule écrasée de l’animal inconscient.
Déjà en garde pour achever les Dryades, elle paraissait contrôler parfaitement la situation dans sa Cloth vert menthe.
Son succès parut même évident pour Erda qui venait de déboucher de la forêt, suivie de Mito et Rumi. Les yeux des trois élèves brillaient sous leurs masques d’admiration pour leur mentor.
_ « Félicitations maître, s’exclama Rumi avant de freiner brutalement sa course. »
Rebecca réagit trop tard aux stupéfactions de l’ensemble des élèves lorsqu’elles passèrent leurs mains devant leurs bouches en voyant les quatre yeux rouges de l’animal s’ouvrir en grand.
Les grosses prunelles libérèrent chacune un rayon de cosmos écarlate qui traversèrent l’horizon, brisant en deux les arbres face à lui.
Mito coucha spontanément Erda à terre pour esquiver. Rumi n’eut pas cette chance et fut transpercée en pleine poitrine. La Cloth et le bras de Rebecca, eux, furent arrachés à hauteur de l’épaule droite. 
Se redressant lentement comme un chien après une longue sieste, le monstre se secoua le corps comme le ferait tout canidé.
S’étirant sans même prêter attention à ses victimes, il apparut aux yeux de tous sans la moindre égratignure.
Donnant ainsi le feu vert aux Dryades qui reprirent en premières l’assaut.
Tombant à genoux devant son bras que les nerfs agitaient encore, dans une gerbe de sang, ne pouvant contenir l’hémorragie, Rebecca avait le regard déjà vitreux. La beauté tropicale était déjà blafarde.
A peine remise, Erda se jeta dans sa direction afin de lui éviter d’être balayée par un revers de patte du monstre.
Elle roula avec elle sur le sol jusqu’à pouvoir la déposer contre une colonne grecque renversée.
Mito, elle, se tourna vers Rumi. Elle lui ôta son masque pour tenter de distinguer la moindre étincelle de vie dans son regard. L’espoir fut immédiatement anéanti lorsqu’elle plongea dans ses yeux vides.
D’instinct, de colère, et par nature de meneuse auprès des autres, Mito se jeta à corps perdu contre les Dryades qu’elle massacra sans ménagement en espérant protéger ses camarades.
Erda, elle, baissait la tête à chaque secousse que les combats produisaient autour d’elle, tout en ôtant son foulard à Rebecca. Elle s’en servit pour lui faire un garrot.
_ « Mito… Tu dois aller aider Mito… Elle s’épuise à combattre dans tous les sens…, perdait de plus en plus de sa superbe Rebecca.
_ Ce monstre, garda son sang-froid Erda en serrant fort le foulard aussitôt imbibé d’hémoglobine, qu’est-ce que c’est ? Et comment a-t-il pu survivre à une telle attaque ?
_ C’est le bunyip. Une créature mythique de la mythologie aborigène australienne. La longue membrane de sa collerette couvre son dos. Elle a dû servir de bouclier à l’attaque. Je ne vois que ça. »
Par réflexe, Rebecca appuya sur la tête d’Erda pour la coucher au sol lorsque Bunyip lança un tentacule tranchant l’horizon dans leur direction.
Alors que des bustes arrachés de Dryades et d’apprenties tombèrent au sol, Rebecca et Erda furent recouvertes par les arbres découpés dans la foulée…

Devant le camp, à l’orée de la forêt, Voskos trépignait.
A mesure que les secondes s’écoulaient, d’autres guerriers, soldats ou Saints, le rejoignaient.
La foule s’amassait tout autour du bois.
Dans son dos, Xiao Ling restait agenouillée en sanglotant.
Voskos ne lui prêtait même plus attention.
Elle revivait la répression dont elle fut victime.
Le petit corps de Yufa.
Piétiné.
Désarticulé.
Les yeux grands ouverts.
Vides.
Sans vie.
A cet instant, telles deux fusées, deux guerriers en kimonos, se distinguant par leurs tenues du reste des autres renforts qui se groupaient, passèrent sous ses yeux.
Mirai et Shinato trouvèrent Voskos. Tous trois étaient déterminés à en découdre.
_ « Seigneur Voskos, fléchit légèrement la tête Mirai.
_ Mirai. Shinato, les reconnut-il. Alors vous aussi vous êtes venus mater les Dryades !
_ Et comment, gonfla les muscles Mirai ! »
Pour sa part, Shinato ne disait rien. Écoutant avec effroi les nombreux appels au secours et cris de mortification venant de l’intérieur.
_ « J’y vais, décréta Shinato ! »
Mirai tendit le bras dans sa direction : « Attends ! C’est un camp réservé aux femmes ! Tu ferais acte de parjure envers Athéna en t’y rendant ! »
Voskos écarquilla les yeux devant la crédulité de Mirai.
Shinato défit son bandeau et libéra ses longs cheveux dans son dos en détachant sa queue de cheval. Elle resserra davantage à la taille sa ceinture de kimono afin que celui-ci épouse réellement sa poitrine de jeune femme.
_ « Pardonne-moi Mirai de t’avoir caché la vérité durant toutes ces années.
_ M… Mais pourquoi ?!
_ J’ai longtemps douté de la voie que je devais emprunter. Saint ou prêtresse. D’où ma possibilité de ne pas porter de masque grâce à l’alternative de la pratique du culte pour devenir Saintia. De plus, ça m’a rendu la vie plus facile vis-à-vis des autres apprentis, dont toi. Ne pas souffrir de la différence m’a permis de m’aguerrir normalement. Cependant, aujourd’hui, avec Maître Mayura qui risque sa vie, et sur le fait accompli de l’invasion du Sanctuaire, je ne peux gâcher mon talent martial en me retirant de la vie de Saint. Mon choix est fait. Je deviendrai une Saint. Et c’est par égard à tout ce que nous avons partagé jusqu’alors, que je te montre en cet instant mon véritable visage. Si je survis à ça, je devrai porter un masque pour toujours. Hormis lorsque je serai en présence de l’homme à qui j’ai envie d’offrir ce sourire, s’il partage mon affection en retour bien entendu. »
Puis, sans laisser Mirai réagir, elle resserra son bandeau et rattacha ses cheveux avant de s’enfoncer dans la forêt.
Derrière eux, Xiao Ling était saisie par le courage de Shinato : « Elle est prête à risquer sa vie par honneur pour son maître. Tandis que je n’ai pas le courage de rendre la pareille à Rebecca… »
Penaud, Mirai fixait Shinato disparue dans la touffeur boisée d’un air bien crédule.
_ « Tu étais sérieux ? Tu n’avais jamais remarqué que Shinato était une fille, le bouscula du coude Voskos ?
_ Bah… Oui… Vraiment…
_ Crétin, souffla-t-il amusé en lui cognant le dessus du crâne de son poing.
_ Tout de même, leva Mirai la tête en direction des pétales de l’Utérus qui tombaient sur le Sanctuaire, Shinato a bien du courage, Eris a pour but de semer la discorde afin que les hommes deviennent fous et s’entretuent tous. Faisant passer les guerres civiles et autres génocides vécus jusqu’alors dans l’histoire pour des clopinettes. »
Ces paroles résonnèrent dans l’esprit de Xiao Ling : « Si tout ce que j’ai vécu jusqu’alors n’est rien comparé au monde que nous réserve Eris… Alors… Même si je ne comprends pas encore tout à ce qu’il se passe ici… Je dois me battre aussi… »
_ « Shinato a un cosmos proche du niveau d’un Saint, je ne suis pas inquiet pour elle, tenta Voskos de rassurer Mirai sans remarquer que Xiao Ling passait à côté d’eux d’un pas lent.
_ Qui est-ce, pointa alors du doigt Mirai la Chinoise ?
_ C’est une future guerrière qui trouvera en Athéna la foi de risquer sa vie sans ne plus jamais douter, répondit fort le Saint de bronze en reconnaissant Xiao Ling afin qu’elle l’entende. »
Ces mots réconfortants lui parvenant, elle serra les poings et se jeta à longues enjambées à la suite de Shinato.
Flashback

D’elle-même cette fois-ci, Kyoko cesse son histoire lorsqu’elle voit sortir le serveur.
Interpellé par le vacarme sur la terrasse et, personnellement impliqué par ce qu’il se passe envers son amante, il accourt.
La mine espiègle de Kyoko prend alors un air sadique lorsqu’elle claque des doigts en regardant Mars : « Éclosion de la troisième Evil Seeds ! »
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Only for Love / Re: Chapitre 22
« Last post by Kodeni on 26 December 2021 à 12h10 »
NEWS

Cette version du chapitre 22 est une version rééditée de la publication originale du 27 aout 2011.
Bonne relecture aux lecteurs les plus fidèles, et bonne découverte pour les nouveaux.
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シナラムから日本へ / Re: Manga
« Last post by Ryō on 24 December 2021 à 17h48 »
A voir!

Il y a une nouvelle série, également, on dirait
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Only for Love / Chapitre 77
« Last post by Kodeni on 23 December 2021 à 8h53 »
Chapitre 77

En Argentine, le club où Tromos rendait sa justice s’est vidé.
Libéré du sous-sol miteux où ils étaient réduits à l’esclavage, enfants et opposants politiques sont déjà accueillis dehors par les secours. Ceux-ci, alertés par des voisins interpellés par les fusillades à l’intérieur de l’établissement, attendent les directives des autorités.

A l’intérieur, au rez-de-chaussée, Tromos slalome entre les cadavres des hommes de main de Segador et des victimes pris entre les feux nourris de leurs revolvers.
Le son des enceintes cogne encore dans la tête du seul rescapé au milieu de la piste de danse.
Il fait le tour de lui-même pour, d’une légère émanation de cosmos, détruire chaque caméra afin d’instaurer davantage de crainte aux mafieux qui attendent à l’étage.
Il est temps pour le Berserker de les rejoindre.

C’est justement en haut, au milieu du couloir surveillé au bout par sept gardes du corps, que Vasiliás a suivi Peligra.
Les immenses enceintes ajustées au mur leur ont épargné le moindre soupçon de ce qui a pu se tramer en bas.
Au moment de refermer la porte de la chambre vide où Peligra l’a conduit, l’Américain reconnaît l’apparence de Tromos, couvert du sang de ses victimes, arriver sur le palier pour aller à la rencontre de Segador.

Bien décidé à laisser son second agir seul, Vasiliás retrouve à l’intérieur de la pièce aux murs insonorisés la plantureuse danseuse qui l’assied sur une chaise.
Utilisant une télécommande, elle relance une musique plus engagée qu’en bas.
Perchée sur ses hauts talons, elle reprend là où elle s’est arrêtée.
Habillée de son unique boxer, elle se déhanche de nouveau. Cette fois-ci plus lentement, de manière féline.
Elle fait le tour de la chaise où est assis un Vasiliás subjugué, qui se contente de se laisser caresser par la peau chocolat, douce et parfumée de Peligra lorsqu’elle vient coller contre lui sa poitrine et ses fesses. Alors pour permettre à l’homme d’Arès d’apprécier davantage, elle glisse ses doigts entre sa peau et la lanière de son sous-vêtement, qu’elle laisse descendre très lentement en l’accompagnant jusqu’à ses pieds, offrant à son client la pleine vue sur son intimité dorénavant dissimulée sous une dernière ficelle de tissu avec laquelle elle joue encore.
Seulement, avant de l’abandonner, elle choisit de provoquer son riche client, à qui elle ôte la veste tout en remuant devant lui. Lorsqu’elle s’assoit sur ses genoux, elle tire sèchement sur sa cravate pour écarter en grand sa chemise haute couture, faisant voler tous les boutons.
Face à ce torse nu et athlétique, elle vient coller le sien. Puis, après avoir feint un baiser sur ses lèvres, elle se laisse descendre contre lui en se tortillant paresseusement.
Lorsque son visage arrive devant la fermeture de son pantalon, elle le lui desserre en tirant dessus pour le lui ôter en même temps que ses chaussures…


En Grèce, le serveur vient ramener un nouveau verre à Mars et en profite pour remplir la coupe de Kyoko.
Friponne, elle demande à la réincarnation de son frère : « Sais-tu pourquoi j’ai commencé à réveiller les Evil Seeds du couple voisin ? »
La moue qu’il fait, montre un certain désintérêt pour cette question, dû à l’empressement qui est le sien de connaître la suite des aventures qui ont eu lieu il y a presque trois ans.
_ « Notre serveur porte une Evil Seeds lui aussi. Et il s’avère que l’homme avec qui notre voisine a une liaison secrète est notre serveur. Que dis-tu si je fais éclore son Evil Seed a lui aussi ?
_ Seulement après que tu ais avancé dans ton histoire, lui dit-il en retenant son poignet…
_ D’accord, souffle-t-elle déçue… »

Flashback
Au Sanctuaire, dans le camp des femmes chevaliers, Rumi, l’amie de Shoko, était bien pensive, tandis qu’elle lassait ses spartiates autour de ses chevilles.
_ « Quand même…Shoko… Pour peu que je la quitte des yeux, il lui arrive toujours des bricoles… J’espère tout de même qu’elle se remet de ses émotions. Les filles m’ont dit qu’elle avait été conduite au temple des prêtresses, leva-t-elle la tête dans la direction du palais bien éloigné. »
La jeune fille aux cheveux châtain fut rejointe par une de ses semblables.
Blonde, les cheveux longs et fins, Mito apparut d’abord sans masque et posa sa main sur l’épaule de Rumi : « J’imagine le choc qu’à dû ressentir Shoko en retrouvant sa s½ur et en apprenant son sort. Néanmoins, il ne faut pas nous laisser submerger par l’émotion. C’est justement pour Shoko que nous devons reprendre l’entraînement et faire face si les Dryades se présentent à nouveau. »
Mito était grande, un bustier et une épaulette de métal bardaient son corps comme la protection de son avant-bras et de son poing droit. Ces renforts métalliques et son assurance lui donnaient un air plus caractériel que les autres élèves.
C’est d’ailleurs cet aplomb qu’Erda vint trouver en les rejoignant.
Sans que cela n’offusque Mito, Erda les cheveux courts, châtains, enlaça sans crier garde sa camarade par la taille en arrivant dans son dos.
Elle lui baisa le cou autour duquel elle portait un foulard.
Cette distinction donnait à Mito une touche de féminité à son corps endurci.
L’étreinte symbolisait l’affinité partagée entre les deux élèves, confirmée par la sensualité des caresses que Mito rendit à Erda en retour.
Erda s’émancipa délicatement de l’étreinte qu’elle avait initié et tendit sa main vers Rumi : « Mito a raison. Après tout, notre destin est de nous perfectionner afin de devenir des Saints. Nous n’avons pas d’autres choix. Car celles qui échouent arrivent difficilement à se trouver une place parmi les soldats. Ce corps d’armée est encore bien trop arriéré. Gagner leur respect sans devenir chevalier est bien compliqué. Être mercenaire à la limite, comme Dame Geist… »

Plus haut, dans le ciel de Grèce, sur le parvis du temple d’Eris, Aeson peinait à se tenir sur ses jambes.
Submergé par l’émotion, il frémissait chaque fois qu’il entendait dans son dos approcher la première voix venue de derrière l’obélisque.
Il n’osait se retourner, craignant de la reconnaître vraiment.
Il préférait fixer avec douceur la divinité ennemie.
_ « Co… Comme tu as grandi, prononça-t-il en approchant sa main tremblotante vers la jeune femme… Tu n’étais encore…
_ Qu’une enfant oui, l’interrompit Kyoko en le mettant en joue de sa lance juste sous sa gorge.
_ Si tu savais comme je vous ai cherché…
_ Pas tant que ça semble-t-il, reprit la voix dans son dos dorénavant juste derrière lui, tes filles résidaient durant toutes ces années au Sanctuaire.
_ Cette voix, ferma-t-il les yeux… C’est toi, interrogea-t-il l’inconnue sans se retourner, n’est-ce pas ? »
Pour toute réponse, il n’obtint qu’un violent éclat de cosmos du sceptre d’Eris en plein plastron, qui le projeta par-dessus l’énigmatique troisième protagoniste.
Il retomba en bas des marches, tête la première, fissurant son diadème.
Son corps échoua ensuite lamentablement sur le dos, arborant ainsi son plastron ébréché où les morceaux de Cloths se mêlaient au sang qui fuyait ses plaies.
_ « Il est à toi, Dame Blanche, lança Eris en nommant l’inconnue. »
Celle-ci effectua alors un saut périlleux jusqu’au Saint d’argent, l’obligeant à la reconnaître.
La Dame Blanche, vêtue d’une toge de Saintia, avait beau avoir le visage dissimulé par un masque noir et amarante, il en était convaincu, c’était elle.
Son masque contrastait avec la couleur immaculée de sa robe et ses ornements dorés autour de la taille, du cou et dans les cheveux violets.
_ « Les mêmes cheveux qu’elle, pensa Aeson en alternant son regard entre Eris et la Dame Blanche. »
Pendant qu’il redressait son buste, il s’en prit alors étonnamment à elle : « Vois ! Vois donc jusqu’où nos actes furent punis ! Notre fille… Condamnée à être le réceptacle de la Déesse de la Discorde ! Nos filles même ! Car les faits relatés étaient clairs ! Deux s½urs nées sous la même étoile destinées à devenir Eris ! »
Il chercha à se relever. Son visage devenait peu à peu déformé par la colère.
D’abord abasourdi, il se changea en hystérique menaçant.
_ « Mais jamais, jamais je n’aurai pensé qu’il s’agisse des nôtre ! Notre sentence aurait dû suffire ! Mais quand je te vois revenue en Fantôme à ses côtés, quoi de plus normal ! Tu étais pourrie jusqu’à la moelle ! Tu reviens en ennemie du Sanctuaire ! D’essence maléfique, tu as condamné nos filles et nos vies au chaos ! »
La Dame Blanche ne le laissa pas se remettre totalement d’aplomb.
Frustrée par ses propos, elle lui décocha un uppercut, alors qu’il était plié en avant de douleur tenant son buste blessé. Ainsi désarçonné, il ne put empêcher qu’elle appuie ses mains sur le sommet de son crâne pour se donner suffisamment d’élan en remontant ses genoux contre son visage.
L’impact fut si violent qu’il s’éleva dans les airs par un salto, à la merci du Fantôme qui chargea sa cosmo énergie. Dans son dos une chouette d’un blanc immaculé déployait ses ailes. Son plumage devint de plus en plus grand. A mesure qu’il s’étirait, il s’étiolait. Bientôt chaque aile se transforma en un voile, un effluve spectral.
Les yeux noirs de l’animal transpercèrent en pleine cabriole le chevalier, perçant chaque épaule, pour mieux stopper l’acrobatie et l’immobiliser.
La tête de la chouette prit forme humaine. Un visage féminin angoissant, laiteux, à la bouche grande ouverte l’engloutit : « Yokai O Musabori Kuu ! »

Au second niveau du temple, suspendue dans la dimension cosmique de Shaka, Dysnomie n’en perdait pas moins son aplomb.
_ « Comme c’est charmant ! T’enfermer avec moi dans une dimension représentant l’harmonie. Aurais-tu quelques vues sur moi ?
_ Désolé de te décevoir, dit-il en levant ses paupières, mais si je t’ai capturé ici c’est pour te priver de tes cinq sens ! »
Soufflée par le septième sens de Shaka, Dysnomie disparut…
Puis réapparut dans son dos.
_ « J’ai cru que mon c½ur allait cesser de battre lorsque j’ai vu tes beaux yeux…
_ Le fait que le Tenbu Horin soit inefficace contre toi m’interpelle. Comment as-tu fait ?
_ Ah ! Je suis ravie que tu t’intéresses autant à moi ! La vérité c’est que je suis l’effigie du désordre. Dès lors, l’harmonie de l’univers n’a aucune emprise sur moi.
_ Tu veux dire que tu es aux antipodes de ce que je suis ? »
Elle ouvrit sa longue cape, pour dévoiler une galaxie toute entière en lieu et place de son corps. Contrairement à l’infime étoile qui balaya Naïra plus tôt, elle propulsa cette fois-ci l’univers qu’elle contient en elle sur Shaka.
_ « Pourquoi ne viens-tu pas le vérifier avec moi Vierge ! Reverse of Universe ! »
Les nébuleuses qui sortirent d’elle fracturèrent la tapisserie bouddhique et engloutirent Shaka.
Dans un fracas semblable à des bris de verre, le Tenbu Horin vola en éclat.
A la place, Shaka se retrouva à quatre pattes sur un sol de bitume marqué par une signalisation blanche. Le goudron était humide mais l’odeur de fer qui en émanait ne venait pas de lui.
Lorsqu’il tourna les paumes de ses mains vers ses yeux restés ouverts, il reconnut du sang grâce à l’incandescence des incendies qui l’entouraient.
En levant la tête tout autour de lui, des gens du monde moderne se faufilaient au milieu de carcasses de véhicules calcinées. Ils se courraient les uns après les autres, armes aux poings.
Les éclats de verre comme les fracas du Tenbu Horin se poursuivaient. Des vitrines brisées par des jets de pavés et des carreaux de buildings, traversés par des employés défenestrés, rythmaient les cris d’épouvantes des fuyards et les ch½urs de folie des bourreaux.
Devant lui, une foule submergeait des représentants de l’ordre aux boucliers inclinés, incapables de lever les matraques qui faisaient montre par le passé de leur autorité.
La révolte irradiait par les grattes ciel en flammes, semblables à des torches géantes.
Dans son dos, un rire dénotait totalement au beau milieu de cette anarchie.
Le sarcasme intrigua le Saint d’or qui ne voyait dans cette direction que les gravats d’un bâtiment effondré.
Les exclamations devenaient de plus en plus insistantes, enivrantes, concupiscentes.
Elles semblaient venir de dessous une plaque de béton armé.
Un léger orifice laissait s’échapper le bruit qui paraissait être le concert de plusieurs voix langoureuses.
Il écarta un panneau de bois qui obstruait le passage vers les fondations de cette ruine et découvrit, tamisés sous les rayons violacés de néons clignotants, un amas de corps nus, emmêlés, enchevêtrés, glissant les uns contre les autres, les uns en les autres, humides de moiteur, de salive et du miel qui dégoulinait des envies charnelles des êtres humains.
L’odeur de la débauche ne fut pas la seule qui alerta l’odorat de Shaka. Un goût acide, d’oxydation, lui prit également la gorge.
A y regarder de plus près, sur les corps cambrés, fuyaient également des lignes de sang. Elles s’échappaient des lacérations par les ongles de vénustés cramponnées à leurs partenaires.
Au milieu de ces bacchanales, hissée au sommet de corps mêlés, assise sur son postérieur, les bras appuyés en arrière, la cape ouverte sur un corps nu suintant d’envie, Dysnomie dévisageait avec opiniâtreté l’invité. Ses cheveux mouillés collaient son front et dégageaient enfin ses yeux. Ce regard lubrique et profond attendait le Saint. Il le fixait avec obstination.
Subitement, deux mains se hissèrent en direction de Shaka pour agripper chaque côté de son heaume et le tirer par le casque vers les profondeurs luxurieuses.
Une foule nue, endiablée, se souleva alors pour le tirer à l’intérieur.
Plongé dans le regard de la Dryade, il se laissa guider sans protester.
Il passait de dizaines en dizaines de mains humides toutes désireuses de caresser la dure protection d’or sur laquelle réfléchissait l’ultraviolet.
Quelques-unes raccrochaient les pièces de métal, désireuses de se les approprier, de découvrir le corps athlétique qu’elles recouvraient.
Shaka perdit d’abord son casque dans le désordre, puis une épaulette et peu à peu l’entièreté de sa Cloth.
Il ne s’en soucia pas lorsqu’il vit une libidineuse membre frotter un avant-bras entre ses jambes ou un lubrique individu lécher de bas en haut une de ses jambières.   
Il préféra suivre le chemin qu’on lui traçait à coup de caresses et de jet d’huile sur son torse nu. La chaleur et le gel graissèrent son pantalon bordeaux qui le moula davantage.
L’attirant vers elle par de mouvements des doigts, Dysnomie, jambe écartée sur son intimité, savourait chaque instant : « Voici mon harmonie ! Bien loin de la tienne si puritaine ! »
Envoûté, Shaka ne perdait pas de ses grands yeux bleus son splendide corps.
Les coups de griffes de mains désireuses de se l’accaparer ne le firent pas sortir du charme.
Les pectoraux lacéré, le dos coupé, les joues balafrées, il se hissa sur les monceaux de corps noyés pour remonter son visage entre les cuisses de Dysnomie.
Juste devant elle, il posa fermement sa main droite sur la fesse d’une des vénustés sur lesquelles Dysnomie s’était jonchée pour tirer son buste à hauteur du sien et attraper l’arrière de sa tête de sa main gauche.
L’étreinte virile fit lâcher un souffle de plaisir à la Dryade qui se laissa attirer vers ses lèvres tout en humectant les siennes de gestes suaves de la langue.
Shaka embrassa Dysnomie à pleine bouche. Relevant la tête entre chaque coup de langues dégoulinants qu’ils s’échangèrent à la vue de tous.
Lorsqu’il recula définitivement la tête, Dysnomie rouvrit les yeux. Mais elle ne vit rien.
Elle essaya de porter ses mains à son visage mais elle ne sentit plus ses membres.
_ « Que m’as-tu f…, ne put-elle achever sa phrase…
_ Je te priverai de l’ouïe en dernier, afin que tu comprennes ce qu’il t’est arrivé, commença-t-il… »
Au même instant, pièce après pièce, sa Cloth s’arracha des mains des invités, les écorchant, voire les transperçant sur son passage. Le sang fut versé par gerbes cette fois-ci. Une épaulette trancha le néon en le regagnant, afin de ne faire briller l’espace que de sa lumière solaire.
Aussitôt, les Dryades furent toutes démasquées et massacrées par les morceaux d’armure qui ricochèrent dans toute la cave.
_ … D’abord la vue, puis le toucher. Vint le goût. Et à te voir essayer de gesticuler ainsi, c’est que l’odorat t’indique l’odeur du sang, du moins de la sève qui coule dans les veines de tes frères et s½ur. Ne t’inquiète pas, je te l’extirpe également. »
Dès lors, Dysnomie ne ressentait plus rien. Seuls les derniers râles des siens vinrent à ses oreilles.
La montagne de corps sur laquelle elle trônait s’affaissait, maintenant qu’ils étaient sans vie.
Le dernier cri fut poussé avant que le casque de la Vierge ne finisse de rhabiller totalement Shaka.
Il était couvert de métal doré rougeoyant de plasma.
_ « Tu as compris à présent ? J’ai réalisé que ton cosmos était à l’opposé du mien. Pour que le Tenbu Horin t’atteigne, il me fallait d’abord te faire baisser ta garde puis insuffler mon cosmos en toi. Ce baiser ne fut pas désagréable, mais pour toi, ce fut un baiser mortel… »
Un son de cloches retentit, de plus en plus fort, de plus en plus sourd.
Le monde anarchique de Dysnomie vola en morceaux et les mantras bouddhiques résonnèrent dans le hall du second niveau du palais d’Eris.
Les illusions cessèrent, seul resplendissait le cosmos de Shaka : « Je t’ai laissé entendre ta défaite. Adieu. Perte de l’audition ! Tenbu Horin ! »
Revenue sur le sol dallé, le corps de Dysnomie se tortilla de faiblesse avant de se raidir.
Plus loin, Naïra revenait à elle accompagnée d’une migraine.
Elle étudia Shaka, yeux ouverts, porter le coup de grâce en relâchant entre ses deux mains le cosmos qu'il a accumulé : « Tu n’es plus qu’une enveloppe vide mais tu as été redoutable, je ne prendrai donc aucun risque. Tenma Kofuku ! »
Des images de paradis bouddhique levèrent le corps à mi-hauteur de la pièce avant de le réduire en poussière par une décharge de cosmos suivi d’une explosion.
Il rabaissa ses paupières et se tourna serein malgré les nombreuses égratignures sur son visage vers Naïra : « Si nous poursuivons sur la droite, nous nous enfonçons au c½ur de l’Utérus qui regorge de Dryades. L’objectif de notre mission et d’atteindre très vite Eris. Nous poursuivrons donc sur notre gauche afin de gagner le sommet par le flanc. Le centre est la mission d’Aiolia. J’ai foi en lui... »

Sur Terre, dans la forêt délimitant le camp des femmes chevaliers, pantalon bleu océan enserré à la taille d’un ruban jaune et maillot blanc craquelée, Rumi avait réajusté son masque comme Mito et Erda qu’elle suivait.
Elle était toute perdue dans ses pensées : « Dame Geist, se remémorait-elle son nom après qu’Erda l’a employé plus tôt… On dit qu’elle dirige un groupe de trois hommes et qu’ils font preuve d’efficacité à chaque mission confiée. Néanmoins, il parait que déontologiquement parlant, elle ne soit pas un modèle à suivre… Je suis complètement perdue. J’aimerai être comme Mito et Erda. Elles sont là l’une pour l’autre à chaque épreuve. Et, tout en se souciant du danger à venir, elles n’angoissent pas à l’idée de s’y confronter. Il faut dire, qu’elles vivent au sein même du camp. Par la force des choses, elles ont toujours pu compter l’une sur l’autre. Nous sommes arrivées à un âge où nous sommes pleinement conscientes de notre mission, de notre force… Mais également du besoin de réconfort que nos corps et nos c½urs réclament. Cloîtrées l’une avec l’autre, se fut une évidence pour Mito et Erda. Moi, les événements de la veille m’ont fait réaliser à quel point Shoko compte pour moi. Mais, comme quelques-unes d’entre nous, elle ne vit pas au camp avec nous autres. Cela contribue à la rendre différente. C’est peut-être un des nombreux aspects que j’aime chez elle d’ailleurs… »
Derrière ses camarades, Rumi marqua un instant le pas pour observer les rayons du soleil qui perçaient à travers les feuillages des hauts arbres qui délimitent tout le tour du camp : « Cette révélation qui fait cogner mon c½ur et chauffer le bas de mon ventre est-elle réciproque ? A quoi Shoko peut-elle penser en ce moment ? »
Soudain, Rumi fut saisie par ses amies revenues sur leurs pas.
Chacune souleva par un bras Rumi et s’élança dans les airs.
Sous leurs pieds, la verdure prenait forme humaine.
_ « Un entraînement, soupçonna Rumi revenue à elle ?
_ Ce serait étonnant, s’inquiéta Mito.
_ Rebecca nous attend près des temples pour une leçon théorique, précisa Erda. »
Alors qu’elles regagnaient le sol, elles remarquèrent que le feuillage prenait vie aussi.
_ « Erda ! Attention, s’époumona Rumi ! »
Trop tard, une Dryade naquit des branchages et tomba pied en avant sur Erda.
A peine le parterre foulé, Mito s’élança au secours de sa camarade sans prêter attention à une nouvelle Dryade qui l’attaquait à revers.
Rumi la couvrit alors en dégageant de son poing avec efficacité une onde de choc qui mit au sol l’ennemie.
Une petite fille aux cheveux gris cendré, coiffés d’un ruban magenta foncé avec une rose lie de vin, apparut alors sous les yeux de Rumi.
Sa tenue de poupée de porcelaine et sa mine candide désarçonnèrent Rumi, qui ne comprit d’abord pas ce qu’une enfant faisait ici.
L’intruse présenta du bout des bras son ourson en peluche qu’elle nomma : « Mick ! »
Crédule, Rumi fit un pas en arrière. Interdite. Sans savoir que faire.
Revenue à elle dans les bras de Mito, Erda fut tout de suite plus clairvoyante : « Rumi ! Attention ! C’est une Dryade ! »
Au même instant, l’éclat sanguinolent de la prunelle des yeux de l’enfant s’illumina, tandis que sa peluche sourit avec perfidie. Si grand que l’ourson ouvrit en large la bouche, une bouche remplie de flammes…

Sur l’Utérus, devant le porche conduisant aux étages depuis le centre du temple, Mayura revenait à elle.
Até, déjà debout, appuyée contre l’encadrement de la voûte, pressait sa plaie pour retenir vainement son hémorragie.
_ « Impudente ! Moi vaincue par une Saint d’argent ! Je ne partirai pas sans t’avoir emmenée avec moi ! »
Dans un ultime effort Até libéra tout son cosmos.
Celui-ci brûlait d’une telle intensité qu’il dépassait les limites de son enveloppe charnelle meurtrie. Au point de briser son corps.
Celui-ci devint veiné de racines comme l’ensemble de la structure de l’Utérus. Sa peau flétrit jusqu’à ce que son épiderme fût boisé. Chacun de ses cheveux finirent en lierre, tandis que ses bras se changeaient en branches déployant davantage de lances. Son buste se transforma en un tronc enraciné grâce à ses jambes profondément ancrées jusqu’aux fondations du temple.
Mayura était encerclée par les racines qui s’étendaient du sol au plafond, l’entourant par les murs.
Acculée, elle garda son sang-froid en commençant par se calmer.
_ « Si mon statut de Saint d’argent te dérange, expira-t-elle d’abord, je vais te faire l’honneur de donner tout ce que j’ai pour t’emporter dans un éclat doré, inspira-t-elle extraordinairement ! »
_ « Je ne crains plus tes techniques, maintenant que je me suis débarrassée de ce corps humain ! Million Hatred !
_ Il est temps de libérer toute ma concentration accumulée au fil de ces années en me privant de mes cinq sens pour atteindre mon septième sens, fit-elle voler en cendres le kimono qu’elle portait par-dessus son armure ! Higi Kenyoku Tenbusho ! »
Cette fois-ci la Technique Secrète de la Danse Céleste des Ailes Iridescentes émana de tout son corps dans un éclat doré sans prendre de direction précise.
Il libéra un souffle de lumière aveuglante et brûlante qui contra les milliers de lances d’Até.
Le tronc d’Até commença à plier en arrière et l’Utérus tout entier vibra dans les airs.
D’abord ralenties, puis corrodées peu à peu, les lances d’Até furent réduites à néant.
Pourtant, malgré l’explosion de cosmos de Mayura, les projectiles ne s’épuisèrent pas.
Au contraire, à mesure qu’il ne restait plus rien de son corps, que seule l’apparence de son visage s’exprimait à travers le tronc, Até mitraillait davantage.
Incapables de faire repousser ses lances, écrasée par le cosmos de Mayura, Até profitait de ses racines écorchées pour projeter maintenant de toutes parts des écorces semblables à des éclats de bombes chargés de sa haine destructrice.
Bien qu’ils ne progressassent pas aussi vite qu’elle l’aurait voulu, Até gardait confiance.
_ « Penser que le Million Hatred était ma seule arme te coûtera la vie, vociféra le faciès de l’arbre. Moi aussi je suis capable de projeter les radiations de mon cosmos ! Violent Disaster ! »
Aussitôt, bien que cela désagrégea davantage ce qui restait de son corps désormais inhumain, l’écorce de l’arbre éclata sous une nouvelle impulsion plus puissante qui permit à tous les projectiles en suspens de poursuivre leur chemin quand Mayura les maintenait encore dans les airs.
D’abord menée, Até équilibra puis inversa le souffle des deux cosmos en opposition.
Les premiers projectiles de cosmos atteignirent leur cible, transperçant les épaules et les cuisses du Saint d’argent.
Pourtant, la chevelure olive tournoyant dans les airs, Mayura ne fléchit pas. Le sang de sa plaie à l’½il fuyait en abondance.
_ « Bien trop en abondance, s’inquiéta Até. »
Il se mêlait aux radiations du Higi Kenyoku Tenbusho qui retenait du mieux qu’il pouvait les assauts répétés d’Até.
Seulement, au contact du bois, le plasma parvenait à le calciner.
_ « Que penses-tu faire pauvre folle ? Te vider de ton sang pour brûler jusqu’à ma dernière racine ?! »
Tandis que son sang et son cosmos s’entremêlaient, brûlant tout sur leur passage, ils imprégnaient Até.
_ « S’il le faut oui ! Higi Kenyoku Tenbusho, lança dans une dernière salve Mayura ! »
Circulant dans les racines d’Até le sang brûlant de cosmo énergie de Mayura rongeait le bois. Il dessoucha Até et remonta jusqu’à son visage.
Enfin, lorsqu’il finit de corroder son épiderme jusqu’à la couche la plus enfouie sous l’écorce, l’arbre explosa, pulvérisant ainsi Até et soufflant l’étage tout entier, tout en emportant Mayura…

Dans le domaine sacré, traversant les villages les uns après les autres, Xiao Ling trépignait d’impatience et débordait de questions.
Déposée dans une carriole de foin tirée par des b½ufs et empruntée à la ferme la plus proche des remparts d’où ils venaient, la Chinoise assénait d’interrogations Voskos à qui Algol avait demandé de prendre soin d'elle.
_ « … et donc ici tout le monde vit encore comme au temps de la Grèce Antique c’est bien ça, s’émerveillait-elle devant les paysages qu’elle croisait ?
_ Oui, grommela le Saint de bronze.
_ Et donc, si toi tu es un Saint, ton armure représente une constellation protectrice c’est ça ? Laquelle est-ce ?
_ Bouvier, répondit-il en enfonçant sa tête dans ses épaules tandis qu’il tirait les b½ufs…
_ Quelle coïncidence, explosa-t-elle de rire en rapprochant sa constellation au rôle qu’il jouait en cet instant ! »
Cela n’amusait guère le rustre Saint qui la laissa achever son fou rire avant de demander sérieusement : « Si j’ai bien compris, cela fait des années que tu traverses le monde afin de venir ici. Il faut avoir vécu quelque chose de fort pour avoir la force de caractère de surmonter un tel périple. »
Aussitôt, Xiao Ling perdit sa joie de vivre. Nerveusement, elle enroulait de chaque côté de sa tête ses longs cheveux pour en faire des chignons qu’elle attachait avec les morceaux de tissus qui pendouillaient de sa tunique. Des images terribles de sa troupe massacrée, de son chapiteau en feu, du petit corps de son amie Yufa gisant au sol frappèrent sa mémoire.
Elle adopta un sourire de façade : « Oui. Cet endroit est merveilleux. Comme me l’a présenté Rebecca. »
Voskos fit la moue : « Détrompe-toi. Certes le cadre est chatoyant. Certes la morale de notre mission est noble. Mais pour maintenir cela, pour se montrer digne de cela, il faut endurer mille tourments. Mille batailles. Mille morts. Je ne doute pas que tu ais déjà éprouvé un dur entraînement, c’est certainement celui-ci qui t’a permis de trouver en toi un cosmos capable de parvenir jusqu’ici… »
Xiao Ling se revoit alors au cirque réussir chaque fois davantage d’épreuve quand derrière elle, les uns après les autres, ses partenaires montraient leurs limites. Jusqu’à ce que Yufa ne parvienne plus à la suivre. Jusqu’à ce qu’elle lui vole la place de vedette et d’attraction principale de la troupe.
_ « … Mais il n’est rien face à celui d’un Saint, poursuivit Voskos. Tu as assisté à une répression militaire… »
Xiao Ling revit la nuit durant laquelle, après une représentation, la troupe fut encerclée par la milice, accusée de complicité avec les rebelles, extirpée de ses roulottes, mise à nue, humiliée. Où chaque membre tombait tour à tour sous les balles, quand les coups de matraque ne suffisaient pas. Cette nuit durant laquelle Yufa, son amie de toujours et qui l’enviait tant à mesure que l’étoile de Xiao Ling montait de plus en plus haut sous le chapiteau, vint la réveiller en sursaut pour se faufiler au milieu du charnier.
Cette nuit durant laquelle les petites filles furent découvertes.
Cette nuit durant laquelle, alors qu’il ne restait plus qu’elles deux, Yufa l’incita à fuir droit devant.
Cette nuit durant laquelle Yufa fit barrage, les bras écartés, de son petit corps pour tenter de gagner du temps pour elle.
Xiao Ling revoit encore la matraque lui fendre en deux le crâne.
Son corps tout frêle voler comme un fétu de paille sur le côté.
Ses gros yeux ronds vides perdus à l’horizon.
Son cadavre, piétiné par ses poursuivants, visible grâce aux flammes qui dévoraient son chapiteau.
_ « … Mais un Saint affronte des armées entières menées par d’autres dieux, conclut Voskos. »
Xiao Ling se revoit dans sa chemise de nuit, les genoux recroquevillés devant sa poitrine, au levé du jour.
Elle fixait encore la direction de son camp.
Elle était seule, en pleine forêt.
Sale et affamée.
Sauve. Mais atrocement traumatisée.
Arriva alors à elle Rebecca.
La Saint ne parla pas. Elle ôta son masque et lui sourit.
C’était la seconde personne de sa vie qui lui offrit un petit peu de chaleur après Yufa.
Orpheline, les propriétaires du cirque ne lui montraient aucune compassion, quand bien même elle faisait leur renommée. Ses camarades n’étaient rien d’autres que des concurrents qui jalousaient son statut. Son public n’était jamais suffisamment satisfait de ses prouesses.
La faim et l’exigence étaient son quotidien. La mansuétude de Yufa sa délivrance.
L’étrangère la ramena au village.
Elle se laissa guider ne sachant pas, sur quoi elle allait tomber.
C’était calme.
Silencieux.
Un silence de mort.
La milice avait quitté les lieux.
La troupe déjà mise en terre.
Le hochement de tête de Rebecca à son intention lui fit comprendre qu’elle était à l’origine des sépultures.
Quelques roulottes demeuraient intactes, au milieu de celles qui fumaient encore.
Les premiers mots de Rebecca résonnaient encore dans sa tête : « Je suis arrivée trop tard. J’espère que tu sauras me pardonner. »
Xiao Ling craqua alors. Elle se jeta contre Rebecca pour écraser ses sanglots contre elle, comme un enfant se jetant dans les jupons de sa mère pour livrer son chagrin.
_ « Affronter des armées entières pour empêcher que ce que j’ai traversé ne se reproduise n’est-ce pas, répondit-elle à Voskos ?
_ Hélas, nous évitons l’ingérence dans le monde contemporain. Athéna et le Sanctuaire veillent à laisser l’homme libre de ses choix. Espérant toujours que du pire qu’il puisse accomplir il en tire les leçons pour fonder un avenir meilleur. »
Ces paroles choquèrent Xiao Ling. Voskos s’en rendit compte.
_ « Nous ne sommes pas la police mondiale. Ni des justiciers, compléta-t-il. Tu t’es peut-être fait une idée fausse de ce qu’est un Saint en idéalisant ta rencontre avec Rebecca. A cette époque, elle est sûrement venue pour te chercher. Bien entendu, si elle l’avait pu, elle aurait évité le drame que tu as vécu. Mais ça n’était pas la raison de sa présence. »
Cette révélation, tonna comme une détonation au plus profond de Xiao Ling.
Tandis qu’un fragile idéal se brisa en elle, elle sentit la carriole trembler. Comme si le sol se dérobait sous le choc.
Il lui fallut quelques instants pour comprendre que la détonation qu’elle ressentit était bien réelle et que la terre tremblait véritablement.
Voskos avait cessé d’avancer.
Sous leurs yeux, le bruit sourd fut suivi d’une déflagration visible au loin.
_ « Le camp des femmes Saints, s’émut Voskos ! »
En effet, de cette direction s’éleva dans les airs une haute colonne de flammes…

Dans les cieux, à l’approche du sommet, malgré qu’Aiolia et Mayura leur ouvrirent la voie, l’ascension depuis le centre du domaine demeurait semée d’embûches pour Georg et Juan.
Les deux Saints d’argent enchaînaient les mêlées contre des cohortes de Dryades toutes plus assoiffées de sang les unes que les autres.
A mesure qu’ils progressaient dans le quatrième étage, les pièces offraient de moins en moins d’interstices, filtrant d’abord la lumière du jour, puis l’obstruant totalement maintenant qu’ils faisaient face à une immense statue en pleine pénombre.
Tout autour d’elle, des colonnes doriques peu espacées maintenaient un concassage de roche.
Contre l’une d’elle, Georg finissait de frapper à mort de ses poings une Dryade masculine à la stature immense et aux épaules larges.
Ce physique titanesque ne tint pas face au cosmos et l’art martial du Saint.
Tandis que la Dryade ployait sous les martèlements furieux de la Croix du Sud, Juan de l’Ecu fixait la sculpture.
Haute, tirant sur la hauteur de plafond sur une demi-douzaine de mètres, il s’agissait d’un serpent aux ailes déployées. Forme reptilienne identique, à celle prise par Eris en sortant de la Pomme d’Or. De sa gueule aux crocs menaçants, coulait sans discontinuer, comme le venin que la Déesse de la Discorde balançait sur le monde, un filet d’eau qui alimentait une marre dans laquelle ils trempaient du bout des pieds.
Le sang de la Dryade abattu par Georg se mêlait à l’onde, qui semblait plus profonde aux pieds du monument.
_ « L’eau s’éparpille dans de petits caniveaux qui viennent chercher leur source dans ce bassin, constata Juan en observant tout autour d’eux.
_ L’architecture de ce temple est très bien pensée, confessa Georg qui retrouvait son attitude habituellement posée. J’imagine qu’à l’étage du dessus se trouve un glacier, qui permet d’alimenter en eau toute la structure.
_ Il n’y a pas cinquante façons de le savoir, pointait du doigt Juan le serpent de pierre. »
A bien y regarder, Georg reconnut des marches en colimaçon, taillées dans le corps du reptile.
Toutefois, il stoppa l’élan de son camarade en lui retenant l’épaule.
_ « Attends !
_ Quoi donc Georg ? Aurais-tu peur ?! Nous ne sommes pas obligés de traverser à la nage tu sais. Un simple saut nous permettra d’arriver à l’autre bout.
_ Ne dis pas de bêtises ! Regarde ! Au milieu de l’étang, la profondeur parait insondable. On ne sait pas ce qui peut en sortir et nous choper au vol !
_ Il ferait bon voir, se vanta le brun.
_ Deux secondes, râla le blond à barbichette… Regarde ! »
Il pointa son index en direction du bassin et dessina une croix pour tracer l’onde de haut en bas puis de gauche à droite.
Lorsqu’il remonta sa main vers son visage, il écarta ses quatre autres doigts avant de refermer son poing.
Instantanément, des éclairs crépitèrent tout autour de son bras.
A cet instant la croix dessinée en direction de l’eau l’illumina comme un lac sur lequel s’était abattu la foudre.
Sous formes de flashs répétés, la pièce centrale du quatrième niveau clignotait, alternant obscurité et lumière blanche, obligeant Juan à passer son écu devant ses yeux pour ne pas être ébloui par la lumière résiduelle.
Quand Georg eut fini, remontèrent aussitôt à la surface des plantes tentaculaires aux bulbes armés de dents longues et aussi fines que des aiguilles.
_ « La fraîcheur de cette eau me donnait plutôt envie jusqu’ici. Maintenant on dirait une espèce de bouillie, grimaça Juan.
_ Je te déconseille de goûter à cette soupe, regarda-t-il l’eau devenue verte et épaisse couler à ses pieds. »
Un éclat de rire interrompit les deux amis.
Il venait de la tête de serpent sur laquelle un homme se dressait fièrement. 
_ « C’est bien dommage que tu ais écouté ton ami, provoqua-t-il Juan, j’étais curieux de voir un Saint se faire dévorer par ces plantes carnivores. Elles devaient être repues de Dryades. De la chair Athénienne aurait bien diversifié leur alimentation.
_ A t’entendre parler et à voir ta protection, tu ne sembles pas être une Dryade, s’emporta immédiatement Juan ! Si j’ai bien compris, des lâches ont juré fidélité à Eris en échange d’une vie nouvelle ! Quoi de plus normal à ce que tu sois resté caché jusqu’ici ! »
Pour seule réponse, un éclair frappa entre les deux Saints, les obligeant à s’écarter l’un de l’autre. Le bruit du tonnerre accompagnant l’éclair vint ensuite, le son après la lumière.
Cela fit trembler le sol et provoqua l’éboulement de la statue. Comme si le grondement l’avait ébranlé.
Roulant au sol pour éviter les pierres et la vague provoquée par le poids des débris dans l’onde stagnante et désormais poisseuse, Georg et Juan furent écartés l’un de l’autre, échappant à l’ensevelissement de l’accès par lequel ils étaient arrivés.
_ « C’est toi qui as déclenché cet éclair ?! Tu aurais pu être plus prudent ! On a failli finir ensevelis avec tes conneries, réagit une fois sur pieds Juan !
_ Pas du tout, tempéra à l’autre bout de la pièce Georg, ça ne venait pas de moi. »
Tout en haut de la pièce, là où trônait la tête reptilienne, l’eau coulait désormais en plus grande abondance depuis que moins de roche ne lui barrait la route.
Déjà de l’eau jusqu’aux cuisses, Georg s’en extrait en se tenant sur le rocher le plus élevé des environs.
Trop intéressé par la lumière du jour qui perçait au sommet aussi depuis que la pierre ne l’obstruait plus, Juan fut mis en alerte par son allié : « Juan ! Sors de l’eau ! Vite ! N’oublie pas que l’eau conduit l’électricité ! »
Juan s’exécuta tout en cherchant l’ennemi.
Il se tenait sans méfiance sur le plus haut fragment de serpent entre les deux chevaliers.
_ « Cette armure… Sa forme, reconnut Georg…
_ Oui… La même que la tienne. Je suis Christ Ghost Saint de la Croix du Sud.
_ La même, la même, pinaillait de l’autre côté Juan, la couleur et quelques détails sont différents.
_ L’évolution au fil des siècles, hocha les épaules Georg visiblement pressé d’en découdre. Les Cloths évoluent au gré des dégâts qu’elles subissent mais aussi du sang versé et du cosmos déployé par son porteur. Certaines sont mêmes en morceaux durant des siècles, attendant au cimetière des armures que de nouveaux porteurs viennent les trouver et leur rendre vie. D’autres évoluent ou régressent. De bronze à argent ou d’argent à bronze. Voilà pourquoi parmi les quatre-vingt-huit armures il est toujours compliqué de savoir combien sont de bronze et d’argent. D’une génération à l’autre, la seule certitude est qu’il n’en existe que douze d’or, une petite trentaine d’argent et une grosse quarantaine de bronze. Le changement de catégorie n’est pas si fréquent et ne s’opère que lors de réparation sous la bénédiction d’Athéna.
_ Merci pour le cours, grimaça Juan.
_ Par Eris ! Je n’aurai jamais pensé que mon successeur serait devenu si barbant, se mit en garde le Fantôme à la Leaf rouge.
_ Par Athéna ! Je suis déçu d’être l’héritier d’un traître qui a autrefois porté cette Cloth, l’imita le Saint à la Cloth argentée.
_ Minute, s’interposa Juan ! C’est mon combat !
_ Pardon, opposa Georg ?!
_ Exactement ! Ce lâche n’a même pas eu le courage de s’opposer à nous ! Il espérait rester planqué à me voir me faire bouffer par ces mélanges de poulpes et de boutures affreuses ! Et puis, nous n’avons jamais pu réaliser autre chose que des oppositions d’entraînement toi et moi. Pouvoir aller au bout d’un affrontement contre ta copie me ferait un plaisir fou ! De plus n’oublie pas qu’Aiolia s’occupant de l’Utérus, l’objectif est d’éliminer Eris au plus vite ! Il ne reste plus qu’un niveau avant d’atteindre le palais, pointa-t-il du doigt la lueur du haut de la pièce !
_ Une copie, serra les poings Christ !
_ Très bien, refusa de se vexer Georg par les termes employés par Juan. Mais n’oublie pas, il a transformé l’aire de combat à son avantage en se servant de l’eau dont le niveau monte autour de nous. Ta victoire en ce lieu ne sera possible que si tu l’obtiens avant que la salle ne soit submergée, rappela Georg avant de bondir hors d’ici.
_ Ne t’en fais pas, ce sera rapide et sans bavure. »
Malgré son apparente confiance, Juan avait remarqué qu’autour de lui toutes les évacuations prises par les caniveaux avaient été intelligemment obstruées par l’éboulement. Rendant l’aire plus avantageuse pour Christ.

Au Sanctuaire, alors qu’ils étaient proches du camp des femmes chevaliers, Voskos tentait de calmer les b½ufs qui refusaient d’avancer plus loin, sentant le danger.
Le Saint du Bouvier, colossal dans sa Cloth bleue bardée de piques, observait avec inquiétude tous les pétales qui tombaient sur le domaine depuis une hauteur insondable et qui scintillaient comme des lucioles. Plus que les flammes, c’était ce phénomène qu’il voyait comme un mauvais présage.
Toute aussi paniquée que les animaux en revoyant ces hautes flammes jaillir du camp des femmes, Xiao Ling demeurait tétanisée malgré les exhortations de Voskos à descendre pour venir avec lui porter assistance aux Saints et à leurs apprenties.
Quand, tout à coup, les bovins furent immobilisés par les chardons qu’ils piétinaient jusqu’alors.
D’abords prisonniers par l’entrelacement de leurs pattes, ils furent soudain transpercés par les feuilles aux picots acérés qui poussèrent à une vitesse inouïe.
Les b½ufs furent éviscérés puis découpés en un instant, éclaboussant au passage de leurs tripes la Chinoise.
Saisie par ce bain de sang, elle reprit ses esprits et put compter sur ses réflexes d’acrobate pour s’extirper du chiendent à la croissance hors norme, lorsque celui-ci s’en prit à la remorque de foin où elle demeurait jusque-là.
_ « Les Dryades, s’exclama Voskos ! »
La mauvaise herbe poussa alors jusqu’à faire éclore six Dryades aux armures noires et amarantes habillées de soutanes grises et épaisses.

Devant, dans la forêt qui mène au camp, Mick libérait ses flammes sur Rumi.
Celles-ci s’élevèrent haut vers le ciel, rongeant les arbres. La végétation servait d’immense torche.
Emony convulsait d’hystérie, tant le spectacle macabre la fascinait, alors qu’elle faisait pourtant se consumer la végétation, symbole de sa caste.
Les Dryades qui l’accompagnaient et étaient dans la trajectoire de Mick succombaient sous ses yeux, carbonisées…

Au centre du camp, au milieu de temples vétustes mais encore debout, une quarantaine de jeunes femmes en arc de cercle autour de leur instructrice, toutes masquées, bondirent sous le coup de la détonation.
La formatrice fut la seule à ne pas diriger son attention vers la colonne de flammes.
Elle ressentit un danger plus imminent.
Tout autour d’elles, les vestiges qui leur servaient d’habitations ou de prieurés devenaient prisonniers de ronces gonflantes et grandissantes.
Du cours d’eau qui traversait le camp, sortirent des tentacules tous reliés à un même objet.
L’étang à l’eau habituellement si clair où les jeunes femmes aiment se rafraîchir était devenu poisseux, croupis. Il était en ébullition.
Les élèves se rassemblèrent tout autour du maître.
Au sol, les racines des ronces acérées devenues énormes ne parvenaient plus à contenir leur propre croissance hors norme, elles suintaient de sève d’un vert blanchâtre. Puant. Purulent.
De l’eau, les tentacules jaillissaient et virevoltaient au-dessus de leurs têtes.
La verdure putréfiée n’en put plus, elle implosa, faisant éclore par dizaines des Dryades, hommes et femmes.
Du cours d’eau perturbé jaillit une bête immonde, immense. D’un gris noir, sur quatre pattes avec une queue qui fendait l’air comme un fouet. Une gueule immense avec une double dentition de bas en haut de sa mâchoire proéminente. Une crête frontale qui s’allongeait jusqu’au milieu de sa colonne vertébrale et descendait de chaque côté de sa mâchoire. Ses tentacules, extensions de ses appendices permettant d’allonger sa crête, cinglaient le sol qu’il fendait à chaque contact. Une double paire d’yeux rouges qui se superposaient toisait avec appétit les femmes.
Lorsque les Dryades furent toutes écloses et que la bête discerna chaque proie, Rebecca somma à toutes de se disperser.
Grand bien leur fut fait, car les plus lentes furent tranchées en deux d’un coup de tentacule horizontal.
Pendant que les troncs des innocentes tombaient devant leurs jambes détachées, Rebecca, depuis les airs, remarqua les autres tentacules venir agripper des élèves désormais incapables de tenir la moindre garde.
Ce fut ainsi cinq autres liens qui s’accaparèrent autant d’apprenties pour les jeter dans les trois mètres de profondeur de gueule du monstre.
En retombant au sol, les survivantes du premier assaut n’eurent pas le temps de prendre la fuite devant le quadrupède de quatorze mètres de long, car déjà ces tentacules les menaçaient à nouveau. Ceux-ci étaient visibles depuis l’extérieur du camp puisque les six mètres de haut de l’animal concurrençaient déjà la plupart des arbres…

Bien au-dessus de tout ça, cloîtrés par les débris de l’immense statue, Juan et Christ sautaient de rochers en rochers pour s’échanger quelques coups sans tomber dans l’eau.
Le niveau montait sans cesse et avait déjà englouti deux mètres.
Préoccupé par la montée rapide, Juan n’arrivait pas à se concentrer sur son adversaire. Si bien qu’il était déjà marqué par quelques égratignures alors que Christ était indemne.
_ « L’écroulement a condamné toutes les issues, y compris les voies d’eau qui desservaient le reste de l’Utérus. Tout a été parfaitement calculé. Si maintenant je tombe dans l’eau, je suis condamné par sa foudre. Et si je ne le bats pas assez vite, je finirai par être rattrapé par le niveau. Percer les murs, impossible. Il insiste trop sur les corps à corps pour me permettre d’invoquer ma technique. Il est très rapide pour un Saint d’argent. Certainement un des éléments les plus brillants de notre caste ! »
Devinant le stratagème du Ghost Saint, Juan ne pouvait que faire preuve de vigilance et de maîtrise martiale pour répondre à une nouvelle charge.
Le rustre Fantôme bondit de bien bas pour arriver poing en avant, plus haut, jusqu’à Juan. Juan esquiva et répondit d’une gauche. Christ bloqua sans mal avec sa main gauche et poursuivit un enchaînement, alternant poing droit et gauche. La rudesse de ses tentatives intimidait suffisamment Juan, pour qu’il recule instinctivement, bien qu’il réussît à éviter ou à bloquer chaque coup. Lorsqu’il voulut répondre d’un uppercut du gauche, Christ évita d’un mouvement de hanche et profita de l’impulsion de son geste pour répondre d’une reprise de volée de la jambe droite. La garde brisée par l’uppercut manqué, Juan s’abrita alors derrière son bouclier.
Alors qu’un tel choc, même protégé, aurait fait choir l’ennemi, Juan put compter sur l’armature pour rester cramponné sur ses appuis.
Pourtant, un éclat terrible déchira le bruit de la chute d’eau continuelle.
Christ fut repoussé par son propre coup, projeté en arrière par l’impulsion de celui-ci.
Il prit soin de se réceptionner sur le morceau de roche le plus près en grimaçant après avoir reposé sa jambe au sol. Celle-ci voyait une fissure remonter tout le long de sa Leaf et poursuivre la craquelure sur le reste de sa jambière.
_ « Je vois. Comme le veut la légende, de toutes les Cloths de bronze, la protection la plus solide est le bouclier du Dragon. Ne le surpasse que le bouclier d’argent de l’Ecu. Celui-ci n’a pas failli à sa réputation. Mais peux-tu rester ainsi caché éternellement derrière ton bouclier ? » 
Juan ne répondit pas. Il se sentait tout à coup ridicule de ne pas réussir à faire face sans lui.
Christ le provoqua à nouveau. 
_ « N’est-ce pas toi qui me traitais de lâche tout à l’heure ? »
Le rictus de Juan ne pouvait cacher sa frustration.
Christ, visiblement ancien chevalier expérimenté, profita qu’il soit déstabilisé pour repartir à l’assaut.
Regagnant l’îlot de Juan, il fondit par-dessous, l’obligeant à planter fermement par le bas son bouclier pour lui barrer la route.
Christ augmenta alors sa vitesse pour finalement remonter jusqu’à son visage et le frapper d’un crochet du droit.
Propulsé sur un autre pic, Juan se remit à peine que cette fois-ci Christ attaqua par les airs.
Plus alerte, Juan anticipa en effectuant un coup de pied retourné. L’acrobatie échouant, il enchaîna à Mach 5 dans les airs plusieurs coups de pied sans parvenir à l’atteindre.
A nouveau sur le même roc tous les deux, Juan, offensé par ses échecs, partit à son tour dans une combinaison de coups de poings que Christ parait tous.
Visiblement lassé par la lenteur de Juan, il lui cassa le rythme d’un simple coup de poing au visage. Suffisamment perturbé, Juan se fit alors rosser. Si vite et si fort qu’il fut incapable de lever son bouclier.
Christ en finit en le cognant à l’estomac, le pliant en deux de douleur, puis en le faisant chuter sur le rocher du dessous en le frappant sur le sommet de la tête avec ses deux poings joints.
La chute amortie par son diadème, Juan n’en demeurait pas moins secoué.
Du sang perlait de son front et de son nez. Des douleurs abdominales l’empêchaient de se relever.
_ « Je n’avais pas osé invoquer mon arcane jusqu’ici, préférant ruser, te pensant bien plus rapide que le niveau standard exigé pour être Saint d’argent, fanfaronna Christ. Mais je suis déçu. »
En croix, les dents serrées, la mâchoire crispée, Juan se sentait insulté pour son impuissance.
Soudain, une sensation fraîche soulageait le bout de ses doigts.
L’eau commençait à engloutir son rocher. La pièce était à moitié remplie.
Prestement, il lui parut crucial de s’en extraire, mais la douleur lui empêcha de réagir suffisamment vite. Une fois sur pied, il était immergé jusqu’aux chevilles sous le regard moqueur de l’ennemi.
_ « Il est très fort. Si maintenant il déclenche son arcane, je n’ai vraiment aucune chance. »
Resté plus haut, Christ voyait l’eau monter. A son tour il songeait : « Il n’a plus le choix. Soit il concentre sa technique et j’anticipe avec la mienne. Vu qu’il a les pieds dans l’eau, il n’a aucune chance. Soit il m’attaque de front, mais je bénéficie d’une altitude plus élevée, je le repousserai encore plus bas dans l’eau en le chargeant de tout mon poids.
_ Je n’ai que deux choix et il le sait. Il est plus rapide que moi. Il n’y a qu’en le déstabilisant que je le surprendrai. »
Juan dressa devant lui son écu contre lequel il invoqua de sa main une sphère de cosmos.
Dès lors, Christ sourit avec perfidie en plaçant ses bras en croix devant lui : « Alors tu as choisi la solution de l’arcane ! Désolé pour toi mais c’est le choix qui va t’offrir la mort la plus rapide ! »
A cet instant, Juan lâcha sa concentration. Le cosmos invoqué jusqu’alors lui servit à franchir une vitesse encore jamais atteinte. L’impulsion fut si vigoureuse que son récif céda.
Fonçant sur Christ à la garde brisée, il le surprit d’un crochet du droit brisant en éclats son heaume. Profitant de la longue allonge que lui donnait son bouclier, il le martela ensuite de coups de poings courts et répétés sur ses bras pendant qu’il était encore sonné.
Reculant difficilement, ayant du mal à tenir sur ses jambes, Christ comprit trop tard qu’en blessant ses bras, Juan espérait ainsi altérer la vitesse de ses mouvements.
Devant lui, Juan chargeait à nouveau son cosmos contre son bouclier pour invoquer cette fois sa technique : « Astral Gravitation ! »
Une sphère immense d’un bleu très sombre en jaillit et tandis qu’il le dressa au-dessus de lui pour emporter le Ghost Saint, ce dernier posa difficilement ses bras en croix devant lui.
La Gravitation Astrale arracha la pierre qui les tenait hors de l’eau et, alors qu’elle allait emporter Christ, des éclairs apparurent tout autour : « Southern Cross Thunderbolt ! »
La foudre contourna la boule gravitationnelle pour saisir et immobiliser Juan.
Dans le même temps une croix d’éclairs traversa la boule gravitationnelle pour perforer le plastron de Juan. Juan fut renvoyé s’encastrer dans le mur d’en face.
Les éclairs de Christ rongèrent le cosmos de Juan et annihilèrent sa technique.
Les bras encore tremblant en raison des traumas causés par Juan, Christ avait tout de même repris l’avantage. Il arborait un sourire plein de confiance sous les grands yeux ronds crédules de Juan.
_ « Mach 181. »
Seul un filet de sang fuyant la bouche de Juan répondit à sa place.
_ « C’est la vitesse d’un éclair dans des conditions atmosphériques standard. C’est la vitesse à laquelle j’exécute ma technique.
_ …, Juan voulut souffler son dépit mais trop de sang obstruait sa gorge.
_ Voilà pourquoi j’ai contourné ton attaque, pour t’immobiliser grâce à l’électricité. Pour ensuite avoir le temps de perforer les particules que tu as invoquées et enfin t’exécuter… cuter… cuter… cuter… »
Contre toute attente, Christ fut pris de curieux spasmes.
Autour de Juan un cosmos d’un bleu aussi obscur que sa technique irradiait.
_ « Que… Que… Que m’as-tu fait ? Fait ? Fait ?
_ Dès le début du combat, il m’est apparu que tu étais un Saint d’argent d’exception. Tactique. Fort. Rapide. Très rapide. Si bien que j’ai réalisé que ton Southern Cross Thunderbolt, serait encore plus rapide et donc imparable pour moi. J’ai réalisé très vite alors que je ne serai pas à la hauteur. Il ne me restait alors qu’à accepter mon impuissance et à ruser. Atteindre ta vitesse, j’en suis incapable. Je ne sais même pas si j’y parviendrai un jour. Il me fallait donc l’endiguer. Avoir fait voler en éclat mon Astral Gravitation ne l’a pas réduit à néant. Au contraire. Elle te pèse désormais sous d’infimes particules. Tes éclairs aussi rapides soient-ils n’ont pas été assez nombreux pour toutes les griller. En temps normal ça aurait pu être le cas, mais les heurts que je t’ai causé plus tôt aux bras ne t’ont pas permis de déployer toutes tes forces et, de toute manière, tu avais pris un tel ascendant psychologique que tu étais persuadé que cela n’était pas nécessaire pour venir à bout de moi. Désormais mes particules pèsent sur toi. Comme une barrière gravitationnelle, elles t’alourdissent, elles augmentent ta masse et te ralentissent.
_ Im… Im… Impossible… ble… ble… »
De plus en plus pesante, la cosmo énergie de Juan le libéra de son mur pour l’en faire glisser tout du long comme un poids mort.
C’est seulement lorsqu’il toucha à nouveau le sol qu’une étincelle brilla dans ses yeux.
_ « Non ! Non ! Non ! Il utilise sa technique sur lui-même pour alléger sa masse ! Ça veut dire qu’il va gagner en vitesse… esse… esse… »
Donnant raison à Christ, Juan apparut sous ses yeux alors qu’une image rémanente de lui était encore pieds au sol plus loin.
Il déclencha un crochet du gauche sur lequel, au moment de l’impact, il augmenta une fraction de seconde sa propre masse corporelle pour cogner plus fort.
Bougeant au ralenti, Christ sentit son ½il droit exploser sous le poing ennemi qui lui creusa le visage. Sa tête rebondit au sol et revint à la hauteur de Juan. A sa merci. Le rebond fut si haut qu’il put d’un ciseau lui briser la protection dorsale et l’envoyer cogner le plafond.
En revenant vers un récif Christ tenta bien une riposte mais Juan allégea sa masse pour passer sous le crochet de Christ. Puis il l’augmenta au moment de frapper son foie.
Acculé, reculant malgré l’entrave, Christ la moitié du visage creusé, apprécia malgré tout la montée des eaux au trois quarts de la salle.
Dans son dos, son cosmos grésillait contre la pression exercée par celle de Juan.
_ « Tu m’as traité de lâche au début de notre rencontre. En jouant sur la pesanteur, qui est le plus lâche de nous deux ?
_ Entraver tes techniques n’est qu’une tactique parmi tant d’autres. Comme celle que tu as utilisé dès le début de notre affrontement en profitant de la montée des eaux. Ton expérience a d’abord été un avantage avant de devenir un inconvénient. Tu n’as pas envisagé que quelqu’un de moins fort et de moins expérimenté puisse contourner tes propres règles.
_ Qu’importe, nous sommes maintenant submergés et, même s’ils sont moins nombreux et moins rapides, mes éclairs briseront nos derniers perchoirs et tu mourras grillé dans l’eau ! Southern Cross Thunderbolt !
_ Que mon corps tienne le coup, fit-il jaillir cette fois-ci trois petites sphères de son bouclier !  Astral Gravitation ! »
Une première sphère s’étira aussitôt pour englober Juan et le protéger dans une bulle qui le maintenait en lévitation au-dessus de l’eau. Dessus vinrent ricocher par milliers, des gerbes électriques.
La seconde tomba dans l’eau comme une bille de plomb. Au contact de l’onde, celle-ci prit la forme de milliards de bulles qui flottèrent dans l’atmosphère, redirigeant comme un miroir tous les éclairs jusqu’à ce que chacun traverse son invocateur.
Enfin, la dernière grossissait à mesure qu’elle dévorait lentement l’espace. Elle étira les murs jusqu’à ce qu’ils rompent puis engloutissent Christ déjà brûlé de l’intérieur par les retours ininterrompus de sa foudre contre lui-même.
Arrachant pièce après pièce, l’Astral Gravitation emporta la moitié du quatrième niveau et réduisit en poussière Christ.
L’eau put enfin évacuer et Juan, lui, put retomber au milieu des décombres, épuisé mais pas abattu.
Il levait déjà la tête en direction du haut de la chute d’eau, déterminer à rejoindre Georg…
Flashback

Tout à coup, Kyoko cesse son récit, importunée par la table voisine dont la dispute devient plus démonstrative.
En effet, les Evil Seeds activées font leur effet et l’amoureux éconduit se lève de sa chaise en haussant la voix et en renversant volontairement sa table.
Le reste de la clientèle est affligée quand Mars soupire : « C’est bien trop tôt pour m’offrir un bain de sang ma s½ur ! Tu n’as pas fini ton histoire ! »
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シナラムから日本へ / Re: Manga
« Last post by dral on 22 December 2021 à 19h38 »
Nouvelle adaptation, yep, à voir sous quelle forme :
https://www.animenewsnetwork.c...n-nouvel-anime-kenshin/.180766
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